V. Poggendorf, Ribliog. scientif. art. Schall
Scheiner, Christophe.
Scheiner partage avec Galilée et Fdbricius la gloire d’avoir attaché son nom à la découverte des taches du soleil. <( La zone dont le noyau des grandes taches paraît toujours entouré, cette zone, notablement plus lumineuse que le noyau, notablement moins brillante que le reste du soleil, qu’on appelle la pénombre, a été découverte
par Scheiner. C’est aussi au Jésuite d’Ingolstadt qu’on doit d’avoir remarqué que le soleil est couvert d’un pôle à l’autre, soit de points lumineux et obscurs très petits, soit de rides vives et sombres extrêmement déliées, entre croisées sous toutes sortes de directions ; ces taches qu’il nomma des lucules font que la surface de l’astre parait pointillée. Les observations du P. Jésuite, longtemps suivies avec le plus grand soin, montrèrent que les taches proprement dites ne se forment que dans une zône étroite au nord et au midi de l’équateur solaire. Cette zône, Scheiner l’appelle la zône royale. Les tâches noires sont parfaitement terminées ; cette observation de Scheiner n’a pas été contredite.
Arago, Astronomie popul. t. 2, p. 110.
L’observation des taches a conduit à la connaissance du mouvement de rotation du soleil. C’est la découverte de Fabricius. Il restait à déterminer, avec exactitude, la durée de cette rotation et la position de l’axe autour duquel elle s’opère. Ces deux problèmes, ce n’est pas Galilée qui les a résolus.... Les dialogues ne parurent qu’en 1632, deux ans après la publication de l’ouvrage de Scheiner, de cette volumineuse Rosa Ursina (juin 1630) où le temps de la rotation apparente est indiqué entre 26 et 27 jours (les astronomes modernes ont trouvé 27 j, 5); où le pôle de rotation du soleil est placé à environ 7° du pôle de l’écliptique (on adopte aujourd’hui 1°, 9); où l’indication de l’époque de l’année, dans laquelle les pôles de rotation sont sur les bords du disque, conduit à la position des nœuds de l’équateur solaire.
Arago, ïbid.fp. 113, 114.
De la Lande a écrit sur le P. Scheiner ces mémorables paroles : « Quoiqu’il en puisse être de celui à qui le hasard a fait voir les tâches pour la première fois, il est sûr que personne ne les observa si bien et n’en donna la théorie astronomique d’une manière aussi complète que Scheiner.»
(Astron. t. III, no 3227).
Hévèlius cite Scheiner avec les plus grands éloges : « Incomparabilis et omnigenæ eruditionis virum.... ut in hac materia omnibus palmam quasi praeripuisse dici possit.»
( Selenographia , p. 82).
Le mouvement propre des taches solaires, si bien étudié, il y a quelques années par M. Carrington, fut remarqué par Scheiner. — « Il est bon de s’arrêter ici un instant pour montrer avec quelle netteté et quelle finesse les hommes de cette époque raisonnaient, lorsqu’ils trouvaient dans l’observation des bases suffisantes. Galilée, qui n’a pas suivi longtemps — et pour cause — ces phénomènes si intéressants par leur nouveauté , croyait que les taches étaient animées toutes du même mouvement angulaire ; il en concluait naturellement que ces taches sont placées à la superficie même du soleil. Scheiner au contraire, soutenait que les taches n’ont pas toutes le même mouvement et que, par suite, elles ne sont pas adhérentes au soleil lui-même. »
Faye, Annuaire du bureau des Longitudes, 1873 p. 452.
« Ce qui frappa le plus Laugier dans le cours de ses recherches délicates, ce fut la mise en évidence d’un fait
déjà entrevu par Scheiner, mais négligé ôü plutôt complètement oublié depuis plus de deux siècles. Les taches n’ont pas la même vitesse ; chaque tache suivant sa position donne une rotation différente ; elles ont aussi d’autres mouvements propres qui les font s’écarter ou se rapprocher l’une de l’autre. » Faye, ibid. p. 477.
Scheiner est aussi l’inventeur du Pantographe.
Ximenès, Léonard.
Géomètre, astronome, hydrographe distingué, le P. Xime~ nés, par l’étendue de ses connaissances et un dévouement sans bornes, rendit les plus grands services à son pays et à la science.
« Il n’est pas en Italie un seul État qui n’ait eu recours aux lumières du P. Ximenez et qui n’ait pu s’applaudir d’avoir suivi ses conseils. Il fut consulté par la cour de Rome, sur les moyens de dés sécher les marais Pontins, et de régulariser le cours des fleuves dans le Bolonais ; par les Vénitiens, au sujet des dégâts causés par la Brenta ; par les Lucquois, sur le lac Sextus ou Bientina, par les Génois , sur des aqueducs à construire, des routes à percer et d’autres objets importants. Mais les travaux qu’il a fait exécuter en Toscane suffisent pour lui assurer une réputation immortelle.... Quoique occupé presque sans relâche par les travaux dont on vient de parler, le P. Ximenès trouva cependant le loisir de faire une foule d’observations astronomiques importantes, et de publier un grand nombre d’écrits très estimés. Il était fréquem-
ment consulté par les savants ainsi que par les Académies qui s’étaient empressées de se l’associer... Il consacra les traitements qu’il recevait de ses divers emplois et les revenus de son patrimoine, à décorer la ville de Florence d’un des plus beaux monuments qu’elle possède pour les sciences : l’observatoire de San Giovannino.
Weiss dans la Biogr. univers. Art. Ximenès.
Zucchi, Nicolas.
Zucchi observa le premier les bandes de Jupiter. « Riccioli rapporte que les premières observations des bandes de Jupiter ont été faites à Rome par le P. Zucchi, le 17 mai 1630. Il cite aussi les Pères Zuppi et Bartoli, Jésuites, et Fontana comme ayant aperçu les mêmes bandes en 1633.
Arago, Astronomie popul. t. IV, p. 334.