‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme]Chapitre 21 sur 90 · A] DJ · texte numérisé non relu

A] DJ

Histoire du Cunada. À

de temps, il fit le trajet difficile entre Montréal et le lac Ontario, et rebâtit le fort de Catarocouy. Son zèle et sa vigilance ne se bornèrent pas là : avant de retourner à Montréal, il envoya quatre-vingts sauvages, divisés en petites troupes, à la découverte de différents côtés, et le résultat prouva que cette mesure de précaution n'étsit pas inutile. En eflet, quarante de ces découvreurs étant allés du côté d’Onnontagné, quelques uns d'entr'eux, qui s'étaient avancés jusqu’à la rivière de Chouaguen, y virent descendre trente-quatre canots d’Iroquois, etils éntendirent même quelques uns de ces sauvages qui se disaient les uns aux autres, que bientôt ils rendraient aux Français ct à leurs frères d'a Sault St. Louis, une visite à laquelleils ne s’attendaient pas. Les autres partis confirmèrent qu’un grand nombre d’Iroquois étaient en campagne ; et tous firent assez de diligence pour donner au gouverneur de Montréal ie loisir de mettre ses postes hors d’insulte, età M. de Frontenac celui de former un corps de huit cents hommes dans l’fsle Perrot.

Les ennemis n’en eurent pas moins la hardiesse de s'avancer jusqu’à Montréal, et de débarquer même par petits peletons dans cette île, où ils massacrèrent quelques habitans. Sur l'avis qu’en

eut le gouverneur général, il jugea à propos de diviser sa petite

armée, ct de la répartir dans les paroisses pour y couvrir les moissonneurs. Cette disposition déconcerta toutes les mesures des Iroquois. Ne pouvant rien faire par petites troupes, ces barbares s'avancèrent en un corps assez considérable jusque derrière Boucherville ; mais ils y furent défaits par M. de la Durantaye; et ainsi finit la campagne dans le centre de la colonie. Les commencemens en avaient été encore plus funestes pour les Iroquois dans les quartiers de l'ouest. M. de Lamotte-Cadil- Jac avait déterminé les sauvages voisins de son poste à faire des courses sur l'ennemi commun : ces sauvages amenèrent un grand nombre de prisonniers à Michillimakinac. Les Iroquois voulurent s’en venger sur les Français, et marchèrent en grand nombre pour contraindre les Miamis à se déclarer contre eux ; résolus, s’ils le refusaient, de les chasser eux-mêmes de la rivière St. Joseph, où ily avait une nombreuse bourgade de ces sauvages. Par bonheur, M. de Courtemanche se trouvait dans cette bourgade avec quelques Canadiens, lorsque les Iroquois y parurent : il se joignit aux Miamis, et tomba si brusquement sur les Iroquois, qui ne s’attendaient à rien moins, qu'après en avoir tué et blessé un grand nombre, il obligea le reste à prendre la fuite en grand désordre.

Cet échec leur fut très sensible ; mais ils en furent dédommagés par la perfidie d’un chef huron, que les Canadiens avaient sur- Il avait empêché sous-main les Hurons de Michillimakinac d'aller en guerre comme les autres, et tandis

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qu’il descendait à Québec avec les députés des sauvages alliés, pour faire au gouverneur général des protestations d’un éternel attachement, il avait envoyé son fils avec trente guerriers qui lui étaient entièrement dévoués, vers les Tsonnonthouans. Ils y conclurent avec ce canton un traité dans lequel ils comprirent les Outaouais ; et lorsque cette intrigue éclata, la partie était si bien liée, qu’il fut impossible à M. de Lamotte de la rompre. Tout ce qu'il put faire, ce fut de suspendre l'exécution du traité, du moins de la part des Outaouais.

Une autre chose inquiétait ce commandant : les sauvages de son district se plaignaient depuis longtemps de la cherté des marchandises que leur vendaiïent les Français. Ne pouvant pas remédier lui-même à ce désordre, dont il était plus à portée qu'aucun autre de voir les suites funestes, il suggéra aux députés qu’il envoyait à Montréal sous un autre prétexte, de présenter un collier pour demander la diminution du prix des marchandises, ct d’insister sur ce point comme sur une chose dont ils étaient bien résolus de nese point départir. Ils le firent, et allèrent même un peu plus loin que ne l'avait prétendu M. de Lamotte : ils parurent devant le comte de Frontenac comme des gens qui proposent la paix ou la guerre; et en lui présentant leur collier, ils ne dissimulèrent point, que s'il ne leur accordait leuridemande, ils prendraient leur parti.

