XXVI. — Sur la mauvaise communion
1er point : — Comme rien n'honore plus Dieu qu'une bonne communion, rien aussi ne le déshonore davantage qu'une communion mauvaise et sacrilège ;
2e point : — Il n'y a point de crime qui offense Dieu plus outrageusement;
3e point : — Il n'y en a point que Dieu pardonne plus difficilement.
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Les Sources.
LLes SS. Pères]. — S. Cyprien, Serm. de Lapsis, parle de l'énormité du crime de ceux qui communient indignement.
S. Augustin, Epist. 118, ad Januarium, déclare nettement son sentiment sur les communions rares et fréquentes, et donne de judicieuses règles sur cela. — Le même, ou l'auteur des sermons ad Fratres inEremo, serm. 3, montre avec quelle pureté on doit recevoir ce sacrement par l'exemple des prêtres païens d'Ethiopie.
Origène,Homél. 15e sur le Lévitique : disposition avec laquelle on doit recevoir l'Eucharistie. — Homél. 35e sur S. Matthieu : ceux qui la reçoivent avec un mauvais dessein.
S. Basile, Homil. 1 de Baptismo : contre ceux qui reçoivent le corps du Sauveur en mauvais état ; avec quelles dispositions il faut le recevoir.
S. Jérôme, dans l'Apologie contre Jovinien, dit son sentiment sur la coutume, qui était à Rome de son temps, de communier tous les jours.
Le même, n in cap. 9 Zachariœ, expliquant ces paroles Quid bonum ejus et quid pulchrum ejus nisi frumenlum electorum, parle des effets propres de cette divine nourriture.
S. Ambroise, dans les livres de Sacramenlis, et particulièrement dans le v0 liv., dit de belles choses sur les dispositions qu'il faut apporter à ce sacrement, sur ses effets et sur la fréquente communion.
S. Grégoire, m in cap. 4, I. Regum, sur ces paroles, Percussit aulem Dominus de viris Bethsamitis, eo qaôd vidissent arcam Domini, parle fort au long de ceux qui traitent indignement ou peu respectueusement les saints Mystères.
S. Bernard, Sermo de Cœnâ Domini, fait voir les effets de ce sacrement, et comme nous lui sommes redevables de la victoire sur nos vices et nos passions.
S. Chrysostôme, Homél. 61, montre que celui qui ne veut pas recevoir la communion ne mérite pas d'assister aux prières communes des fidèles.
Le même, Homél. 3 sur l'Épître aux Éphésiens , montre que nous devons approcher avec respect de la sainte Table, et que nous ne devons point refuser de nous y trouver. — Homél. 17 sur l'Épître aux Hébreux : qui sont ceux qui s'en doivent approcher plus souvent ou plus rarement. — Homél. 7 sur le ch. 2 de S. Matthieu, il compare ceux qui communient en état de péché à Hérode, qui feignit de vouloir adorer le Messie après que les mages l'auraient trouvé. — Homél. 45 sur S. Jean, après
avoir établi que c'est le pain de vie, il parle des effets qu'il a et de la force qu'il nous communique, etc. — Homél. 24 sur l'Épître aux Corinthiens : avec quelle disposition il faut en approcher. — Homél. 28 : énormité du crime de ceux qui communient indignement. Id. au sermon 3 sur l'Épître aux Éphésiens. — Homél. 60 au peuple d'Antioche : avec quelle pureté nous devons approcher de cet auguste sacrement. — Homél. 5 sur la lre à Timothée : pour approcher de la sainte Table, il faut moins avoir égard à la longueur du temps que l'on a communié qu'à l'état de la conscience.
[Les livres spirituels]. — Thomas à Kempis, 1. iv de l'Imitation de Jésus- Christ.
Denys-le-Chartreux, in Operibus Minor., tom. 2.
Louis de Grenade.
Alphonse Rodriguez, De laperfect., traité 7, 2e partie.
Louis Du Pont, De la Perfect., traité 4.
S. François de Sales, Introduction à la vie dévote, part. 2, ch. 20 et 21.
Recupitus, De signis prœdest., etc., X.
Le P. Nouet, Méditations sur la vie de Jésus - Christ dans le Saint- Sacrement.
Le P. Nepveu, Entretiens durant l'octave du Saint - Sacrement. — Réflexions chrétiennes, tome 2 et tome 4.
Le P. Croiset, Réflexions chrétiennes, parle des dispositions nécessaires pour communier tous les jours.
Le P. Caussin, dans la Cour Sainte, liv. m, sect. 12, traite de la pratique de la communion.
Le P. Vaubert, Traité de la communion : excellent ouvrage.
Le Catéchisme du concile de Trente, sacrement de l'Eucharistie.
