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pays sous plus d'un apport Cette ordonnance porte :
Que sa majesté étant informée que l'établissement des terres en Canada n'a pas fait les progrès qu'elle avait lieu d'attendre de la protection et des facilités qu’elle veut bien accorder aux babitans ; que cette colonie n‘u pas même fourni, pendant quelques années, les vivres nécessaires pour la subsistance de ses propres habitans; que la principale cause de ce ralentissement vient de ce que la plupart des habitans se bornent à cultiver les portions des terres qui leur sont échues par le partage des biens de leurs pères, -et ee le plus souvent se trouvent réduites à une si petite étendue, que les dits habitans ne peuvent y recueillir de quoi subsister ; et que ces mêmes habitans pourraient cependant faire d‘autres établissemens plus utiles pour eux et leurs familles, et plus avantageux pour le bien général de la colonie ;
Sa majesté Fait défense à tous ses sujets de la Nouvelle France qui ont des terres à cens, de bâtir dorenavant aucune maison ou étab}: -n pierres ou en bois, sur les terres ou portions de terres, : :oius qu’elles ne soient d‘un arpent et demi de front sur trente à quarante de profondeur, à peine de cent livres (tournois) d‘: .nde, et de démolition des dites maisons et étables. Les propriétaires pourront seulement y faire construire, s'ils le jugent à propos, des granges en bois, pour y serrer les grains, foins, et autres denrées qui seront recuillies sur les dites terres.
Pour procurer aux citoyens des villes une abondance de menues denrées, sa majesté permet aux habitans des environs des dites villes, de fairé tels établissemens, et dans telle étendue de terrain qu’ils jugeront à propos, dans les fauxbourgs et baglieues des dites villes, en se conformant aux règlemens et aux usages ordinaires de la voierie et de la police.
Les dispositions DE au précédent article auront lieu peur les bourgs et villages déjà établis, ou qui le seront par la suite, et suivant qu'il sera estimé nécessaire par le gouverneurgénéral et l‘intendant de la colonie, à l'effet de quoi, ils détermineront les limites des dits bourgs et villages, au-dela desquelles il ne sera permis aux habitans de faire d‘autres établissémens sur leurs terres en censive, que conformément à ce qui u été réglé ‘au premier article de la présente ordonnance.
Le premier exempie de désobéissance à un règlement si salutaire fut donné dans l'île d‘Orléans : cinq des habitans de cette fie ayant bâti des maisohs sur des portions de terres moins étendues qu'il n'était requis pa” l'ordonnance rovale, ils furent poursuivis et condamnés à payer chacun l‘amende de cent livres, et'les bâtimens qu'ils avaient érigés en contravention & la loi furent démolis.
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L'année 1745 est célèbre dans les annales du Canada par le siège de Louisbourg, et la reddition de cette place aux Anglais, ou plutôt aux colons de la Nouvelle Angleterre. La guerre avait été déclarée entre la France et l'Angleterre, au commencement de l’année précédents 1744, M. Duvivien, qui commandait à Louisbourg, n'eut pas plutôt été informé de ce nôuvel état de choses, qu’il arma quelques vaisseaux de guerre qu'il y avait dans le port, y fit embarquer environ neuf cents hommes, tant troupes réglées que milices, et gngna le poste de Camceaux, dans l’Acadie, dont il se rendit maître sans coup férir. Après en avoir transporté la garnison et les habitans à Louisbourg, M. Duvivier retourna sur les côtes de l‘Acadie, et tint le Port Royal bloqué pendant plusieurs semaines. Mais ayant appris qu'il y venait du secours de la Nouvelle Angleterre, ilse retira aux Mines, autre poste de l'Acadie, peuplé de Français, dont il prit possession, mais qu'il abandonna ensuite comme intenable, pour retourner à Louisbourg, où sa présence était devenue nécessaire.
