‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme] (volume 2)Chapitre 57 sur 81 · LIENS · texte numérisé non relu

LIENS

128 Histoire du Canada.

tions de grâces. Les religieuses, de leur côté, ainsi que leur gé. néreuse conductrice, voulürent, dans’le'premièr transport de leur joie, baiser cette terre, après laquelle elles avaient soupiré si longtems; qu'elles se promettaient bien d‘arroser de leurs sueurs, et. qu’elles s‘attendaient même peut-être à teindre un jour dé leur sang. À la vue des cabanes sauvages où on les mena le lendemain de leur arrivée, elles se trouvèrent saisies d‘un nouveau transport de joie: la pauvreté et la malpropreté qui y règnaient, loin de ralentir leur zèle, ne le rendirent que ni ardent, et elles témoi. Hs uné grande impatience de commencer l'exercice de leurs onctions.

Madame de la Peltrie poussa son zele et sa charité jusqu'à se dépouiller du peu qu’elle s'était réservé pour son usage, à se réduire à manquer du nécessaire, et même à cultiver la terre de ses pre mains, pour avoir de quoi soulager et vêtir les néophites et

es enfans pauvres qu‘on lui présentait. Ce zèle peut paraître bien excessif, et même peu éclairé, puisqu'en se réservant un revenu même modique, elle se füt trouvée en état de subvenir aux besoins des indigens bien plus efficacement qu’elle ne le pouvait faire

ar le travail de ses mains, et surtout par la culture de la terre.—

fais l'intention était exceilente, et nous ne devons pas lui en à- |

voir moins de reconnaissance, ni en priser moins sa bonne œuvre, dont le fruit s’est perpétué jusqu’à présent au grand avantage du Pay.

Après les visites dont on vient de parler, les religieuses des deux instituts se séparèrent pour s’aller renfermer chacune dans leurs cloîtres, les ursulines à Quebec, et les hospitalières à Sylleri, où le nombre des sauvages croissait de jour en jour, et où elles étaient à portée de recevoir les malades de la ville et de la campagne.

Pendant que la colonie recevait ces secours spirituels, la Compagnie des cent associés demeurait dans une inaction incompréhensible. La guerre recommencçait plus vivement que jamais entre les Iroquois et les Hurons; ces derniers n’avaient pas encore perdu leur ancienne bravoure; mais leurs ennemis l’emportaient et par le nombre et par l’art, et avaient le plus souvent le dessus. Vers 1640, les Iroquois étant tombés inopinément sur une tribu éloignée, y firent un massacre épouvantable, et contraignirent ceux qui eurent le bonheur d'échapper, à chercher une retraite ailleurs. Ils la trouvèrent chez les Hurons, qui n’eurent pas plutôt appris leur disgrâce, qu'ils: envoyèrent audevant d’eux avec des rafraichissemens, et les recueillirent avec une affection qui aurait fait honneur à des peuples chrétiens et civilisés. Quelque tems après, trois cents guerriers hurons et algonquins s'étant mis en campagne, une petite troupe d’avanturiers prit les devants et rencontra un parti de cent Iroquois: ceux-ci chargèrent cette troupe; mais malgré l'inégalité du nombre, ils ne purent lui prendre

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Histoire du Canada. 129

éraignant, s’ils allaient plus loin, d’avoir affaire à trop forte partie, ils songeaient à seretirer, quand leur prisonnier s‘avisa de leur dire que la troupe dont lui et ses camarades avaient été détachés était beaucoup plus faible qu'eux. Sur sa parole, ils se déterminèrent à attendre l'ennemi dans un lieu où ce même captif les assura qu‘il devait passer: la seule précaution qu’ils prirent fut d’y faire une espèce de retranchement, pour se garantir d’une surprise. Les Hurons et les Algonquins parurent bientôt, et les Iroquois au désespoir de s’être laissé duper, s’en vengèrent d’une manière terrible sur celui qui les avait engagés dans ce mauvais pas. La plupart furent ensuite d'avis qu’il fallait tâcher de se sauver; mais un brave, élevant la voix, s’écria: ‘ Mes frères, si nous avons envie de commettre une telle lächeté, attendons du moins que le soseil soit sous lhorison, afin qu'il ne la voie, pas”. Ce peu de mots eut son effet; la résolution fut prise de combattre jusqu'au dernier soupir; et elle fut exécutée avec toute la valeur que peuvent inspirer le dépit et la crainte de se déshonorer, en fuyant devant des ennemis si souvent défaits; mais ils avaient affaire à des gens qui les égalaient en courage, et qui étaient trois contre un.—

e retranchement fut forcé; une vingtaine d’Iroquois demeurèrent sur la place, et les autres furent désarmés et emmenés prisonniers.