Une telle proposition faite avec un air de menace ne pouvait pas être écoutée favorablement, et le collier fut rejetté avec hauteur. Le comte de Frontenac fit aux députés les reproches que méritait leur insolence ; mais il sut mêler à propos, parmi les marques de ressentiment,des manières qui laissaient entrevoir plus de bonté que de colère; de sorte qu’il fut aisé aux sauvages de comprendre qu’ils seraient satisfaits sur le prix des marchandises, Mais comme ils s'étaient Rxntques de manière à faire juger qu'ils n'étaient pas trop disposés, indépendemment même de cet article, à continuer la guerre, le général leur témoigna une grande compassion de leur aveuglement, qui leur otait la connaissance de leurs véritables intérêts. Il ajouta que pour lui il était bien résolu de faire la guerre ; qu’il aurait été charmé de voir tous ses enfans se joindre à lui, pour venger le sang d'un grand nombre de leurs frères; mais qu’il n'avait pas besoin d’eux ; qu'il ne pouvait mieux les punir de leur indocilité, qu’en leur laissant la liberté de faire ce qu'ils voudraient; qu'ils se souvinssent seulcment de l'avis qu'il leur avait donné, que les Iroquois n’auraient jamais d’autre vue, par rapport à eux, que de les détruire, et que l'expérience devait leur avoir appris qu'ils ne cherchaien: à les détacher de son alliance, qu’afin de pouvoir venir plus aisément à bout de leur dessein.

Une fermeté si bien assaisonnée étonna les députés, et donna

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Histoire du Canada. 45 surtout à penser au chef huron ; mais elle ne lui fit pas rompre le silence qu’il avait gardé ju-qu’alors : il se contenta de dire qu'il n'était chargé d’aucune parole de la part de sa natiun; qu'il avait seulement ordre d'entendre ce que son père Ononthio voudrait bien lui dire, afin d'en faire rapport à ses frères. Le gouverneur, qui avait été instrait de toutes ses menées, lui dit qu’il avait beau dissimuler; qu’ille connaissait, et qu’il ne le craignait point. Alors les Uutaouais et les Nipissings prièrerent M. de Frontenac d'être bien persuadé qu'ils n'avaient point de part à tout ce que cet homme pouvait faire qui dût lui déplaire : les derniers ajoutèrent qu'ils ne voulaient pas retourner dans leur pays, mais qu’ils étaient résolus de rester auprès de leur père, pour être témoins de l’entreprise qu'il allait exécuter.

Quelque temps auparavant, M. Lesueur avait conduit à Montréal un assez grand convoi de l'extrémité occidentale du lac Supérieur : tandis que M. de Frontenac donnait audience aux sauvages qui l'avaient accompagné, un chef Seiou s'approcha de lui d’un air fort triste, lui appuya ses deux mains sur les genoux, et lui dit, les larmes aux yenx, qu’il le conjurait d'avoir pitié de lui; que toutes les autres tribus avaient leur père, et que lui seul était comme un enfant abandonné. Il étendit ensuite une robe de castor, sur Jaquelle ayant rangé vingt-deux flèches, il les prit les ures après les autres, nomma à chacune un village de sa nation, et demanda au général de vouloir bien les prendre tous sous sa protection.—M. de Frontenac le lui promit ; maisil ne fut pris aucune mesure pour donner suite à cette promesse, et tirer avantage de la démarche du chef Sciou.

* M. de Frontenac fit partir un Français avec les députés outaouais, pour avertir M. de Lamottte-Cadillac de la résolution qu’il avait prise de porter incessamment Ja guerre dans les cantons iroguois. Cet envoyé trouva le commandsut de Michillimakinac tort embarrassé : des députés iroquois avaient été reçus par les sauvages de son poste, et en avaient obtenu tout ce qu'ils souhaitaient : non seulement ils avaient conclu un traité de paix avec les Hurons et les Outaouais ; ils les avaient encore fait résoudre à s'unir avec les ennemis des Français pour leur faire la guerre. M. de Lamotte s’était donné inutilement bien des mouvemens, pour obtenir d’être présent à leurs conférences ; mais OnasKk er”, chef des Outaouais Éiskakone, l'avait instruit de tout ce qui s’y était passé. Il ne restait plus qu’à déconcerter ces intrigues ; et la chose devint encore plus difficile après le retour des députés, qui avaient été à Montréal, et pendant l’ab. sence desquels tout ceci s'était tramé, Ces députés publièrent, en arrivant, que tous les Français étaient morts, c’est-à-dire que

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tout pour eux élait désespéré : ils assurèrent en particulier qu'ils n'osaicent paraître sur mer ; qu'ils n'avaient ni vin, ni eau de vie, et qu'eux-mèmes revenaient avec les mêmes: chemises qu'ilsavaient portées à Montréal, Ononthio ne s'étant pas trouvé en état de leur en donner d’autres.

