‹ La Bibliothèque canadienne [microforme]Chapitre 162 sur 177 · Tome IX. ler, JUIN 1830. Numwero XXUII · texte numérisé non relu

Tome IX. ler, JUIN 1830. Numwero XXUII

HISTOIRE DU CANADA

* (CONTINUATION

Le général Murraÿ ayant débarqué. dans l'île de Montréal avec environ trois mille hommes, M. Dumas se rapprocha de la ville, : L'armée du général Amherst, qui avait séjourné quelques jours sur lPlsle Perrot, débarqua à La Chine, le 6, vers 11 heures du matin. Les volontaires à cheval, qui étaient dans cette partie, se retirèrent devant elle; pied à pied: car elle se mit en marche vers là Ville aussitôt après avoir débarqué. Toutes les troupes françaises entrèrent dans la ville Tous les miliéiens s’étant retirés, ainsi qu'un nombte de sol: dats mariés, elles ne se montaient pas à plus de trois mille hommes, non compris cind cents hommes qu’il y avait sur l’île Ste ‘Hélène, et la petite garnison du fort de Chambly; elles n'avaient presque plus de munitions, et les vivres ue puuvaient durer plus de quinze à vingt jours.

: L'armée d’Amherst campa dans les plaines de St. Gabriel, #& un quart de lieue de la ville : celle d'Haviland était arrivée à Ua Prairie. Pendant la nuit du 6 au 7, il fut tenu une assemblée chez le gouverneur : M. Bigot y lut un mémoire sur l’état de la colonie, et un projet de capitulation, Tout le monde fut d’avis qu'il convennit ‘de préférer une capitulation avantageuse aux peuples et honorable aux troupes, à une défense qui ne’ pourrait retarder qué de quelques jours la perte du pays. Le 7 au matin, le colonel de Bougainville, fut envoyé proposer à M. Amherst ue suspension d‘armes pour un mois : ce gânéral s’y étant refusé, on lui envoya proposer par le mène officier Ia capitulation dont on avait lu le projet dans UN 4 l'assemblée de la veille. Jlminuta à la marge cé qu‘il voulait LP accorder, refuser où-modifier : il accorda ‘presque ‘tout, ex— \ (}. cepté les honneurs demandés pour les troupes françsises, vou-

lant qu'ellés-missent bas les arûres, livrassent leuts "drapeaux

et ne serviséent pas durant ‘la wuerre. Cet'article paraissant

humiliant, on envoy& d'abord M.'de Bougainville; et ensuite

M: “de ln°.Pause faire des réprésentations; ‘mais elles furent

Tous IX. No. XXIH. © 66

dde FT siotre du Curiada:

détermination , Pet FE TM Sur cele, le éhevaliér de Lévis, à hohi- és thotfes qu'il. commanduit, présenta un mémoire au ÿbuvetneur, le priant de rdapre pue négriationt avéc le général anglais; et de prendre la résolutiôti dé faire la défénse la Plus vigoureuse, quelque ‘peu d‘appärence qu'il y eût de féussir, ou de permettre aux troupes de se fetirer dans lle Sie, Hélène; paur y soutenir jisqu'ä. là dernière ‘éxtféthité l'honneur des ‘armes de France. Le marquis de Vaudreil répondit que.l‘é- ‘tat des affaires ne periettäit pas de -refuser les conditions du énéral anglais ; qu'il devait les acceptér pour l’avantage dû pays doïit lé. gouvernement Jui avait été confié ‘et quil ordonhdit ay chevalier.de Lévis de sy conformer. Ce dernier, pour épargner aux troupes qu'il, commandait une partie de l'hutmi: Jiation qu'èlles allaient subir, leur ordonna de bruler leurs

Re De u‘ellés exécutérent sur-le-champ... .: :.. … Par la capitulation, Montréal et toutes les places occupées par les er y ne être évacuées . sans délai, et.livrées aux trtiu e sa majésté britannique; les troupes françaises des

inutiles; M. Âïinheïsi ne voulant ‘rien changer à sa première

vaient mettre bas. les armes, et être transportées en France; .