Si ka Grèce eût été le théâtre d’une action semblable, dit l’auteur des Beautés de l Histoire du Canada, le prisonnier qui se sacrifie à la gloire de son pays; l’homme éloquent qui arrête, par deux ou trois paroles, ses compagnons prèts à füir; lés braves qui se défendent contre des troupes quatre fois plus fortes, eussent éte immortalisés par tous les arts, et consacrés comme des héros demi-dieux.

Cependant les alliés ne profitèrent point de l'avantage qu'ils venaient de remporter, ce qui vint de ce qu’ils n’agirent pas de concert. De leur côté, les Iroquois plus animés que jamais par l’échec qu’ils avaient reçu,. se promirent d’en tirer une vengeance éclatante; mais pour ne pas s’attirer en même tems sur les bras trop de forces réunies, ils mirent touten usage pour faire prendre aux Hurons et autres de l’ombrage des Français. Ils firent partir trois cents des leurs, qu'ils divisèrent en plusieurs troupes, et tous les sauvages qui tombèrent entre leurs mains furent traités avec toute l’inhumanité ordinaire à ces barbares; tandis que quelques Français qui furent pris par eux, aux environs des Trois-Rivières, ne reçurent aucun mal.

Quelque tems après, plusieurs partis d’Iroquois parurent aux environs du même fort; ils y tinrent plusieurs mois en échec toutes les habitations françaises; puis, lorsqu'on s‘y attendait le moins, Îls offrirent de faire la paix avec les Français, mais à condition

ue leurs alliés n‘y seraient pas compris. Cette proposition fut faite à M. de CnamrrLours, qui avait succédé, depuis peu, au.

130 Histoire du Canada.

Chevalier Delisle dans le gouvernement des Trois-Rivières, et ce fut un prisonnier, nommé Ne qui lui en porta la parole, Cet homme ajouta que lui-même et les compagnons de sa captivité n‘avaient qu’à se louer du traitement qu’ils avaient reçu des Iroquois, mais qu'il ne croyait pourtant pas qu'il y eût trop de sureté à traiter avec eux.

L'avis était sage, maïs on n‘était point en état de faire la guerre; ainsi on crut devoir entrer en négociation, en se tenant néanmoins sur ses gardes. Le Ch:‘alier de Montmagny, que M. de Champflours avait fait avertir de ce qui se passait, monta jus-

w’aux Trois-Rivières, dans une barque bien armée, et envoya

e là aux Iroquois, le sieur ‘Nicocer et le P. RAGUENEAU pour leur redemander les prisonniers français qu’ils retenaient, et savoir leurs dispositions touchant la paix. Ces députés furent bien reçus: on les fit asseoir en qualité de médiateurs, sur un bouclier; on leur amena ensuite les captifs liés, mais légèrement, et aussitôt un chef de guerre fit une harangue fort étudiée, dans laquelle il s‘efforça de persuader que sa nation n‘avait rien tant à cœur que de vivre en bonne intelligence avec les Français.

Au milieu de son discours, il s‘approcha des prisonniers, les délia, et jetta leurs liens pardessus la palissade, en disani: 4 Que la rivière les emporte si loin qu’il n’en soit plus parlé”. Il présenta en même tems un collier aux deux députés, et les pria de le recevoir comme un gage de la liberté qu“l rendait aux enfans d'OxonTHi0.* Puis prenant deux paquets de castors, il les mit aux pieds des captifs, et ajouta qu‘il n’était pas raisonnable de les renvoyer tout nus, et qu’il leur donnait de quoi se faire des robes. Il reprit ensuite son discours, et dit que tous les Cantons iroquois désiraient ardemment une paix durable avec les Français, et qu'il suppliait en leur nom Ononthio de cacher sous ses habits les haches des Algonquins et des Hurons, tandis qu‘on négocierait ce paix, assurant que de leur part, il ne serait fait aucune hos-

