LA PECHE DU LOUP-MARIN
Les pêcheries ne les tentaient guère plus. (les Canadiens} . que les manufactures. La seule qui fût un objet d’exportation était celle du Joup-marin. Cet animal a été rangé parmi le poissons, quoiqu'il ne soit pas muet, et que né constamment à terre, il y vive plus communément que dans l'eaù. $a approche un peu de celle du dogue; il a ‘quatre pattes fort courtes, surtout celles de derrière, qui lui servent plutôt à ram- | per qu'à marcher. Aussi sont-elles en forme de nageoire,
tandis que celles de devant ont des ongles. Il a la peau dure, D ctcouverte d’ur. poil ras. Ïl nait blanc; mais il devient roux. ou noir en croissant. Quelquefois, ilréunit les trois couleurs.
On distingue deux. sortes de Jloup-marin. Ceux de la plus grosse espèce pèsent jusqu’à deux . mille livres, .et semblent avoir le nez plus pointu que les autres. Les plus petits, dont la peau est communément tigrée,: Eh re ‘vifs, plus. adroits
àse tirer des pièges qu'on leur tend. Les sauvages les appri-
, - Île voisent jusqu’a s’en faire suivre.
mais j C'est sur les rochers, et quelquefois sur la glace, que les able, uns et les autres s’accouplent, et que les mères font leurs pe- FZ tits! Leur portée ordinaire est de deux ; elles les alaitent sou sper« vent dans l’eau, mais souvent à terre. Quand ellés veulent us de les accoutumer à nager, elles les portent, dit-on, sur le dos, : rues les laissent aller de temps en temps dans l’eau, puis les reprenprès, nent, et continuent ce manège jusqu’à ce qu'ils soient en état lan de braver seuls les flots. La plupart des petits oiseaux voltifait , gent de branche en branche avant de volér dans l'air: l'aigl Il porte.ses aiglons pour les accoutumer à défier les vents; est-il ieds, surprenant que le loup-marin, né sur la terre, exerce. ses ttes, | petits à vivre dans l’eau ? as On ne pêche cet amphibie' qu’à Labrado+. Les Canadiens r Sè< se rendent à cette glaciale et presque inhuabitable côte, vers le aux ! milieu d'octobre, et y séjournent jusqu’au commencement dé: ja= juin. C’est entre le continent et quelques petites îles peu éloilocs gnées, qu’ils tendent leurs filets. Les loups-marins qui vienjure nent ordinairement de l'Est, eten grandes bandes, pealent | passer ces espèces de détroits, et s’y trouvent pris. ‘Portés à ards terre, ils y restent gelés jusqu'au mois de mai.’ Alors on leg
fe" s + ms sut ET PT 256 : Lumière perpéttelle. |
jette dans une chaudière ardente, d’où leur graisse coule derÿ ‘yn autre vase, où elle se refroidit. Sept ou huit de ces animaux onnent une barrique d'huile Fa . La peau des loups-marins servit originairement à faire dei mManchons. On l’employa depuis à couvrir des meubles, à faire des souliers et des bottines. Lorsqu'elle est bien tannée, el], a presque le même grain quede maroquin, . Si d’une part, elle ss moins fine, de l’autre, elle conserve plus longtems sa frai. L 17 LORS RP LCA RE NE PE ER +. " : On-convient généralement que la chaïr du loup-marin n’est as mauvaise; mais on gagne davantage à la réduire en huile. Elle est longtems claire: elle n’a point d’odeur ; élle ne laisse point de lie ; elle sert & brulér, ou bien à préparer des cuirs. Le Cariadä envoyait annuellement à la pêche du loup-matin einq ou six petits bâtimens, et en retirait pour le commercs
environ 250,000 livres d’huile. RayNat.