‹ La Bibliothèque canadienne [microforme]Chapitre 147 sur 177 · Z O = < = — « > [EN] O < Z · texte numérisé non relu

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TEST TARGEÏ (MT-3)

‘ss Traité du Droit Pénal. .

chaque individu qui le compose; mais il n‘est pas tout à fuit aussi certain que vingt personnes, par le seul fait de leur rén- nion, se trouvent subitement plus de droits et moins de devoirs que seul à seul, ou plutôt qu'elles soient affranchies de tout devoir, c‘est-à-dire pouvant ne consulter, que leur intérêt, C'est le système de l'utilité moins sa franchise, avec un petit entortillage philosophique de plus. |

Onaditenfin: Mais la société exerce paisiblement le droit de défence individuelle, elle régularise ce qui serait trop violent, Voyons cependant s‘il est bien question de la défence privée dans l'administration de la justice. Ur homme est tué au coin d’un bois; les tribunaux rt saisir l’assassin, et le condamnent à mort. Direz-vous qu'ils défendent celui qui a été frappé 11 est dans son cercueil depuis six mois. La justice publique ex. erce si peu le droit de défence individuelle, que quand un assassin est blessé, rendu incapable de nuire par celui qu'il attaquait, elle vient le prendre, le guérir, et le frappe une seconde fois pour son comp:e. ne

C’est qu’en effèt, comme M. Rossi le démontre avec une clarté merveilleuse, après avoir réfuté les systèmes dont nous ve. nons de parler, c'est qu’en effet la mission de la justice humaine ‘est plus ‘haute et plus noble que tout cela. Ce n’est ni plus ni moins qu’une portion de l’œuvre de la Providence elle-même qu’elle remplit ici-bas. Dans des limites’ plus étroites, elle punit comme Dieu punit ; la peine du aptes la peine proportionnée au délit moral, ou plutôt n’excédant jamais cette mesure, saus quelque prétexte que ce puisse être. Mais doit-elle punir tous les délits moraux ? Non certes ; car qui ne voit

. qu’elle n’est là que pour protéger le libre développement, le diveloppement régulier de tous les membres de la cité? Elle doit respecter la liberté de lindividu quand ses fautes ne peu-

“vent retomber que sur lui-même, car c’est le rapport des hommes entre eux qu’elle est chargé de maintenir paisible,et pour y arriver, elle emprunte, pour ainsi dire, à la Providence la portion de châtiment légitime qui devient nécessaire pour le maintien de l’ordre.

On le voit, la règle de la justice humaine, c’est le rapport du délit à Ja peine qu’elle ne peut jamais excéder quand elle frappe ; sa limite pour agir, pour frapper, c’est l'utilité sociale qui peut en résulter ; quand l'utilité dit c’est assez, le reste du châtiment c’est Dieu qui l’infligera. Ainsi la société n’est plus hors loi morale, comme dans les théories dons nous parlions tout à l'heure; elles sont à l'aise et dans le vrai; on n’y voit plus ce contraste choquant d‘une législation brutale régissant des êtres moraux. À la longue, la foule elle-même comprend

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Traité du Droit Pénal. ‘895 quoique confusément, le principe de la législation pénale qui la régit. Sielle n’y voit que le droit du plus fort, du plus ”

rand nombre, érigé en dogme, elle sent je ne sais qu'elle hostiité contre la loi qui lui fait prendre intérêt au coupable, et fait presque moins redouter à chacun de le devenir. Le législateur doit faire comme Moïse : c’est sur la montagne sainte qu’il doit aller chercher les tables de sa loi. On raconte que le drame des Brigands, de SHiLLER, excita une foule de jeunes Allemands à aller attendre les passans sur les grandes routes ; c’est que Shiller avait montré la société comme une force égoïste et violente, et qu’il avait excité par là contre elle une sorte de mépris et de colère qui pousse quelquefois au crime.

On aurait tort de craindre que M. Rossi se soit égaré dans

les applications en descendant de si haut. Il faut avoir foi dans les conséquences des principes que l'intelligence ne peut pas méconnaitre. Il faut, il est vrai, beaucoup de force et de sagacité d'esprit pour suivre la route de ces principes à travers la complication des faits ; on craint de iebis de ne plus les retrouver, de ne les pouvoir suivre. Mais qu’on se confie hardiment à eux: il en est comme de ces fleuves qui dans leur cours cheminent un moment sous la terre, et qui en resortent à quelques pas aussi purs et aussi brillants qu'à leur source. : Entre les questions traitées par M. Rossi, la tentative occupe une assez grande place nou sans raison. Il a tracé avec beaucoup de netteté les divers degrés de culpabilité qui s‘y rencoutre. C‘est une alyse délicate, et pourtant pleine de réalité, de ce qui se passe au fond de Ja conscience de l‘homme qui : commente ‘exécution d‘un crime. Un crime ne s‘accomplit pas tout à la fois, en une seconde, d‘un seul coup. Il y a comme des pas de géant à faire dans. ces momens rapides de iutte entre la conscience et la passion. Chaque pas change ia nature de la culpabilité: le bras levé n'est pas encore le coup frappé, il n’y a pas encore là un meurtrier, Qu'il s‘arrète de lui-même où qu‘on l‘arrète, sans doute la loi doit en faire la différence ; mais le crime est imparfait dans les deux cas.

