‹ La Bible mutilée, profanée et contredite par les Protestants, ou opposition radicale entre l'Ecriture Sainte et le ProtestantismeChapitre 9 sur 20 · IÔ · texte numérisé non relu

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afin que les uns et les autres travaillent à la perfection des saints, aux fonctions de leur ministère, à l'édification du corps de Jésus-Chris, jusqu'à ce que nous parvenions tous à l'unité d'une même foi et d'une même connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'un homme parfait, à la mesure de l'âge et de la plénitude, selon laquelle Jésus-Christ doit être formé en nous, afin que nous ne soyons plus comme des enfants, ni comme des personnes flottantes qui se laissent emporter à tous les vents des opinions humaines par la tromperie des hommes et par l'adresse qu'ils ont à engager artificieusement dans l'erreur. »(Eph. IV, n et suiv.)

« Tous sont-ils apôtres, tous sont-ils prophètes, tous sont-ils pasteurs, tous font-ils des miracles, tous ont-ils le don de guérison, tous parlent-ils diverses langues, tous interprètentils ? » (II Corinth. XII, 20.)

« Lorsqu'il se trouvera une affaire embrouillée, adressez-vous au prêtre de la race de Lévi ; vous ferez tout ce qu'auront dit ceux qui prési-

dent au lieu que le Seigneur aura choisi et tout ce qu'ils vous auront enseigné selon la loi ; celui qui, s'enflant d'orgueil, ne voudra point obéir au commandement du pontife sera puni de mort. » (Deuter. XVII, 8 etsuiv.)

« Les lèvres des prêtres seront les dépositaires de la science ; c'est de leur bouche qu'on recherchera la connaissance de la loi. » (Mal.

Erreur : Toute controverse religieuse doit être terminée par le témoignage de l'Ecriture et non par l'autorité de l'Eglise.

Réfutation. Jésus-Christ est d'un autre avis. Il commande à ses Apôtres de prêcher et non d'écrire, et aux fidèles d'écouter, et non de lire.

« Allez et instruisez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du St-Esprit. » (Matth. XXVIII, 19.) — « Allez par tout le monde prêcher l'Évangile à toutes les créatures ; celui qui croira et qui sera bap-

tisé sera sauvé -, celui qui ne croira pas sera condamné. » (Marc. XVI. i5.) — « Celui qui vous écoute m'écoute, celui qui vous méprise me méprise, et méprise celui qui m'a envoyé. » (Luc. X, 16.)

« Si votre frère a péché contre vous, allez lui représenter sa faute en particulier. S'il vous écoute, vous aurez gagné votre frère; mais s'il ne vous écoute point, prenez encore avec vous une ou deux personnes, ahn que tout soit confirmé par l'autorité de deux ou trois témoins -, s'il ne les écoute pas non plus, dites-le à l'Eglise, et s'il n'écoute point l'Eglise, qu'il soit à votre égard comme un païen et un publicain. » Matth. XVIII, i5et suiv.)

Saint Paul veut qu'on se conforme avec le même soin à ses paroles et à ses écrits :

« Conservez les traditions que vous avez apprises soit par ma parole, soit par mes lettres » (2 Thess. II, 14.) Il donne le motif de cette recommandation : Nous faisons la fonction d'am-

— t65 — bassadeurs pour Jésus-Christ, et c'est Dieu même qui vous exhorte par notre bouche. » (2 Cor. V, 20.) — « Que les hommes nous considèrent comme les ministres de Jésus-Christ et les dispensateurs des mystères de Dieu. » (1 Cor. IV, [.)—-< La foi vient de l'ouïe. »(Rom. X, i7.) - «Vous serez sauvé par l'Evangile si vous l'avez retenu tel que je vous l'ai annoncé. » (1 Cor. XV, 2.)

Après le précepte, l'exemple. Saint Paul ne veut pas résoudre la controverse d'Antioche par le témoignage de l'Écriture et va à Jérusalem la proposer aux Apôtres qui l'examinent et

la décident.

l'ne controverse s' étant élevée à Antioche, il fut résolu que Paul et Barnabe et quelques-uns d'entre les autres iraient à Jérusalem vers les Apôtres et les prêtres pour leur proposer la difficulté. « Les Apôtres donc et les prêtres s'assemblèrent pour examiner et résoudre cette affaire, et après en avoir beaucoup conféré en-

— im —

semble, Pierre se leva et donna le jugement. »

(Act. XV, 6) (i)

!l) En face de textes si clairs sur les difficultés, les dangers et l'insuffisance de la lecture de la Bible, considérée comme uniquo moyen do répandre la foi et de terminer les controverses religieuses, on comprend le3 motifs qui ont obligé les souverains Pontifes et la Congrégation de l'Index à condamner diverses traductions de la Bible en langue vulgaire et à blâmer si fortement l'institution des Sociétés et des Organes bibliques. Mais ce qu'on ne comprend pas ce sont les violentes récriminations que les divers décrets prohibitifs ont excité parmi les protestants.

Ils ont accusé les Papes qui les ont publiés, d'avoir condamné la Bible elle-même, d'en avoir proscrit absolument toute traduction en langue vulgaire, de craindre plutôt que de désirer que les fidèles connussent la parole do Dieu : pures calomnies 1 Les Papes n'ont pas condamné la Bible, mais les traductions infidèles de la Bible.

On peut regarder comme permise, dit Grégoire XVI, la lecture des traductions approuvées par lo Saint-Siège apostolique, ou publiées avec des annotations tirées des Pères de l'Eglise ou d'interprètes savants et cathotiquos. (Lettre encyclique du 8 mars 1845. Inler prœcipuas macliinationes) Ils n'ont pas proscrit le Nouveau Testament de Notre-Seigneur Jésus-Christ, mais les altérations qu'on lui faisait subir et les annotations dont on l'accompagnait.

Ils veulent que les fidèles connaissent la parole de Dieu ; mais ils nient que le meilleur moyen d'ac [uérir coite connaissance, soit de leur mettre entre les mains un exemplaire quelconque de la Bible, et de leur dire que chacun a le droit de l'interpréter à sa guise.

Ils ont protesté contre les sociétés bibliques, parce que le but réel de ces institutions, aujourd'hui connu de tous, est souvent de répandre des livres infectés de.s erreurs luthérienues, calvinistes et même socipiennes, quelquefois d'organiser une propa-

Erreur: L'Eglise est tombée dans l'erreur.

Réfutation. Dans ce cas Dieu aurait manqué à sa promesse.

« Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du St-Esprit ; apprenez-leur à garder mes commandements, et voici que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles. » (Matth. XVÏTI, u>.)

« Celui qui vous écoute m'écoute, celui qui vous méprise me méprise. » (Luc X, 16.)

« Jésus-Christ a aimé l'Eglise et s'est livré lui-même à la mort pour elle afin de la sanctifier après l'avoir purifiée dans le baptême de

gande révolutionnaire, e( toujours d'accoutumer insensiblement les peuples à s'attribuer le droit, d'interpréter librement les saintes Kcril urcs, à mépriser les traditions divines conservées dans l'Eglise catholique, a répudier l'autorité euseignunte des pasteurs

légitimes.

