Les livres des Machabèes ne sont pas in
» sérés dans tous les exemplaires latins de ce
Erreurs des Reformes
relatives » Concile. »
latins' Tous les exemplaires latins du Concile de
du Concile de Carthaçe.
Carthage désignent expressément les livres des Machabèes. Consultez nos savantes Collections des Conciles ; vous n'y trouverez pas le plus
1 S. August. Epist. ad Quinlian. , n. 3 , tora. n , col. 153 ; de Baptism. contra Donalist. , lib. n , cap. 3, n. 4, tom. ix, col. 98 ; contra Crescon. , lib. h , cap. 31 , n. 39 , lom. ix , col. 430.
2 Idem , de Civil. Dei , lib. xvm , cap. 36 , tom. vu , col. 319 ; de Cura pro mort., lib. i , cap. 1, tom. vi , col. S.16.
3 Idem , de Doclrin. Christian. , lib. H , cap. 8 , n. 13, tom. m, col. 23.
léger indice d'un seul manuscrit où ces livres ne soient pas insérés. Partout vous lisez : « Machabœorum libri duo l. » Donc ici encore une bévue de nos Ministres.
Il serait inutile de répliquer queCresconius, Évoque d'Afrique au vne siècle , rapportant le canon qui nous occupe , ne fait point mention des Machabées*. Qu'importe à l'autorité d'ailleurs incontestée du Concile de Carthage, que trois mots d'un de ses décrets aient été omis dans une simple compilation de trois cents canons d'une multitude de Conciles? Concluez plutôt, de cette omission, que l'exemplaire du canon cité par Cresconius est défectueux , et qu'il faut le corriger d'après tous les autres exemplaires latins du Concile de Carthage. De plus , il est facile de montrer que l'omission des Machabées dans le Recueil de l'Eveque africain , ne nuit aucunement ni à l'inté-
1 Voyez Collecl. Concil. Bin. , Labb. et Harduin. , ubi suprà.
2 C'est la remarque du Protestant Justel , sur le Code des Canons de l'Église d'Afrique ; «Hic canon » Carlhaginensis Concilii extat inCollectione canonum » Cresconii Africani Episcopi nondùm édita ; sed ibi » Machabœorum libri non recensentur. a Justel, Bibliolb. Juris canon, veter. , tom. i , in nolis , pag. 425, col. 1, edit. Lutet. Paris. 1661.
grité du canon de Carthage , ni à l'inspiration des Machabées. Il est indubitable, en effet, que Creseonius s'est servi du Code des canons composé par Denis le Petit, auquel il a emprunté la traduction latine de tous les canons de l'Église grecque, et les titres numériques sous lesquels ils sont classés : c'est un fait avoué par les critiques, qu'on peut vérifier dans l'ouvrage de Justel1. Or, Denis le Petit, rapportant, sous le même titre que l'Évêque africain, le canon dont il s'agit, y comprend les deux livres des Machabées'2. Dira-t-on que Denis a ajouté ces livres au catalogue sacré, et que plus tard Creseonius a voulu corriger cette erreur en les supprimant ? Deux hypothèses également absurdes , puisque, d'une part, le Canon de Denis est exactement conforme a tous les exemplaires latins du Concile , et que , d'autre part , Creseonius n'a pu ignorer la croyance constante de son Église à l'inspiration des Machabées, Si donc on ne les trouve pas dans sa Collection, il faut l'attribuer ou à l'inadvertance de l'auteur, ou à l'incurie des copistes ; ce qui a pu arriver
1 Justel, tom. 1, pag. 102 et seq. ; et ad calcem, pag. xxxiv et seq.
2 Ibid. , pag. 147.
d'autant plus aisément , que les deux derniers mots du catalogue de l'ancien Testament dans le canon de l'Évêque africain, Esdrœ libri duo1 , sont les mêmes qui terminent ce catalogue dans le canon de Denis le Petit, Machabœorutn libri duo 2.