Il parlair .«ncore quand deux canots d‘Algonquins ayant paru

: à la vue de l'endroit où se tenait le conseil, les Iroquois leur don-

nèrent la chasse. Les Algonquins qui ne voyaient nulle apparence de résister à tant de monde, prirent le parti de se jetter dans l‘eau, et de s'enfuir à la nage, abondonnant leurs canots, qui furent pillés sous les yeux du gouverneur-général. Un procédé aussi indigne montra le peu de fond qu’il y avait à faire sur la parole de ces barbares, et la négociation ft rompue sur le

“champ. Les Iroquois n‘ayant plus de voiles pour cacher leur

* Ononthio, en langue huranne et iroquoise vent dire Grande Montagne, et c'est ainsi qu'on leur avait dit que se nommait M. de Montmagny. Depuis ce tems, ces sauvages, et à leur exemple, tous les autres, ont appellé Ononihio le gouverneur- Général du Canada, et ont donué aux Roi le 10m de Grand Ononthio.

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Histoire du Canada. 181

“berfidie, levèrent entièrement le masque, et parlèrent avec beau-

coup d’insolence. M. de Montmagny voulait en tirer raison, mais ils lui échappèrent au moment qu’il croyait les tenir; et pour surcroit de chagrin, il apprit presque en même tems que quantité de canots hurons qui descendaient à Québec chargés de pelleteries, <taient tombés entre leurs mains.

C'était sans doute une situation bien triste que celle où se trouvait le gouverneur-général de la Nouvelle-France, exposé tous les jours à recevoir de pareils affronts, faute d’avoir assez de troupes pour tenir seulement en équilibre Ïa balance entre deux partis de sauvages, qui tous ensemble n'auraient pas pu tenir contre quatre ou cinq mille Français. Mais la Compagnie des cent associés ne revenait point de son assoupissement, et la colonie française diminrrit de jour en jour en nombre et en force, au lieu d'augmenter, comme elle aurait dù faire. |

Avant de passer plus loin, disons encore un mot des missions, objet principal alors pour une grande partie des Français qui demeuraient en Canada, ou qui y.avaient des ralations. Pendant

ue les PP. de Brébeuf, Jérome LALLEMANT, frère du P. Charles Tellement, dont-il a déjà été parlé, et autres, faisaient tous les efforts possibles pour couvertir au christianisme, les Hurons, les Algonquins et ies Outaouais, les. P. Charles Tunsis, Julien PEr- RAUL1, et Martin LioNNes, travaillaient dans le mème but, mais avec encore moins de succès, chez les tribus sauvages des envi-. rons du golfe de St. Laurent, désignées alors sous le nom général de Gaspésiens,. à cause de In baie de Gaspé, où la plupart des vaisseaux qui fréquentaient ces parages venaient jetter l’ancre.— Ces sauvages étaient les mêmes que ceux de l’Acadie, dont-il a déjà été parlé: ils étaient doux, intelligents et dociles; mais ils changeaient si souvent de demeure, qu’il était comme imposible aux missiornaires de les instruire des dogmes et des préceptes de la religion chrétienne.

Îl y avait aussi une mission à T'adoussse, lieu plus fréquenté qu aucun autre, depuis longtenis, par les Montagnais, les Papinachois, comme Charlevoix les appelle, ies Bersiamites, ou Betsiamites, et la tribu du Porc-épic. Ils arrivaient quelquefois tous ensemble, et quelquefois les uns après les autres; mais, à l’exception d’un petit nombre, aubsitôt la traite finie, ils s’en retournaient chez eux, ou plutôt ils se dispersaient dans les montagnes et les forêts. Plus tard, les jésuites. furent audevant de ces sauvages, jusqu’à Chicoutimy, sur le Saguenay, où ils eurent un établissement considérable et en très bon état,

Aur Trois-Rivières, outre ls Algonquins qui y étaient d’ordinaire en assez grand nombre, plusieurs tribus des. quartiers les

lus reculés vers le nord comm 2nçaient à se montrer, et prenaient

‘habitude d’y passer toute la belle saison. Ces sauvages, et surtout les Aikamègues étaient très dociles, et s'étaient pris d’une

Histoire du Canada.

ande affection pour les Français, de même que ceux de l‘Aca-

ie; mais comme ils s’en retournaient dans leur pays, aux approches de l‘hiver, les missionnaires r2 parvenaient que difficilement à les instruire assez pour en faire des néophytes.

