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SUPPLEMENT CRITIQUE, CHAPITRE TROISIÈME

manière simple de détruire les Puces des Blés, &c. &e.

CoNTRAIRE aux doutes qu'a manifestés un correspondant de la “Bibliothèque Canadienne,” je crois qu’il est bien possible à la mouche hessoise de déposer dans l’épi, sur les grains de blé, et ce, malgré leurs envelopes naturelles, ses œufs qui produisent les insectes qu’on appelle puces, et qui causent tant de ravages, Je crois encore qu’il est aussi bien. possible à ces œufs de de. meurer intacts et dans un état productible, malgré les opérations de la cueille, du battage et du vanage, étant fortement attachés au grain par une substance glutineuse dont les entourre la mouche qui les produit. Mais il paraît que lorsque lé blé a été exposé à l’eau de la pluie, ou d'aûtre source, pendant ou après la récol. te,’ ces petits œufs, d’abord transparents et imperceptibles à l'œil naturel, deviennent opaques; et c’est même un fuit d’observation commune parmi nos cultivateurs attentifs aux événemens qui les intéressent, que le blé est souvent taché; et que lorsqu’il l’est considérablement, la crue qui en provient est ordinairement beaucoup mangée des puces. Un cultivateur de cette pe ayant ‘:é, l'hiver dernier, dans le hangar de notre curé, ui prédit que le blé de cette année serait mangé, parce que celui qui devait être employé à en faire la semence était taché.

Quelle que soit la cause ou la manière productive des puces, toujours, nous n’en ressentons que trop souvent les effets do: : mageables, r1 s’il est des moyens faciles et capables de les pic. venir et de le: empêcher d’avoir lieu, on ne doit pas négliger de les faire connaître ei d’en recommander partout l'emploi Or l'expérience a déjà prouvé que l’usage de la-chaux et de la cendre diminue, et même em che totalement les ravages de ces insectes injurieux qui, au mov: de ’humi!l'té et de ïa chaleur vivifiante du printemps, cc nmencent à prendre naissance avec la germination du blé. Quelques cultivat:urs nous ont fourni, cette

année, plusi Outre cet de deux an:

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Supplément Critique. 211

année, plusieurs exemples frappants de ce fait inconitestable,

Outre cette méthode, que j'ai recommandée, il y a déjà près de deux ans, de répandre la chaux et ln cendre sur la surface de la terre, quelques jours après lavoir ensemencée, avec intention de faciliter l'accroissement des grains et de détruire la vermine, un correspondant du ‘ Canadian Courant’ nous enseigne encore la suivante : “ trempez le blé de semence dans l’eau pendant douze-heures; étendez-le sur le pavé de la batterie, de manière à faire échapper l’eau surabondante; ensuite prenez de la chaux fraichement éteinte, et mêlez-la au blé en quantité sufisante pour que tous les grains en soient couverts, ayant soin de bien remuv: !: L'£ avec une pelle, de manière à ce qu'aucune parti: n'échappe au contact immédiat de la chaux qui, ainsi appliquée, létruira promptement les œufs, et par conséquent préservera les grains de la destruction. ”

Cette 1151h0de peut être préférable à la première; et outre le grand avantage de pouvoir détruire les œufs qui engendrent les puces des blés, et autre vermine, comme l’autre, elle a encore celui, par la présence plus immédiate et l'adhésion de la chaux sur ce grain, de contribuer beaucoup à son accroissement, par la nourriture dont elle lui facilite l'approche, l'absorption et l'assimilation, de quatre manières différentes. Mais avant de procéder à leur énumération, pour agir d’une manière un peu scientifique, je dois poser ici quelques principes fondamentaux pour nous guider plus sûrement dans notre entreprise.

Il faut donc se rappeller d'ubord que les alkalis de la chaux et de la cendre, &c. ont une grande affinité chimique pour quelques unes des substances élémentaires, le carbone, le sou: fre, le He qe l'oxygène, l'hydrogène, &c. &c. dont sont coms posés, en plus ou moins grande partie, tous les êtres animés; qu'au moyen de cette affinité, les corps organiques avec lesquels les alkalis sont mis en contact sont décomposés, détruits et convertis en différents gaz, acides, sels, &c. &c. qui, dans l’occasion et dans des proportions bien conditionnées, servent de nourriture aux plantes contingentes ; et qu’outre ces substances élémentaires nutritive:, provenant de la décomposition des corps crganiqu +, et dont se nourrissent essentiellement les plantes, mais qui sont absolument étrangères à la terre, qui ne les pos: sède que par endroits, d‘une manière accessoire et très irrégulière, étant l’effet de l’art, ou de l’accident, ou l'opération naturelle de certaines lois physiques, les alkalis ont encore la grande propriété d'attirer l’eau imprégnée de ces principes nécessaires à la végétation, et de la tenir en contiguité avec les parties altérantes des plantes végétantes.

