‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme] (volume 2)Chapitre 66 sur 81 · L'ANNONCE DU PRINTEMS · texte numérisé non relu

L'ANNONCE DU PRINTEMS

L'HIVER a peine à fuir, mais il combat en vain; Bientôt il va céder à la toute-puissance

De cet astre brillant dont la douce influence Console la nature et réchauffe son sein,

Elle laniguit encor sans aucune parure,

L’arbuste dépouillé n'offre point de verdure.

Tout repose et tout dort: mais pe ce sommeil, Tout semble pressentir le moment du réveil, L'oiseau vole incertain, traverse la campagne, Revient, chante, se tait, cherche et fuit sa compagne. Rien ne s’anime encor: mais tout va s’animer; Tout paraît sans amour, mais tout est prôt d'aimer.

SONNET, Imité du commencement de ‘Ode d'Horace, Justum et teuacem, etc,

C£Lur que la nature en sagesse féconde, Doua d’une âme forte et d’un cœur généreux,

Histoire d’un Actionnaire de la Banque Lafayge.

Inébranlable aux coups du sort capricieux, Franchit comme un torrent cette scène du monde,

Que le ciel, en courtoux tonne, frappe, confonde Les divers élémens; .qu’en un désert affreux

Se changent nos cités, nos palais fastueux;

Il vit sur ces débris dans une paix profonde,

Il contemple sans crainte et d’un œil assuré, Les fureurs d‘un tyran, ou d’un peuple égaré: Sa vertu lui suffit, il souffre sans murmure.

Planant sur l’avenir, il reste indifférent Aux cris des factieux, à leur lâche imposture: Et sans daigner le voir, foule aux pieds le serpent.

Page 1