Tome 1X. No. XI
206 Histoire du Canada.
la rivière où était située cette place, afin d'obtenir la supériort. té sur le lac Ontario, et de couper par là la;çcommunication avec les postes français situés Mr À ES il forma un parti d'envi. 350 Français, Canadiens et sauvages, qu’il mit sous le commande nent de M. Cunaussecnos pe Leny, fils du célèbre in. gcnieur de ce-nom, et lieutenant au corps de Ia marine. Ce dé. tuchement partit de Montréal, le 17 Mars 1796, et après avoir ‘raversé un immense désert et enduré de grandes fatigues, il arriva à Ja vue d’un fort en pieux de bout, où était posté un lieutenant nommé Buzi, avec vingt-cinq-homaes. Mr. de Ler fit sommer cet officier de se rendre: sur son refus, le fort fut attaqué avec vigueur et emporté de vive force, et la plus grande partie de ceux qui le défendaient furent massacrés par les sau« vages, malgré les efforts de M. de Léry et des Français pour les sauver. Mr. Smith, qni rapporte ce fait, ne dit pas si l'ex. pédition française s’en retourna à Montréal, #”rès cet exploit, ou si elle continua à agir dans ces quartiers, où, d’après ce qui vient d’être dit, il devait y avoir plusieurs autres forts comme celui où était posté le lieutenant Bull.'
Quoiqu'il en soit, M. de Contrecœur n'ayant pas acquis l’estime et l'amitié des sauvages de l’ouest, autant qu’il aurait été à désirer, pour l'intérêt du gonvernement, il fut rappellé, ct remplacé au fort Duquesne, par M. Dumas, qui s'était distin-
ué, comme nous l'avons vu plus haut, à la défaite du général Braddock. D'un eutre côté, M. Céleron, qui avait réussi à raffermir dans l'alliance des Français tous es sauvages des environs du Détroit et de Michillimakinac, demanda son rappel, en conséquence de quelque mécontentement qu’il avait éprouvé, et eut pour successeur M. De MEery, capitaine dans les troupes de Ja colonie. Celui-ci s'étant brouillé avec les commerçans du Détroit, se retira de ce poste, et fut remplacé par M. Picore’ DE BELLESTRE, officier canadien,
Cependant, M. de Vaudreuil n’était pas inactif dans la capitale : il comprenait qu’il était de la plus grande importance pour la sureté et l’avantage du Canada, de ne point permettre que les Anglais devinssent les maîtres sur le lac Ontario ; mais pour cela, il fallait les déloger du poste d'Oswego, où ils continuaient à se fortifier de plus en plus Comme pour préluder à cette entreprise, il envoya dans ces quartiers un parti de trois cents bommrasous les ordres du même M. de Villiers, dont nous avons déja eu occasion de parler. Cet officier construisit, à quelque distance d‘Oswego, un fort en palissades, tellement entourré d’épaisses forêts, qu’il fallait en être tout près, pour l'appercevoir; ce qui lui donna le moyen d’intercepter à plusieurs reprises les effets et les provisions envoyés d’Albany à Oswego.
Le dessein des Français sur cette dernière place étant parvenu
aux oreilles duquel Q trouvèren na ce géné avait tenue tait la paro de demeur jusqu'alors jérens qu'il pterait a 4 déjà montr qu'il put ke chemin ent Le gouv était d’alle où ils les t se joindre leur fût fai avoir fait Tandis rand cor] Rfowrcaz BourLAM:
Montréal, avec lui S qu'on eût pet la con qui lui pa attendre que des C En atten o par de en différ Anglais !
arrivèrel che avec ouaré, O!
avec la gouvern devans, àtroi division demi-li chure d cipal cc et la :
minuit.
riori.
avec l'en vis come ins e dés avoir 65, il é un Lery t fut ande saua Pour lex.
boit, > qui nme
l'es.
l'été ? .ct stins léral Ssi à des rapvait lans
Hi ‘re du Canada. 207
aux oreilles des Iroquois, ils tinrent un grand conseil, à la suite duquel ils firent partirent. trente députés pour.Montréal. Ils
trouvèrent M. de Vaudreuil, et dans l’audience que leur donna ce général, après l'avoir complimenté sur la conduite, qu'il avait tenue jusqu’âlors à légard de sa nation, Je chef qui portait la parole, lui dit que l’intérèt et le désir des Cantons étaient de demeurer neutres, et que c'était pour cela qu’ils n'avaient jusqu'alors favorisé ni les Anglais ni les Français, dans les dif: férens qu’ils avaient entr’eux ; qu’il espérait qu’Ononthie continterait à avoir pour eux la mème bienveillance qu’il leur avait déjà montrée en plusieurs accasions, et que le gage le plus sûr qu'il pût leur en donuer, ce serait de ne leur point fermer le chemin entre Montréal et Oswexo.
