Tome IX; No. XIV. . 39 Mo ah her qat
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son approche du portage, Bourlamaque retraita pour rejoin. dre Montcalm, qui avuit pris possession des hauteurs, où j'in. génieur Pont-le-Roy uvait érigé des retranchémens et fait faire .un grand abattis d'arbres, Dans la retraite, un détachement français; qui s'égara, fut rencontré par un plus fort détache. ment d'Angluis, comniandé par lord Howe. IL s’en suivit un . combat, où le commandant anglais fut tué, mais où les Fran. ais furent défaits avec perte d’un grand nombre de thés et de lessés, et de cent cinquante prisomiiers, Y compris cinq oft. ciers. M. de Trépézée y fut blessé mortellement.
Le 8 an matin, tonte LA arnison fut sous les armes; les ré. imens de la Reine, de Guienne et de Bear étaient postés à ln - drôite, sous les ordres de M. de Levis; ceux de la Sarre et de : Languedoc et deux forts piquets à la gauche, sous M. de Bour. lamuque; le centre, où s'était pl ci le marquis de Mortcalm, ‘8e-composait des pans de Berry et de Roussillon et des pi. quets amenés par. M. de Levis. Les volontaires attachés à l'arnrée avaient pris position dans les bois ouverts entre la ri. wière et la chûte, Les troupes de la colonie et les Canadiens étaient postés derrière les retranchemens érigés duns la plaine, . vèrs.le fort St. Frédéric, et étaient soutenus par un corps de téserve. Ces dispositions ayant été faites, l’armée attendit avec
. impatience l’arrivée des Anglais. | A:midi, on entendit le feu commencer sur les gardes avan. cées, qui se replièrent en bon ordre sur le régiment de la Sarre, et bientôt les Anglais arrivèrent sur quatre colonnes formés de quatorze mille hommes, trois sur la hauteur, ét une sur le penchant de la côte. Celle de la droite attaqua la première la gauche des Françnis, et dans peu le feu devint géné-
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ment des montagnards d’Ecosse, qui venait presque en front des Canadiens, après avoir essuyé leur première et leur seconde décharge, se replia entièrement sur le régiment de la Reine, ‘en-montant la colline pour forcer ses retranchemens. Cette colonne essuya le-feu du régiment de la Reine en tête.et celui des Canadiens en écharpe. Le combat ne fut nulle part plus opiniâtre el plus meurtrier qu’en cet endroit. Les Canadiens, divisés en quatre brigades, commandées par MM. Raymonn, De Sr. Ours, LANAUDIERE et DE Gasrr”, alternativement, firent des sorties sur cette colonne, en la prenant par derrière, et lui tuèrent beaucoup de monde.
Comme nous venons de le dire, le combat était devenu général sur toute la ligne : les Anglaïs se précipitaient sur les palissades avec la fureur la plus aveugle, Inutilement on les foudroyait du haut du parapet sans qu'ils pussent:se défendre; inutilement ils tombaient enfilés, embarrassés dans les tronçons
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d'arbres, au travers desquels leur fougue les avait emportés, ant de pertes ne faisaient qu'accroître cette rnge ‘effrénée. Elle se soutint pendant quatre heures, et leur couta plus de quatre mille hommes tués ou blessés, avant qu'ils abandonnus+ sent une entreprise aussi téméraire,
Sur les 4 heures, le feu se ralentit un peu. Le général Abercrombie avait laissé une réserve de six mille hommes à la côte: il en fit venir cinq mille, qui joints aux autres, recommencèrent.un combat désespéré ; mais la défense ne fut pas moins opin:âtre que la première fois. Enfin, le commandant anglais, voyant qu’il n’y avait pour lui aucune espérance de succès, et que s’opinidtrer plus longtemps s'était s'exposer à une défaite totale, prit le parti d’ordonner la retraite. Les derniers des Ep qui firent ferme, furent ceux de la colonne du penchant de la côte, et ce furent les Canadiens, sortis de leurs retranchemens, qui eurent l'honneur de les mettre en leine retraite, Ils rentrèrent dans leur camp à 9 heures du sair,! avec trente prisonniers,
La perte des Français, fut d'environ cinq cents hommes, tués ou blessés et celle des Anglais de quatre à cinq mille : il en fut enterré quatorze ou quinze cents, dans les retranichemens et dans les bois voisins. Le marquis de Montcalm ne parut jamais plus grand que dans cette journée : il se montrait partout avec un air gai et assuré, et s’exposait comme le simple soldat, au plus grand danger, en faisant mouvoir sa réserve our fortifier les endroits qui lui paraissaient les plus faibles, My. de Levis et de Bourlamaque y donnèrent aussi des preuves éclatantes de zèle, de bravoure et d’habileté, Ce fut le premier qu dirigea les mouvemens des Canadiens contre la colonne de gauche des Anglais. M. de Bourlamaque fut blessé grièvement.
