CAISSES DE LA BIBLIOTHEQUE CIRCULANTE PRÊTES A PARTIR POUR TOULOI SE
L Association Valent in Haut/. 107
répertoire de fiches grâce auquel on évite de remettre en route vers le môme dépôt des volumes ayant déjà circulé depuis peu.
Ajoutons que l'Association Valentin Haiïy a installé deux petites bibliothèques locales à Lyon et à Marseille, sans préjudice d'autres à l'avenir, et qu'elle a formé un fonds spécialement destiné aux hôpitaux.
Le travail bénévole des copistes a fourni la plus grande partie des 50 000 volumes qui composent la Bibliothèque; mais les frais de reliure, la rétribution des aveugles pauvres qui recopient les volumes usés, le transport des bibliothèques circulantes, etc., imposent encore à l'Association une dépense annuelle de 19 000 francs. Actuellement, 55 lecteurs parisiens en moyenne viennent prendre ou envoient prendre chaque semaine des volumes à la Bibliothèque. On expédiait, avant la guerre, dans une année, environ 960 colis individuels pour la province. 1 100 aveugles environ sont servis, dans une année, par les bibliothèques
circulantes. Le nombre total des lecteurs s'élève aujourd'hui à 2 000. Ajoutons que le total des volumes prêtés, qui était de 22000 pour Tannée 1912, atteignait déjà 17 000 volumes pour les six premiers mois de 191 4 seulement. La moyenne des lecteurs lit 2 volumes par semaine ; un certain nombre, plus assidus et ayant plus de loisirs, en lisent environ 200 par an ; on en cite un, exceptionnel, qui, en 1912, en avait lu 090. Telle est l'œuvre considérable fondée par M. Maurice de la Sizeranne; car c'est bien à lui que les aveugles en sont tout d'abord redevables. L'Association Valentin Hai'iy n'était pas encore née lorsqu'il entreprit de constituer cette bibliothèque. On en a vu l'humble point de départ; on peut mesurer tout ce qu'elle a dû exiger de dévouement, d'énergie inlassable, d'esprit d'organisation. A ceux qui seraient tentés d'en contester les bienfaits, il suffira d'interroger les aveugles eux-mêmes. C'est eux maintenant, c'est l'expression enthousiaste de leur reconnaissance que nous allons écouter.
Les Bienfaits des « Livres blancs »
La Bibliothèque Braille peut être, en certains cas, d'une grande utilité pratique, en procurant aux aveugles les ouvrages dont ils ont besoin pour leurs études ou l'exercice de leur profession. De nombreux enfants reçoivent d'elle le syllabaire et les livres élémentaires à l'aide desquels des personnes dévouées peuvent commencer leur instruction; les jeunes gens lui empruntent les manuels ou les textes dont ils ont besoin pour la préparation de leurs examens. Un aveugle, qui passait en 1913 la deuxième partie du baccalauréat, y a trouvé
le Traité de philosophie de Gaston Sortais, en 59 volumes; d'autres viennent y chercher des livres pour le brevet simple ou le brevet supérieur. Elle fournit, au bon moment, à tel professionnel, l'ouvrage qui lui manque. « Une personne demande des leçons de piano ou de solfège à l'organiste aveugle du voisinage, mais elle tient essentiellement à conserver la méthode à laquelle elle est habituée; elle ne changera pas. L'aveugle n'a pas cette méthode, elle n'a pas été imprimée en points saillants; il va être obligé de renoncera des profils pourtant bien nécessaires dans sa modeste condition. Mais non, il écrit à la Bibliothèque, et tout de suite il reçoit le précieux livre. 11 ne perd pas son élève1. » Un prêtre aveugle, qui se donne à la prédication, a emprunté à la Bibliothèque en une année près de 400 volumes; il lit en prenant des notes pour la documentation de ses sermons; quand il part pour prêcher une