Venons aux anciens manuscrits ou cxcm- 71.
plaircs çtccs. Pas un seul , on l'assure , où Leurs méprises
... . , touchant
soient inscrits les livres des Machabées. les exemplaires
Ne l'oublions pas, il est ici question du feJcoLiie. Concile de Carthage, tenu en 397, d'après nos Réformés3. Or, il n'existe aucun exemplaire grec de ce Concile : comment donc affirmer que les Machabées n'y sont pas compris ? D'ailleurs , tous les Conciles d'Afrique étant écrits en langue latine4, ces exemplaires grecs, s'ils existaient , ne seraient que des versions des Actes originaux, contre lesquels ils ne sauraient prévaloir. Que si l'on veut parler d'anciennes Collections grecques des canons de divers Conciles d'Afrique5, il est vrai,
1 Can. ccxcix, ibid. , ad calcem, pag. cxn.
2 Can. xxiv , ibid. , pag. 147.
3 Rép. au Mand., ubi suprà.
4 Justel le reconnaît, et combat l'opinion contraire. Jlstel, Cod. Concil. Ecoles. Âfric, Praefat., pag. 318.
5 L'écrit intitulé : Codex canonum Ecclesiœ Afri-
comme l'observe Justel , que a les livres des » Machabées ne sont point énumérés dans tous y> les exemplaires imprimés et manuscrits de » ces Codes ou Collections ! ; » mais il serait absurde d'en inférer que « les Machabées ne se » trouvent dans aucun des anciens manuscrits » ou exemplaires grecs du Concile de Car- » thage2. » Remarquez, en outre, que ces anciens exemplaires grecs sont principalement les compilations de canons, publiées par le moine scliismatique Zonare, et par Balsamon, faux patriarche de Constantinople , environ huit cents ans après le Concile de Cartilage. On voudrait donc , sur la foi des Grecs et de leurs versions , flétrir du soupçon de falsification un acte public et authentique , conservé en sa langue originale par les Églises d'Occident, et cité par tous les écrivains ecclésiatiques! Que
canœ, autrement appelé Concilium Âfricanum , esl-il l'ouvrage d'un des derniers Conciles d'Afrique , ou d'un canoniste particulier ? Les doctes sont partagés sur celte question. D'habiles critiques soutiennent qu'il faut attribuer cet écrit à quelque canoniste africain. Voir le Gard, du Perron , Réplique à la Réponse du Roi de la Grande Bretagne , liv. i , chap. 49 , tom. i , page 362 et suiv. , édit. de Paris 1622.
1 Justel, ubi suprà, pag. 425.
2 Rép. au Mand. , Préf. , pag. vin.
deviendraient les monuments antiques reconnus par les sociétés littéraires ou religieuses , si , pour en infirmer l'autorité , il suffisait de hasarder les assertions les plus frivoles ?
Avertissons, enfin, les Ministres du mauvais 72> pas où ils se sont imprudemment engagés. Ils imprudence
, r . . ... . des Ministres
n ontpasjait attcntionc[u.\\s se mettaient eux- au sujet mêmes dans l'impossibilité de résoudre une ,d* , ,
1 celte diikculîe.
semblable objection des incrédules contre l'intégrité de la Ire Épître de saint Jean : « La » pli/part des manuscrits grecs et plusieurs » d'entre les lalms omettent ce fameux verset ,
» Il T EN A TROIS QUI RENDENT TEMOIGNAGE
» dans le ciel, le père , le j^erbe et le » Saint-Esprit • et ces trois sont une même » chose l ■ donc on doit soupçonner de falsifi- » cation cette Épître, que la Réforme reçoit et » vénère comme divinement inspirée 2. »
i I. Joan. v , 7.
2 On voit ici la justesse de ces réflexions du Ministre de Genève : « Nous ne craignons pas de dire que tous » les coups qu'on veut maintenant porter aux apo- » cryphes peuvent être dirigés avec succès par les in- » crédules contre les livres du canon sacré. » Et , développant sa pensée à la fin de son écrit, il ajoute : « La suppression des apocryphes de l'ancien Testament » présente plusieurs dangers. Danger du côté des in- » crédules... On fortifie leurs préventions contre les
Le décret du Concile