Quand viendra donc le temps où, au lieu de blâmer ce système de mesures préventives, ou admirera la sagesse qui l'a établi, el on avouera quo c'est l'énergique application qu'en ont faite les promiers pasteurs de l'Iiglise qui .1 conservé, flans tonte sa pureté la source île noire <'i.

- i68 — l'eau par la parole de vie, pour la faire paraître devant lui pleine de gloire, n'ayant ni tache ni ride, ni rien de semblable, mais étant sainte et irrépréhensible. » (Ephes. V, 24.)

« Mon serviteur David régnera sur eux, et ils n'auront plus qu'un seul pasteur. Ils marcheront ainsi dans la voie de mes ordonnances ; ils garderont mes commandements et ils les pratiqueront. Je ferai avec eux une alliance de paix ; je les établirai sur un ferme fondement, je les multiplierai et j'établirai pour jamais mon sanctuaire au milieu d'eux. » (Ezech. XXXVIII, 24 et suiv.)

« Alors les yeux des aveugles verront le jour, et les oreilles des sourds seront ouvertes. Il y a là un sentier élevé et une voie qui sera appelée la voie sainte ; celui qui est impur n'y passera point, et ce sera pour vous une voie droite, en sorte que les ignorants y marcheront sans s'égarer. » (Is. XXXV, 5, 8.)

« Il s'assiéra sur le trône de David, et il possédera son royaume pour l'affermir et le forti-

fier dans l'équité et la justice depuis ce temps jusqu'à jamais. » (Is. IX, 7.)

« Je te disque tu es Pierre et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. » ^Matth. XVI, 18.)

« Quand cet esprit de vérité sera venu, il vous enseignera toute vérité. » (Jean. XVI,. 13.)

« L'Eglise du Dieu vivant est la colonne et le fondement de la vérité. » (r Tim. III, i5.)

« Celui qui n'écoute pas l'Eglise, regardez-le comme un païen et un publicain. » (Matth. XVIII, i7.)

Krreur : St Pierre n'a pas reçu plus de pouvoir que les autres Apôires.

Réfutation. Nous trouvons dans l'Écriture la primauté de Pierre annoncée, instituée, exercée.

Primauté annoncée. — Jésus ayant regardé Simon, lui dit :

« Tu es Simon, fils de Jona; tu seras appelé Céphas, ce qui signifie Pierre. » (Joan. 1,42.) « Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus, s'écriant : « Eloignez-vous de moi, Seigneur, parce que je suis un pêcheur. » Il était stupéfait à la vue d'une pareille capture de poisson?, ainsi que ceux qui étaient avec lui, Jacques et Jean, ses compagnons. Jésus lui dit : Ne crains rien, désormais tu seras pêcheur d'hommes. » (Luc. V, 5 et suiv.)

« Vous autres, qui dites- vous que je suis ? Simon Pierre, prenant la parole, dit : « Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant. » Jésus reprit : « Tu es heureux Simon, fils de Jona, parce que la chair et le sang ne t'ont pas révélé cela, mais mon Père qui est au ciel. Et moi je te déclare que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle, et je te donnerai les clefs du royaume du ciel, et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que tu délieras sur la terre sera

délié dans le ciel. » (Matth. XVI, i5 et suiv.) « Simon, Simon, voici que Satan a demandé de vous cribler tous comme du blé ; mais j'ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille point. Lors donc que tu seras converti, confirme tes frères. » (Luc. XXII, 3r.)

Primauté instituée. — Après qu'ils eurent dîné, Jésus dit à Simon Pierre : « Simon, fils de Jona, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? Oui, Seigneur, lui répondit-il, vous savez que je vous aime. » Jésus lui dit: « Pais mes agneaux. » Il lui dit une seconde fois : « Simon, fils de Jona nïaimes-tu ? » Simon lui dit : Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime. » Jésus lui dit: « Pais mes agneaux. » Il lui demanda pour la toisième fois : <• Simon, fils de Jona, m'aimestu ? » Pierre fut contristé de ce qu'il lui demandât une troisième fois : « Pierre, m'aimestu ? » et il répondit : « Seigneur, vous connaissez toutes choses ; vous savez que je vous aime.» Jésus lui dit : « Pais mes brebis.» Joan. XXI, i5.)

« Voici les noms des douze Apôtres, le premier : Simon, appelé Pierre, etc. » (Matth.

Primauté exercée. — Pierre ordonne qu'on procède à l'élection d'un nouvel apôtre. « En ces jours-là, Pierre se leva au milieu des frères qui étaient tous ensemble environ cent-vingt, et il leur dit: Mes frères, il faut etc. » (Act. I, i5.) Il inaugure le ministère public de la prédication évangélique et défend les Apôtres contre les sarcasmes des Juifs : Alors Pierre se présentant avec les onze apôtres éleva sa voix, et dit, etc. » (Act. II, 14 et suiv.)

C'est à lui qu'est apparu le premier Notre- Seigneur après sa résurrection. « Le Christ s'est fait voir à Céphas, puisa ses onze apôtres. » (1 Cor. XV, 5.)

II prend la parole au nom des autres apôtres. « Ayant fait venir les Apôtres au milieu d'eux, ils leur dirent. « Par quelle puissance et au nom de qui avez- vous fait ceite action ? Alors Pierre rempli du Saint-Esprit, leur dit: etc. » (Act. IV, 7.)

II fait la visite des Églises. « Pierre visitait de ville en ville tous les fidèles. » (Act. IX, 32.)

Il exhorte les autres pasteurs à bien remplir exactement les fonctions de leur charge, (i Petr. V, i.)

La nouvelle Église ne devait pas être moins bien traitée que l'ancienne. Or, celle-ci avait un grand prêtre au tribunal duquel il fallait porter les causes difficiles et dont la sentence était sans appel : « Celui qui, s'enflant d'orgueil, ne voudra point obéir au commandement du pontife qui en ce temps-là sera ministre du Seigneur votre Dieu, ni à l'arrêt du juge, sera puni de mort ; et vous ôterez le mal du milieu d'Israël afin que tout le peuple entendant ce jugement soit saisi de crainte et qu'à l'avenir nul ne s'élève d'orgueil. »(Deuter.XVII, 12.) Cette primauté que nous trouvons annoncée, instituée et exercée dans l'Écriture sainte, l'Histoire nous la montre transmise aux Évêques de Rome, successeurs de St. Pierre, perpétuée dans la suite des siècles et reconnue par l'Église universelle. Mais les développements nous éloigneraient de notre

- '74 — but et sortiraient de notre cadre. Qu'on nous permette toutefois de dire un mot sur un fait d'une importance exceptionnelle, ne serait-ce que pour montrer combien est déplorable dans certains cas la conduite de nos adversaires. Il s'agit du voyage de St. Pierre à Rome. Peut-on s'imaginer qu'il ait été catégoriquement nié ?

