me difficulté
ajoute donc : « Binius , qui a mis en lumière prise » les Conciles, fait le même aveu (que Baro- d^niu?6
» nius ) touchant les cinquante canons dont les » titres ne sont pas approuvés par ce Concile ; » mais sont confirmés par d'autres Conciles de » Carthage, comme entre autres le 47e canon. » Bin. in Conc. Carthag. 3 *. »
6S. Autant de mots , autant d'erreurs. 1° On
Bévues assure que Binius fait le même aveu que Baro-
des lieiormes i J i
sur ce passage, nius , savoir, que les canons du me Concile de Carthage ne sont pas approuvés par l'Église Romaine. Or nous venons de montrer que Baronius ne dit pas un mot de ce défaut d'approbation. 2° Dans le texte de Baronius , il s'agit, d'après les Reformés , de canons non approuvés par l'Église Romaine; et, d'après les Réformés encore , il n'est question , dans le texte de Binius, que de titres de canon non approuvés par le Concile de Carthage. Ce dernier auteur ne fait donc pas le même aveu que le premier ; car autre chose est le titre d'un canon , autre chose le canon même : on peut, tout en désapprouvant le titre d'un écrit , en approuver la doctrine , et réciproquement. Il y a, de plus, aux yeux d'un théologien catholique, une différence essentielle entre l'approbation d'un Concile particulier
1 Rép. au Mand , Préface , pag. vm.
et celle de l'Église Romaine. 3° Que sont enfin ces titres de canons , dépourvus de ces approbations , et pourtant confirmés par d'autres Conciles de Cartilage ? Tranchons le mot, ce n'est là qu'un pur galimatias; et en voici la raison.
Les Ministres n'ont pas été plus heureux en 67.
traduisant le texte latin de Binius : « Canoncs E^,1^on » qninquaginta -•, quorum tilidi îùc assignan- de Binius. » tur, non omnesin hac Synodo fCarth. m). Sen*iment
J -s* de cet auteur
» sed diversis aliis Conciliis Carthaginen- contraire
. 7 c,. à celui qu'on
» sibus sanciti probanlur, sed, » etc.1. Si u,i attribue l'on se donne la peine de confronter ce passage avec celui de Baronius , il est manifeste que cette période malheureuse , « non omnes ca- » noncs in hac Synodo sanciti probanlur , » etc., est identique, quant aux termes et à leur signification, dans ces deux écrivains ; c'est-àdire que le savant éditeur des Conciles adopte, en son entier, l'opinion de l'illustre Cardinal. On doit donc encore traduire : « Il n'est point « démontré que les cinquante canons.... aient » tous été dressés clans le Concile ine de Car- » thage, etc. » Comment voir, dans ces paroles,
1 Bln. Collecl. Candi., tom. m , pag. 519 et 520, in nolis ad Concil. Garlhagin. m , edit. reg.
que tous ces canons nont pas été approuvés par l'Église Romaine? Tant s'en faut que Binius tienne un pareil langage, qu'au contraire on lit, en tête des actes de ce Concile, ce titre remarquable échappé aux yeux de nos Réformés : Concile de Carthage troisième du nom, approuvé par le Pape Léon IV1.
Est-ce assez de faussetés ou d'aberrations de la part de gens qui imputent des distractions imaginaires à un Prélat , si connu par l'exactitude de ses écrits? Après cela , quelle foi peuton ajouter aux assertions de ces nouveaux docteurs ? En vérité, la Réforme serait bien à plaindre , si les auteurs de ses Versions tant vantées n'étaient pas plus habiles dans les langues grecque et hébraïque, que nos Ministres dans celle de Cicéron.