‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme]Chapitre 9 sur 90 · LE BARON MASERES · texte numérisé non relu

LE BARON MASERES

Dans un ouvrage sur la jurisprudence publié depuis peu, à Paris, M. Dumonr rapporte l’anccdote sulvante de feu le baron Maseres.

Après que M. Masères ent été admis au brrreau, il se passa un temps considérable sans qu’il obtint une seule cause. Un ami, qui pensait qu’il ne manquait qu’une occasion au jeune avocat pour déployer ses talens, engagea un procureur à lui confier une

| cause de grande importance pour les parties. Masères, après

l’avoir étudiée, s’ipperçut qu'elle était tout-à-fait injuste, et que

"4 la conséquence-de son succès serait la ruine de la partic adverse. 1} Mais il y avait dens la cause de cette dernière un point faible, 1 qui, si on n'y prenait garde, en occasionnerait la perte. Masères, au lieu de s'en réjouir, ou de se livrer aux sentimens que la per- .… spective du triomphe aurait pu inspirer à des âmes vulgaires,

se trouva agité de la plus grande inquiétude, et même tourmenté de lacrainte de voir une famille ruinée par un manque d’habi: leté ou d’attention pour sa defense. Dans sa replique, il: ne put s'empêcher d'attirer l'attention de l'avocat de sa partie adverse sur le point en question, etde lui suggérer tout ce qu'ilautait dû remarquer où qu’il avait oublié, En un moment, l'affaire pritune nouvelle tournure, et Masères perdit sa cause. Son ami l’acusat

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ensuite, et le complimenta sur sa délicatesse; mais il lui dit en même temps qu'il n'avait plus rien àespérerau barreau ; qu’il avait commis un crime irrémissible, en trahissant son client, et qu’à l'avenir aucun procureur ne lui confierait une cause de la moindre importance. L’avocat consciencieux reçut cette condamnation avec orgueil, et renonça à la loi pour se livrer aux mathé- | matiques, pour lesquelles il afait un goût particulier. Quelques années après, le même ami de Masères, dinant à la table de | lord SHELBURNE, qui était alors premier ministre, lui raconta | l’anecdote. % Vous m'avez rendu un service,” dit sa seigneurie | au narrateur : “ nous avons à nommer un juge pour le Canada, | “et si M. Masères veut accepter la place, elle lui sera donnée. Un avocat qui est trop scrupuleux pour sa profession doit faire | “ un excellent juge’ M. Masères accepta l'emploi, et s’en acquitta, pendant plusieurs années, à la grande satisfaction du pu- | [

j blic.* ‘ Cette anecdote,” dit M. Dumont, “ que je tenais de lord | “ Shelburne, (le marquis de LANDSDOWNE,) m'a été racontée th “ ensvite, avec tous les détails, par le baron Masères lui-même.” : hi

LES ORDONNANCES DE MILICE, Cour pu BANC Du Rot.—Québec, Cuasseur vs. HAMEr.

Cette cause importante a été mise devant la cour, Mercredi dernier, (24 Juin) et plaidée avec habileté gar le procureur géb néral pour le défendeur, l'avocat du demandeur n'ayant pas paru pour soutenir son exception, et le dernier jour du’ Tenine, les juges ont rendu leur jugement comme suit :—

Mr. le Juge en Chef Sewerr.—Cette cause est une action pour voie de fait. La déclaration du demandeur expose que le défendeur est entré dans la maison du demandeur, et y a saisi et vendu certains effets mobiliers appartenant au demandeur, sans être légalement autorisé à le faire ; et en conséquence il demande une compensation en dommages. Le défendeur, par une exception péremptoire en droit, justilie l'entrée, la saisie et la vente des effets en question, sous l’autorité d’un jugement rendu contre le demandeur par une cour martiale de milice, pour une amende de dix schelins par lui encourue en vertu des dispositions des ordonnances de la 27e Go. IIT, chap. 2, et de la

* M. lebaron Masères a été Avyocat-général dans’'ce pays, depuis 1766 jusqu'à 1769,

is il lui dit en eau ; qu'il avait client, et qu'à use de la mointte condamnaer aux mathéer. Quelques à la table de re, lui raconta | sa seigneurie ur le Canada, isera donnée.

:ssion doit faire loi, et s’en acfaction du putenais de lord \ été racontée res lui-même.”

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