« Aucun écrivain ecclésiastique, pendant les trois premiers siècles du christianisme, n'a parlé du voyage de saint Pierre à Rome (i). » Cette incroyable assertion se lit pareillement dans MM. Bost, Puaux, Ghastel (2), Bungener (3), Guoguel (4)-, nous la trouvons dans V Encyclopédie des gens du monde (5) ; elle a été reproduite par MM. Viennet, Guizot, Quinet, et les élèves en théologie des universités anglicanes peuvent la lire tous les jours dans leur Manuel de la Bible . « La prétendue visite de Pierre à Rome sous le règne de Claude, est tout à fait dénuée de fondement. » (6).

(1) Encyclopédie moderne, art. Papauté.

(?) Confér.

h) Hist. du Gonc. de Tr.

(4) Les princip. diff.

(5) Art. St. Pierre.

(6) J-Augus. Manuel, p. 628.

Tout en combattant les erreurs, nous tenons à respecter les personnes, mais ici il nous est impossible de ne pas constater ou l'ignorance ou la mauvaise foi ; que le lecteur en juge.

Un philosophe de l'antiquité niait le mouvement ; Diogène, pour toute réponse, se mit à marcher. On soutient qu'aucun écrivain des trois premiers siècles n'a fait mention du voyage de saint Pierre à Rome ; nous répondons par des citations.

Le pape saint Clément, troisième successeur de saint Pierre, écrivant de Rome aux Corinthiens, après avoir raconté le glorieux martyre de saint Pierre et de saint Paul, ajoute : « A ces grands hommes qni ont donné l'institution de la vie sainte s'est associée dans la suite une grande multitude d'élus qui, excités par leur exemple, ont souffert beaucoup de supplices et de tourments et sont devenus, à leur tour, les plus excellents modèles parmi nous. » (I. Ep.

ad. Cor.)

Saint Ignace, évêque d' Antioche, disciple de St. Pierre et de St. Jean, commence sa lettre aux

Romains par rendre hommage à la primauté de l'Église de Rome qu'il appelle l'Église présidente, l'Église qui commande ; puis il les supplie de ne pas s'opposer à son martyre, et ajoute dans son humilité et en faisant allusion à l'ordre que saint Pierre et saint Paul avaient donné aux fidèles de Rome dans une circonstance analogue : Je ne vous l'ordonne pas comme le firent Pierre et Paul ; ils étaient apôtres, je ne suis qu'un condamné (1). »

Un autre disciple de saint Jean, le martyr Papias, évêque d'Hierapolis en Phrygie, rapporte que saint Marc a écrit son Evangile à Rome, comme il l'avait entendu annoncer et prêcher par saint Pierre (2).

Caïus, qui vivait du temps du pape Zéphirin, en 202, disait à Proclus, chef des Cataphrygiens : Pour moi, je puis montrer les trophées des Apôtres ; si vous voulez les voir, vous n'avez qu'à aller au Vatican et sur la voie d'Ostie (3).

(1) Cotel. Patres apost. II, :

(2) Uist. eccl., II, 15.

(3) Bus , I. 26.

Vers la même époque, Hégésippe (i), rappelle pareillement la mort de saint Pierre, apôtre à Rome.

Denis de Corinthe, écrivant aux Romains vers l'an 166, leur dit : « Vous avez mêlé ensemble, par un sage avis, les Romains et les Corinthiens, comme des plantes semées dans le champ de l'Eglise par les mains de Pierre et de Paul. « (2).

Clément d'Alexandrie, disciple de saint Pantène, qui avait vécu avec les Apôtres, assure comme Papias que saint Marc, disciple de saint Pierre, a écrit l'Evangile que son maître avait prêché à Rome, et que c'est à la prière de quelques officiers de l'empereur qui avaient entendu saint Pierre, qu'il a commencé ce travail (3).

Le même écrivain dit dans ses Institutions que, le démon ayant conduit Simon le Magi-

(1) De la rame de Jérusalem, c. I. ' (î) Eus., II, 26.

i) Cassiod., in. I Petr. V).

cien à Rome, la Providence y amena saint Pierre pour le combattre et le vaincre (1).

Qui ne connaît le passage de saint Irénée : « Comme il serait trop long d'énumérer toute la suite des successeurs des Apôtres, je me bornerai à l'Eglise de Rome, la plus grande, la plus ancienne et la plus illustre des Eglises fondées par les glorieux apôtres Pierre et Paul, recevant d'eux sa doctrine qui a été annoncée à tous les hommes, et qui, par la succession de sesévêques, est parvenue jusqu'à nous. A cette Eglise, à cause de sa primauté qui l'élève audessus-d'elles, toutes les autres doivent avoir recours, je veux dire les fidèles de tous les pays de la terre. Après avoir ainsi fondé et instruit cette Eglise, ils en confièrent- le gouvernement à Lin ; Lin eut pour successeur Anaclet, puis en troisième lieu vint Clément ; à Clément succéda Evariste qui eut pour successeur Alexandre, puis ensuite Sixte qui fut suivi par Téles-

(I) Hisl, eccl. LU, c. 4.

phore, Hygin, Pic et Anicet -, mais Soter ayant succédé à Anicet, Eleuthère, le douzième Pontife depuis les Apôtres, gouverne aujourd'hui l'Eglise. » L'illustre Evêque de Lyon ajoute : * Faire connaître la tradition de la première des Eglises fondée à Rome par Pierre et Paul, c'est confondre tous ceux qui n'ont pas la même croyance qu'elle (i).

« Etienne est fier de son siège, dit Firmilien évêque de Cappadoce, il se glorifie d'être le successeur de saint Pierre sur qui reposent les fondements de l'Eglise, et il ose introduire d'autres prières, construire d'autres églises, en prenant la défense du baptême des hérétiques! »(a)

« L1 Évêque de Rome, dit saint Cyprien, assure qu'il possède la succession de saint Pierre. » Et ailleurs: « Ils osent se mettre en mer et porter les lettres que leur ont données des schismatiques et des profanes, à la chaire de Pierre, à la

(.1) Advers. hœrcs. III.

(2) Apud Cypr.-, Patrol. mrsus compl. IV Î6.)

principale Église d'où dérive l'unité du sacerdoce ; ils ne se rappellent pas que les Romains sont des chrétiens dont l'Apôtre a loué la foi, et auprès desquels la perfidie n'a point d'accès.

« Que les hérétiques, dit Tertullien, nous montrent l'origine de leur Église, qu'ils établissent la succession de leurs évêques de manière à ce que le premier soit un apôtre ou envoyé d'apôtres, car c'est ainsi que le peut faire l'Église de Rome où Clément fut ordonné par Pierre, etc. » (De Prœscript., 32.)

Pierre d'Alexandrie atteste la même vérité.

Origène(i) nous dit que c'est après avoir prêché l'Évangile dans le Pont, la Galatie, la Bithynie, la Cappadoce et l'Asie, que saint Pierre alla enfin à Rome, où il fut crucifié la tête en bas, comme il l'avait souhaité (2).