Le gouverneur leur répondit que la coutume de ses guerricrs était d’aller chercher leurs ennemis, et de les combattre partout où ils les trouvaient, mais que s'ils lui promettaient de ne point se joindre aux Anglais, il donnerait des ordres pour qu'il ne leur fût fait aucune insulte. Illes renvoya ensuite, après leur avoir fait distribuer les présens accoutumés.
Tandis que ceci se passait à Montréal, il arriva à Québec un rand corps de troupes, sous les ordres du général marquis de fonrcazM, du chevalier de Levi, brigadier, et du colonel de
BourLaMAQué. Le marquis de Montcalm monta de suite à
: Montréal, où était le gouverneur général, afin de se conserter
avec lui sur les opérations de la campagne. : Il approuva fort qu'on eût envoyé des troupes pour bloquer Oswewo, ou lui coupet la communication avec Albany; et après u roir donné lesordres qui lui parurent nécessaires, il se rendit à Frontenac, pour y attendre l’arrivée des troupes qui montaient de Québec, ainsi que des Canadiens et des sauvages qu’en assemblait à Montréal, En attendant, il fit bloquer l'embouchure de la rivière d'Oswego par deux vaisseaux armés, et envoya des partis de sauvages en différents endroits sur la route d’Albany, afin d’oter aux Anglais tout moyen de communication. Les troupes attendues arrivèrent enfin, et le 4 Août, M. de Montcalm se mit en marche avec la première division, et arriva le 6, à la baie de Niaouaré, où il fut joint, deux jours après, par la seconde division, avec Partillerie et les provisions. M. Ricaun De Vaupreun, gouverneur des Trois-Rivières, avait eu ordre de prendre les devans, avec un corps considérable de Canadiens : il arriva le 7 à trois lieues d'Oswego, et fut joint, le 10, par la première division. M. de Rigaud s’avança alors par les bois jusqu'à une demi-lieue des forts anglais, (car il y en avait deux à l’embouchure de la rivière), afin de favoriser le débarquement du principal corps d'armée. La première division arriva le 10 au soir,
AJ
et la seconde l’ayant jointe, le débarquement se fitle 12, à minuit,
208 Histoire du Cunada.
Le marquis ayant fait ses disposions, ouvrit d’abord la tran.
chée devant le fort Ontario. La garnison fit un feu soutenu, le 13, depuis la pointe du jour jusqu'à six heures du soir. Ses munisions se trouvant alors épuisées, elle encloua ses canons, et se retira au fort Oswego. Aussitôt que le général français se fut apperçu de ce mouvement, il envoya un gros détachement pour prendre possesion du fort abandonné. Plusieurs des canons qu'avaient laissés les Anglais s'étant trouvés en état de servir, on les dirigea contre l’autre fort. Le feu de ces canons joint à celui des batteries qu’on avait érigées, effectua bientôt une brèche considérable dans les murs du fort Oswego, et M. Mencen, le commandant, ayant été tué, la garnison demanda à capituler, à la condition d’être conduite à Montréal prisonnière de guerre ; ce qui lui fut accordé.
La perte des Anglais fut de cent cinquante hommes tués et blessés, et celle des Français de quarante. Le seul officier tué fut M. Descomses, ingénieur: le colonel Bourlamaque, et les capitaines ParmARoL et ParQuET, du régiment de la Sarre, furent du nombre des blessés. Outre les deux forts dont nous venons de parler, sept vhissenux de huit à dix-huit canons, deux cents bateaux,plusieurs pièces d’artilleriéet une grande quantité de provisions de bouche et d'effets militaires tombèrent entre les mains des Français. Les étandards pris aux Anglais furent suspendus, comme trophées, dans les églises de Québec, de Montréal et des Trois-Rivières. Les prisonniers, au nombre de douze cents, furent traités avec beaucoup d'humanité, à Mont. réal, d’après le témoignage de M. Smith lui-même, et échangés avant la fin de l’année, |
La victoire d’Oswego, ou de Chouaguen, ajouta beaucoup à la réputation que le marquis de Montcalm s'était déjà faite en Europe, et ne contribua pas peu à entretenir, à augmenter même le goût pour la pus ou pour parler plus juste, peutêtre, l’enthousiasme militaire des Canadiens. Ce général, après avoir démoli les forts dont il venait de se rendre maître, redescendit, avec ses troupes à Montréal, où il passa l'hiver.