Le 5 Février 1745, il fut résolu dans l'assemblée générale du Massachuserts, à la majorité d‘une voix, qu'il convenait de faire une tentative contre Louisbourg, afin d’oter aux Français, par la réduction de cette forteresse, les moyens faciles qu'elle eur fournissait d’incommoder la Nouvelle Angleterre et de faire des excursions dans la Nouvelle Ecosse. M. SHrRLEy, homme habile et entreprenant, qui était alors gouverneur de la Nouvelle Angleterre, entra avec ardeur dans les vues de l’assemblée générale : les enrôlemens commencèrent aussitôt, et au bout d’un mois, le nombre des volontaires fut de plus de
Ces troupes furent mises sous les ordres de M. Perperet, cominandant en chef des milices, et embarquées sur une escadre commandée par le commodore Warren. Cette escadre se rendit d'abord à Camceaux, où elle resta trois semaines, pour attendre que les rivages de l‘Ile Royale fussent débarrassés des glaces qui les rendaient inabordables. Elle remit à la voile le 10 Mai, et jetta l'ancre, le lendemain, dans la baie de Gabori ou Gaborouse, un peu au sud de Louisbourg.
Les Français voulurent s’y opposer au débarquement des troupes de terre ; mais ils furent repoussés avec la perte de huit hommes tués et d’une vingtaine de prisonniers. Le même jour un détachement des troupes débarquées brula l'établissement français de Sé. Pierre. Le lendemain, elles érigèrent une batterie de petits canons et de quelques mastiers sur la Colline verte, à 750 toises environ du bastion du Roi appellé la Citadelle
Le 13, 4000 hommes marchèrent, a l'abri des bautsurs, au havre du Nord-Est, et y brulèrent les magazins, &c. ; snr qu
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les troupes françaises qui étaient stationnées à la grande haterieenclouèrent leurs canons, au nombre de trente, de 36 et 42 livres de balles, et se retirèrent dans la ville, pour en renforcer la garnison. Ces canons furent presque aussitôt décloués et tournés contre la place. Les assiégeans furent obligés d'amener les lus gros des leurs sur des espèces de traineaux par des marais impénétrables pour les bœufs et les chevaux. Ils ne firent point d’approches régulières par des tranchées en parallèles et en de zags, mais se contentèrent de battre et de bombarder la ville au hazard ; ce qui ne laissa pas de causer beauçoup de. dommages aux murs et aux bâtimens intérieurs, mais sans qu’il en résultât aucune brèche praticable,
Le 18, il fut érigé une batterie à 425 toises distance, et la ville fut sommée de se rendre. Le lendemain, les asiégés firent une sortie qui n’aboutit à rien d’important ; mais un détachement de sauvages tua un assez grand nombre de traineurs anglais,
Dans la nuit du 27, cent hommes de la garnison débarquérent près de la pointe du Phare, dans l'intention de surprendre ceux des assiégeans qui y érigeaient une batterie, pour la faire jouer sur celle de l’île; mais ils furent découverts à temps, et poursuivis jusque dans le bois, où ils furent joints par ctes sauvages, et escarmouchèrent pendant quelque temps avec les avant-postes des assiégeans. Le 28, il fut érigé une batterie à 250 verges seulement de la porte de l'Ouest. Le 30, Ja: Vigilante, vaisseau français de 64 canons, chargé de troupes et de provisions pour Louisbourg, fut pris par le commodore Warren, qui couvrait le siège par mer avec son escadre. Le 81, il fut érigé une nouvelle batterie de cinq canons de 42 livres, pour jouer sur la batterie circulaire de la ville et le magazin du roi.
Le 5 Juin, 500 hommes dans des bateaux firent une tentative contre la baterie française de l'ile, forte de trente çanons de 23 et gardée par 150 hommes; mais ils furent repoussés avec la perte de soixante hommes tués ou blessés, et cent vingts faits prisonniers.
Le 23, l’escadre anglaise se trouvant composée d’un vaisseau de 64 çanons, de trois de 60, d’un de 50 et de quatre de 40, il fut résolu que le lendemain, on donnerait l’assaut à la ville par mer, tandis que les troupes du camp feraient une attaque du côté de terre, par voie de diversion, \
Quoique les murs de Louisbourg fussent de quatre-vingts pieds de hauteur, que le fossé en eût autant de largeur ; qu’il y éût 64 canons de gros calibre en batterie dans la ville, sans compter ceux de l’île, dont il a été parlé plus haut, et que la place fût abondamment pourvue de vivres et de munitions, la garnison, forte de 900 hommes, fut effrayée des préparatifs des assiégeans, et le commandant se détermina, peut-être trop tôt, à capituler.