« A Rome, Pierre est crucifié la tête en bas, Paul est décapité, et Jean est envoyé en exil à Pathmos » (3).

(l)Euaèbe, IV, 2.

(2) Explan. in Gen. (Eus, Prot. Eccl., III, I'

(3) Eus. (ném évang., III, 5).

A ces nombreux témoignages ajoutons ceux d'Arnobe et de Lactance, qui ont commencé d'écrire avant l'an 3oo de l'ère chrétienne ; rappelons que saint Optât, saint Épiphane, Eusèbe et saint Augustin, pour dresser, au IVe siècle, le catalogue des Evêques de Rome, se sont servis de documents très-anciens ; que la plupart des registres, dont la collection forme le Livre des Pontifes romains, ont été rédigés par les notaires de la primitive Église ; qu'au concile de Sardique, 3 14 ans après la mort de Notre-Seigneur, trois cents éveques organisèrent le droit d'appel à Rome « pour honorer la mémoire de saint Pierre; » et concluons que, même en ne demandant des preuves qu'aux trois premiers siècles de l'Eglise, le voyage de saint Pierre à Rome est un fait historique des plus clairs, des plus certains, des plus autorisés (1 ).

(1) L'Histoire tt l'Infaillibilité des Papes, t. I, p. 9t,

Iïrreur : La pratique de l'excommunication est une superstition.

Réfutation. Non, car dans ce cas Notre- Seigneur n'en eût pas recommandé l'usage, et les Apôtres ne l'eussent pas employée comme ils Font fait à diverses reprises.

« Si quelqu'un n'écoute pas l'Église, qu'il soit à votre égard comme un païen et un publicain. (Matth. XVIII, 17.) — Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel. » (Matth. XVIII. ,8.)

« Et vous êtes encore enflés d'orgueil, vous n'avez pas au contraire versé des larmes et fait retrancher du milieu de vous celui qui a commis une action si honteuse ; pour moi, absent de corps, mais présent en esprit, j'ai déjà porté ce jugement contre celui qui a fait une telle action, c'est que dans votre assemblée réunie au nom deN.-S. J.-C, cet homme-là soit, par lapuissance de Notre-Seigneur Jésus, livré à Satan pour mortifier sa chair, afin que son âme soit

sauvée au jour de N.-S. J.-C. » (i Cor. V, 2 et suiv.)

« Si quelqu'un n'obéit pas à ce que nous ordonnons par notre lettre, notez-le et n'ayez point de commerce avec lui, afin qu'il en ait de la confusion. « (2 Thess. III, 14.) « Nousavons en notre main le pouvoir de punir les désobéissants. » (2 Cor. X, 6.) — « J'ai livré à Satan Hyménée et Alexandre, afin qu'ils apprennent à ne plus blasphémer. » (1 Tim. I, 20.)

« Evitez celui qui est hérétique, après l'avoir averti une ou deux fois. » (Tit. III, 10.)

« Si quelqu'un vient vers vous et ne fait pas profession de cette doctrine, ne le recevez point dans votre maison, et ne le saluez point, car celui qui le salue participe à ses mauvaises actions. » (2 Joan, 10.)

Erreur : Les anges et les saints ne s'occupent pas de ce qui se passe sur la terre et ne peuvent prier pour nous.

Réfutation. L'Écriture sainte, au contraire, enseigne que les anges et les saints se réjouissent

du bien et s'attristent du mal qui arrive sur la terre ; qu'ils offrent à Dieu nos prières et intercèdent pour nous auprès de Lui; que Dieu aime qu'on le prie en leur nom et par leurs mérites; qu'il est bon de se recommander aux prières des autres.

i" Communication de ce qui se passe ici-bas: « Je vous dis qu'il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui fait pénitence que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de pénitence. » (Luc XV, 7.)

« Je vous dis que c'est une joie parmi les anges de Dieu lorsqu'un seul pécheur fait pénitence. » (Luc XV, 10.)

20 Offrande des prières : « Les vingt-quatre vieillards se prosternaient devant l'Agneau ayant chacun des harpes et des coupes d'or pleines de parfums, qui sont les prières des saints. » (Apoc. V, 8.)

« La fumée des parfums composée des prières des saints s'élevant de la main des anges monta devant Dieu. » (Apoc. VIII, 4.)

Les mauvais anges accusent ; les bons peuvent bien défendre : « J'entendis une grande voix dans le ciel qui dit : C'est maintenant que sont établis le salut et la force et le repos de notre Dieu et la puissance de Jésus-Christ, parce que celui qui était nuit et jour l'accusateur de nos frères devant Dieu a été précipité. » (Apoc. XII,

3° Les distances ne sont rien entre les esprits : « Et de l'enfer, dans les tourments, le mauvais riche éleva les yeux en haut et vit de loin Abraham et Lazare dans son sein, et s'écriant, il dit ces paroles : « Père Abraham, ayez pitié de moi, et envoyez-moi Lazare afin qu'il trempe le bout de son doigt dans l'eau pour me rafraîchir la langue, parce que je souffre d'extrêmes tourments dans cette flamme. » Mais Abraham lui répondit : « Mon fils, souvenez-vous que vous avez reçu vos biens dans cette vie et que Lazare n'y a eu que des maux ; c'est pourquoi il est maintenant dans la consolation et vous dans les tourments; de plus il y a pour jamais

— i86 — un grand abîme entre nous et vous. »(Luc XVI, 23 et suiv.)

Les distances ne sont rien pour les saints : « Le roi de Syrie combattait un jour contre Israël, et tenant conseil avec ses officiers, il leur dit: « Il faut que nous dressions une embuscade en tel et tel endroit. » Elisée, l'homme de Dieu, envoya donc dire au roi d'Israël: « Prenez garde de ne pas passer par là parce que les Syriens doivent y dresser une embuscade. » Le roi d'Israël envoya au lieu indiqué par l'homme de Dieu et il s'en empara le premier, et il se garda ainsi plusieurs fois des Syriens. Le roi de Syrie fut troublé de cet événement, et ayant assemblé ses serviteurs, il leur dit: « Pourquoi ne me découvrez-vous point celui qui me trahit auprès du roi d'Israël? » L'un de ses officiers lui répondit : « Ce n'est pas qu'on vous trahisse, ô roi, mon seigneur, mais c'est le prophète Elisée qui est (à Samarie) en Israël, qui découvre au roi d'Israël ce que vous dites en secret (à Damas) dans votre chambre. » (4 Reg. VI, 8

et suiv.) Le même prophète savait ce qui se passait en son absence entre Naaman et Giezi. (4 Reg. V.)

4° Les anges et les saints prient pour les hommes et viennent à leur secours.

« L'ange du Seigneur parla ensuite, et dit : « Seigneur des armées, jusques à quand différerez-yous de faire miséricorde à Jérusalem et aux villes dejuda contre lesquelles votre colère s'est émue? » (Zach. I, ri.)

