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CHAPITRE SEPTIEME ET DERNIER

Des Clotures et des Fossés.

Dès que les hommes commencent à se multiplier dans un nouvean pays, leur'premier soin est de séparer leurs domaines et leurs habitations respectives, par des lignes et des bornes, qui en assurent l’éte.due à leur postérité, et qui leur ôtent les moyens d'empiéter les uns sur les autres. Mais bientôt cette utile “opération en nécessite et demande une autre, qui oblige les voisins à partager et diviser leurs propriétés respectives, par des murs ou clôtures mitoyennes, et qui gardent leurs moissons contre les ravages destructifs des animaux de toute espèce. Car sans cette nécessaire division à quoi ne seraient pas exposés les champs du cultivateur, lorsqu'ils sont couverts des superbes moissons que lui accorde un créateur libéral, grand et magnifique ? Une seule nuit suffirait pour ruiner entierement toutes les espérances d’un riche agriculteur, et mème pourrait diminuer considérablement ses facultés domestiques et le jetterait dans la peine et le découragement. La négligence d’un berger nouchalant et paresseux ; la force et la nécessité du sommeil d'un juardien fidèle et vigilant: la vitesse et les ruses d’un animal orbe, avide et gourmand, seraient autant d'occasions qui cause-

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raient au cultivateur des pertes et des ot considérables, et souvent irréparables. Outre ces accidens funestes, qui sont toujours très A er à l’agriculture, les frais et les soins d'un gardien fidèle et honnête couteraient encore une somme assez forte au cultivateur qui serait obligé d'employer un étran.

er à cette garde. Mais heureusement que l'industrie des

ommes leur donne et fournit les moyens d’éviter toutes ces inquiétudes, et ces différents soins : une clôture haute, forte et solide, donne au cultivateur laborieux une tranquillité parfaite, Il dort paisiblement, tandis que les moissons croissent sous les soins bienfesants d’une providence libérale.

Particulièrement dans ce pays, où les bois sont très communs, on peut se procurer d’excellentes clôtures à peu de frais, et qui durent fort longtemps. Le meilleur bois pour les clôtures est le cèdre : presquexempt de la corruption, à laquelle tous les autres bois sont sujets, sa durée est longue et infiniment profita. ble. Toutes les autres espèces de bois ne fournissent que de médiocres clôtures et qui ne résistent pas longtems aux injures des tems et à la corraption. Un cultivateur soigneux et attentif à ses intérêts fait des clôtures un d: ses principaux ouvrages, Il veille sans cesse à leur confection et à leur entretien. Üne perche tombée par la force du vent, où quelqu’autre accident, un piquet qui se romp ou s’arrache, ou une brèche faite par la férocité de quelques animaux fougueux, peuvent causer au eultivuteur des pertes'et des dommages considérables. Une sele heure qu’un nombreux troupeau passe dans la moisson peut devenir très préjudiciable à la fortune d’un cultivateur indiffé rent. Une terre qui est bien enclôse et dont les clôtures sont en très bon état, produit toujours quelque chose au-delà de celles qui ne sont environnées que par de mauvaises clôtures, qui tombent ça ei là, faute d’être bien faites et suflisamment entrete. nues. À l’aspect d’un champ et des clôtures qui l’environnent, on peut presque toujours et d’une manière certaine, juger quel

est le soin, l’industrie, la vigilance et la capacité du propriétaire, |

auquel le tout appartient. Car presque toujours, un cultivateur paresseux et négligent a de mauvaises clôtures; sa terre paraît comme si elle n’appartenait à personne.

Vous voyez à un endroit un bout de clôture neuve, mal füite, et incapable de résister longtems aux injures des tems ou à h férocité des animaux. Plus loin, une vieille clôture faite de perches cassées et de vieux piquets, qui ne sont plus bons qu’à faire du feu ; ailleurs une mauvaise sai mal liée et qui ne doit durer que la saison qui l’a vu naître. Plus loin encore, cette palissade est faite de vieux bouts de planches et des restes de quelques bâtisses qui ont été démolies, Eniin on ne finira point si l’on voulait faire une description exacte des clôtures qui

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environnent la propriété d'un cultivateurnégligent et insensible à ses intérêts et à son honneur.

Chaque partie offre à l’œil la ruine et la décadence du propriétaire. C’est toujours une marque infaillible d’un cultivateur oisif et nonchalant.. C’est la première pensée qui vient à l’esprit du passant, qui contemple avec peine et regret, une terre dont les clôtures sont en mauvais état. La Législature de cette Province, toujours attentive aux intérêts et aux avantages du peuple canadien, et cherchant par tous moyens possibles, À favoriser l'avancement de l'agriculture, a passé une loi fort utile, et qui pourvoit d’une manière efficace et non dispendieuse, à la confection et au rétablissement des clôtures, par l'opération d’inspecteurs nommés à cet effet dans chaque paroisse; de sorte que

ar cette loi, un cultivateur vigilant et soigneux peut contra dre un voisin négligent et paresseux à la confection d’une nouvelle clôture, ou au rétablissement d’une ancienne, lorsqu'elle peut être suffisamment réparée. Rien de si flatteur que de voir un champ environné de hautes, belles et fortes -lôtures: tout y annonce le bonheur, la foriune et la prospérité du propriétaire, et chacun Jui donne des louanges justes et bien méritées.

Mais siles clôtures sont nécessaires sur une terre pour y empêcher les ravages des animaux; les fossés y sont aussi d'une grande utilit pe arrêter les suites et malheureux effets que peuvent causer des pluies abondantes. (C’est pourquoi, un cultivateur doit exactement environner et même couper sa propriété pe des fossés et rigoles, qui puissent suffire à l’écoulement des eaux. Car rien n’est si préjudiciable aux grains que les inondations : elles arrêtent la crue de la végétation et lui sont plus nuisibles qu’une longue et brulante sécheresse. Beaucoup de cultivateurs, soigneux et diligents pour faire tous les autres travaux nécessaires sur leurs terres, manquent cependant à celui-ci, qui exige autant da soin et de précautions que toute les autres obligations de leur état.

En remerciant l’auteur de nous avoir communiqué son ouvrage pour être publié dans ce journal, nous nous permettrons d'ajouter qu’il aurait pu, peut-être, le rendre plus complet, en j PACAN plus au long qu’il ne l’a fait, de l'épierrement, ou de a nécessité d’oter les pierres d’un champ où elles se trouvent en trop grande quantité, et faire de ce sujet un chapitre particulier, Nous prendrions sur nous de faire ce chapitre, tant bien que mal, s’il n’était pas parlé assez au long de la chose dans un numéro précédent de la Bibliothèque Canadienne (celui d'Avril 1829), auquel nous prenons la liberté de renvoyer les lecteurs.

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