Or, 1°, la chaux contient un alkali, et dans le cas actuel, elle décompose les œufs des puces en question, et, par le dé-

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gagement des différents principes nutritifs qu’elle en occasionne a l'aide de l’humidité et de la chaleur solaire, &c. elle les rend, pour autant contribuables à la nourriture du blé dans son ac. croissement.

2°, La chaux ainsi adhérente au blé, ou dans la sphère de sa résidence dans la terre, attire à elle, surtout pendant la sai. son fraiche de la nuit, et absorbe de l’atmosphète, au moyen de l’alkali qu’elle contient, non-seulement l’eau, mais encore les diverses matières carbonées qui, à l’aide de l'humidité, sont portées au besoin des plantes, comme autant d’ingrédiens né. cessaires à leur accroissement.

3°. Comme on l’a déjà observé dans le chapitre précédent, la chaux, par sa qualité alkaline, agit encore comme un stimulant puissant sur le: organes assimilateurs des plantes, ce qui les incite à absorber, avec plus d’aise et d’avidité, et à assimiler plus promptement les divers principes nutritifs qu’elle attire en contiguité avec leurs parties altérantes.

4°, Comme Île principe alkalin entre dans la nourriture qui est essentielle aux plantes, la chaux qui en contient peut y contri. buer encore en quelque degré, ce qui peut faciliter beaucoup l'accroissement du grain soumis au chaulage. Mais, considérant cette proposition comme étant bien fondée, la bonne cendre doit être, dans le cas actuel, encore bien meilleure, vu qu’elle possède par rapport aux plantes, toutes les qualités de la chaux, et qu’elle leur est bien plus naturelle, lalkali qu’elle contient, le

otassium (ou la potasse) en étant extrait par le procédé de la

ixiviation, Cette méthode de chauler le grain, ou, ce qui peut opérer les mèmes effets, de répandre de la chaux ou de la cendre sur la surface de lu terre, quelques jours après l’avoir ensemencée, est donc excellente, et ne saurait être trop recommandée à l'attention particulière de nos cultivateurs canadiens, qui peu. vent, avec peu de coutement et de peine, et ce sans aucun risque, la mettre généralement en pratique. Diverses expériences, surtout de l’année dernière, ont prouvé l’égale efficacité de ces deux méthodes peu différentes ; et l'exemple que nous a fourni Mr. Parrenais, de St. Paul, et un cultivateur de Longueil, ne nous permet pas d’entretenir, en cette occasion, aucun doute fondé. Une preuve saillante, du grand avantage de chauler le blé, se manifeste dans la citation suivante: “On prit du blé qu’on supposait être attaqué des puces ; on opéra sur la moitié avec de la chaux, et on sema aussi l’autre moitié sur le même terrain, par planches alternatives ; le résultat fut que le grain qui avait subi le chaulage vint à maturité et rapporta beaucoup, pendant que les planches où on avait semé le blé sans préparation furent presque totalement détruites | ”

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Supplément Critique. ARR 213 encore le grand avantage qu’en reçoit le blé, par la chaleur adi. tionelle à la vigueur qu’elles lui communiquent, et quien accéjérent la végétation, de manière à le inettre en état de résister plus aisément aux ravages imprévus des inconstances et des ri-

ueurs du temps d’une saison plus éloignée ; ce qui n’est pas un objet d’une petite considération.