« Le prince du royaume des Perses m'a résisté vingt-un jours; mais Michaë'l le premier d'entre les princes est venu à mon secours. » (Dan. X, i3.)

« Il a commandé à ses anges de vous garder dans toutes vos voies. » (Ps. XC, 11.)

« Lorsque tu priais, dit l'ange Raphaël à Tobie, j'offrais ta prière au Seigneur. »(Tob. XII,

« Je sais que dans peu de temps je dois quitter cette tente, comme Notre-Seigneur Jésus- Christ me l'a fait connaître; mais j'aurai soin

— i88 — que même après mon départ de cette vie vous vous souveniez de ces choses. » (2 Petr. I, 14 et i5.) - -

« C'est lui, Jérémie, qui prie beaucoup pour le peuple. » (2 Mach. XV, 12.)

5° Prières appuyées sur le mérite des saints : « Moïse conjurait le Seigneur, en disant: « Isaac et Jacob, vos serviteurs, auxquels vous avez dit en jurant par vous-même : Je multiplierai votre race comme les étoiles du ciel, et je donnerai à votre postérité cette terre dont je vous ai parlé et que vous posséderez à jamais. » Alors le Seigneur s'apaisa et résolut de ne point faire à son peuple le mal qu'il voulait lui faire. » (Ex. XXXII, i3 et 14.)

« Seigneur, mon Dieu, ne rejetez point la prière de votre Christ; souvenez-vous de toutes les bontés que vous avez eues pour David, votre serviteur. » (2 Parai. VI, 42.) » Salomon ayant achevé sa prière, le feu descendit du ciel et consuma les holocaustes et les victimes. » (2 Parai. VII, 1.)

« Le Seigneur se laissa fléchir par la pénitence de Job, lorsqu'il priait pour ses amis. » (JobXLII, 10.)

6° Les mérites des saints, soit morts, soit vivants, peuvent nous être imputés.

Voici ce que le Seigneur dit à Ézéchias touchant le roi des Assyriens: « Je protégerai cette ville et je la sauverai pour ma propre gloire et en faveur de David, mon serviteur. » (Is. XXXVII, 35.)

« Seigneur mon Dieu, dit Salomon, ne rejetez point la prière de votre Christ; souvenez-vous de toutes les bontés que vous avez eues pour David votre serviteur. » (2 Parai. VI, 42-)

« Le Seigneur ayant ainsi parlé à Job dit à Eliphaz de Theman : Ma fureur s'est allumée contre vous et contre vos deux amis, parce que vous n'avez point parlé devant moi dans la droiture et la vérité, comme Job, mon serviteur. Prenez donc sept taureaux et sept béliers, allez chez mon serviteur Job, et offrez-

les pour vous en holocauste. Job, mon serviteur, priera pour vous; je le regarderai et Técouterai favorablement, afin que votre folle conduite ne vous soit point imputée, parce que vous n'avez point parlé dans la droiture et la vérité, comme mon serviteur Job. » (Job. XLII, 7.)

70 On peut donc se recommander aux prières des saints. « Priez pour nous, afin que la parole de Dieu se répande de plus en plus. » (2 Thess. III, 1.) — « Invoquez Dieu en esprit et en tout temps par toutes sortes de supplications et de prières, et employez-vous avec une vigilance et une persévérance continuelles à prier pour tous les saints et pour moi aussi, afin que Dieu, m'ouvrant la bouche, me donne des paroles pour annoncer librement le mystère de l1 Évangile. » (Eph. VI, 18.) — « Je vous conjure par J.-C. N.-S. et par la charité du St-Esprit de venir à mon secours par les prières que vous ferez à Dieu pour moi. » (Rom. XV, 3o.)

« Priez l'un pour l'autre, afin que vous

— I91 — soyez guéris, car la fervente prière du juste peut beaucoup. » (Jac. V, ib.i

Erreur : Le culte de Marie n'est pas légitime.

Réfutation. Le culte que les catholiques rendent à la Vierge Marie consiste à la vénérer (i) comme mère de Dieu, à reconnaître les privilèges qui découlent de ce titre, à admirer les vertus qu'elle a pratiquées et à la prier d'intercéder pour nous auprès de Jésus-Christ, son fils; or, ces privilèges, ces vertus, cette puissance relative sont réels,et l'Écriture les indique. Donc le culte de Marie est légitime ; il est basé sur

(l)Nous disons vénérer et uoii pus adorer. Jamais catholique n'a confondu le culte de respect dû à la Ste Viergi) avec le culte d'adoration <(ui n'est du qu'à Dieu. Tous les traités de théologie tous les catéchismes enseignent que Dieu seul est adorable. N'importe, une foule d'écrivains protestants continuent de répéter celte calomnie, il en est même qui ont composé dos ouvrages inlilulés : La Mariolàtrie. Les catholiques adorent la Sle Vierge, voilà le principe, donc ils sont idolâtres, voilà la confusion. Ils aiment cet argument. Pourquoi u'aiment-ils pas celui-ci : Les catholiques soutiennent que deux et deux font cinq ; donc ils sont des imbéciles ?

l'Ecriture. Voici nos preuves : nous citons la version de Lemaître de Sacy, récemment rééditée aux frais de la Société biblique.

Les Livres saints, en parlant de la bienheureuse Vierge, mentionnent :

i° Sa Maternité divine : « Joseph, fils de David, ne craignez point de prendre avec vous Marie votre femme, car ce qui est né dans elle a été formé par le St-Esprit, et elle enfantera un fils à qui vous donnerez le nom de Jésus, c'est-à-dire Sauveur, parce que ce sera lui qui sauvera le peuple et le délivrera de ses péchés. » (Matth. I, 20.)

« Vous concevrez dans votre sein et vous enfanterez un fils à qui vous donnerez le nom de Jésus ; il sera grand et sera appelé le Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père; il régnera éternellement sur la maison de Jacob et son règne n'aura point de fin. » (Luc. I, 3i.)

« Le fruit saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu. » (Luc. I, 35.) — « D'où

— '93 — me vient ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne vers moi? » (Luc. I, 43.) — « Aujourd'hui dans la ville de David il vous est né un Sauveur qui est le Christ le Seigneur. » (Luc. II, 1 1.)

20 Sa Virginité perpétuelle : « Le Seigneur vous donnera lui-même un prodige : « Une vierge concevra, et elle enfantera un fils qui sera appelé Emmanuel. » (Is. VII, 14.)

« Marie dit à l'ange: Gomment cela se ferait-il, je ne connais point d'homme. » L'ange lui répondit: « Le St- Esprit surviendra' en vous et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre; c'est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu. » (Luc. I, 34.)

« Ce qui est né dans elle a été formé par le St-Esprit, et elle enfantera un fils à qui vous donnerez le nom d'Emmanuel, c'est-à-dire Dieu avec nous. » (Matth. I, 20.)