Dans l’automne de la même année 1756, d’autres Acadiens de Miramichi, et ceux des environs du fort de Beauséjour, qui avait été attaqué et pris par les Anglais, arrivèrent à Québec, pour être plus en sureté, et dans l’espoir qu’on ne les laisserait manquer de rien de ce qui leur serait nécessaire. Ils étaient porteurs d’un mémoire, où parlant pour eux-mêmes et pour ceux de leurs compatriotes, qui étaient restés en Acadie, ils représentaient, en substance, au marquis de Vaudreuil, 4 qu’ils n'avaient pas été la cause de la reddition de Beauséjour, comme avait plu à M. de Vergor de le dire; que leur attachement à la France ne pouvait pas se mieux prouver que par le rejet
des of ctaien aient rom tectio ment perdr que le où ils Beaul des / était q les ra
lus ç eurs le re ses, € d’auti en ct Fran:
biens
la tran.
Dutenu, le soir. Ses À] canons, 1 français achement ieurs des en état de ES Canons a bientôt o, et M.
demanda isonnière
ès tués et ficier tué ue, et les Sarre, fu= lont nous ns, deux e quantité ent entre ais furent 1ébec, de | nombre à Mont.
échangés
aucoup à faite en igmenter te, peutal, après e, redes- Acadiens jour, qui Québec, laisserait étaient et pour le, ils re-
“ qu'ils comme chement le rejet
Histoire du Canada. 209
avantageuses que leur avaient faites les An ais ; qu'ils peter à : état! d'autant plus déplorable, qu'ils n'y voyaient pas de terme, si le gouverneur général ne venait pas romptement à leur secours, et ne les prenait pas sous sa protection ; que la cause de cet état déplorable était un attachement à la France, que les Anglais n’avaient jamais pu leur faire dre; qu'ils auraient cru se déshonorer en acquiesçant à ce ue les Anglais exigeaient d'eux, particulièrement dans un temps où ils étaient en guerre avec la France ; que les habitans de Beaubassin, des Mines et autres villa es, étaient ou ti pre des Anglais, ou dispersés dans les bois; que leur seul désir était de se venger de leurs persécuteurs et de redevenir,sous tous les rapports, les sujets d’un roi qui leur était devenu d autant lus cher, qu’il avait pris soin de les protéger et de pourvoir à eurs besoins en toutes occasions ; qe leur état de dénument et le refus constant qu’ils avaient fait d’obéir aux autorités anglaises, en ce qui dépassait leur condition de neutralité, parlaient d'autant plus hautement en leur faveur, qu’on savait que c'était en conséquence de leur attachement au gouvernement de France qu’ils avaient abandonné leur terre natale et les biens qu'ils y possédaient, pour venir s'établir, au nombre de trois mille, à Miramichi, Beauséjeur, &c. Ceux qui étaient restés à Miramichi priaient qu’il fût nommé une personne pour agir parmi eux comme surveillant, et faire une équitable répartition des vivres et des effets qui leur seraient euvoyés du Canada. Enfin tous demandaient à être regardés et traités com me l’étaient les autres sujets de sa majesté Très-Chrétienné en Hg A A] ., Mn | il méritaient bien qu’on eût égard à leur prière, et qu’on leur accordät leur demande. Si c’est bien mériter d’un gouvernement que de lui sacrifier volontairement ses intérêts rivés et.personnels, quels sujets méritèrent mieux de celui de rance que les bons et honnêtes Acadiens ? Sans doute, ce gouvernemnt eut toujours pour, eux de la bienvaillance, et leur donna même des preuves d’une sollicitude particulière; mais il n’en fut pas de même de ses employés dans ce pays; les Acadiens réfugiés éprouvaient assez souvent de leur part du dédain, de la dureté, et quelquefois même une espèce de spoliation, Une partie de ceux qui étaient venus à Québec, étaient porteurs de bons ou billets, qu'ils présentèrent à l'intandant, M. Bigot, qui ne voulait pas que la cour eût connaissance de la dépense, ouplutôt du gaspillage des deniers publics qui avait eu lieu, remit à payer ces bons, après qu'il aurait tiré les lettres de chan e pour l'année. Plutôt que de souffrir en attendant, ils s’adressèrent au secrétaire de l'intendant, qui ayant des liaisons avec le trésorier, et étant receveur de la taxe imposée aux habitans de Québec
210 Supplément Critique.
pour la construction de casernes, avait toujours beaucoup d’ar. gent à sa disposition, et il leur changen leurs billets, moyen. nant un escompte du tiers ou plus de leur valeur, Ces billets payés ensuite en plein par l'intendant à son secrétaire, procuré. rent à celui-ci un profit considérable,
(A CONTINUER
sé