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442 | Pour la Biblivthèque Canadienne,
Certes ! ton préjugé l'emporte sur le mien : | Pour un mot qui t'a pu déplaire, Mon livre ne valaüt plus rien, En conscience, il faut te faire Du prix qu'il t’a couté la restitution . . .. Sois tranquille, l’occasion Va s'offrir sûrement de la faire complète :
Te voila devenu poëte, | (Et tu dois m'en remercier, : Sans doute,) et tu vas publier, Que ce soit en dép, de l’aveu de Minerye, N'importe, le fruit de tu verve : :
Et quand tes vers futurs seraient du même aloi Que ceux qu'on u déjà vu sortir de ta plume ; Quand même ils seraient tous dirigés contre mo J'achète, à ton prix, le volume, * Et tu ne perdras point à l'échange, je croi.
Le préjugé, pour en revenir à la chose, Le préjugé, sans doute, est d’un esprit tortu ;' Mais, dis-moi, te reconnais-tu, À mon couplet, ainsi, ‘sans raison et sans cause ? Mais c’est sans cause et sans raison, Que tu prétends que je me moque, :- Et fais d’un souhait un lardon. :
Ah! s'il prenait un autre ton, Et pour celui qui plaît laissait celui qui choque... . Eh bien ? .... Il deviendrait an autre Cicéron. ” Et si l'avis. n’est point donné hors de saison, Le but peut-il être équivoque ?.
C'est encor sans raison que tu me dis fâché, Et veux qu’en écrivant la colère m'émeuve:
Tu réponds à des vers dont tu te crois touché ; Et je m'en fâcherais ! la chose serait neuve. Mais du dernier trait décoché Contre moi,. par ta main, pourrais-je être à l'épreuve ?, Si la vérité seule a le don d'offenser, buis, é Où croira sans nouvelle preuve, Que tes vers ne m'ont pu blesser.
LA
11 Mai 1830.
ANECDOTES ET BONS-MOTS
Ur philosophe voyant un Athénien, qui, dans un mouve-
ment de colère, maltraitait son 1 ..ave, dit: “ Voilà un esclave qui en frappe un autre.” Parole pleine de sens, qui nous fait comprendre le prix d'une âme qui sait se posséder et n’être :
pas escluve de ses passions.
Un chef d'esclaves révoltés fut pris, les armes à la main, avec plusieurs de son parti. Le général vainquêur lui deinanda quel traitement-il croyait que lui et ses compagnons avaient mérité.— Celui que méritent de braves gens, qui s‘estiment dignes de la liberté. ”’—Le général leur accorda leur pardon, et les incorpora dans son armée, + L'empereur ADRIEN rencontrant un homme qui ‘avait offensé, avant qu'il parvint à l‘empire : “ Approche, lui dit-il ; tü n‘as plus rien à craindre de ma part; je suis empereur.”
Des courtisans de PHicipps-Lr-BEt excithient ce prince à sévir contre un prélat qui l'avait offensé: ‘ C'est Parce que je puis me venger, dit-il, que je ne dois pàs le faire. ” | GuirLAUME-le-Batard, duc de Normandie, appellé à la couronne par le testament b‘Epouarp III, étant entré dans le royaume avec de bonnes troupes, brula ses vaisseaux, et dit à
son armée: % Voila votre patrie.”
Un inoine jouant à la paume avec François I contre plusieurs seigneurs, fit adroitement un coup de raquette qui décida la partie en faveur du roi. Le prince surpris dit: * Voila un bon coup de . moine.—Sire, repartit finement le moine, ce sera un coup d‘abbé. quand il plairä à votre majesté.”