Mais si l’on doit se garder de l'effet destructeur des puces et autres insectes, on ne doit guère moins se préserver des nuisances des mauvaises herbes, Or outre les moyens déjà indiqués dans le système de Mr. Guillet et dans ce supplément, celui de laver le blé de semence dans une solution de selcommun, (muriste de soude ) me paraît très recommandable, parce que, par rapport aux œufs des puces au moins, le sel pourrait produire le mème effet que la chaux, et permettrait aux graines étrangères et au blé improductible de flotter sur la surface de la solution saline qui, étant plus pesante que l’eau ordinaire, ne saurait être déplacée par les graines plus légères des herbes, ni par les grains de blé tari.—Par cette méthode, qui n'empêche pas la pratique d'un chaulage plus doux, on a le grand avantage de se procurer une semence du blé le plus net et le plus pur; et comme, quelque. simple qu’elle soit en apparence, elle est fondée sur, des principes strictement philosophiques, je crois qu’on ne saurait trop en recommander, à nos cultivateurs canadiens, la mise en ge, qui leur est facile à tous. : ,

e ne saurais terminer ce chapitre sans témoigner le regret que j'éprouve de n'avoir pu donner à ce supplément tout le degré d'attention que demandait de moi l’importance des matières qui en font le sujet. Une faible santé, les occupations domestiques et de ma profession, et la courte période qui me restait pour l'écrire en temps convenable, ne m’ont pas laissé le loisir de lo faire de la meilleure manière. Cependant, j’ose me flatter que, sous le rapport de la pratique, les deux derniers chapitres au moins serontjugés propres à accompagner l’excellent traité de Mr. Guillet ; et que si on ne loue pas mon travail, on ne saurait du moins blâmer le désir que j'ai d’être utile à mes compatriotes, et de contribuer en quelque manière à leur avancement dans la pratique des arts de leur ressort; et l’agriculture étant le premier, comme aussi le plus nécessaire, le moindre effort contributif vers sa perfection ne doit pas être compté pour peu de chose. — C'est le désir d’être utile aux miens, irrésistible à celui qui écoute les doux sentiments de la nature, qui m'a fuit revenir des Etats-Unis, où, sprès avoir été gradué an médecine, quelques circonstances favorables m’offraient une perspective aisée, et me permettaient de m'’établir d’une manière avantageuse. Sincérement intéressé au sort de mes compatriotes, si

- Towg IX. No. XI. sl

214 Culture du Tabac.

après une série de mauvaises années et de troubles politiques, ils es énfin à un état plus heureux, je mé réjouirai cordin. ement avec eux de les y voir prospérer ; maïs si, au contraire, le destih continuant de s'opposer à leur bonheur, vent les laisser demeurer sous l'influence du systèmé affligeant dé ‘wrn im out ” et de la gène oppressive où l’on veut nous maintenir, toujours fidèle à ma patrie adoptive et à son gouvernemeut, sans cz . pendafit le confondre avec les abus qui peuvent s'y glisser, je mme trouverci encore heureux de pouvoir, en gémissant, allégir le fardeau; et porter avéc eux, le joïg ignoblé que quelques étrangers arbitraires s'efforcent, déja depuis long-temps, de nos impossèr & tous. |

CT Ce ET CULTURE DU TABAC:

Dans LA VIRGINIE.

Le meilleur tabac de la Virgine se recueille sur une langue de terre qui s’avanice entre la rivière d’York et celle de James, Les Virginiens ont porté la préparation de cette denrée à une telle perfection, que le tabac qu’ils débitent. passe pour le meilleur du monde. Il's’en fait un commerce si prodigieux, que }a plupart ge maisons dela Virginie sont toujours accompagnées de grands maguzins bâtis en bois, avec un grand nombre d’ouvertures, qui donnent passagé à l’air sans en donner à la pluie,

Le débit de cette précieuse denrée se pratique d’une manière remarquable, Tout planteur (cultivateur) detabac, qui destine sa récolte à l'exportation, la met en boucauts (tonneaux,) et l'envoie ainsi en magazin, La, le tabac est ôté de sa barrique, que l’on défonce, et est sondé dans tous les sens, pour connaitre sa qualité, sa netteté, et on le rejette comme non exportable, si on y appercçoit quelque défaut ; dans le cas contraire, il est admis a l'exportation. Alors on le remet dans sa barrique,

ue l’on marque avec un fer rouge du nom du lieu de linspection, et l’on désigne sa qualité ; puis il est mis dans les magazins de l’inspection, à la disposition du planteur, qui recoit un certificat de la valeur, eten même temps constatant le dépôt. C'est en vendant ce papier au néxociant que le planteur vend son tabac. Celui-là le connait par le billet d'inspection, comme s’il l’avait inspecté lui-même ; il envoie seulement son billet et le transfert au magazin où est le tabac, où il est délivré pour son compte.

Le culture du tabac, en Virgine, est difficile, et ses produits ne sont pas toujours certains. Îl se sème dans le mois de mars, dans un terrain gras et un peu humide. Avant le temps de la

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