3° Son Immaculée Conception. « Le Seigneur dit au serpent: Je mettrai une inimitié entre

toi et la femme, entre sa race et la tienne ; elle te brisera la tête et tu tâcheras de la mordre au talon. » (Gen. III, i5.) — « L'ange étant entré où était Marie lui dit : Je vous salue, ô pleine de grâces, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes. » (Luc, I, 28.)

« Les Pères et les écrivains de l'Église, instruits par les oracles célestes, n'ont rien eu plus à cœur, dans les livres qu'ils ont composés pour expliquer les Écritures, pour défendre les dogmes, pour instruire les fidèles, que de célébrer à l'envi et d'exalter de mille manières admirables la souveraine sainteté de la Vierge, sa dignité, son intégrité de toute tache du péché, et son éclatante victoire sur le cruel ennemi du genre humain. C'est pourquoi, lorsqu'ils rapportent les paroles par lesquelles Dieu, dans les commencements du monde, annonçant les remèdes préparés dans sa miséricorde pour régénérer les mortels, confondit l'audace du serpent séducteur et releva merveilleusement l'espérance de notre race en disant : Je mettrai

— iq5 — l'inimitié entre toi et la femme, entre ta race et la sienne: Inimicitias ponam inler te et mulierem, et semen tunm et semen illius (Gen. III, i5.), les Pères enseignent que par cet oracle a été clairement et ouvertement annoncé le miséricordieux Rédempteur dugenrehumain, le Christ Jésus, Fils unique de Dieu, et que sa bienheureuse Mère, la Vierge Marie, y est aussi désignée; que l'inimitié du Fils et de la Mère contre le démon y est également et formellement exprimée. C'est pourquoi, de même que le Christ médiateur de Dieu et des hommes, ayant pris la nature humaine, efface le sceau de la sentence qui était contre nous, et triomphant, l'attache à la croix ; de même la très-sainte Vierge, unie par un lien étroit et indissoluble avec Lui, et par Lui exerçant des hostilités éternelles contre le serpent venimeux, et triomphant pleinement de cet ennemi, a écrasé sa tète de son pied immaculé.

— « Ils ont professé que la très-glorieuse Vierge avait été élue avant les siècles ; que le

Tout-Puissant se Tétait préparée; que Dieu l'avait prédite quand il dit au serpent : Je mettrai l'inimitié entre toi et la femme; et que c'est elle, ïl n'en faut pas douter, qui a écrasé la tête venimeuse de ce même serpent. C'est pourquoi ils ont affirmé que cette bienheureuse Vierge avait été, par grâce, exempte de toute tache du péché et pure de toute contagion et du corps et de l'âme, et de l'intelligence ; que, toujours en communication avec Dieu et unie à lui par une alliance éternelle, elle n'a jamais été dans les ténèbres, mais toujours dans la lumière ; et que c'est par le moyen de cette grèce originelle qu'elle était devenue une demeure digne du Christ.

— « Considérant dans leur cœur et dans leur esprit que la bienheureuse Vierge Marie a été au nom de Dieu et par son ordre appelée « pleine de grâce » yaSçi xtyapiTwiisvY), Ave, gratiâplena(i), par l'ange Gabriel lorsqu'il lui an-

Ci) Luc. I, 28.

Quelques Protestants modernes ont tiré, au contraire, do la sa-

nonça son incomparable dignité de Mère de Dieu, les Pères et les écrivains ecclésiastiques ont enseigné que par cette singulière et solen-

lulation rie ['ange Gabriel une difficulté contre l'Immaculée Conception, quo j'ai entendu reproduire plusieurs fois moi-même par des ministres calvinistes. La voici dans toute sa force :

« xt%itfiTvf/.ii>i, parlicipo passe passif de xxf'r'a' signifie graciée ;

« Or, qui a été graciée a été coupable au inoins de péché originel :

« Donc les paroles de l'Auge sont contraires plutôt quo favorables à l'Immaculée Conception. »

La réponse est facile: xi^afira./wsv» n'a pas le sens qu'on lui prèto. Ouvrons le grand Dictionnaire intitulé : Thésaurus greecœ linguœ, par Henri Eslienne ; il serait difficile de s'appuyer sur l'autorité d'un helléniste plus habite et moins suspect : « Le passif dû Mfiro», lisons-nous dans cet ouvrage, est %*ftT*<f(**t, dont le participe xi%a.piTcrp(i), a été employé par SI Luc, eh. I. v. 18. Xai'fe xi^;»fiT4^s'ï», que l'on peut traduire ainsi : Salut, ornée de la grâce. L'auteur sacré veut dire que Dieu, par un effet de sa bonté gratuite, a eu Marie pour agréable, acceptable, d'où certains interprètes traduisent par graliis dilecla, choisie pour être ornée de grâces, aimée à causo des dons reçus ; Erasme, par gratiosa, gracieuse, embellie ; la Vulgate. par gralià plena, pleine de grâce, enrichie de dons. » (Thésaurus linguœ grœcœ, vol. VIII, fascic ô.) le véritable sens du mot xî^«tfira,i/!'v» n'est donc pas graciée, amnistiée, mais embellie, ornée, et, s'il élait permis d'employer cette expression, amabilisée. On comprend la clilférence : le mot graciée, amnistiée, pardonnée, suppose une faille, ou au moins une participation à la faute d'autrui; il n'eu est pas de même des qualifications embellie, ornée, favorisée ; au contraire, loin d'indiquer un vice antérieur, originel, elles ne s'appliquent ordinairement qu'à ce qui était déjà irréprochable.

nelle salutation, dont il n'y a pas d'autre exemple, il est déclaré que la Mère de Dieu est le siège de toutes les grâces divines ; qu'elle a

Coite signification est encore fixée par les radicaux et les dérivés de %*iht4u. XupiTHi veut dire rendre agréable, gratum reddere, gralià afficere; %x'f,iç signifie quelquefois bienfait, presque toujours agrément, élégance, gralia, venustas, lepos, elegantia, Jamais pardon ; xi%ctpi-rptix;, joyeusement, agréablement, de manière à plaire : partout une idée, non-soulement de correction, mais do perfection ; non-seulement de santé, mais do grâce el de beauté.

Los circonstances du récit indiquent aussi le même seus. Ou voudrait que le messager céleste eût salué la noble fille do David, la plus pure des vierges, du nom de graciée, d'amnistiée ! mais c'eût été uue injure. El en quoi donc eût-ello mérité d'être appelée bénie entre toutes les femmes, si elle eût suivi la voie ordinaire de la justification ? Plein de respect pour celle qui va être élevée à la dignité ineffable de .Mère do Dieu, l'arcliange Gabriel lui rappelle un privilège qui n'a été accordé qu'à elle seule. Ainsi la logique et la philologie sont d'accord avec la Tradition pour interpréter ce passage de St. Luc : Ave, gratià plenu , benedicla tu in mulieribus, dans un sens favorable à l'Immaculée Conception; et ce seus est celui de Pie IX.