n poëte présenta un sonuet le sa composition au pape CLEMENT VIL Celui-ci, jettant les yeux dessus, apparçut au second vers une syllabe de trop, et le 1. observer au poëte. Celui-ci lui répondit: ‘ Qué sa Sainteté daigne continuer de lire ; il se trouv:ra quelque vers où il y en aura une de moins ; Sinsi l‘une ira (our Déktres Vis
Lorsqu'on Vint dire au grand CocBeñT que le poëte Hr- NAULT avait fait contre lui ce fameux sonnet : Ministre lâche, &c. il refusa de lé lire, et demanda seulement si le roi y était of: fensé. On lui répondit que nôn. ‘“ En ce tas, reprit Colbert, laissez l'auteur tranqnille””
Un jour, l‘abbé NoLLer. alla faire sa cour à un homme en
. place, dont la protection pouvait lui être utile, et lui présenta
ses ouvrages. Le protecteur lui dit froidement qu'il ne lisait jamais de ces Sortes de livres. ‘ Mons:eur, répondit l‘abbé Nollet, voulez-vous permettre que je les laisse dans votre antichambre ; il sty trouvera peüt-être des gens d'esprit qui les liront avec plaisir.” |
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444 Régistre Provincial.
Un jeune abbé, homme de qualité, avait loué une loge à opéra. Un maréchal de France voulut avoir cette loge, que l‘abbée s'obstina à refuser. Le maréehal sy prit si bien, que l‘abhé fut obligé de, céder. à la force. ‘Il n'avait pas le courage de mettre l'épée la main, quoiqué sa naissance l‘y autorisât, suivant les ridicules distinctions d'alors: il attaque le maréchal au tribunal de la connétablie, et obtient d‘y plaider lui-mème sa cause, Désignant chaque maréchal de France par les actions mémorables qui l‘ont illustré: ‘Ce n‘est point, dit-il, M. le inc-échal un tel, dont j'ai à me plaindre; ce n‘est pas M. le maréchal de BroLio, qui stest si bien distingué dans les dernières guerres ; ce n'est pas M. de CLeRMoNT-ToNNERtE; qui a fait de si belles retraites; ce nest pas le maréchal de RicHELIEU, qui a pris le Port-Mahon : celui dont j'ai à me plaindre n‘a jamais rien pris que ma loge à l‘upéra.” :
Le tribunal décida que l‘abbé avait raison. de se plaindre, mais que la tournure de son plaidoyer l‘avait assez vengé.
M. de La Morre croyait avoir pour amis tous les gens de lettres. Si cela était vrai, lui dit FoNtENELLE, ce. serait un terrible préjugé contre vous; mais vous leur faitestrop d‘honneur, et vous ne vous en faites pas assez.
A la première représentation de l'Œdipe de VOLTAIRE, un jeune seignour, frappant sûr l‘épaule de l‘auteur, lui dit : 66 Ctest à merveille.” Le poëte, ennivré de son succès, trouva ce ton trop familier, et riposta: ‘ C‘est assez bien, monsieur, pour vous.— Mais, reprit le seigneur, entre vous et moiilya une si grande différence.—La seule que j‘y trouve, répondit fièrement Voltaire, c'est que je porte mon nom, ët que vous trainez le votre”
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RÉGISTRE PROVINCIAL
Mariés :— A St. Vincent de Paule, le 26 d’Avril dernier, par Messire Lacanoe, curé. du lieu, Mr. Michel Caron, Instituteur, à Demoiselle Elisabeth Lacarpg ;
. —AÀ Québec, le $ du présent mois, par Messire Parenr, John Donr- &ani, écuyer, Seigneur de Foucault, à Demoiselle Rosalie L. G. Pra- Monpon, fille unique de feu Louis Pzamonpon, écuyer. \
Décfnés:—A St. Eutache, le 29 d'Avril. dernier, L£ANDRE, enfant de J. Labrie, écuyer, M. P., âgé de 4 ansiet 7 mois;
—À Québec, le 1er du courant, demoiselle Agnès T£ssigr, flle ainée.de Mr. M. Tessier, marchand.
Commwissionnés :—Mr. George Tracy, Notaire Public. . Aa . —Jocob Barce1o; écuyer, Commissaire pour le jugement des petites causes, dans la Seigneurie du Lac des Deux Montagnes. , :
— George Morrar, Jules Qursnec, et. R.S. Pen, (Capitaine des Ingenieurs,) écrs: Commissaires pour l’amélioration du port de Montréal.
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| La Bibliothèque Cañadiene.