‹ La Bible, mutilée par les protestantsChapitre 69 sur 84 · C'est ce que reconnaît le Cardinal Baro · texte numérisé non relu

C'est ce que reconnaît le Cardinal Baro

.'e Difficulté Barcmius témoigne

» nius. Tous les canons, dit-il, de ce Concile » ne sont pas approuvés, mais ont été reçus

que ce décret

n'est point » en divers Conciles de Carthage , comme no-

approuve.

» tamment ce canon dans lequel le nombre » des livres sacrés est défini. Baronius, ann. » 397 «. »

Ainsi, selon les Réformés, V authenticité du canon de Carthage, renfermant le catalogue des livres saints , n'est pas généralement admise par l'Église Romaine. La preuve en est , que Baronius lui-même , qu'on ne taxera certainement pas d'ignorance sur un fait si important , reconnaît que ce canon n'est point approuvé. On doit tenir compte à nos Protestants d'avoir fixé le sens du mot authentique , susceptible de plusieurs acceptions. Il signifie donc ici approuvé, et, par conséquent, le

1 Rép. auMand., Préface, pag. vin.

canon qui nous occupe est décidément dépourvu de l'approbation de l'Église Romaine.

Avant d'examiner le passage de l'illustre Cardinal , remarquons l'étrange préoccupation de nos adversaires. Tandis qu'ils reprochent à 3I.sr l'Archevêque un défaut d'attention, eux-mêmes ne prennent pas garde qu'il ne pouvait tomber dans l'esprit d'un auteur catholique, moins encore d'un savant tel que Baronius , qu'un décret constamment invoqué par les docteurs de l'Église Romaine en faveur de la canonicité de toutes les Écritures , n'eût pas l'approbation de cette Églis.e. Mais enfin Baronius a-t-il réellement écrit ce qu'on lui attribue, ou n'est-ce là qu'une pure fiction de nos Réformés ?

J'ouvre les Annales du docte Cardinal , et 63

je lis à l'endroit indiqué: « Hand omnes Le sens du texte

- . . „ 7 de Baronius ,

» (canones quinquagintaj in liac oynodo aité,-é » sonciti probanlur, scd divcrsis aliis Con- , J]*r ,

1 J les Pœformes.

» ciliis Carlliaginensibus ; vt inter altos » Me, quo sacrorum librorum certus numerus » dejinitur i. » Les grammairiens d'autrefois qui, sans avoir appris un peu de tout, possé-

1 Baron. Annal, ecclcs. , ad ann. 397 , tom. v, pag. 39 in Gne , edit. Anluerp. 1602.

daient mieux leur rudiment que certains savants de nos jours , auraient traduit : « Il » n'est pas démontré que les cinquante canons, » et entre autres celui qui détermine le nom- » bre des livres sacrés, aient tous été dressés » dans ce Concile , encore qu'ils l'aient été en y> divers autres Conciles de Carthage. » Mais cette opinion , que les meilleurs critiques ' rangent parmi les méprises échappées au célèbre annaliste , laisse absolument intacte l'autorité de ce canon , puisque , de l'aveu même de Baronius , il appartient à l'un des Conciles de Carthage, tenu au commencement du ve siècle : ce qui suffit pour constater, par cet important témoignage, la tradition de l'Église d'Afrique des premiers siècles , sur les livres de l'Écriture.

1 Card. du Perron , Réplique à la Réponse du Roi de la Grande Bretagne , liv. i , chap. 48 , lom. i , pag. 325 et suiv. , édit. de Paris 1622.

Schelstrate, Ecclesia A f ricana, Dissert, n, cap. 1, pag. 68 ; et Dissert, m , cap. 7 , pag. 208 , edit. Colon. 1679.

Pagi, Crilic. histor.-chronolog. , apud Annal. Baron. , tom. vi , pag. 251 , edit. Luc. 1740.

Spondan. Episcop. Appam. Baron. Epitom., tom. i , pag. 551 , col. 1 , edit. Lutet. 1622.

Labb. Collect. Concil. , lom. n , col. 1165.

Baron. Annal. , ubi suprà.

Causes

de ce

contre-sens.

On le voit, le texte cité ne fait mention ni de canon non authentique , ni de canon non approuvé , comme on l'affirme avec tant d'assurance. Quand donc on avance que l'auteur des Annales reconnaît que le décret de Carlhage est sans autorité , ou n'a plus qu'une autorité suspecte, par défaut d' authenticité ou d'approbation, on invente un fait, qui ne doit son existence qu'à l'altération du sens de ce passage.

Où trouver la cause de ce contre-sens ? Dans 64 une simple distraction ? Mais l'embarras que donnait au traducteur la construction de la phrase latine , les termes qu'il était nécessaire d'y ajouter, la torture qu'il fallait lui faire subir pour en tirer le sens qu'on lui demandait, rendent la supposition impossible. Dans le dessein formé de tromper les lecteurs ignorants et crédules ? C'est la vieille tactique des novateurs, que nous verrons bientôt suivie par nos Protestants. Aimons mieux toutefois ne voir ici qu'une bévue grossière, et ne l'attribuons qu'à l'ignorance de la langue qu'on se hasarde de traduire, ou à l'ardeur d'un zèle aveugle pour la défense de la secte.

Une erreur ne marche guère seule ; on

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