Dans cette extrémité, M. Lamotte ne se déconcerta point ; le Français qui était venu avec les députés loi ayant remis les lettres du gouverneur, par lesquelles il apprit les avantages remportés depuis peu par les Français sur les [roquois, il eut soin de les faire beaucoup valoir, surtout l’action de M. de la Durantaye auprès de Boucherville. Il déclara ensuite que malgré la disette des marchandises, causée par le retardement des vaisseaux de France, que les vents contraires, et non la crainte des Anglais, avaient empêchés d'arriver aussitôt que de coutume, il donnerait tout ce qu'il lui en restait dans ses magazins au même prix où elles avaient toujours été, et qu'il les donnerait même à crédit.

Cette proposition eut un bon effet : Onaské et quelques autre émissaires du commandant s’en prévalurent pour faire ouvrir les yeux aux plus échauffés, sur les conséquences des démarches qu'ils venaient de faire; et lorsque M. de Lamotte les vit ébranlés, il les assembla. Il icur dit, que pour peu qu’ils voulussent réfléchir sur tout ce qui s'était passé depuis qu'il était parmi eux, ils reconnaîtraient que ce n’était point lui qui les avait trompés, ainsi qu’ils s’en étaient plaints, mais qu’ils s'étaient laissé séduire par de mauvais esprits, dont ils auraient dû se défier. S'appercevant que ce reproche les avait touchés, il jugea qu’il serait inutile de leur faire un plus long discours, et sans leur laisser le temps de se consulter, il leur proposa d'envoyer plusieurs partis contre les Iroquois, qui étaient actuellement en chasse avec les Hurons et quelques Outaouais.

À peine le commandant eut-il cessé de parler, qu'Onaské, OuiLAMEK, chef Poutéouatami, et vn Algonquin, nommé Mi1kiNAC,se déclarèrent chefs de l’entreprise, et rassemblèrent aussitôt un nombre considérable de guerriers. Ils coururent de suite chercher les Iroquois : on se battit avec acharneinent sur le bord d’une rivière ; mais à la fin, les Iroquois furent obligés de se jetter à la nage pour se sauver. Les vainqueurs amenèrent à Michillimakinac trente-deux prisonniers, et y aportèrent trente chevelures, avec un butin d'environ cinq cents peaux de castor. Plusieurs Hurons étaient du nombre des prisonniers ; on les remit entre les mains de leur tribu, qui parut très sensible à cette déférence..

A près un coup de cet éclat,il n’y avait pas à craindre que les Outaouais s’'accommodassent, au moins de sitôt, avec les [roquois. “ Telle est,” dit Charlevoix à cette occasion, “ la déplorable condition de ceux qui ont à gouverner des barbares sans foi et sans

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Histoire du Canada. 47

princires d'honneur, de ne pouvoir jamais compter sur leur sarole et de ne trouver souvent d'autre moyen d'éviter d'être es victimes de leur perfidie, que dans leur facilité même à trahir leur serment, sans ‘utre motif que leur légèreté naturelle. Les Outaouais venaient de violer le foi qu’il nous avaient si souvent jurée; de nouveaux sermens les avaient attachés aux froquois, et ils redeviennent sur le champ leurs ennemis!” L'histoire des peuples civilisés, surtout celle des révolutions, des gucrres et des interventions militaires du commencement de ce siècle, prouve que cette remarque n'est pas exclusivement applicable à des barbares à des sauvages.

Quelque temps après le combat dont nous venons de parler, M. d'Argenteuil arriva de Montréal à Michillimakinac, ct y publia les grands préparatifs que faisait le comte de Frontenac pour aller attaquer les froquois dans leur pays. M. de Lamotte invita les sauvages àse joindre à leur père ; mais il les avertit qu'il leur faisait cette invitation de lui-meme, n’en ayant reçu aucun ordre de son général. Onaské déclara d'abord qu’il irait combattre sous la bannière d'Ononthio, et le commandant se flatta, pendant quelque temps, qu'une troupe de quatre cents guerricrs irait grossir l'armée française; mais divers incidens rompirent toutes ses mesures, et l’on eut tout sujet de croire que les Hurons avaient détourné ce coup, pour se venger de l’affront qu’ils avaient reçu dans la défaite des Iroquois.

Le comte de Frontenac ayant résolu de pénétrer, au printemps, jusqu’au centre du pays des Troquois, donna ordre au gouverneur de Montréal d'envoyer préalablement cinq ou six cents hommes de son gouvernement et de celui des Trois-Rivières, dans le canton d’Agnier. Ce parti fut bientôt prêt ; mais comme il était sur le point de se mettre en marche, on reçut avis que la mine était éventée, et que les Agniers prenaient des mesures pour être secourus, non seulement par les autres cantons, mais encore par les Anglais de la Nouvelle York.