Nous arrivons enfin à une époque remarquable de l’histoire dy Canada, celle de la fondation de in ville, et de l'établissement de l’île de Montréal. Fe

M. de Champiain avait d’abord! compris de quelle importance il serait, pour la sureté de ja colonie française du Canada, doc. cuper et de fortifier lle de Montréal; et il avait conçu le dessein d’y commencer lui-même un établissement: plusieurs des missionnaires jésuites avaient été du même avis, suivant Charlevoix; mais la Compagnie de la Nouvelle France r'entra point dans leurs vues; et il fallut que ce fussent encore des particuliers qui se chargeassent de l’exéention de ce proïet; mais plutôt daus des

vues de religion et de piété, que par des motifs d'intérêt ou de

politique. Des personnes puissantes, tant ecclésiastiques que Jaïcs, mais tous aiunés d’une dévotion ei d’un zèle religieux pe communs, même dans «2 tems-l1, s’associèrent sous le nom de Compagnie de Moniréai, # pour le soutien de la religion catholique en Canada, et ia conversion des sauvages”. Suivant le plan de cette nouvelle Coinpagnie, il devait y avoir dans l’île de Montréai, une ville, ou plutôt une bourgade française bien fortifiée et à l'abri de toute insulte; les pauvres devaient y être recus et mis en état de subsister de leur travail; l'on projettait de faire occuper le reste de l’île par des sauvages, de quelque nation ou tribu que ce fût, pourvu qu’ils fussent chrétiens, ou voulussent le devenir; et l’on était d'autant plus persuadé qu’ils y viendraient en grand nombre; qu’ils pourraient se promettre d’y trouver des secours prompts dans leurs maladies et contre la disette, On prone même, comme à Sylleri, de les policer avec le tems, et de es accoutumer à ne plus vivre que du travail de leurs mains. Le nombre de ceux qui entraient dans cette nouvelle’ association était de trente-cinq: * c’était beancoup trop, dit l‘historien, pour qu’elle agît longtems de concert; néanmoins continue-t-il, elle commença de manière à donner lieu d’en bien augurer.— Dès cette année 1640, en vertu de la concession que le Roï venait de lui faire de l’île, elle en fit prendre possession, à l‘issue d’une

*#, Peut-être ne sera-t-on pas fâché de voir ici les noms des principaux: e’étaient, parmi les ecclésiastiques, MM. J, J. Ollier, fondateur et premier superieur du Séminaire de St. Sulpicé; A. le Ragois de Bretonvilliers, Gabriel de Quélus, Nicholas Barreau et P. D, Le Prètre, prêtres du même Séminaire ; parmi les laïcs, MM, J: Leroyer de la Dauversière, qui fut le premier moteur et comme l’agent général de la Compagnie, P. Chevrier de Fancamp, Le prêtre de Fleury, M. Royer Duplissis de Liancour, J, Girard de Callières, Bertrand Drouart, H. L. Habert de Montmort, C. Duplessis de Montbart, A. Barillon de Morangis, Jean Galibal, L. Seguier de St. Firmin, Daillibout de Coulonges, Paul Chaumeday de Maison-Neuve ; &t Madame la Duchesse de Bullion représentée par Mademoiselle Jeanne Mans:

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Maison-Neuve ; Jeanne Manss:

Histoire du Canada, 158

messe solennelle qui fut célébrée sous une tonte, L'année suivante, Paul CHAUMEDAY, ou CHomgpey, sieur de Maïson- NéUvE, eme plusieurs familles de France avec Mademoiselle MaxsE qui était destinée à prendre soin des personnes de son sexe. Arrivé à Québec à la fin de Septembre 1741, quoiuwil fût parti de la Rochelle au mois de Juin, M, de Maison- Neuve jugca que la saison était trop avancée pour entreprendre de mouier de suite à Montréal, où il n'y avait pas encore d’habitation, et prit le parti de passer l'hiver à Québec avec sa troupe, so conte 1 ant d'envoyer quelques défricheurs dans lle, pour y abattre quelques arbres pendant l'hiver, et y préparer une place de débarquement pour le printems suivant, Ce débarquement se fitle 17 Mai 1642, à l'embouchure da la petite rivière, sur la pointe qui a été nommée depuis Pointe à CaïriEnes, du nom d’un de: gouverneurs de Montréal, en présence du supérieur général des jésuites et de M. de Montmagny, qui avait bien voulu accompagner M. de Muison-Neuve, quoiqu'il se fût montré d’abord opposé à l'établissement de Montréal, et eût fort sollicité les nouveaux venus de se fixer plutôt dans l'ile d'Orléans alors encore toute inculte. Le supérieur des jésuites célébrt, aussitôt la messe dans une petite chapelle qui y avait été bâtie à cette fin, et on ne négligea rien de ce qui pouvait donner aux sauvages présents une haute idée de la religion chrétienne,