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Comme les échelles se trouvèrent trop courtes de dix pieds, il est assez probable que l‘assaut n‘aurait pas réussi, et que les assiégeans aurajent été découragés par le manque de succès, Quoi qu’il en soit, 1l fut convenu que la garnison sortirait de la
lace avec les honneurs de la guerre, et serait transportée en Yinnce aux frais de l’Angleterre, à la condition de ne point servir contre cette puissance durant l‘espace d‘une année. La perte des assiégeans ne fut pas de plus de 150 hommes tués : celle des assiégés n’est pas mentionnée par l‘auteur qui nous sert de guide; maïs elle ne dut pas être bien considérable.
La reddition de Louisbourg et du Cap-Breton ne fut pas plutôt connue en France, que le gouvernement fit préparer un armement considérable dans le port de la Rochelle. La flotte fut prête à mettre en uer dès le commencement de Mai 1746 ; mais elle fut retenue par les vents contraires jusqu’au 22 Juin, qu’elle mit à la voile, sous les ordres du duc d’Axvizzs, officier de mer dans le courage et l’habileté duquel on avait la plus
rande confiance, Elle consistait alors en onze vaisseaux de igne, trente vaisseaux de dix à trente canons et bâtimens de transport, avec trois mille hommes de débarqüement, sous le commandement de M. de Pommeriz, brigadier-général. Cette flotte devait être renforcée par quatre vaisseaux des Antilles sous les ordres de M. de ConrLans, et l’on s'attendait que l’armement serait joint par les Acadiens, ou habitans français de l’Acadie, où M. de Ramsay s'était rendu, avec dix-sept cents Canadiens et sauvages, pour attendre l’arrivée de la flotte.
C'en était bien autant qu'il fallait pour reprendre le Cap Breton et enlever l’Acadie aux Anglais, sans l’espèce de fatalité qui sembla s‘attacher alors comme plus tard aux entreprises des Français en Amérique. Il n’y avait que quelques jours que la flotte était en mer, lorsqu'elle fut accueillie par une tempète qui sépara les vaisseaux les uns des autres; de sorte qu’il n’en arriva que quelques uns, avec celui cle l'amiral, à Chébouctou, le 12 Septembre, c’est-i-dire plus de deux mois et demi après le départ de la Rochelle. Pour comble d‘infortune, le duc tomba maladele jour même de son arrivée à Chébouctou, mourut quatre jours après.
Le surlendemain 18, il fut assemblé un conseil de guerre : le vice-amiral y proposa de retourner en France, RE qu’il ne restait plus que sept vaisseaux, et que Ja plus grande partie des troupes se trouvait sur ceux qui manquaient. M. de LA Jox- QUIERE, qui le 15 Mars précédent, avait été nommé gouverneur du Canada, en remplacement de M. de Beauharnois, s‘opposa à la proposition du vice-amiral: d’autres proposèrent d’attaquer les établissemens anglais de l’Acadie, et particulièrement le Port Royal, ajoutant que si l’on ne réussissait pas à le
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prendre, on pourrait du moins hiverner en sureté dans lu baie de Casco, ou s’en retourner en France plus tard, si la chose devenait nécessaire. Le vice-umiral, qui était depuis quelque temps indisposé, voyant que son av:s ne prévalait pas, tomba dans une espèce de délire, et se passa son épée au travers du corps.
ar sa mort, le commandement éghut à M. de la Jonquière, qui, quoiqu’âgé de plus de soixante ans, se montra plus actif et lus résolu que son prédécesseur, et releva par là le courage de A flotte et de l'armée. Mais tandis que les Français se préparaient à attaquer le Port Royal, une chaloupe que M. Shirley envoyait à Louisbourg, avec lu nouvelle du départ de l'amiral Lesrock pour l‘Amérique, fut prise par un croiseur français, et conduite à Chébouctou, Sur cet avis, M. de la Jonquière n'eut rien de plus pressé aue de mettre à la voile : une tempête qui l’assaillit près du Cay, de Sable, dispersa encore le peu de vaisseaux qu'il avait sous son commandement ; et il s‘en retourna en France, sans avoir rempli aucune des vues que son gouvernement s'était proposées, en faisant cet armement,
( Acontinuer. ) —— PETIT SYSTEME ji} AGRICULTURE.