M. ce Callières le fit savoir au comte de Frontenac, qui lui mandr, d'envoyer seulement trois cents hommes choisis pour tomber sur les chasseurs iroquois, qui devaient être en grand nombre, comme de coutume, ct sans défiance, entre le fleuve St. Laurent et la Grande Rivière. Ce,détachement partit à la fin de Janvier (1696,) sous les ordres de M. Louvigny; mais il fut arrêlé treize jours, près de Montréal, par les neiges, qui tombèrent cette année en beaucoup plus grande abondance que d'ordinaire, Il continua ensuite sa route jusqu'à cinq lieues de Catarocouy, avec des fatigues incroyables, trouvant partout unc neige de sept à huit pieds d'épaisseur. Ilenvoya de là des sauvages à la découverte ; ceux-ci marchèrent pendant dix jours, et rencontrèrent enfin dix Lroquois ct ane femme : ils en tuèrent trois et prirent le

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reste. Ces prisonaiers furent amenés à Montréal : un on deux furent brulés par les sauvages, et les autres distribués dans les villages du Suult et de la Montagne. Quelques autres prisonniers, qu'on fit, à l'approche du printemps, rapportèrent que-les Iroquois s'étaient tenus tout l'hiver enfermés dans leurs forts, et qu'ils se proposaient de venir en grandes troupes, pour empêcher les Français de faire leurs semences.

Au mois de Mai, le chevalier de Callières descendit à Québec, pour régler avec le gouverneur général les opérations de la campagne, ont les préparatifs étaient déja fortavancés ; et quand tous es arrangemens eurent été pris, il retourna à Montréal, pour tenir la main à l'exécution de ce qui avait été conclu. Le 22 Juin, le comte de Frontenac l'y joignit, MR a de M. de Champigny, du chevalier de Vaudreuil, de M. de Ramesay, gouverneur des Trois-Rivières, des troupes et des milices du gouvernement de Québec et de celui des Trois-Rivieres. Celles du gouvernement de Montréal étaient déja assemblées, et il ne restait plus rien à faire que «le se mettre en marche.

L'armée partit de Montréal le # Juillet, et se rendit le même juur à la Chine, où arrivèrent aussi cinq cents sauvages, dont on fit deux troupes : la première, composée d'froquois du Sault St. Louis et d'Abénaquis doiniciliés, fut mise sous les ordres de M. de Maricourt, capitaine : la seconde, où étaient les Hurons de

Lorstte et les Iroquois de la open eut pour commandans r

MM. de Beauvais et LecARDEUR, frères, tous deux lieutenants. Dix Outaouais, auxquels se joignirent quelques Algonquins, des Sokokis et des Nipissings, formèrent uné bande séparée, sous le commandement du baron de Békancour.

Les troupes furent partagées en quatre bataillons, de deux cents hommes chacun,sous les ordres de quatreanciens capitaines, MM.de la Durantaye, de Muys, Dumesnir et de Gra1s. On fit aussi quatre bataillons des milices canadiennes : celui de Québec était commandé par M. de Sr. ManrTin capitaine réformé ; celui de Beaupré, par M. de Grandville, lieutenant; celui des Trois-Rivières, par M. de GRanDrre", major de la place ; etcelui de Montréal, jee M. DescnamBaAurTs, procureur du roi, de cette ville. M. de Subercase, capitaine, faisait les fonctions de major-général, et chaque bataillon, tant des troupes que des milices, avait son aide-majpr,

Le 6, cette armée, ia plus nombreuse qui eût encore été formée en Canada, alla camper dans l'Isle Perrot, et le lendemain, elle en partit dans l’ordre suivant : M. de Callières menait l’avant-garde, composée de la première bande de sauvages, et de deux bataillons de troupes : elle était précédée de deux grands bateaux, où était le commissaire d'artillerie, avec deux pièces de campugne, ct des mortiers pour jetter des grenades, des artifices

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à Québec, de la camquand tous pour tenir 22 Juin, le de Chamy, gouvergouverncles du goune restait