Sur le soir du même jour, M, de Muison-Neuve voulut visiter la montagne qui a donné son nom à l'ile, et deux vieux sauvages qui l'y accompagnèrent, l’ayantifait monter jusque sur la cime, lui dirent qu’ils étaient de la tribu qui avait autrefois habité ce

ays: “ Nous étions, ajoutèrent-ils, en trés-grand nombre; toutes Les collines que tu vois à l‘orient et au midi étaient couvertes de nos cabanes. Les Hurons en ont chassé nos ancêtres, dont une partie s'est réfugiée chez les Abénaquis, une autre chez les Iroquois, et le reste est demeuré avec nos vainqueurs, Le P. Charlevoix conjecture que cette tribu gout être celle qu'il appelle de l‘Jroquet, et qui avait été en effet détruite ou dispersée par les Hurons. Quoiqu'il en soit, le gouverneur pria ces sauvages d‘avertir leurs frères de se réunir dans leurs anciennes possessions, les assurant qu‘ils n‘y manqueraient de rien, et qu'ils y seraient en sureté contre quiconque entreprendrait de les inquiéter. Ils promirent de faire tout ce qui dépendrait d'eux pour cela, mais il parait qu'ils ne purent venir à bout de rassembler les débris de leur tribu dispersée, i

Il arriva bientôt une nouvelle recrue, avec M. d’ArrzeBour de Musseau, un des associés, et une troisième, l'année suivante.— L'établissement, qui fut nommé Viie-Manis, prit la forme d’un commencement de ville, et fut entourré d'une enceinte de pieux debout. sil

A continuer :

(134) TOPOGRAPHIRE,

Il a déja été fait mention dans la Bibliothèque Canadienne des Chûtes, ou Cataractes, du Saguenay, de! Montmorency et de la rivière de St. François : il reste à parler de celles de la Chaudière, qui ne sont pas peut-être les moins curieuses. ‘J'aurais pu, dit un voyageur, les contempler quatre heures durant avec plaisir, et je ne m’en éloignai qu'avec la plus grande répugnance, dans la pensée que très probablement je ne les verrais plus de ma vie.”

La rivière Chaudière qui traverse la seigneurie (de Lauzon,) et tombe dans le St. Laurent à environ deux lieues audessus de Québec, est d’une grandeur considérable; et quoiqu'elle ne soit navigable ni pour les bateaux ni pour les cunots, À raison du grand nombre de rapides, de chûtes et d'autres obstucles, cependant elle ne laisse pas d’être d’une certaine importance, et elle mérite quelques observations. Elle prend sa source dans le lac Mégantic, et coule au nord l’espace de 41 milles, jusqu'à ln seigneurie d’Awberé Gallion; de là au nord-ouest, elle serpente à travers les seigneuries de Vaudreuil, de St. Joseph, do Ste, Marie, de St, Etienne, de Joliet et de Lauzon, jusqu'au St, Laurent, l’espace de 61 milles, formant en tout un cours de 108 milles, depuis le lac Mégantic jusqu’à son embouchure. Sa largeur varie de 200 à 300 toises: son courant est souvent divisé par des Îles, dont quelques unes contiennent plusieurs acres de terre, et sont couvertes de bois de construction; les bords en sont géhéralement élevés, pleins de rochers et escarpés;, et couverts de bois assez épais, mais d’une espèce assez indifférente, Le lit en est inégul et très resserré par des rochers qui saillent de ses côtés, et qui occasionnent des rapides violents; le courant en descendant sur les différents rochers octasionne des chüûtes d’une hauteur considérable; les plus remarquables sont celles appellées de ln Chaudière, à environ quatre millés avant que la rivière se décharge dans le St, Laurent. Rétréci par des pointes saillantes, qui s'avancent de chaque côté, le précipice sur lequel les,eaux s'élancent n’a guère plus de 65 toises de largeur, et la hauteur d'où elles tombent est d'environ 180

