‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme]Chapitre 8 sur 90 · COLLEGE DE CHAMBLY · texte numérisé non relu

COLLEGE DE CHAMBLY

Flumina sœpe vides parvis è fontibus orta.

Parler des efforts qui se sont faits, depuis un certain nombre d'années, pour fournir à la jeunesse canadienne les moyens d’acquérir plus facilement une éducation ou élémentaire ou classique, ce serait répéter ce que nousavons dit déja plusieurs fois, ou dire ce que tout le monde connaît: mais personne n'a encore parlé, ni longuement, ni même brièvement, de l'établissement nouveau auquel nous donnons le nom qu’il a dans l'enüroit, et qu’il doit avoir ailleurs, celui de Collège de Chambly. Nous avons dit, il est vrai, au TomeÏIT, No. I, dela Bibliothèque Canadienne, que “Mr MicnauLrT, Curé de Chambly, avait posé la première pierre d’un édifice destiné à l’éducation dans sa paroisse; que le terrain avait été donné par Mr. Mignault luimême à la fabrique pour cet objet; que plusieurs des paroissiens avaient contribué à cette bonne œuvre avec une libéralité digne d’éloge, &c.” Nous annoncions par lä-même que ce nouvel établissement était le fruit du zèle et de la libéralité de Mr. le Curé et des principaux habitans de Chambly, favorisés par le dernier statut provincial pour la propagation de l'éducation dans cette province; mais nous ignorions qu’il devait êire le cinquième de nos collèges canadiens,* et nous n’aurions ‘imais pu imaginer qu'il se trouverait sitôt dans l’état florissant oi nous l'avons vu dernièrement.

Pour commencer par le matériel, l'édifice, qui n'est encore qu’un corps-de-logisauquel on se propose d'ajouter deux aîles, lorsque le besoin le raquerra, a 6!) pieds (mesure française) de longueur en-dedans des murs, sur 50 pieds de profondeur, aussi en-dedans des murs ; c’est-à-dire entre 64 et 65 pieds de front, en-dehors. Il a deux étages au-dessus du rez-de-chaussée, qui contient la cuisine, le réfectoire et les chambres des domestiques. Le premier étage comprend une salle de recréation de 35 pieds sur 25, un parloir, et la chambre du vice principal, ou vice-président, si nous pouvons nous servir de ces expressions, sur le de-

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Collège de Chambly. 25

vant ; et la salle d'étude, l’école française, la chambre de l'éconôme et un conidor, sur le derrière. Au second étage se trouvent le dortoir de 60 pieds sur 25; quatre chambres pour les professeurs, ou régens, et les classes, et un corridor.

La hauteur du rez-de-chaussée est de huit pieds, d’un plan-

cher à l’autre ; celle du premier étage de dix pieds, avec plafond ; et celle du deuxième étage, de neuf pieds, aussi avec plafond.

Le collège est bâti sur un cite élevé en comparaison de celui de la rue sur la rivière ; il est isolé de tout autre bâtiment, et éloigné du chemin passant, et conséquemment du bruit, et de la poussière, en été, et l’on y jouit constamment d’un air aussi salubre que la saison et Je temps le peuvent donner, La position du terrain n’a pas permis de faire de cet édifice un ornement immédiatement apparent pour le village, c’est-à-dire dele placer sur la rue principale, en face du bassin ; mais cet avantage est amplement compensé par ceux qui viennent d'être énumérés,

Le vers latin qui suit le titre est le motto adopté par le fondateur, que nous croyons pouvoir appeller présentement le principal du collège, pour être ‘nscrit sur une pièce de marbre, qui est, ou doit être placée au fronton, au-dessus de la porte principale de l'édifice. On construit maintenant une galerie partant des portes qui se trouvent dans les pignons, et régnant sur toute la devanture, pour servir de promenadé aux écoliers, lorsque l’état du terrain, aux environs, n’est pas favorable à cet exercise.

La pierre fondamentale à été posée le 12 Juin 1826, et le bâtie en s’est trouvé en état de servir à sa destination le ler Février

Quoiqu'encore dans son enfance, cet établissement procure déja une éducation élémentaire, mercantile ou classique, à 74 enfans ou jeunes gens, de Chambly, des paroisses des environs, même de nos deux villes principales, et de plusieurs endroits des Etats-Unis. Parmi les élèves américains, dont le nombre est as. sez considérable, il en est un de New-York, et un autre de Hartford, dans le Connecticut. JL y a actuellement dix-huit pensionnaires et quatre écoliers à demi-pension. Le prix pour les premiers est de £20 par an : les externes paient une piastre par mois.