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Histoire du Canada. 49

s munitions semblables. Quelques canots; conduits par Ses Canadiens, les nccompagnaient, avec toutes sortes de provisions de bouche, Le comte de Frontenac suivait, environné de canots, qui portaient sa maison et son bagage,et d’un bon nombre de volontaires, et ayant avec lui M. Lsvasseun, ingénieur en chef. Les quatre bataillons de milice, plus forts que ceux des troupes réglées, faisaient le corbs de bataille, que commandait M. de Remesay, sous le général ; et les deux autres bataillons des troupes, avec la seconde bande des sauvages, formaient l'arrière-garde, sous les ordres du chevalier de Vaudreuil. Cet ordre ne fut point interrompu pendant la route, si ce n'est que le corps qui avait fait un jour l'avant-garde, faisait l’arrière-garde le lendemain. 3 à | On arriva le 19 à Catarocouy, où l'on séjourna jus au 26, pour attendre quatre cents Outaouais, que M. de Lamotte-Cadillac avait promis, mais qui ne parurent point, non plus que quelques voyageurs français, qui devaient les ma PUS JUS Le 38, l'armée se trouva à l'entrée de la rivière de C ouaguen. Cette rivière étant étroite et rapide, le général, avant de s’y en aer, envoya cinquante découvreurs par terre, de chaque côté, à PU put faire, ce jour-là, qu’une lieue et demie, Le lendemai: l’armée fui séparée en deux corps, pou faire plus de diligence, et pour occuper les deux bords de la rivière, par terre et par eau. Le comte de Frontenac prit la gauche, avec M. de Vaudreuil, les quatre bataillons de troupes et un bataillon de milices, MM. de Callières et de Ramesay tinrent la droite, avec tout le resie. Sur le soir, on se réunit, après avoir fait trois lieues de chemin, et l'on s'arrêta au pied d’une châûte de dix à douze pieds de hauteur, qui occupe toute la largeur de la rivière. Une partie de l'armée s'était mal à propos engagée dans le courant de cette chûte,et ileût été dangereux de la faire re. culer. M. de Callières sut remédier à cette imprudence: il fit metre tout son monde à l'eau ; fit porter les canons par térre,et trainer les bsteaux sur des rouleaux Jusqu'au-dessus de la chûte. Cette opération, qui dura jusqu’à dix heures du soir, se fit dans le plus grand ordre, à la lueur de flambeaux d’écurce. Le rapide passé, on marcha avec plus de précaution, non seulement parce qu’. on approchait de l'ennemi, mais parce que les chemins étaient extrémement mauvais, Pen Eufin l’armée entra dans le lac de Gannentaha, ar un endroit nommé le Rigolet, qu’il n'eût À été facile de forcer, si les ennemis eussent eu la précaution de s'en saisir. On y trouya deux paquets de jancs pendus à un arbre : on y compta quatorze cents trente tiges; ce-qui signifiait qu autant de guerriers iroquois attendaient les Français et lès défiaient au combat, L'ar- “mée traversa :le lac en ordre de bataille. M. dé Calliètes, qui

Le Combat des Trente.

tenait la gauche, feignit de faire là descente de ce côté-là, où étaient les ennemis, et dans le même temps, le chevalier de Vaudreuil la fit sur la droite, avec sept ou huit cents hommes ; puis, tournant autour du lac, il alla jointire M. de Callières : alors tout le reste de l’armée débhfqua.

(A Continuer.) Er LE COMBAT DES TRENTE.

Le Combat des Trente, c’est ainsi qu'on le nome dans l'antique province de Bretagne, est un fait d'armes chevaleresque, aussi célèbre parmi les Bretons que le fut chez les Romains le combat des Horaces. Il n'eut point pour objet du pour résultat l’asservissement d’une natfon à une autre ; ce-ne fut pas, comme on l’a tant répété, pour savoir qui avait plus belle amie des Antlais ou des Bretons, ni pour jouter en l’honneur des Dames; que {rente braves allèrent défier l'ennemi, et s’exposèrent à la mort ou à la captivité. On a calomnié ces braves’chévaliers, en leur prêtant des motifs aussi frivoles. Leur résolution fut inspirée pat un vif sentiment d'humanité, et leur dévouement fut honorable de tout point. |

Les querelles de la comtesse de Blois et de la comiesse de Montfort pour la possession du duché de Bretagne, avaient couvert cette malheureuse contrée de sang et de ruines. Les Français défendaient les droits de la düchesse de Blois, et la veuve du comte de Montfort avait appellé les Anglaïs sous ses bannières. Le capitaine DaAcazworth, que les écrivains de eètte époque nomment DAGonE,cominandait, au nom de cette princesse, la ville et le territoire d'Auray. Ce Daggeworth, où Dagone en chef prévoyant et expérimenté, défendit à ses troupes \ piller et de maltraiter les marchands et les cultivateurs : il savait se faire obéir ; mais il fat défait en bataille rangée par les barons de Hrstaque, et il perdit la vie dans le combat. A peine fut-il mort que les exactions et les meurtrés rrcommencèrent. Le capitaine qui lui succéda, nommé BeuporoUGH, s'emipara de Ploermel, ravagea la contrée et la remplit de deuil ete Misère. BraAumanon, chevalier de hauie renommée, accompàgné d'un autre vaillant personnage, notmé J AN, alla trotyer les Anglais pour les inviter à faire Césber ces inutiles dééordtes.