ieds. De grandes masses de rochers qui s'élèvent audessus de a surface du courant, tout à l'entrée de ln chûte, partagent les eaux en trois portions, qui forment des cataractes distinctes, qui se réunissent avant d'arriver dans le bassin qui les reçoit audessous. L'action continuelle de l’eau a creusé dans le rocher'de profondes excavations qui font prendre une forme arrondie aux corps roulants d’écume blanche et brillante, à mesure qu’ils descendent, et rehaussent beaucoup le aupcrbe effet de la châûte; le rejaillissement de l’eau étant Rs rater dispersé par le vent, produit à la lumière du soleil une diversité des plus brillantes couleurs prismatiques, La teinte sombre du feuillage des bois

qui de un con neige d parmi l sage ve cataract pressior spectat le voisit cessaire : voir d'u

Tand occasio!

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sauvage Québec un Ca macs qi

Etant et mêle râmes 1

A] roide, un mill de nos nous e de pres son éta

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Lauzon,) et sus de Quée soit navin du grand pendant elle mérite quelégantic, et rie d’ Aubert les seigneu- Etienne, de le 61 milles, ac Mégantic à 300 toises:

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Topoggaphie. 135

qui de chaque côté s'étendent jusqu’au bord de la rivière, formé un contraste frappant avec la blancheur aussi éclatante que la neige du torrent; le mouvement précipité de la rivière qui s’agite parmi les rochers et les creux, à mesure qu’elle s'ouvre un passage vers le St. Laurent, ct le bruit continuel occasionné par la cataracte elle-même, forment un ensemble qui fait une forte imression sur les sens, et qui satisfait amplement la curiosité du spectateur étonné. Les bois sur les bords de la rivière, malgré le voisinage de la capitale, sont d’un accès si difficile, qu’il est nécessaire pour les étrangers qui visitent les cataractes, de se pourvoir d’un guide. Boucnerre, Topographie du Canada.

Tandis que je demeurais à Québec, (dit M. Lamperr,) j'en pris occasion W’aller voir les chûtes de la Chaudière, qui, eto moi, surpassent de beaucoup celles de Montmorency. Accompagné de Mr. Hawpoxw, premier garde-magazin au département des sauvages, et du lieutenant Burke de 100e. régiment, je partis de Québec, par une belle matinée, dans le mois d’Août 1807, dans un canot d’écorce conduit par deux sauvages du camp de Micmacs qu’il y avait vis-à-vis de la ville.

Etant arrivés à une baie où la rivière Chaudière se décharge et mêle ses eaux à-celles du St. Laurent, nous débarquâmes, tirâmes le canot sur la grève, et montûmes par un sentier assez roide, qui conduisait chez l’homme qui devait être notre guide, à un mille dans le bois. Nous le trouvâmes à la maison, et suivis de nos deux sauvages, qui étaient aussi curieux de voir la chûte, nous enfilâmes un sentier étroit à travers un bois touffu, composé de presque toutes les espèces d'arbres et d’arbrisseaux. La saison était très-favorable à notre excursion; car les moustiques, les

E maringouins, et tous les autres insectes nuisibles avaient disparu,

le froid du matin et du soir leur ayant paralysé les membres, et les ayant chassés dans leurs retraites accoutumées, Les prunes, les framboises, les mûres, et autres fruits sauvages, quoique sur leur déclin, étaient encore en grande abondance, et plus d’un de notre parti fut souvent tenté de s’arrêter pour en cueillir. Heureusement, aucun de nous ne perdit notre guide de vue, autrement les conséquences auraient pu être fatales.

