LA FONTAINE
s à Esope sont toutes des emblèmes, des
wtructions aux faibles, pour ‘se garantir des !forts, autant
wils le peuvent.
Toutes les nations uh peu savantes les ont
ndoptées. La FONTAINE ést celui qui les a traitées avec le jus d'agrément : il y en.a environ quatre vingts qui sont des’ def-d'œuvre dé naïveté, de grâce, de Mineëse, quelquefois
mème de poësie.
C’est üun des avanta
ges du siècle de Louis:
XIV d‘avoir produit un La Fontaine, st a trouvé si bien le: weret de sé faire lire, sans presque le chercher, qu'il a Et en France plus de réputation que l‘inventeur même.
BoicEAU ne l‘a jamais compté parmi ceux qui faisaient honeur à ce grand siècle: sa raison on son prétextelétait qu'il n'avait jamais tien jäivenñté. Ce qui pouvait encore excuser Boileau, c'était le grand nombre de fautes contre la langue et contre, la correction du style ; fautes que La Fontaine aurait
pa éviter, et que ce sévère critique ne pouvait pardonner.
C'était la cigale qui, ayant chanté tout l'été, s‘en alla crier fa-
Lune chez la fcurmi sa voisine, qui lui dit, qu'elle la paiera a-
vané l‘oût, foi d‘animal, intérét et principal i et à qui la fourmi
apond : Vous chantiez, j'en suis fort aise ; ek bien, datses main
tenant, .
C'était le loup qui voyant la marque du collier du chien, , li dit: Je re voudrais pas même à ce prir tin trésor. Comme ii les trésors étaient à l‘usage des loups.—C'était la race escar:
LA
tole qui est en quartier d‘hiver comme la mormete.—C'était l'astrélogue qui se laissa choir, et à quion dit: Pauvre bête, penses-tu lire au-dessus de ta tête ? En effet, COPERNIC, GALILE’F, Cassinr, HaLLey ont très bien lu au-dessus dé teur tête; et le meilleur dés astronomes peut se laisser tomber sans être une
pauvre bête.
’astrologi
qu'on n’y lit
e judiciaire est, à la vérité, une charlatanerie très ridicule ; mais cé ridicule ne consistait pas à regurder le ciel * il consistait à croire ou à vouloir faire croire qu’on y lit ce
point.
Plusieurs de ces fables ou mal choisies,
ou mal écrites, pouvaient mériter en effet la censure‘de Boïlear, Rien n’est plus insipide que la femme noyée, dont on dit qu’il faut chercher le corps, en remontant le cours de la rivière, parce que cette femme avait été contredisañte, Le tribut des animaux envoyé au roi Aléxandré est une fa--
ble qui, pour être ancienne, n’en est pas meilleure.
Les ani-
Maux n’envoient point d’argent à un roi ; et un lion ne s’avise
pas de voler de l'argent.
Un satyre qui recoit c
hez lui un passant, ne doit point le
renvoyer sur ce qu'il soufile d’abord dans ses doigts, parce qu'il a trop froid, et qu’ensuite, en prenant l'écuelle aux dents,
Tous IX. Ne. XVI.
pi4 La Fontaine
il souffle sur son potage qui est trop chaud. L'homme avait tzès grande raison et, le satyre était un sot. D'ailleurs un ne pe point l’écuelle avec les dents. |
. Mère écrevisse qui reproçhe à sa fille de ne pas aller droit, et. la fille qui lui répond que la mère va tortu, n’a point paru une fable agréable : |
Le buissen, et le canard en:société avec. une chauve-souris pour. des marchandises, ayant des comptoirs, des facteurs, des agens ; payant le principal. et les intérêts, et ayant des sergens à leur porte, n’a ni vérité, ni naturel, niagrément. Un buisson qui sort de son pays avec une, chauve-souris, pour aller trafquer, est une de, ces imaginations froides et hors de la nature, que La Fontaine ne devait pas adopter.
* Un logis plein de chiens et. de chats, vivant eutr'eux. comme cousins, el 8e brouillant pour un yat de potage, semble. bien in digne d’un homme de goÿt.
La pie-marga/-caquet-bon-bec est, encore pire; l'aigle lui dit
u’elle n’a que faire de sg compagnie, parce qu'elle parle trop, Bur quoi La Fontaine remarque qu'il faut la cour porter ha.
* bit de deux paroisses.
Que signifie un milan présenté par. un oiseleur à un roi, auquel il prend le bout du nez avec ses griffes ? Uo:singe qui avait épousé une fille parisienne et qui Ja bat-
tait, est un très mauvais conte qu’on avait fait à.La Fontaine,
et.qu'il eut le malheur de mettre en vers. |
De telles fables, et quelques, autres pourraient sans doute
justifier Boileau ; il se pouvait même que La Fontaine ne sût . pas distinguer ses mauvaises fables des bonnes.
‘ Madame de LA SABLIERE appellait La Fontaine un fublier, qui, portait naturellement des fables comme un prunier des prys nes. Îlest vrai qu’il n'avait qu'un style, et qu’il écrivait, un epéte de ce mème style dont il parlait de Junot Lapin et de
ominagrobis. Il-dit dans l'opéra de Daphné:
.. J'ai vu le temps qu’une jeune fillette. -
Pouvyait sans peur aller au bois seulette :
Maintenant, maintenant, les bergers sont des loups. Je vous dis, je vous dis, filettes, gardez-vous.
Jupiter, vous vaut bien ;
Je ris aussi quand l'amour veut qu’il pleure ;
Vous autres dieux n’attaquez rien, Qui sans vous étonner. s’ose défendre une heure.
Que vous êtes reprenante, Gouvernante |
Malgré tout cela, Boilesu”devait rendre justice au mérite singulier du bon-homme, (c’est ainsi qu’il l’appellait,) et être enchanté avec tout le public du style de ses bounes fables,
'homme avait ailleurs on ne
as aller droit,
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Un buisson ur aller traf… de la, nature,
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l'aigle lui dit le parle trop, ur, porter ha ä.un roi, au-
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au "mérite ait,) et être fables,
Fariclés. sa5
. La Fontaine n’était 7.4 né inventeur ; cé: n'était pas-us écri- : vain sublime, un homme d'un goût toujourssûr, un:des pre
‘miers génies du grand siècle; et c'est enecre:un défaut très-re-
marquable: dans lui de ne pas parler correctement sa:langue::
ikest dans cette partie très inférieur. à Puepas; mais c'est'un,
homme unique dans les excellents morceaux qu’il'nous:a:lais-
sés: ilé sont en grand nombre; ils sont dansila boüchè de-tous ceux qui ent été, élevés honnêtement ; ils contribuent même:à leur éducation ;. ils iront à‘la dernière postérité; ils conviennent à tous les hommes, à tous les âges; et ceux{de Boileau.
ge conviennent guère qu'aux gens de lettres. Dict. Phil, fr