‹ La Bibliothèque canadienne [microforme]Chapitre 135 sur 177 · MORT D'OLIVIER DE CLISSON · texte numérisé non relu

MORT D'OLIVIER DE CLISSON

C'était le 23 Avril de l’an de grâce 1407; le soleil venait de paraitre et commençait à éclairer les tourelles du bon château de Josselin ; la sentinelle, immobile à l’un des créneaux, regardait le jour se lever, et quelques pauvres serfs, à Men tee tus, paraissaient déjà sur les portes des chaumières. Au chàteau, tout était encore tranquille ; mais, dans l’un des appartemens principaux, l‘on apercevait, au travers des volets de toile écrue, une lampe qui brillait, et comme des ombres qui passaient par instans.—[Laà, sur un lit garni de plumes d'ailes de perdrix, gissait un vieillard malade ; sur son front, pâle et cicatrisé, tombaient quelques mèches de cheveux blancs, et l'œil unique qui lui restait brillait déjà de cet éclat vitreux qui annonce les cerniers momens. Il était étendu sur le dos, comme dans un cercueil, l’un de ses bras robustes pendant nu hors de sa couche. : À son chevet, était suspendue une épée â riche poignée ; autour de lui, deux femmes et deux gentilshommes pleuraient en silence ; un peu plus loin, un chapelain priait dans un missel, et, aux pieds du lit, un clerc relisait un parchemin qu’il venait d‘écrire.-—C’était le connétable Olivier de Clisson à son lit de mort! :. | ‘ Il venait de dicter ses dernières volontés, et l'effort qu'il avait fait pour parler l‘avait épuisé ; après un repos de que ques instans, il essaya pourtant encore à se retourner sur le côté, : Le jeune vicomte de Rohan l‘y aide; et, dans cette posture, il dit au scribe qui était près de son lit : Allons, clerc, fais ton devoir ;” et le clerc, relevant la tête, se mit à lire d‘une voix grêle et monotone ce qui suit :

; 4 Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, amen.

# Moi, Olivier de Clisson, connétable de France, sire de

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