: Les deux Bretons rencontrèrent éh route une foule dé pa Len horriblement maltraiték, dont ils éurént grand’ p ‘uns avaient les fers aux pieds et aux thaîMs, d'autres étäi Chés par les pouces, tous étaient liés deñx à deux, trois A'trois, comme les animaux que l’on mène au marché. Béaumianair tes

nôté-là, où er de Vaumes ; puis, > flors tout

dans l'anvaleresque, tomains le ur résultat jus, Comme ie des An- Dames; que t à la mort ers, en leur nspirée pat honorable

omiesse de vaient cou- Les Franet la veuve s ses bânni- 5 de rt cetté prinh, où Dases troupes urs: il sa-

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publié, dans ses Chroniques nationales et étrangères, le récit du

Le Combat des Trente. bl

vit, et son cœur se brisa, Ils'adressa à Bemborough avec fierté : 4 Chevaliers d'Angleterre, ditil, vous vous rendez bien coupables, de iourmenter ces pauvres habitans, eux qui sèment le blé, et qui vous procurent en abondance le vin et la bonne chère. Je vous dis toute ma pensée ; s’il n’y avait pas de laboureurs, ne faudrait-il pas.aux nobles défricher et cultiver la terre en leur place, battre le blé et endurer la pauvreté ? et ce serait grande ine pour ceux qui n’y sont pas accoutumés. Qu'ils aient donc a paix dorénavant, car ils ont trop souffert depuis que l'on a oublié les sages ordonnances et les dernières volontés de Dagorne.” Bemborough en colère répondit au chevalier : “ T'aisez- vous, Beaumanoir, et ne nous rompez pas la tête. Enouarn sera couronné roi de France, et les Anglais seront partout les maîtres, malgré vous et tous Îes Français.” Beaumanoir reprit naïvement : Songes un autre songe, celui-ci est mal songé. De telles forfanteries ne valent néant, et ilen arrive souvent mal à ceux quille plus en disent.” Le héros breton, ne pouvant rien obtenir de nee rs pu lui porta alors un défii; et il fut résolu que de chaque côté on combattrait loyalement, à cheval, trente contre trente. Les barons de Bretagne, avertis de l'entreprise, se rassemblèrent pour rendre grâces à Dieu, et espérèrent ue leurs campagnes seraient bientôt délivrées du joug de l’avide mborough et de ses soldats. On connaît le résultat du combat, qui se livra dans la lande de Mi-Voie, l’an 1550, /e Samedi tenant Loœtare Jerusalem. Bemborough etla plupart de ses compagnons furent tués ; le reste se rendit à rançon, Quatre Bretons succombèrent dans l’action, qui fut terrible. Beaumanoir, blessé, detnanda à boire; mais GEorrroy Dusors lui répondit: Bais ton sang, Beaumanoir, ta soif se passera, et tout l'honneur de la journée sera pour nous! Il le fut en effet, Cette belle et généreuse action a été mise au rang des fables L'on quelques critiques qui s'étayaient de ce qu'aucun historien rançais n'en avait fait mention, et de ce que les historiens bretons n'en avaient parlé que sur la foi d’un manuscrit de 1470, conservé dans la bibliothèque de Rennes. Cependant le fait avait été raconté par FRotssART, qui lui avait accordé toutes les louanges quil mérite; mais, dans un grand nombre de manuscrits de cet écrivain, et dans toutes les éditions qu’on en a publiées, il se trouve que, par un un: hasard, les chapitres des années 1350, 1551, et jusqu’à 1356, ont été remplacés par un extrait des es chroni @e Saint-Denis. M. Bucron à retrouvé, dans un manuscript du prince de Soubise, les mor ceaux enlevés à Froissart, et il s’est assuré de leur authenticité, en comparant ce nouveau texte à celui de deux autres manusscrits qui appartiennent à M. Jounesen Angleterre. Il a donc

59 Agriculture.

Combat des Trente, extrait des Chroniques de Froissart (tom. HIT, 7e addition.) D'une autre part, M. de FREMIN VILLE, ancien officier de marine, occupé de recherches historiques sur les antiquités de la Bretagne, a découvert à la bibliothèque du Roi un récit en vers du Combat des Trente, manuscript du xvie siècle. Ainsi la réalité de cet épisode des guerres de la BremL x1ve siècle est maintenant établie par des pièces irrécusables,

sr AGRICULTURE.

Lettre de Jann Neizson, écuyer, à F. X. Vaizran- COURT, écuyer, Assistant-Secrélaire de la Société d'Agriculture

de Québec ; datée, Au Carouge, le 24 Mars, 1825.

Moxsieun,

Je regrette beaucoup que les circonstances ne me permettent pas de me trouver à l’'exhibition qui doit avoir lieu mercredi prochain, et à la distribution des prix pour les produits des terres pour l'année dernière.

Je m'étais proposé de soumettre au Comité le résultat de deux

expériences que j'ai fait faire l’été dernier, à ma terre du Carouge, dans l'espérance que cela pourrait être utile,

Le peu de chose qu’un grand nombre de nos cultivateurs retirent maintenant de terres anciennement défrichées, surtout de celles dont le sol n’est pas de la première qualité, me paraît vsnir de ce que ces terres sont épuisées des substances qui servent de nourriture aux plantes utiles, ou de ce que le peu de nourriture qui leur reste, est pris par de mauvaises herbes naturelles au sol et au climat.

