‹ La Bible: traduction nouvelle avec introductions et commentaires, Volume 4Chapitre 8 sur 14 · O LEPITRE DE JACQUES · texte numérisé non relu

O LEPITRE DE JACQUES

itre son antiquité. Le canon ne s'est pas formé dans la sphère judéo-christianisme, dans laquelle cet opuscule a pu, pendant jez longtemps, traîner une existence obscure avant de se frayer îcès de cette catégorie de chrétiens à qui échut la tâche de ter l'Église d'un recueil officiel de documents scripturaires, et it-être l'opinion (que nous partageons à notre tour) que l'auir n'avait point été l'un des Douze, a-t-elle été pour beaucoup as les hésitations du siècle où le recueil commençait à se mer. Ce n'est donc pas de ce côté-là que peut venir un doute it la critique aurait à tenir compte. Ce n'est pas non plus sur divergence vraie ou apparente de la base dogmatique de DÎtre comparée à celles de Paul, qu'elle fondera un jugement 'avorable, comme l'a pu faire Luther, pour qui il n'y avait crits canoniques que ceux qui reproduisaient plus ou moins )licitement la théologie de l'épître aux Romains. Tout au itraire, elle estime que la nuance spéciale de l'enseignement 'étien, qui se dessine ici d'une manière si simple et si peu itentieuse, doit militer en faveur de l'opinion qui attribue à ce te une origine assez rapprochée du berceau même du christiame. Mais malgré ces éléments de conviction, dont nous ne lions en rien contester la portée, il faudra convenir qu'une nonstration positive et irréfragable des droits d'auteur du chef l'église de Jérusalem n'est plus possible aujourd'hui. Les tères qu'on peut puiser dans le texte même ne sont pas icluants, et quant aux témoignages de l'histoire, à ce qu'on jelle les preuves extérieures, ce qu'on peut dire de plus favode, c'est qu'elles nous font défaut ^ Restent donc deux ques- QS, de la solution desquelles (solution qui sera toujours le ultat d'une appréciation purement subjective) dépendra la lonse que l'on donnera au sujet du problème critique. En preîr lieu, on se demandera si le contenu de l'épître, qui glisse sur controverse, si chaudement agitée au siècle apostolique, icernant le caractère obligatoire de la loi mosaïque, sans s'y lais arrêter, bien que l'occasion d'en parler ne manquât point, hit un auteur que les témoignages les plus irrécusables des itemporains, ou de leurs successeurs immédiats (Gai. II, suiv. Act. XXI, 18. Hégésippe ap. Euseb., II, 23, ce dernier is doute avec quelque exagération), nous dépeignent comme un

Voir dans THistoire du Canon.

conservateur zélé des traditions religieuses de son peuple, homme incapable de transiger avec des tendances novatrices son gré subversives ? En second lieu, on sera toujours encl: penser qu'une discussion, telle que nous la lisons ici au suje la valeur respective de la foi et des œuvres, discussion qui fo l'une des parties les plus essentielles et les plus saillantes notre épître, nous oblige d'admettre que les controverses thé giques avaient déjà gagné du terrain, que les principes de I étaient déjà tombés dans le domaine des préoccupations po laires, qu'il se produisait déjà des arguments habituels pou contre. Or, tout cela ne semblera guère pouvoir être assigi une époque où l'enseignement de l'apôtre des gentils ne s'^ encore adressé qu'à des localités choisies, et où ses épî n'avaient pas encore eu le temps de franchir les limites de ] destination primitive. Mais d'après les données, à la vérité aî peu précises, de la tradition ecclésiastique, Jacques serait n avant Paul. Nous ne serons donc pas étonnés de voir la critii contemporaine pencher de plus en plus vers l'opinion que c épître de Jacques date du second âge et a été en partie éc pour réagir contre une tendance, peut-être mal appréciée, laqu elle-même n'appartenait pas aux débuts de l'enseignement aj tolique.

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