Il y a présentement trois maîtres, ou régens, outre le vice-président, pour nous servir d’un terme usité dans les universités ou collèges des Etats-Unis. Ce dernier, tout en donnant.des leçons de théologie aux régens, qui sont de jeunes ecclésiastiques, veut bien se charger encore de l'enseignement des belles-lettres. Les trois ecclésiastiques enseignent, l’un, la lecture et la grammaire française ; un autre, la langue anglaise, l'écriture et

l'arithmétique ; il donné aussi des leçons de grammaire grecque Tom VIL-No. I, Ses En AE

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mais à un seul écolier, qui avait fait ailleurs un commencement d'études. Le troisième enseigue la grammaire latine, la grammaire française, et les élémens de la géographie.

Quant aux réglemens, ils sont les mêmes que ceux des autres collèges de la province, à l'exception des déviations qu'exige ou que permet la localité, et qui tendent toutes au plus grand bien-être des maîtres et des écoliers. Il est loisible, par exemple, aux pensionnaires d’aller, de temps à autre, fair: un repas champêtre, le diner ou le souper, dans les îles boisées qui se trouvent au bas des rapides, à l'entrée du magnifique Bassin de Chambly, et de prendre, aussi souvent que le temps et les circonconstances le permettent, l’exercise salutaire et recréatif du bain, dans la chaude saison, Comme le temps de Noël à l'Epiphanie est celui où les enfans, surtout ceux de la campagne, aiment le plus à se trouver chez leurs parens, à cause des fêtes, des visites, &e., on 8 cru qu’il conviendrait de partager les vacances en deux portions, l'une d’un mois, du Jer Septembre au ler Octabre, st l’autre de quinze jours, de la fête de Noël à celle des Rois inclusivement. L’uniforme des autres collèges canadiens a eté adopté pour celui de Chambly ; maisil n’est de rigueur que pour les pensionnaires et les écoliers à demi-pension.

Iyaun jeu de paume à chaque pignon du collège, dont la façade regarde le midi. Outre ce jeu, tes quilles, le trictrac, la bagatelle, les échecs, le baggamon, &c., servent tour à tour, ou suivant le goût, de recréation aux élèves,

Le site de Chambly est assurément un des plus beaux du Bas- Canada; pour en avoir au-mains une légère idée, qu’on se représente d’abord une île et une pointe charmantes; puis une suite de maisons, dont plusieurs ont de l'élégance et sont ombragées de hauts peupliers, avec une belle église, formant un village de plusieurs arpens de longueur presque en ligne droite; ensuite, sur une ligne faisant avec la première un angle presque droit, des maisons ou des magasins plus épars, et laissant voir dans leurs intervalles les champs et les bois plus éloignés; puis au bord de l'eau et sur le penchant de la eôte, une forteresse régulière et vénérabie par son antiquité ; un peu plus loin, uue église, petite mais élégante ; de grands hangards, de longues casernes, un village, en un mot, plus considérable que le premier, appellé le Canton, et qui par la variété de son sol, la beauté de plusieurs de ses bâtimens, ses moulins, ses belles rangées d'arbres, mériterait seul une description particulière ; auprès, des rapides écumeux et bruyants, des îles boisées au verdoyantes ; de l'autre côté de la rivière, les maisons de ferme à distanoes à peu près égales, et la plupart entourrées de grands et beaux arbres ; dans le lointain la haute et longue montagne de Rongement ; enfin la Pointe Olivier avec son village et sa belle église, et au milieu de tout cela, le suberbe élargissement de Ja rivière Riche-

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lieu appellé le Bassin de Chambly. C’est surtout lorsqu'on vogue sur cette magnifique nappe d’eau, par un bon jour, que le spectacle est vraiment enchanteur : les trois clochers du Village, du Canton et de la Pointe semblent représenter les extrémités d’an triangle scalène et presque droit, dont les côtés sont bordés d’objets qui, par la grandeur, la beauté et la diversité, frappent on ne peut plus agréablement les yeux du spectateur.

Si la situation offrait quelque désavantage, pat rapport au cok lège, ce serait peut-être sa trop grande proximité de Montréal, la distance d’un lieu à l’autre n’étant que d'environ eïinq lieues. Mais cet inconvénient, si c'en est un, est compensé, du moins jusqu'à un certain point, par la facilité de communication avec les états de Vermont et de New-York, qui ont commencé, et continueront sans doute, de fournir un bon nombre d'élèves à l'institution.

Ce serait peut-être ici le lieu de dire quelque chose de l'excellente école de filles tenne au même lieu, par les demoiselles Brousseau et VAILLANCOUR ; mais pour en parler avec connaissance de cause, nous attendrons Ics renseignemens que

ne tardera pas de fournir l'exemen public auquel ces estimables

institutrices ont commencé, nous dit-on, de préparer leurs élèves,

Ce

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