IL faut donc, pour augmenter le produit de ces terres, détruire les mauvaises herbes et remettre à la terre des engrais ou ma- - tières qui fournissent de la nourriture aux plantes qui sont utiles à la nourriture de l’homme et des bestiaux.

Tout les cultivateurs savent combien il est difficile de détruire les mauvaises herbes lorsqu'elles se sont emparées du sol. C'est le premier travail d'amélioration, et ua travail absolument nécessaire : car autrement les engrais, qui ne devraient nourrir que des plantes utiles, serviraient de nourriture à de mauvaises herbes, qui étoufferaient les bonnes.

En Europe, depuis près d’un demi-siècle, on a réussi à doubleret tripler le produit des vicilles terres, en détruisant les mauvaises herbes et en engraissant les terres, principalement à méme les moyens que chaque terre fournit par elle-même. On s’est ap-

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perçu que l’on détruisait les mauvaises herbes en remuant souvent la terre pendant l'été, ce qui expose les graines de ces herbes à végéter et périr, et facilite la destruction de celles qui poussent de racine, en les exposant au soleil et en les ramassant lors des hersages. La terre ainsi nettoyée, on y mettait des en-

rais qui servaient aux récoltes de l’année d'ensuite. C'était Etant d'ouvrâge, et la perte de la récolte d’une année ; cependant on y gagnait. Mais on s’est avisé ensuite de faire le même travail pendant l'été, et derctirer une récolte la même année, On y a parfaitement réussi depuis une trentaine d’années, en introduisant la culture en rangs de 2 pieds et demi l’un de l’autre, et un cours de récoltes nouveau. On préfère, pour semer en rangs, des choses qui ne demandent à être semées qu'après les semences ordinaires. Cette culture suit toujours une récolte de grain, dont le chaume a été labouré l'automne, Si la terre est bien sale, on la herse, laboure de iravers et herse encore, par un temps sec et de soleil, après les semences ordinaires. A chaque hersage on ramasse soigneusement les racines des mauvaises herbes. Après le dernier hersage, en fait les rangs, on y met l’engrais ; si ce sont des patates ou des fèves que l’on veut semer, on les met par-dessus le fumier, et on les enterre à mesure, afin que le fumier ne sèche pas; si ce sont des bettes, des carrottes, des choux, des navets, etc., on enterre aussi à mesure le fumier ou l’engrais dans le rang, et l'on sème ou plante ensuite, sclon la saison, sur le haut du rang, Presque tout l’ouvrage se fait à la charrue et par la force des chevaux et l'art du laboureur. On a inventé de petites charrues et des herses pour remuer la terre entre ces rangs, chaque fois que les semences de mauvaises herbes germent, que leurs racines poussent, ou bien lorsque les plantes qu’on y a semées demandent ce travail, suit pour ôter ou remettre la terre contre leurs racines.

On a employé, généralement, le produit de cette nouvelle culture en rangs à la nourriture des bestiaux, ce qui a mis le cultivateur en état d'en hiverner un plus gmnd nombre, et en meilleur état, et aussi de ramasser plus de fumier.

Après ces récoltes de légumes en rang, on sème le champ ainsi nettoyé et engraissé en grain, et avant le dernier hersage, on y sème de la graine de trèfle et foin, ce qui donne une récolte abondante de grain, et l’année d'ensuite de foin, et un bon pacage la troisième année ; la quatrième année, on le laboure et le sème en grain ; la cinquième année, on recommence à nettoyer et engraisser par une récolte en rangs. Dans ce cours de récoltes, toute la terre labourable se trouve divisée de manière qu'il y a chaque année 1 champ de légumes en rang, 2 de graines de foin et 1 de pacage, sans que le même champ porte la même récolte deux années de suite, Les parties de laterre non labous rables servent de pacage additionel.

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Par ces moyens, les cultivateurs en Europe ont véritablement doublé et triplé le produit de toutesleurs terres sèches depuis trente ans, sans aucune augmentation sensible de travail: Toutes les terres ainsi cultivées, au lieu de s’épuiser, s'améliorent annuellement.

