‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme]Chapitre 27 sur 90 · LE TEMPLE D'ELEPHANTA · texte numérisé non relu

LE TEMPLE D'ELEPHANTA

L'île d'Xléphanta située sur la côte de Maiabar, à une distance d'environ trois lieues de Bombay, consiste en deux montagnes de roc, couvertes d'arbres et de broussailles. Sa circonférence ést à peu près de trois milles. Le premier objet qui frappe la vue, en débarquant dans cette île, est une figure d’éléphant taillée dans le roc, de grandeur naturelle, qui se trouve au milieu

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de la campagne. On apperçoit aussi dans le même endroit un cheval de pierre si bien fait, qu’on le prendrait pour un animal vivant. .

um: quelque digne d'admiration que soient ces deux monumess, il en est un troisième qui a excité et qui excite encore l'attention des curieux, .et qui a fourni une ample carrière aux discussions des antiquaires, (C’est une fameuse pagode, ou temple payen, taillé entièrement dans le roc, et dont les Portugais ont rapporté beaucoup de merveilles. Sa grandeur est d'environ cent vingt-cinq pieds en quarré, et sa hauteur de quatre-vingts. Quatre rangs de colonnes massives, aussi taillées dans le roc, uniformes dans leur ordre, et placées à une distance régulière, forment trois magnifiques avenues à la principale entrée du temple, dont la voute n'est qu'un grand rocher. L'extrémité du centre de l'avenue du milieu est occupé par une figure colossale, à trois têtes, et dont la hauteur, à partir de la base du rocher, est de gs pieds. Elle fn rh la trinité de la mythologie des Indous : Brama, Wishnou et Shiva: le Créateur, le Préservaleur, et le Destructeur. La figure de Brama, qui est au inilieu, déploie der traits réguliers sur lesquels se peignent la douceur et la sérénité. Celle de Wishnou présente les mêmes caractères. Mais la sévérité et:la vengeance expriment de la manière la plus frappante, les attributs du terrible Shiva : une de ses mains tient un naja (ou serpent à lunettes), et l'autre des fruits.et des fleurs, parmi lesquels. on distingue la grenade et le Jotus, si souvent introduits dans la mythologie des Indous.

Du côté apposé à ces:trois divinités, auxquelles des figures de géans semblent servir de gardes, on.en voit une plus giganesque que toutes. les autres ; elleestappuyée.sur un nain. Cinquanie figures d'hommes et de femmes, rangées dans la plus exacte symétrie, remplissent l'intervalle qui se trouve.entre les trois divinités et leurs gardes. Elles sont chacune de douze à. quinze pions de baut. Quelques unes ont six bras, d’autres trois têtes.

l en est enfin dans le nombre qui sont si monstrueuses, qu'elles ont le doigt. de la grosseur de la jambe d’un. homme.ordinaire. À l'exception d’une de,ces figures, qui représente une amazone, il n’en est aucune qui indique un caractère particulier : et soit que celles des femmes se rapportent à des déesses ou à des mortelles, les ornemens qu'elles portent consistent, comme ceux des femmes des Indous, dans des bracelets et des bagues, qui ‘tiennent à la cheville et aux doigts de leurs pieds. Quantaux hommes, ils n'ont que des bracelets. L'espace qui se trouve entre ces figures est rempli de petits êtres aériens, qui voltigent avec ‘une variété infinie, au milieu des figures colossales.que nous venons. de décrire,

Les côtés du temple, ainsi que les extrémités de ses avenues

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cullatérales, sont décorés de semblables Le Onen voit qui portent sur la tête des couronnes fort bien travaillées, ou des sceptres dans les mains. Quelques unes ont sur la tête d’autres petltes figures qui sont comme en prière. Il y en a aussi qui s'appuient sur des tro ou sur la tête d'une vache, animal fort respecté dans l'Inde ; d'autres enfin qui prennent une Jolie fille par le menton, ou qui déchirent en pièces de petits-enfans. Mais en général, toutes ces figures manquent d’un caractère décidé, ét l'espèce de molesse qui les caractérise donne à croire qu'elles appartiennent, plutôt à la sculpture égyptienne, qu’à la sculpture grecque.

A la droite et à la gauche du temple, on voit des avenues qui conduisent à des excavations ; celles de la droite sont les plus ruinées ; cependent on y apperçoit encore quelques vestiges de sculptures. Un étang occupe l’une d'elles. On ignore si c'est à la nature ou à l’art qu'il doit son origine. A gauche est un petit temple dont la façade est ouverte, et la voute supportée par des colonnes d’une architecture différente de celle du grand temple.

Les côtés sont décorés de sculptures ; la voate et les corniches

sont peintes en mosaïque.

Ce temple contient deux bains, dont l’un-a dû être d’une manificence extrême. Une figure colossale se trouve entre les deux ins,

Plus on considère ce temple, ces colonnes et ces figures taillées dans le roc, et moins on peut concevoir la hardiesse de l’entreprise, l’immensité des travaux qu'elle a occasionnés, ct le génie extraordinaire de celui que en a donné le plan. (Merveilles du Monde.)

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