pôur ne. paé servir dhrant la gueïre ; le-gouverneur, l'intendant et les employés du gôuvernement devaient, pareillement “cri: transportées en France, aux frais de l'Angleterre ; : quelc 7 uns de. ces employés, qui‘avaient. des hires à régler

ans la colonie, y pouvaient demeurer jusqutà ce, que ces af: faires. füssétit terminées ; les Canadiens devaient ‘avair le tibre exercice de leur fréligion; aticun d‘éux ne pouvait être. inquiété potr-avoir porté , les armes comme milicien; les communautés de religieuses étaient maintenues dans la possession .de leufs biens, : privilèges et. immünités; les séminaires et ‘communau: tés de religieux continmaient àjouir de leurs revenus, et poué vaient vendre leurs seigneuries'et autres propriétés foncières, s'ils.le jugedient à. propos, ét en transmettre le ‘produit en France. M traisé (le: paix, le ‘Canada restait à I‘Angle: terre, ceux'des Français ou Canadiens qui voudrajënt: pusset en France. le pourraient faire en tonte liberté. I avait été demandé, des choses qui ne firent-point accordées ‘et qui ne pouvaieñt pas. ‘être convenablement; telles queiln nentralité perpétuelle des, Canetlièns, et lâ #omihation de l'érèque de Québec-par le toi de France, “be 4 br ai .… La cour de France, faute de pouvoir fire. dévantage, avait tenté, au printems, de faire pai venir. Ün-seçoutf. de vivres «et de munitions dans la colünie; mais la Rotiille Fnçaie, qui tonsistait en une auto à > .tiugtdihe de.bätimens de tranëports étant attivée duus Laurent eprès que l'éscadré

il étai rigme antes, teurs, leur :

rent f :dages pleine rent

Les le nance payée plus.

première

litions du intage dü Loronler, pour le l'huimi:

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> l'intencillement re; ‘quel â régler de ces af:

r le tibre ‘inquiété nuhäutés de leufs omunau< et té Dncières,

duit en

l‘Angle:

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France;

Histoire du Cunada. 447

anglaise fut entrée dans le port. de Québec, elle fut forcée de vebrousser chemin, et alla relâcher duns la baie des Chaléurs. Elle y Fit attaquée et détruite par le capitaine. Byron, vénu, ge Lénbour avec une escadre, quoique protégée ‘par des

atieries érigées sur le rivage ; et le village acadien qu'il y ayait eh cet éndrait fut livré aux flammes. * "ts

‘Quand même ce secours aurait réussi à remonter le St. Laurent, il Se pas probablement retardé .de beaucoup la reddition du Canada, et peut-être le retard n‘était:il pas à désirer : la possession de ce pays devenait de. jour en jour un fardeau plus pesant pour la France, et la misère et le mal-aise y augmentaient dans la méme proportion ; et cela en grande partie, en conséquence de la mauvaise administration, et du gaspillage des deniers publics. Les dépenses annuelles du gouvernement pour le Canada, dit Roypal, quine passaient pas quatre cent mille francs en 1729, et qui avant 1749, ne s'étaient jamais élevées au-dessus dedix-sept cent mille livres, n'eurent.plus de bernes:après.cette époque, . L'an 1750. couta deux millions çent mille livres: l'an 1761, deux millionssept cent mille livres. : l’a 172, É ricggu quatre-vingt-dix mille livre : l'an, 175 cingmillions trois cent. mille livres :.l’an 1464, quatre mil lions quatre.cent .einquante mille livres :.l’an 11465, six mil “lions: cent mille livres :, Lan :1758, ,onge millions gent, mille dr vres : l’an 1757, dix-neuf millions deux cent cinquante mille livres : l’an:1758, vingt-sept millions neuf çent mille livres : Van 1769, vingt-six «millions ; et les hyit premiers mois de d'an 1960, : treize millionscing cent mille livres.

De ces sommes prodigieuses, continue.le même historien,

il était dû, à la paix, quatrevipgt,millions. .Qn.remonts à l’o-. rigine de cette dette i . Les. mplversations furent effrayantes, Quelques uns de ceux qui étaient devenus prévaricateurs, - par l'abus du pouvoir :illimité que. le gouvernement leur avait accordé (ét entre‘antres l‘ingendant Bigot ), furent flétris, bannis, -dépouillés : dune partie de leurs brigan- ‘dages.. ‘D'autres, non. moins cuupables, répandirent l'or à pleines mains, é èrent à la restitution, à l’infamie, et jouirent insolemment d’une fortune si criminellement acquise. Les lettres de change furent.réduites.à la moitié, et les ordonnances au quart de leur valeur. Les unes et les autres;furent payées en contrats à quaire pour cent, qui tombéerent. dans le -Plus.grand avilissement. (*) ss :29 "389 HE 54 (*) On affichs à ar.oprasion les re ayant que les murs de Paris :

ë -vous citoyens ? l’occasion est belle:

eo er Re nalele s -

On vous en payera le quart én argent sec, g Et les trois autres.quarts en'billets sur.Québec.

448 Les Devises.

Dans la dette de quatre-vingt millions (c'est toujours Ray. hul qui parle), les Canadiens étaient porteurs de trentesquatre millions d'ordonnances et de sept millions de lettres de chan. ge : leur papier subit la loi commune ; mais la Grande-Bre. tagne, dont ils’étaient devenus les sujets, obtint pour eux un

dédommagement. de trois millions en contrats et de six cent

-mille livres eu argent ; de sorte qu’ils reçurent cinquante-cinq pour cent de leurs lettres de change, et trente-quatre pour “cent de-leurs ordonnances,

(4 Continuer.) LES DEVISES.