Ou a trouvé une difficulté somblable dans le Cantique de li Vierge. Voici le texte : Hjaui'twi ri iritù ftx |Wt,iT îiri rs 0«'M <ra'T»fi piu (Luc. I, 47). La Vulgate a traduit : Et exultavil spiritus meus in Deo salutari meo, « mon esprit a tressailli de joie eu Dieu mon Sauveur. » Or, dit-on, Marie appelle Dieu son Sauveur donc elle reconnaît qu'elle a été rachetée, donc elle a participé à la malédiction commune.

Celte conclusion n'est pas légitime. La Sainte Vierge peut, à juste titre, appeler Jésus-Christ, son Sauveur, sans vouloir diro pour cela qu'elle a été rachetée du péché après en avoir éj S

— i99 — été ornée de tous les dons du Saint-Esprit ; bien plus, qu'elle est comme le trésor infini et l'abîme inépuisable de ces dons, de sorte qu'elle

souillée. Il y a deux manières de sauver quelqu'un: la première est de le relever quand il est tombé; la seconde est d'empêcher qu'il ne tombe ; or, c'est dans ce dernier sens que Jésus-Christ est le Sauveur de 'sa Mère et l'a secourue avant la chute: au lieu de la délivrer de la prison pour detle, il a payé au moment do l'échéance tout ce que Marie, en tant que fille d'Adam, devait à la justice de son Père.

Ici encore le témoignage des glossaires corrobore le dogme catholique. Quel est le vrai sens, <rans la langue grecque, de «■o>T»'/>? Cette expression, entendue dans sa signification première, ordinaire, usuelle, no veut pas dire un Sauveur qui guérit, qui rachète, mais un Sauveur qui préserve, qui protège, qui garde. Henri Eslienno, dans l'ouvrage que nous avons cilé, en donne une foule d'exemples ; en voici quelques-uns. A Athènes, près du Pirée, se trouvait un temple sur le frontispice duquel ou lisait : "Hfii tuu Hi\( rau (7-oiTi'foc(Strab. 9), temple de Jupiter sauveur. Quelle éfiiit sa principale destination ? recevoir les ex-voto des matelots qui, avant de s'embarquer, venaient demander d'èlro préservés du naufrage. 2^v8»'//a Zivt rnT»f »«i n/k». (Plat., Epist. 7) : le mot d'ordro était Jupiter sauveur et Victoire. Sans doute que Xénophon et ses soldats ne voulaient pas demander d'être vengés d'uno défaite, mais bien d'être secourus à lemps pour remporter la victoire. 2a'r»'f irt/n oVxiv. (Plat., Leg. 3) : Il fut établi sauveur de lu ville. Un gouverneur, un édile, un maire, sont surtout établis pour prévonir les dangers qui pourraient menacer la ville.

Il est vrai que nous trouvons quelquefois le mot ç-aru'f appliqué à Esculape, le dieu do la médecine, ce qui prouverait que dans certains cas il était employé daus le sens de guérir ; — et encore faut-il observer que l'hygiène, où l'art de prévenir les

n'a jamais été atteinte par la malédiction, et que, participant en union avec son Fils à la bénédiction éternelle, elle a mérité d'entendre

maladies, fait partie de la médecine; — mais on le donnait plus souvent à Jupiter, « lo maître souverain des dieux ot des liommos, l'autour île lous les dons ; » et il composait le surnom do Castor et do PoUux, deux divinités favorables à la navigation.

Lo mot latin salutaris, dont la Vulgate a Iraduit o-xrilp, a exactement le mémo sens: il ne signifie quérir que lorsqu'on pari ed'un remède; partout ailleurs ce dérivé participe au sens do son radical talus, qui vient lui-même do salvus, conservé, sain et sauf, sauvé, préservé. Salva cpiswla, une lettre entière, intacte, donl le sceau n'a pas été brisé, dont le papier n'est pas déchiré. Salutaris littera, la lettre salutaire, celle qui était écrile sur le bulletin des jugea, comme abréviation d'absolvo : « Le prévenu n'est pas coupable, ,jo vole pour l'acquittement. Stella salutaris, étoile favorable à l'enfaut qui naît. Il faut remarquer aussi que les Latins avaient, comme les Grecs, donné ce surnom à Jupiter : Jovem quem Optimum e[ Maximum dicimus, quemque eumdem Sa~ lutarem, Hospitalem, Statorem; lioc intettigi volumus salutem hominum in ejus esse tuteld. (Cic, de Finibus bon. et mal., III t 20. 66).

Résumons-nous. Le mol grec truTi'f signifie proprement qui préserve, qui donne la victoire, qui garde. Sous ce triple rapport, la Vierge Marie, dans sa reconnaissance, a pu l'appliquer à Jésus-Clirist : le Sauveur l'a préservée du péché originel, il lui a fait remporler une vicloire complète sur le démon son ennemi, il l'a gardée de la malédiction portée contre tous les enfants d'Adam. Celle glorieuse exceplion était due à celle qui devail contribuer, en sa qualité de Mère du Messie, à la rédemption du monde. Ce privilège était une conséquence de ces paroles: Jt mettrai l'inimitié entre toi et elle; car, si la bienheureuse Vierge eût été un seul instant souillée du péché, il y aurait eu ainitié

delà bouche d'Elisabeth inspirée par le Saint- Esprit : Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus le fruit de vos entrailles est béni. L'Église catholique est toujours assistée par le Saint-Esprit, elle est la colonne et l'appui de la vérité; elle agit comme maîtresse de la doctrine divinement reçue et contenue dans le dépôt de la révélation-céleste. Ce qu'elle croit et enseigne est donc réellement révélé (Bulle de Pie IX, définissant l'Immaculée Conception). »

Erreur: Les reliques des Saints ne doivent point être honorées. C'est une superstition que de croire que Dieu, a leur occasion, peut faire des miracles.

Réfutation. L'ancien et le Nouveau Testament démentent ces paroles en racontant plu-

entre elle el le démon, et l'oracle sacré n'eût pas élé rempli dans sa plénitude'; il eût été mémo un temps où il se serait trouvé faux, ce qu'il est absurde de supposer. Le dogmo de l'Immaculée Conception est donc non-seulement clairement exprimé dans la parole de Dieu transmise, il est encore contenu dans la parole de Dieu écrite.

sieurs miracles opérés par l'attouchement des reliques. « Elisée mourut et fut enseveli. Cette même année, il vint des voleurs de Moab sur les terres d'Israël, et il arriva que quelques-uns enterrant un homme virent ces voleurs et jetèrent le corps mort dans le sépulcre d'Elisée. Le corps ayant touché les os d'Elisée, cet homme ressuscita, et se leva sur ses pieds. » (4 Reg. XIII, 20.) — « Elie prit son manteau et en frappa les eaux qui se divisèrent en deux parts, et ils passèrent tous deux à pieds secs. » (4 Reg. II, 8.) — « Elisée frappa les eaux avec le manteau d'Elie, et elles se divisèrent en deux parts, une de chaque côté, et il passa à travers. » (4 Reg. II, I4.).

