‹ La bibliothèque des prédicateurs (volume 3)Chapitre 19 sur 55 · XXI. — On peut aussi montrer, en deux points différents · texte numérisé non relu

XXI. — On peut aussi montrer, en deux points différents

1°. Que c'est la piété et la dévotion qui ont introduit la fréquente communion ;

2°. Que c'est le libertinage et l'indévotion qui ont aboli la fréquente communion.

XXII. — Sur les communions sacrilèges. — On peut faire voir les abîmes d'iniquité où elles conduisent :

1er point. — Il suffit à un homme de rompre indignement ce pain de vie pour tomber insensiblement dans l'infidélité;

2e point. — Il doit craindre de devenir bientôt un impie et un homme sans religion ;

3e point. — Il doit appréhender de se voir bientôt un impudique. — En trois mots : perdre la foi, n'avoir horreur d'aucune impiété, se plonger dans toutes sortes d'ordures, sont trois effets presque inévitables d'une mauvaise communion.

XXIII. — Ce divin sacrement, qu'on appelle communément un sacrement de vie, devient un sacrement de mort à l'égard de la plupart :

1°. A l'égard du Fils de Dieu, que l'on fait mourir au-dedans de soi; 2°. A l'égard de nous-mêmes.

XXIV. — Autre dessein sur la communion mauvaise et sacrilège:

lPr point. — La grandeur et l'énormité de ce crime qui renferme : 1°.. Une ingratitude monstrueuse; 2°. Une perfidie horrible; 3°. Une profanation sacrilège de la chose du monde la plus sainte;

29 point. — Les suites et les effets ordinaires de cet horrible crime : — 1°. L'aveuglement d'esprit, qui fait qu'on ne voit point le danger évident de damnation auquel on s'expose; — 2°. L'endurcissement du cœur, que rien n'est capable d'amollir, témoin celui de Judas; — 3°. Le désespoir et l'impénitence : car, à la mort, quelle espérance peut-on avoir en ce Dieu qu'on a trahi, et qu'on a fait mourir d'une manière plus cruelle que ne firent les Juifs?

XXV. — Sur le même sujet, il faut montrer • — 1°. Que c'est un grand péché; — 2°. Que c'est le péché de bien des gens; — 3°. Que c'est le péché dont Dieu tire une plus terrible vengeance.

Pour le 1er point : C'est outrager le Fils de Dieu dans son propre corps, et profaner la chose la plus sacrée. Voyez comme Dieu veut qu'on traite les choses saintes, les temples, les autels. C'est se rendre coupable de son sang et de sa mort;

Pour le 2e : C'est le péché de bien des gens, et souvent de ceux qui crient le plus haut contre les communions indignes; et l'on pourrait dire de plusieurs ce que le Sauveur dit à l'occasion de Judas : Ecce qui intingit mecummanum in catino. Ecce: c'est ce juge inique et corrompu. Ecce : c'est ce débauché et ce voluptueux, qui n'est pas résolu à renoncer à ses débauches et à quitter l'occasion; c'est cette mondaine, cette hypocrite, etc.

Pour ce qui est du 3e, rien n'est plus aisé que de le justifier par les terribles châtiments que Dieu exerce sur eux dans le temps et dans l'éternité, sur l'âme et le corps, etc.

Page 1