CHaririr CiNQUIEME, Des Fumiers et du soin qu'on doit y apporter.
Les fumiers en ce pays, sont, pour ainsi dire, le seul engrais dont les cultivateurs se servent pour améliorer leurs terres épuisées. Encore plusieurs ont-ils la coupable négligence de les laisser perdre à la porte de leurs étables et de leurs granges, sans en retirer l'avantage de l’engrais, qui serait pour eux une source de richesses et d’opulence, ou au moins qui les soutiendrait dans leur fortune et les empècherai: de tomber dans l’indigence et lu misère.
Il est vrai que ce malheureux nombre n’est pas le plus grand; mais il est toujours trop fort, à cause des pertes qui en résultent et de la ruine des individus négligents, qui méprisent cette manière d'améliorer leurs antiques propriétés ; rien ne démontrs plus la négligence et la décadence d’un cultivateur, que de voir a l’entour de ses étables et de ses granges, des fumiers épars ça et là, près desquels et sur lesquels croissent des mauvaises herbes de toutes les espèces, et qui lui font une nuisance journalière. Un homme, pour peu qu’il ait de cœur et de sentiment,
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Pettit Systéme d'Agriculture. 91
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ques évident-s et certaines de sa nonchalance, et de la plus rande indif rence en fait de culture.
Que doit penser le voyageur de la capacité et du tr d'un cultivateur, lorsqu'il voit des quantités prodiytanes de fumiers, accumulés ça et là près de ses batimens? sans doute
u‘il se forme une idée bien petite d’un homme qui néglige ainsila partie la plus nécessaire et la plus essentielle de ses travaux,
Au contraire, quel plaisir et quelle satisfaction n’éprouve pas Je passant, lorsqu'il voit une ferme dont les étables et les granges ont une apparence de propreté et de rie et auprès de quelles on ne voit aucun fumier ni immondices, qui démon de la négligence et de l'indifférence. On a aussitôt la m opinion d’un propriétaire qui paraît si soigneux et si travai on admire son courage et son industrie, et l’on s’entretient beauté de ses dépendencés. Chacun lui donne de justes louanges ; on publie sôn industrie et sa propreté, et on exulte son travail et sa judicieuse vigilance. On ne saurait donc trop blâmer les uns et rendre assez de justice aux autres; mais parmi ceux qui sont soigneux et vigilants, 1 se glisse souvent beaucoup de défauts dans la manière d'employer le fumier de leurs animaux, et qui par là mème les empêchent de retirer tout l'avantage possible de cette espèce d’engrais, qui mal employé et à contre-tems, est moins favorable à la végétation. La manière d’avoir du fumier qui soit de la meilleure quelité n’est pas ou n’est que peu connue des cultivateurs du pays ; il faut des soins et beaucoup de précautions. Il est nécessaire d’avoir des étables qui aient de bons planchers bien serrés, afin d'empècher les urines de s’écouler dans ja terre et de se perdre ; car elles ajoutent au fumier une force qu'on.ne saurait trop apprécier: elles lui donnent une vertu humide et nutritive qui augmente beaucoup sa force et son pouvoir, Ceux qui ont de grandes quantités de fourrage, et plus que leurs animaux n'en peuvent consommer, doivent mettre d’épaisses litières sous leurs animaux, afin de retenir les urines, et de donner à ces sortes de pailles une vertu nutritive qu’elles n'auraient point sahs cela. Ceux qui ne font point de plancher dans leurs étables, et qui laissent coucher leurs animaux sur la terre, avec la malpropreté qui règne ordinairement dans ces étables, perdent uné partie notable d’un excellent engrais, ou plutôt ils diminuent volontairement la valeur de leurs fumiers, qui ne leur donneront qu’un engrais médiocre et peu durable, Les fumiers doivent être mis en tas auprès des étables, afin que les pailles et foins qui s’y trouvent mêlés se décomposent et se pourrissent plus vite, et qu’il ne fassent qu’un seul tout avec le fumier, Dès que les beaux jours du printems commencent
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