On en a vu, il y a quelques années, un triste exemple; celui d'in capitaine de vaisseau, qui ayant accompagné un parti pour voir les chôûtes, s’égara dans le bois, à son retour en ville, et périt. On suppose qu’il était resté derrière pour cueillir des fruits, et quil avait perdu de vue le reste de la troupe, qui avait marché devant en suivant le guide. Aussitôt que ceux-ci se furent ap perçu de son absence, ils crièrent de toutes leurs forces, mais inutilement; puis retournèrent sur leurs pas à une distance considérable, sans pouvoir ni le voir ni l’entendre. Le lendemain, des

Apartis de sauvages furent envoyés dans toutes les directions, mais

138 Loge des Manitoux.

ne réussirent pas davantage; et ce ne fut que quelques mois après it que son squelette fut trouvé à un mille ou deux du véritable sen” oh tier. l'oracle, —— de Tro Lie L Les ë LA LOGE DES MANITOUX., by, où la

d'hyérog

Le 29, nous arrètâmes pour faire du bois. On m‘ndiqua un antre qui était à peu de distance de là, environ douze milles audessus du campement du Marais. Un petit vallon sur le bord Est y conduit. Des cèdres, des sapins et des cyprès semblent y avoir été placés exprès par la nature, pour que l‘accès annonçt la vénérable majesté Le ce lieu sacré. L‘entrée est spacieuse et percée dans un tuf aussi blanc que la neige. Uu ruisseau, dont les Le Li eaux sont aussi limpides que l‘air, en découle du milieu, On Æ jives q marche commodément pendant cinq ou six toises, et là un pas 6. Ein ixep troit, mais qui n’est difficile que pour les êtres que rien ne touche, Illinois | conduit dans une vaste caverne elliptique, où les eaux du ruisseau Æp cifique se précipitant avec bruit d‘une cascade, et réfléchissant les rayons Lan, pe des flambeaux qui nous éclairaient, faisait sur l‘âme un effet inex- Ed ct primable. On grimpe au haut d’un petit racher pour atteindrele Eee niveau du lit de cette Castalie, dont le murmure ravissant entraîne, core ; et encourage à franchir les difficultés qui s'opposent parfois à vos ECette j pas, et l’on arrive à ses sources qui jmllissent à l‘endroit où l’an- hculièran tre finit. On calcule qu’il peut avoir environ un mille de profon. B; £ te deur. “al pa.

Les anciens faisaient tous les ans leurs lustrations, pour pur. fbres fier les villes, les champs, les troupeaux, les maisons, les armées, le de”? et les personnes. Les Péruviens en faisaient aussi presque pour, une le même but. L'Eglise catholique a ses rogations au moyen des, quelles elle demande les mêmes grâces au vrai Dieu; et ces sa, a. vages se rendent toutes les années à cet antre, et y font égale D, cine ment leurs lustrations; et, ce qui est plus étonnant, dans la même, produ saison, c’est à dire au printems, et de la même manière que les près av Catholiques, les Péruviens et les Anciens, c’est à dire par l'eau et, eut lefeu. Ils trempent leurs hardes, leurs armes, leurs sacs de mé- Lee decine, et leurs personnes dans l’eau de ce ruisseau; ensuite ik, it passent leurs sacs de médecine, leurs armes et leurs hardes à tra Ris un vers un grand feu, qui n'était pas encore éteint lors de ma visite Æ,,, de Cette cérémonie est toujous accompagnée d’une danse autour d,nces feu sacré, formée aussi en chaîne mystique, comme celle de mé; chaq decine. Il parait que cette lustration est leur purification corp es ( relle. ique Cet antre sert aussi à d’autres cérémonies dans le cours de l‘an- Re 0 née. Les sauvages s’y rendent pour consulter ou le grand Mani où tou, ou leurs Manitour particuliers; et leurs chefs, comme Nuls. à PompriLius, y font aussi parler leurs mymphes Egéries, lorsqu'ils appor

Agriculture, 137

ois après,

: ésirent parsuader à leurs peuples ce dont il draient poi ritable sen dé P P es cedo s ne voudrai point

tre persuadés ; et ils font tous leurs lustrations avant «: consulter l'oracle, comme faisaient les Grecs, avant d'entrer dans l’antre de Trophonius.

Les Scioux appellent cet antre, ou ce nymphée Ouacoune Thiiby, ou la Loge des Manitoux. Ses parois sont toutes couvertes d'hyéroglYP es, Ce sont peut-être leurs ex voto,

Berrrami, Découverte des Sources du Mississippi, &c.

ndiqua un e milles ausur le bord s semblent y s annonçât la ieuse et pereau, dont les milieu, On là un pas éen ne touche, x du ruisseau ant les rayons un effet inexur atteindre le Ssant entraîne,

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