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La lonue et cruelle tempête qui avait agité le globe, était appaisée. Le plupart des officiers dont le sang avait scellé les triomphes de l'Angleterre, étaient sans occupation et sans subsistance : on imagina de leur partager le sol de St. Jean, sous la condition qu'après dit äns d'une jouissance gratuite, ils paieraient chaque année au fisc, comme dans la plupart des provinces du continent américain, 2 liv. 10 sol, et 7 den. et demi pour chaque centaine d’acres qu’ils posséderaient, ‘Très peu de ces nouveaux propriétaires avaient Ja volonté de se fixer
dans ces régions lointuines ; très peu étaient en état de faire les dépenses qu’exigeaient des défrichemehs ‘un peu étendus, Presque tous cédèrent, pour plus ou moins de tems, pour une rente plus ou moins modique, leurs droits à des Irlandais, et suürtont à des montagnards.écossais. Le nombre des colons ne s'élève pas encore (en 1780) au-dessus de douÿe cents. La pèche de la morue êt diverses cultures les occupent; Ils n’ont aucune liaison d’affaires avec l’Europe; c’eft avec Québec, c‘est avec Halifax seulement qu’ils commercent.
Jusqu'en 1772, St. Jean fut une dépendance de la Nouvelle: Ecosse : à cette époque; il forma un état particulier. On lui dônna un gouverneur, un conseil,. üne assemblée, une douane, une amirauté. C'est le Port-la-Joie, maintenant appellé Charlotte-town, qui est le chef-lieu de la colonie. -, Une île si peu étendue ne paraissait. guère susceptible de la dignité où elle était appellée par une faveur dont nous ignorons la cause. Pour donner une sorte de réalité à cet établissement, ou y attacha les îles de la Madeleine, habitées par uni petit nomkre de pêcheurs de morue et de vaches marines ; on y attacha l'Île Royale, autrefois fameuse, mais qui a perdu son importance en changeant de domination. Louisbourg, la terreur de l‘Amérique anglaise, il n‘y a pas vingt ans, n‘est plus qu‘un amas de ruines. Les quatre mille Français, qu‘une défiance injuste et peu raisonnée dispersa, après la conquête, n‘ont été remplacés que par cinq ou six cents hommes, moins occupés de pêche que de contrebande. On a même cessé de penser aux mines de charbon de terre. ge . Ces mines sont très abondantes à l’Ile Royale, d‘une exploi-
tâtion facile, et en quelque manière inépuisables. 11 y régnait, sous les anciens possesseurs, un désordre que le nouveau gouvernement a voulu prévenir, en s‘en réservant la propriété, pour ne l’abandonner qu'à ceux qui auraient des moyens suffisants pour la rendre utile. Ceux qui formeront cette entreprise avec les fonds nécessaires, trouveront un débouché avantageux dans toutes les îles occidentales de l‘Amérique. Ils en trouveront même sur les côtes et dans les ports du continent s-ptentrional, où l’on éprouve déjà la cherté du bois, et où
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Ouvrages surprenants de Mécanique. 489 -
elle se fera toujours sentir davantage. Ce genre d'industrie formera à la colonie une navigation qui accroîtra son comiñêrce, qui accroîtra même ses pêcheries ; mais non jusqu'au point de jamais égaler celles de Terre-Neuve, Ph Hi MEME qe RayNaL.