‹ La Bibliothèque canadienne [microforme]Chapitre 80 sur 177 · ELLE · texte numérisé non relu

ELLE

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Plan d'un Conseil Légistatif. 215

| gmence, leterrain est couvert de petites branches d'arbres, que l'on y brûle pour détruire les herbes et les ‘racines qui puur-

mient nuire à la croissance de la plante, et aussi pour fécander la terre par leurs cendres, Le tabac est semé par couches et fort épais dans un coin du cham P le plus à l'abri de est possible. Cette semence est couverte de branches, dans la crainte que le froid ne nuise à son dévelopement, et n’empêche la plante de pousser. Quand elle a trois à quatre pouces de haut, elle est transplantée dans le champ, qu’on a bien ameubli et travaillé en butte ; un nègre, du coup’ du dos de la bêche, applatit le haut de la butte, et un pied de tabac est planté sur chacune d'elles, distantes l’une de l’autre de quatre pieds en tout sens. On tient constamment le terrain propre ; on épluche la plante, et on lui arrache les feuilles, que l'on juge pouvoir nuire à sa parfaite croissance, en commençant toujours par celles qui sont le plus rès de terre, et que l'humidité pourrait affecter. On en butte fi tie, on en brise la tête avec l’ongle, pour l'empêcher de s'élever trop haut ; on coupe tous les rejetons qui poussent sous les aisselles des feuilles ; on arrache successivement toutes les feuilles, n’en laissant jamais plus de huit à neuf. Enfin, quand la plante est jugée müre, ce qui a lieu dans le mois d’Août, elle est coupée et laissée plusieurs jours à sécher dans le champ, puis emportée dans des greniers: chacune d'elles y est séparément suspendue par la parti einférieure. Là les feuilles prennent par la dessication, un dernier degré de maturité, mais ne le prennent pas également; car cette dessication, qui a lieu au bout de deux jours pour quelques unes, dure plusieurs semaines pour quelques autres. À mesure que les feuilles sont séchées, elles sont arrachées de la tige, et arrangées les unes sur les autres en petits paquets. Les feuilles les plus parfaites doivent être mises ensemble ; les feuilles de qualité inférieure doivent encore être séparées en classes différentes; les petits paquets de feuilles liées par leurs queues, sont mis ensuite sous la presse, puis éntassés

de force dans les boucauts.

( Beautés de l'Eistoire des Etats-Unis.)

—— PLAN D'UN CONSEIL LEGISLATIF Pour Le Bas-CANADA.

Mon plan serait, que le roi, en vertn de sa prérogative constitutionnelle, accordât à un certain nombre de propriétaires fon-

ciers du Bas-Canada, des titres héréditaires de distinction à certaines sonditions. Les titres seraient, comme de raison, au

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choix de sa majesté ; mais il serait désirable qu'ils fussent les mêmes pour tous, et que. les titulaires fussent égaux en rang ; le titre de baron me paraît le plus convenable, attendu que now avons déja deux baronnies titulaires dans le. pays, et qu'il est de soi, et dans l'origine, le mème que celui de seigneur du ma. noir, Les conditions seraient, premièrement, qu'ils. possédas. sent des biens-fonds rapportant franc et net un revenu annuel de £500 à £600, par exemple, et qu'ils substituassent ces biens de la manière autorisée par les lois françaises, c’est-à-dire par une substitution fidei-commissaire, qui paraît être la plus convena. ble au cas, et qui assure la propriété pour trois générations, Leur nombre devrait être proportionué à celui des grandes sei. gneuries et des grandes propriétés dans les fownskips, de cent soixante, par exemple, Ces cent soixante barons se réuniraient en assemblée électorale, et éliraient trente d’entr'eux pour siéger à vie au Conseil Législatif, et a la mort d’un de ces mem. bres, ils en éliraient un autre. Ajoutant douze membres à nommer à vie par la çouypnne, comme ils le sont à présent, et le grand juge de la province et les deux évèques ex 9ficio, le nombre des conseillers serait de quarante cinq : ce nombre pourrait être aug. menté par la suite, si on le jugeat nécessaire; mais il parait être proportionné au nombre des membres qu’il y aura dans la chambre d'Assemblée, quand le nouvel açte Sera en pleine opération, ci se trouvent combinés les trois systèmes de conseil. lers héréditaires, elus et nommés. $i la proportion est cells qui conyiendrait, c’est ce que prouveraient le temps et l’expérience, la pierre de touche de toutes les institutions. Les trente membres ainsi élus à vie pour le Conseil, ne pourraient pas, naturellement, être élus membres de l’Assemblée ; il ne devrait pus * 2on plus leur étre permis de voter pour le choix de: représen-

tans ; mais je ne vois pas pourquoi les autres barons ne seraient pas éligibles pour l’Assemblée, et ne pourraient pas voter pour le choix de ‘inembres pour cette chambre, aussi bien que les fils des trente barons conseillers, s’ils étaient d’ailleurs qualifiés, de la même manière que les fils des lords en Angleterre, et les pairs irlandais, avant l'union, pouvaient être élus membres de la chambre des communes, NN

Un changement aussi essentiel dansle Conseil Législatif, et conséquemment dans la Constitution du Bas-Canada, ne pourraient pas être effectué par l'autorité du roi seule, ni même par celle du parlement impérial, sans le consentement de notre parlement provincial ; et l’on ne pourrait pas même le proposer ici sans enfreindre la prérogative royale ; ear d’abord, le roi est autcrisé par l’acte constitutionnel à annéxer à un titre héréditaire quelconque, qu’il peut conférer dans la province, le droit d’être appellé au Conseil Législatif, mais non pas à accorder le pouvoir

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Courage Extraordinaire. 217

d'élire des conseillers ; et en second | lieu, il n'appartient qu’au roi, par l’acte constitutionnel, de déterminer comment le Conseil Légistatif sera composé. Néanmoins, la chose pourrait prendre son origine ici, au moyen d’une adresse au gouverneur, le priant' de représenter à sa majesté les vœux et les recommandations de la Législature de la province, sur ce sujet. ‘ Mais que ferait-on du présent Conseil Législatif? La question n’est pas difficile à résoudre. Les conseillers sont nommés à vie; et il y en a onze qui possèdent de grandes seigneuries, ou autres propriétés foncières :’ ces messieurs pourraient être nommés barons et conserver leurs places, maintenant à vie; au nombre des dix restant, (sans compter le juge en chef, l’évêque, ét tout naturellement, les trois qui sont morts dernièrement, ) il en aurait deux à ajouter par la nomination de la couronne : et ilresterait à en élire dix-neuf d’entre les grands propriétaires titrés. : Il:est aisé de voir qu’un Conseil ainsi constitué, deviendrait dans l’espace de quelques années, bien différent de celui que nous avons présentement. | Caro.

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