Cependant notre Code pénal dit (art. 2) éoute tentative est considéré: comme le crime même. C'est plus tôt dit et plus tôt fait sans doute; on donne par là moins d‘embarras aux tribunaux. Toute la raison que donne M. TreiLHaRrp de cet article de la loi, c'est que d'auteur de lc tentative a commis Le crime autant qu'il était en lui de le commettre. Sans doute les probabilités sont pour ie législateur, mais envoyer à l’échafaud, sur quelque probabilité que ce soit, est un peu leste. * Qui sait les saintes terreurs qui veillent: entre le moment où l‘arme est levée et celui où elle donne la mort ?

On voyait, il y'a quelques années, dans une église de Rome,

396 Fragoletta, &c.

.de longues tresses de cheveux noirs attachées à la muraille, par la pointe d’un poignard: Ces cheveux étaient ceux d’une jeune fille qui, dans un accès de jalousie, allait frapper son àmant d’un coup de poignard, quand subitement elle crut voir

l’image d’une sainte qui la retenait. Toute pleine d’une religieu.

se terreur, elle coupa ses cheveux, -accourut les suspendre au. près de l’autel, et se jetta dans un couvent: à

. Ainsi, toujours des voix de plus‘en plus terribles détournent l’homme du crime quand le moment approche. : Sila pente: de. vient plus rapide à mesure qu’il avance, la force qui le retient s’accroit aussi. Qu'on ne renferme donc pas, pour faciliter l'administration de la justice, des degrés de crime si divers

dans une formule grossièrs. M. Rossi insiste pour que des:

adoucissemens soient apportés à nos lois sur ce point. On en sentira tôt ou tard la nécessité. ne

Chaque nuance de la vérité négligée amène bientôt un mal. En pratique, et les tribunaux le savent, la loi qui devrait retenir les coupables, les excite en ce cas à accomplir le crime, Quand ils sentent qu’il n’y a plus de grace pour eux, puisque la peine sera la même, ils veulent recueillir le fruit du crime.

Nous voudrions nous arrêter plus long-témps sur le livre de

M. Rossi ; mais il n’est pas possible de résumer une série d’idées si habilement et si finement dléduites les unes des autres, sans leur ôter ce qu’elles ont d'originalité, de force et d‘étendue. X,

nn FRAGOLETTA.-—NAPLES ET PARIS T°! 1799, PAR M. DELATOUCHE.

Il y a deux choses à considérer dans ce livre, la fable du roman et l’époque historique. dans lag:elie”"l’auteur l’a enca-drée. L'idée première de l’ouvrage, c'est à dire la nature mème du personnage principal que M. Delatouche a mis en scène, cet être équivoque qu’il appelle Fragoletta, cette même personne qui affecte tour à tour l’un et l’autre sexe, devait paraître une conception neuve et hardie. Traduire ‘au sein des

réulités de nos mœurs modernes une des fantaisies de la scuip-”

ture antique, esquissée déjà, il est vrai, par la poésie élégante d’Ovide, mais sans quitter le domaine de la mythologie, cela pouvait sembler un tour de force, une de ces témérités qui ne peuvent être heureuses qu’à force de talent, et le succès l’avait justifiée. Mais l'imagination et l'esprit fabricans de notre siècle vont si vite qu’il n’y a pas de conception.si audacieuse qui le lendemain matin né se trouve dépassée.

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Le bicéphale»Æi#a-Uriatina est venu au monde, et voilà qu'il passe par la:tête d’un journaliste de nous raconter les passions et l’histoire morale de éet être double ; et pour que rien ne manque au roman, il arrange le mariage de Ritta-Cristina avec les jurneaux siamdis. :Aussitôc d’autres écrivains rAmas— sent le gant, et adressent des lettres aux journaux pour prendre-date, et réclamer la: priorité de. l'invention. : Et conime,

‘depuis encore, il a plu à la nature de faire naître le tricéphale,

' 0 . 4 A ! à Pierre, : Paul et Jean, de: Harlem, Dieu sait où s’arrèteront

nos littérateurs en, quête: de. monstruosité, à la suite de M.

se console, dans ses orgies voluptueuses, de la perte d’un pouus, offrant ; l'énergie républi-

Arts

Tous IX. N°. XX"

808 Le Payten et la Kivière.

enfin, au milieu ‘des partis, le jeune conquérant de l'Italie, déserteur de’ l'Egypte, prépare son usurpation sur ln liberté, Voilà des contrastes, voilà des tableaux faits pour saisir les esprits. | | #

Un mérite, dont il faut savoir gré à. M. Delatouche, c'est de m'avoir pas renié la gloire de la république, c'est d'avoir rendu justice à l'héroïsme, au dévoûment, à toutes les vertus qui éclntèrent dans ces temps orageux, c’est enfin de n’avoir pas recu. lé devant ces mots de liberté et d'égalité, symbole du nouvel ordre social et de l’affranchissement du monde. Ilan en même temps imprimé la flétrissure sur les bourreaux et lés satellites du pouvoir absolu, sur les. Guidobaldi, les Vanni, ete, Le premier, il a sighalé de nos jours un diplomate auquel l'incor. ruptible histoire assigne un rôle odieux dans les puges sanglantes de la contre-révolution napolitaine.

A ces traits principaux joignez une foule de détails piquants, étincelants d'esprit, des conversations animées, qui font revivre

: une époque perdue, et qui pourraient former un chapitre pour l'histoire des mœurs pendant la république, La paraissent comme dans une lanterne magique, toutes les célébrités conten + poraines, Ouvrard et Lucien Bonaparte, Fouché et Talley= rand, Bernadotte et Cambacérès, Mme de Staël et Mme Ré. camier, Ces noms seraient un attrait pour la curiosité, si la cemposition n'avait déja de quoi plaire et attacher par ellemême, indépendamment des accessoires.

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