[Les prédicateurs]. — Le P. Castillon, dans son octave sur les desseins de Jésus- Christ dans l'institution du Saint - Sacrement de l'Autel, a un sermon sur la fréquente communion.
Le P. de la Rue, sermon pour le jour des Rameaux. — Octave, dernier sermon.
Le P. de Lingendes, 2e sermon de son Octave écrite en latin, parle des effets de ce sacrement, d'où il conclut que c'est un sacrement d'amour. — Dans le 7e sermon, explique l'union qui est entre le corps du Fils de Dieu et celui qui le reçoit.
Le P. Texier a aussi dans son Octave quelques sermons sur ce sujet.
[Recueils]. — Louis de Grenade, Titul. Eucharistia, dans ses lieux communs.
Busée a mis en ordre, dans six chapitres de son Viridarium, tout ro qu'il a pu trouver sur la communion, Tit. Eucharistia. Labatha s'est encore plus étendu sur ce sujet, Tit. Eucharistia. Raynerius de Pisis, Tit. Eucharistia.
Lohner, Tit. Eucharistia,
§ III
Passages, exemples et applications de l'Écriture.
Panis cor hominis confirmet. Ps. 102.
Calix meus inebrians quàm prœclarus est! Ps. 22.
Calicem salutaris accipiam, et nomen Domini invocabo. Ps. 115.
Edent pauperes et saturabuntur , et laudabunt Dominum quîrequirunt eum; vivent corda eorum in sœculum sœculi.
Ps. 21.
Et ambulavit in fortitudine cibi illius quadraginta diebus et quadraginta noctibus. ni Reg. 19.
Venite, comedite panem meum, et bi~ bite vinum quod miscui vobis. Prov.
ix, 5.
Angelorum escâ nutrivisti populum tuum, et paratum panem de cœlo prœstitisti illis sine labore, omne delectamentum in se habentem, et omnis saporis suavitatem. Sapient. xvi, 20.
Quid enim bonum ejus est, et quid pulchrum ejus, nisi frumentum electorum et vinum germinans virgines ? Zachar. ix, 17.
Haurietis aquas in gaudio de fontibus Salvatoris. Isaiae, xn, 3.
Coinquinabar in medio eorum. Ezecli.
xxn. 26.
Ecce ego vobiscum sum omnibus diebus usquè ad consummationem sœculi.
JMatth. xxviii, 20.
Nisi manducaveritis carnem Filii hominis et biberitis ejus sanguinem, non habebitis vitam in vobis. Joan. vi, 54.
Panis quem ego dabo caro mca est, pro mundi vitâ. Ibid.
Que ce pain fortifie le cœur de l'homme.
Que mon calice, qui a la force d'enivrer, est admirable !
Je prendrai le calice du salut, et j'invoquerai le nom du Seigneur.
Les pauvres mangeront, et ils seront rassasiés ; et ceux qui cherchent le Seigneur le loueront ; leurs cœurs vivront dans toute l'éternité.
Élie étant fortifié par cette nourriture, marcha quarante jours et quarante nuits.
Venez, mangez le pain que je vous donne, et buvez le vin que je vous ai préparé.
Vous avez donné à votre peuple la nourriture des Anges-, vous avez fait, pour lui, pleuvoir du ciel un pain préparé sans aucun travail, qui renfermait en soi tout ce qui peut être agréable au goût.
Qu'est-ce que le Seigneur a de beau et d'excellent, sinon le froment des élus et le vin qui fait germer les vierges?
Vous puiserez avec joie les eaux salutaires de la grâce dans les sources du Sauveur.
J'étais déshonoré honteusement au milieu d'eux. (N.-S.)
Je serai toujours avec vous jusqu'à la consommation des siècles.
Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous.
Le pain que je donnerai, c'est ma chair, que je dois immoler pour la vie du monde.
Hic est partis de cœlo descendens, ut, si quis ex ipso manducaverit, non moriatur. Joan. vi.
Qui manducat meam carnem et Mbit meum sanguinem habet vitam œternam, et ego ressuscitabo eum in novissimo die. Ibid.
Caro mea verè est cibus, et sanguis meus verè est potus. Ibid.
Si quis manducaverit ex hoc pane, vivet in œlernum. Ibid.
Probet autem seipsum homo, et sic de pane Mo edat, et de calice bibat. I Cor. xi, 28.
Quotiescumque manducabitis panem hune et calicem bibetis, mortem Domini annuntiabitis, donec veniat. Ibid.
Quicumque manducaverit panem hune vel biberit calicem Domini indigne, reus erit corporis et sanguinis Domini. Ibid.