Tout ce qui avus manque pour introduire une semblable culture ici, et un cours de récoltes aussi avantageux sur toutes les anciennes terres sèches et épuisées, serait un peu de connaissance parmi nos cuivateurs de la manière de faire les travaux et les outils qu’on y emploie, la manière de conserver les légumes et de s'en servir pour la nourriture des bestiaux, le soin et l’emploi des engrais, et l'introduction, peut-être, de quelque grain qui puisse se cultiver en rangs, et la manière de se fournir de graines de foin, surtout de trèfle, à même sa propre terre,

C’est en vue d'introduire dans la culture en rangs un grain qui puisse être utile et souffrir en même temps le nettoyage et l’engrais de la terre, que J'ai fait faire une expérience l’année dernière avec le sarrasin. J'en ai semé un pot dans deux rangs à ? pieds et demi l’un de l’autre, dans mon champ de légumes: le sol est composé d’un tuf rouge, qui ne produisait, avant les amélioratiens que j'y ai faites par la nouvelle culture, depuis 6 ans, qu’un peu d'oseille sauvage, de petites ronces et des immortelles. La semence de ce pot de sarrasin se fit en même temps que mes navets, du 15 au 18 juillet. Il a été mis un peu de fumier vert dans les rangs. La récolte se fit à la fin de septembre, et le produit à été de trois minots ; ce qui fait sur le pic de 108 minots par arpent, et 48 pour 1. Au prix du sarrasin à Québec, le printemps dernier, le produit d'un arpent de très mauvaise terre, cultivé de cette manière en sarrasin, serait de 215; 16; les patates dans le même champ, l’année dernière, ne se seraient vendues que £6: 10 par arpent ; les navets, £20 par arpent ; ces derniers se vendent bien au-dessus de leur valeur réelle. : Le sarrasin fournit une excellente nourriture pour la volaille; les cochons, et même une nourriture saine pour l’homme ; comme les navets, il vient à maturité,quoique semé longtemps après les travaux ordiuaires du printemps.

Beaucoup de monde dans ce district ont ramassé de la graine de mil ; mais peu de personnes paraissent avoir essayé de tréfle, qui est encore plus nécessaire que le mil dans un bon cours de récoltes. J'ai fait l'année dernière, de trois à quatrecents bottes de foin de trèfle et mil par arpent, sur un terrain naturellement plus mauvais que celui où j'ai fait semer le sarrasn. IL avait êté semé en grain l’année précédente, J'ai fait faucher ce trèfle lorsqu'il était en fleur, excepté un cinquième d’arpent du plus chétif sur un butte, Il a été fauché en septembre ; Le produit a été de 40 livres de graine de trèfle : ce qui fait 230 livres par arpent. Le trèfle des Etats-Unis se vend à Québec à 1s. la livre,

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souvent rempli de mauvaises graines, ou gâté à ne pas lever — La qualité de celui qui a été produit sur mà térre me paraît supérieure. Au prix du trèfle américain, il donnerait £11; L par arpent. Le foin dont on a tiré la graine ne pourrait servir qu’à faire du fumier. On l’a battu avec des fléaux pour en tirer la graine, et l'ouvrage a été considérable. Dans les Etats-Unis, on à des machines pour nettoyer la graine de trèfle, qui nous servis raient bien ici.

Je vous envoie ün échantillon du sarrasin et du trèfle, par mon fermier. J'ai l'honneur d'être, votre très humble et obéissant serviteur, J. NEILSON.

M. Vaiz£LAncourr, Assist. Sec. Soc. Ag. Q.

P.S. La quantité de terre laborable épuisée que j'ai mise en bon état et sous le cours de récoltes mentionné daus cette lettre, depuis 7 ans,sé monte à environ 20 arpens. Je ne pouvais nourrir sut ma terre alors que trois vaches et deux chévaux ; encore il fallait souvent acheter du foin et de l'avoine, Je n'ai fait charier de la ville qu’une trentaine de voyages de fumier, la premic» année, et j'ai employé depuis pour aider à la décompositi... tas d'engrais que j'avais ramassé sur ma terre, quelques p,- üechaux. Je n'ai employé constimment aux ouvrages de la térre,;qu’un seul homme, que j'ai fait aider pendent les foins.et les récoltes. Ja terre nourrit maintenant six vaches et trois chevaux, en abondance de tout, Tonte la terre labourable était pleine de marguerités,de chiendent,de chicorée sauvage, d'eseille sauvage et autres mauvaises herbes; maïntenant on n'en voit presqu’aucune dans les champs qui ont été soumis à un cours de récoltes réguiier, et ces champs s'améliorent visiblement. . Je fais ramasser annuellement sur ma terre des engrais pour environ un arpent sans compter de fumier, qui me met ea état d'engraisser un champ de cinq arpens chaque année, outre le fumier nécessaire pour le jardin. Il est certain que la même chose pourrait se faire avec deux, trois, et quatre fois autant de bestiaux, de terre, et moins de quatre fois autant d'hommes, Les engogés ne font que rarement autant d'ouvrage que les hommes qui appartiennent à la famille du cultivateur lui même, qui, ordinairement, conduit mieux sa terre que celui qui n’a pas été élevé à cela. : Avec la connaissance des améliorations dans l’agricalture 5 ets misesien pratique dans les anciens pays fort peuplés, les cultivateurs canadiens auraient une supérionté marquée, sur tout dans ce pays, sur les meilleurscultivateurs qui pourraient nous venir de l'Europe. J.N.

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