« Les hommes du territoire de Génésar lui présentèrent tous les malades le priant de leur permettre seulement de toucher la frange qui était au bas de son vêtement, et tous ceux qui la touchèrent furent guéris. » Matth. XIV, 35).

« En même temps une femme qui depuis douze ans était affligée d'une perte de sang,

s'approcha de lui par derrière et toucha la frange qui était au bas de son vêtement, car elle disait en elle-même : Si je puis seulement toucher le bord de son vêtement, je serai guérie. Jésus se retournant alors, et la voyant, lui dit : Ma fille, ayez confiance, votre foi vous a guérie ; et cette femme fut guérie à l'heure même . » (Matth. IX, 20.)

« Et le nombre des croyants se multipliait de plus en plus, de sorte qu'on apportait les malades dans les rues et qu'on les mettait sur des lits et sur des paillasses afin que lorsque Pierre passerait, son ombre au moins pût couvrir quelqu'un d'eux. » (Act. V, 14.)

« Et Dieu faisait des miracles extraordinaires par les mains de Paul , jusque-là même que les mouchoirs et les linges qui avaient touché son corps, étant appliqués aux malades, ils étaient guéris de leurs maladies, et les esprits malins sortaient du corps des possédés. » (Act. XIX, 2.)

— io4 —

Eriieur : L'usage des images doit être détendu

Réfutation. L'Écriture défend en effet de tailler des images pour les adorer à l'exemple des païens, c'est-à-dire elle interdit la fabrication et l'adoration des idoles, mais elle permet l'usage des images qui ne sont destinées qu'à orner les saints lieux, et à favoriser la piété des fidèles, et à être l'objet d'une vénération qui ne s'arrête pas à elle-même, mais remonte aux personnages qu'elles représentent. Dieu luimême a commandé d'en mettre dans le tabernacle de Moïse et dans le temple de Salomon : « Vous ferez des chérubins d'or ; ils seront travaillés en or battu et placés des deux côtés du propitiatoire. » (Exod. XXV, 18.)

« Il plaça dans l'oracle deux chérubins de bois d'olivier qui avaient chacun dix coudées de haut. » (3 Reg. VI, 2 3.) — ° Il orna toutes les murailles du temple tout à l'entour de moulures et de sculptures où il fit des chérubins et des palmes en bas-relief et diverses

peintures. — Il fit deux portes de bois d'olivier et il y fit tailler des figures de chérubins. » (3 Reg. VI, 23.)

Erreur: Le Purgatoire n'existe pas.

Réfutation. L'existence d'un lieu d'attente où les âmes justes achèvent d'expier leurs péchés avant d'entrer en paradis, est clairement indiquée dans plusieurs passages de l'Écriture : « Le vaillant Judas ayant recueilli, d'une quête qu'il fit faire, douze mille drachmes d'argent, il les envoya à Jérusalem afin qu'on offrît un sacrifice pour les péchés de ces personnes qui étaient mortes, ayant de bons et religieux sentiments touchant la résurrection. » — « C'est donc une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts , afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés. » (2 Mach. XII. 43.)

Mais nous oublions que le livre des Machabées ne fait point partie du canon des protestants. Voici un témoignage non moins explicite tiré d'un livre qui est dans toutes leurs bibles:

— 2o6 — « L'esprit du Christ alla prêcher aux esprits qui étaient retenus en prison, pour avoir été autrefois désobéissants lorsqu'au temps de Noé ils comptaient trop sur la longue patience et la bonté de Dieu pendant que Noé construisait l'arche. - (I Pet. III, 18.)

Ces âmes auxquelles Jésus-Christ est allé prêcher n'étaient pas dans le ciel. Elles n'étaient pas non plus en enfer, où nulle rédemption n'existe. Donc ils étaient enfermés dans un troisième lieu, expiant les restes de leurs péchés en attendant leur délivrance.

Le dogme du purgatoire donne l'explication plausible des passages suivants :

« Quiconque aura parlé contre le Fils de l'homme, ce péché lui sera remis ; mais si quelqu'un a parlé contre l'Esprit, ce péché ne lui sera remis ni dans ce monde ni dans le monde à venir. » (Matth. XII, 32.) Il existe donc des péchés qui seront remis dans l'autre monde. Or, rien de souillé n'entre dans le ciel et le feu de l'enfer est éternel ; ces péchés rémissibles ne

peuvent donc être que les péchés véniels des âmes du purgatoire.

« Personne ne peut poser d'autres fondements que celui qui a été posé par Jésus-Christ; que si l'on élève sur ce fondement un édifice d'or ou d'argent, de pierres précieuses, de bois, de foin, de paille, l'ouvrage de chacun paraîtra enfin, et le jour du Seigneur fera voir quel il est, parce qu'il sera découvert par le feu, et que le feu mettra à l'épreuve l'ouvrage de chacun ; si l'ouvrage de chacun demeure sans être brûlé, il en recevra la récompense ; si au contraire l'ouvrage de quelqu'un est brûlé, il en souftrira la perte ; il ne laissera pas néanmoins d'être sauvé, mais comme en passant par le feu. » (2 Cor. III, 10.)

On peut donc être sauvé avec des imperfections de caractère et de conduite, mais en passant par le feu.

Erreur: La Cène ne contient Jésus-Christ qu'en figure.

Réfutation. Le sacrement de l'Eucharistie contient véritablement et réellement le corps et le sang de Jésus-Christ; ce sont saint Mathieu, saint Marc, saint Luc, saint Paul et saint Jean qui nous l'assurent.

« Jésus prit du pain , et l'ayant béni , il le donna à ses disciples, en disant : Prenez et mangez ; ceci est mon corps. Et prenant le calice, il rendit grâces, et il le donna, en disant : Buvez-en tous; car ceci est mon sang; le sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour plusieurs pour la rémission des péchés. » (Matth. XXVI, 26, 27, 28.)

« Pendant qu'ils mangeaient encore , Jésus prit du pain, et l'ayant béni, il le rompit, et le leur donna en disant : Prenez , ceci est mon corps. Et ayant pris le calice, après avoir rendu grâces, il le leur donna , et il leur dit : Ceci es1 mon sang, le sang delà nouvelle alliance, qui sera répandu pour plusieurs. » (Marc, XIV, 22 .

« Puis il prit le pain, et ayant rendu grâces, il le rompit et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. Il prit de même la coupe après souper, en disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui sera répandu pour vous. » (Luc, XXII, 19, 20.)

« Je suis le pain vivant qui suis descendu du Ciel. Si quelqu'un mange de ee pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c'est ma chair que je dois donner pour la vie du monde. » (Jean VI, 5i.) — « Les Juifs disputaient donc entre eux, en disant: Comment celui-ci peut-il donner sa chair à manger ? Et Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis : Si vous ne mangez la chair du Fils de l'Homme, et ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang, a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour ; car ma chair est véritablement viande, et mon sang est véritablement breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang de-

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