VI INTRODUCTION
attaché au nom d'Homère le sens d'un esclavage proprement dit, en faisant de lui le fils d'une femme esdave vendue dans l'île d'Ithague (1).
2® Les plus anciennes compositions d'Homère remontent, d'après l'opinion commune, à la première moitié du ix® siècle avant l'ère chrétienne ; or, cette date concorde parfaitement avec celle de la captivité mentionnée par Joël.
3® Aristote rapporte (2) qu'au temps où Nélée conduisit une colonie en lonie, une jeune fille nommée Grithéis se laissa séduire par un génie du nombre de ceux qui mènent des chœurs de danses avec les Muses, et que la confusion qu'elle en éprouva la porta à se retirer dans une localité du nom d'Egine. Là, elle fut prise par des pirates, conduite à Smyrne qui était alors soumise aux Lydiens, et offerte en présent à Méon, roi des Lydiens, qui l'épousa. Peu de temps après, elle donna le jour à Homère sur les bords du fleuve Mélès. Elle mourut presque aussitôt, et Tenfant fut élevé par Méon, qui le traita comme son propre fils. En raison du lieu de sa naissance, Homère fut appelé Mélésigène. Lorsqu'il fut devenu grand, et que son talent pour la poésie lui eut acquis de la renommée, il alla consulter l'oracle sur ses parents et sa patrie : l'oracle lui répondit que la patrie de sa mère était l'île d'Ios.
Ce mythe nous paraît devoir s'expliquer ainsi : l'île
(1) Concours d'Homère et d'Hésiode, Toy. Hésiode, édit. Didot, p. 68.
(2) Frag, UisL grœc. IL 186, 274.