L'armée française n’était composée que de trois mille cinq cents hommes, au commencement de l’action, et elle se trouvait diminuée de cinq cents. Celle des Anglais était encore de treize à quatorze mille homues ; aussi s’attendait-on à la voir revenir le lendemain; mais le général Abercrombie
ayant fait rembarquer ses troupes, se retira de suite à son
camp du lac George.
Comme la victoire de Carillon devait influer considérable-
ment sur les dispositions de cinq Cantons, dont il était de la plus grande importance d’obtenir au moins la neutralité, le chevalier de Longueil y fut envoyé comme ambassadeur et négociateur. Afia de lui procurer une réception favorable, le: ouverneur général le fit précéder d’une quantité considéra- Be de présens magnifiques. On les informa ensuite de son arrivée à Chouaguen, où: on les priait d'envoyer leurs chefs.
#68 | Pliétotre dx Cunad,
Ceux-ci s'y rendirent en effet, et il s'y tint un grand cpnseil, le 10 Août, M. de Longueil leur parla de.manière à leur faire comprendre l'importance de la dernière victoire, et fit tout ce qui dépendait de lui pour les engager à se joindre aux Fran: çais, et à ne prêter l'oreille à aucune proposition de Ja part des Anglais. Ily réussit jusqu’à un certain point ; car dans leur réponse, ils l'aséurèrent de leur attachement pour les Francais, et lui dirent que comme tous les députés n'étaient pes présents, ils instruiraient les différentes tribus de ce qu'il leur . vait dit de la part d’Ononthio, ‘afin de faire ensuite connaitre à ce der. nier les sentimens des cinq Cantons.
En s’en retournant à Montréal, le chevalier de: Longueil fit savoir à M. Payen ne Noyan, qui commandait à Catarocouy, qu'il avait reçu avis, que le colonel anglais Bradstreet avait reçu l’ordre d'attaquer son fort, De Noyan mit sa place dans un meilleur état de défense, et fit demander un renfort de troupes au marquis de Vaudreuil. Celui-ci fit partir quinze vents hommes de milice, sous le commandement de Mr. Du- PLESsIs Fapror, major de Montréal. Maïs à peine ce dernier était arrivé à La Chine, qu'il apprit que de Noyan s'était rendu. Bradstreet ayant traversé le St. Laurent, le 25 A:ût, sé.
tablit à cinq cents verges du fort, s’en approcha ensuite en s’em-
parant C‘un ancien retranchement, d’où il battit la place avec tant d'effet, qu’au bout de trois jours, la garnison, qui n'était que de cent vingt hommes, se vit contrainte de capituler, A-
Rrnemoie détruit le fort et les bâtimens qui l‘environnaient,
radstreet s‘en retourna à Albany. Aussi: Ât qu'on eut appris que les Anglais s'étaient éloignés de Catarocouy, il y fut envoyé un détachement Îe troupes, avec ordre de rebâtir le fort Frontenac, sous la direction de l‘ingénieur en chef De Pontle-Roy. On fit partir en même temps un autre détachement, ‘sous le commandement du capitaine de MonrTieny, pour remforcer la garnison de Niagara, et donner main-forte à M. de Lignery, au fort Duquesne, s’il était nécessaire. Il paraît que
le renfort ne fut pas envoyé à € PR Dès la fin de Juillet, le.
brigadier Forges était parti de Philadelphie, et avait pénétré à l’ouest jusqu’à trente lieues du fort Duquesne. De la il envoya en avant le colonel Bouquer avec deux mille hommes, Celui-ci s'arrêta à seize ou dix-sept lieues du fort, et envoya le major GRANT en reconnaissance, Les Français avaient été instruits de bonne de tous ces mouvemens; et s‘étant placés en embuscade, ils attaquèrent le parti du major Grant, le défirent, et le firent prisonnier avec trois cents de ses gens. Forbes s‘avança alors pour réparer cet échec : lorsqu'il fut arrivé à quelque distance du fort Duquesne, i, apprit que les Français l'a-
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La Péche de la Morue. 269
mient abandonné. Jlen prit possession; changea. son nom en celui de fort Pitt, et s‘en retourna à Philadelphie,
(À conlinuer.)