Srles étoiles, dit Cassronorr, voyaient dans un cadran au

soleil leurs grands mouvemens imités par le petit mouvement ” d’une ombre, elles en auraient du dépit, et changeraient peutêtre de route pour ne servir pas de jouet aux hommes.

La pensée est assez bizarre, et n'est pas trop vraie. Celles

‘qui servent d'inscriptions pour les cadrans doivent être plus régulières et plus justes : elles sont d’ordinaire morales et instractives. CE

Un fort honnète homme, qui a l'esprit très délicat, a fait peindre au cadran de sa maison de lx ville, ‘deux figures dont l'une représente le travail, l’autre le repos, avec ces paroles, qui ont rapport aux heures :

"+: Plures labori, dulcibus quedam otiis. à

‘ La plus grande partie au travail, quelques unes à d’honnêtes amusemens.” 3

Le même a mis au cadrat de sa maison de campagne :

Dum fugit umbra, quiesco.

& Tandis que l'ombre fuit, je me repose.” —C'est le style du cadran qui parle, et la pensée est qu'un homme sage jouit du repos de la solitude pendant que l'ombre de ce monde passe.

On voit au cadran de Chantilly.

Una dabit quad negaë alteru.

$ L’une donnera ce queil’autre refuse.”

Cela marque bien-que nous avons de bonnes et de mauvaises heures; et c’est ce que dit le cadran de la Versine, maison du comte de St, Simon près de Chantilly :

Le do buone, lé du male.

J'ai vu sur le cadran d’une maison de campagne ce vers p'Horace :

Dona :præsentis rape letus hore.

L'application est heureuse ; et le sens des paroles n'est pas si

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Les Devises. À 449

profane ni si épécurien qu’il paraît : car c'est comme si où disait : 4 Prenez gaîment ce que l'heure présente vous douue.” :

On pourrait bien se servir de ces paroles de Marriat, par rapport aux heures :

Pereunt et imputantur.

‘ Elles s’échappent, elles périssent; mais elles demeurent

sur notre compte. ”, Le.sens est moral, et on peut le rendre .fhrétien, en y joignant et en y accommodant la pensée d’an poëte latin moderne, qui. imagine huréusement que lheure qui passe, et que‘nous laissons passer sans en proôfitér, s'envole au ciel, et va rendre compte devant le trône dé Dieu du biep et du mal que nous avons fait :

Le-mot du cadran d’un petit jardin solitaire, qui n'est pas floigné de celui des plantes, est fort sage, et semble fait exprés pour le maître du logis, l’un des hommes du monde qui, avec de l'esprit et du savoir, a le plus d‘honnêèteté et de vertu.

… Utere præsenti, memor ultime. ; ‘ Usez de l’heure présente, en vous souvenant de la dernière.”

Îl y à sur divers cadrans d'autres inscriptions toutes morae :

les ou toutes chrétiennes.

” Ombra fallace che mentre s’appressa fugge.

“Ombre trompeuse, qui fuit à mesure qu'elle s‘approche.” Pix dell'omb*a è fugace:

Questa vita mortal che tant piace.

té Cette vie mortelle, qui plaît tant, fuit plus vite que l'ombre.” Le ciel est ma rêgle ; ou, me lumen, vos umbra regit. 4 Je suis réglé par la lumière : vous l‘êtes par l‘ombre.”: C'est le cadran que l‘on fait parler ; et'c‘est ce que peut dire un homme de bien qui à pour règle de sa conduite les préceptes de l’évangile ; tandis que les autres suivent dans la leur les fausses maximes du monde, -. Dubia omnibus, ultima muîtis.

“ L'heure présente est incertaine pour tous, la dernière . pour plusieurs.” Suprema hæc multis, forsan tibi.

‘Cette heure que l‘ombre marque est la dernière pour plusieurs, peut-être pour vous.” Nostra lalet, ou, Latet ultima.

La nôtre est cachée,” ou, “ La dernière est cachée.” Certaines paroles de l‘Ecriture prises dans leur sens propre, ‘conviennent parfaitement bien à un cadran, toutes simples . qu'elles sont ; comme celles-ci : g Umbræ transitus est tempus nostrum.

“ Notre vie passe comme l‘ombre, Dies mei sicut umbra declinaterunt.

‘Mes jours se sont évanouis comme l‘ombre.”

A50 Dialogues, des Morts.

Toutes çes pensées me paraissent raisonnables, et ont à mon goût l‘esprit qu'elles doivent avoir, (BouHouns, Pensées Angénieuses.; ie au tt NRa st os

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