DIFFERENTS DES HABITANS DU BAS-CANADA ET DE LA RASSE LOUISIANE
J'ai cru m'appercevoir, dans mes voyages aux Etats-Unis, que les Français n’ont pas la même aptitude à y former des établissemens agricoles, que les émigrants d'Angleterre, d'Irlande et d'Allemagne. De quatorze ou quinze exemples de farmers
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ou cultivateurs français que j'ai oui citer sur le continent, deux ou trois seulement promettaient de réussir; et quant aux établissemens en masse de villages, tels que Gaflipolis, tous ceux que les Français avaient ci-devant entrepris ou formés sur les frontières de Canada ou de Louisiane, et qui ont été abandon. nés à leurs seules forces, ont langui et fini par se détruire ; tandis que de simples individus irlandais, écossais ou allemands, s’enfonçant seuls avec leur femme dans les forêts, et jusque sur le sol des sauvages, ont généralement réussi à fonder des fermes et des villages solides. À l’appui de mon opinion, ou plutôt des faits, je vais citer l'exemple de la colonie française du Poste Vincennes sur la Wabash (ou Ouabache), que je visitai après Gallipolis. Après trois jours de marche forcée, nous arrivâmes, le 24 Août 1706, au village louisianais nommé Poste- Vincennes sur la rivière Wabash. L'aspect du local est une prairie irrégulière d'environ trois lieues de long sur une de large, bordée de tous côtés de l’éternelle forêt, parsemée de quelques arbres et d’une quantité de plantes à ombelle, hautes de trois à quatre pieds. Des champs de maïs, de tabac, de bled, d'orge, de pastèques, même de coton, entourrent le village, composé d’une cinquantaine de maisons, dont la b'ancheur égaie la vue, après la longue monotonie des bois, . « Chaque maison, selon la bonne coutume canadienne, est isolée de toute autre, et environnée de sa cour et de son jardin, clos de palissades. Mon œil fut réjoui de la vue des pêchers chargés de fruits, mais attristé de celle de l’odieux stramonium,* qui foisonne universellement aux lieux habités, depuis Gallipolis et plus haut,
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