Qui manducat et Mbit indigne, judicium sibi manducat et Mbit, non dijudicans corpus Domini. Ibid.
Calix benedictionis cui benedicimus nonne communicatio sanguinis Çhristi est? et panis quem frangimus nonne participatio corporis Domini est ? I ad Corinth. x. 16.
Non potestis calicem Domini bibere et calicem dœmoniorum ; nonpoiestis mensœ Domini participes esse et mensœ dœmoniorum. Ibid.
Sicut misit me vivens Pater, et ego vivo pr opter Patrem; cl qui manducat me, et ipse vivet propter me. Joan. vi,
Erant persévérantes in communication fractionis panis. Act. n, 42.
Irritant quis faciens legem Moysi sine ullâ miseratione moritur, quanta mag\s putatis détériora mereri supplicia, qui Filium Dei conculcaverit, et sanguinem teslamenti pollutum duxerit ? Ilebr. x, 28.
Anima nostra jam. nauseat super cibo itto levissimo. Nuraer. xxi, 5..
Panem rmstrum quotidianum da nobis hodib. Luc. xr.
Aruit cor meum, quia oblilus sum comedere panem meum. ps. 101.
Voici le pain qui est descendu du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point-
Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour.
Ma chair est véritablement une nourriture, et mon sang est véritablement un breuvage.
Celui qui mangera de ce pain vivra éternellement.
Que chacun donc s'éprouve soi-même, pour manger de ce pain et boire de ce calice.
Toutes les fois que vous mangerez ce pain et que vous boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne.
Quiconque mangera de ce pain ou boira de cette coupe indignement sera coupable de crime contre le corps et le sang de Jésus-Christ.
Celui qui en mange et en boit indignement mange et boit sa condamnation, faute de discerner le corps du Seigneur.
N'est-il pas vrai que le calice de bénédiction que nous bénissons est la communion du sang de Jésus-Christ ? et que le pain que nous rompons est la communion du corps du Seigneur?
Vous ne pouvez pas boire le calice du Seigneur et le calice des démons, vous ne pouvez pas participer à la table du Seigneur et à la table des démons.
Comme mon Père qui m'a envoyé est vivant, et que je vis par mon Père, de même celui qui me mange vivra aussi pour moi. »
Ils persévéraient dans la communication de la fraction du pain.
Celui qui viole la loi de Moïse est condamné à mort sans miséricorde : combien donc croyez-vous que celui-là sera digne d'un plus grand supplice qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, et tenu pour une chose vile et profane le sang de l'alliance ?
Notre âme est déjà dégoûtée de cette mode si légère (l'aliment terrestre).
Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour.
Mon cœur s'est desséché, parce que j'ai oublié de manger mon pain.
EXEMPLES OU FIGURES DE L* ANCIEN-TESTAMENT
[La manne]. — Tout le monde sait que la manne a été une des principales figures de l'Eucharistie ; le Fils de Dieu même l'insinue, lorsqu'il donne la préférence au pain céleste et vivant, qu'il veut donner aux hommes dans la nouvelle loi, sur cet ancien pain fait de la main des Anges. La ressemblance de ces deux mets célestes se trouve particulièrement dans leurs effets, en tant que la manne avait toutes sortes de goûts, comme a maintenant l'Eucharistie: l'une pour le corps, et l'autre pour l'esprit; mais le Sauveur y a mis cette différence, que la manne ne garantissait point les Israélites de la mort, au lieu que l'Eucharistie donne droit à nos corps de ressusciter un jour, et à nos âmes, de vivre de la vie de la grâce et de la gloire: Patres veslri manducaverunt manna etmortui sunt : qui manducat hune panem vivet in œternum.
[L'arche d'alliance]. — L'arche de l'ancienne alliance a aussi été la figure du sacrement de la nouvelle. Cette arche était la consolation des peuples, leur refuge et leur force, lorsqu'ils étaient pressés par leurs ennemis : cependant elle causa la perte des Bethsamites; et Deu en extermina plus de cinquante mille, parce qu'ils la regardèrent avec peu de révérence. Oza fut aussi frappé de mort, dans l'instant même, parce qu'il eut la témérité d'étendre la main pour la soutenir; mais Obédédom la vit dans sa maison avec un sort bien différent, et le Seigneur le combla de bénédictions et de prospérités, pour récompenser la piété et la religion avec laquelle ce saint Israélite l'avait reçue. Ce sont des instructions pour nous. Car, si Dieu a traité avec tant de rigueur ceux qui n'ont pas rendu à la figure tout le respect qui lui était dû, de quelle sévérité n'usera-t-il point à l'égard de ceux qui n'auront pas pour la réalité cette religion profonde qu'elle exige de tous ceux qui en approchent? et que n'est- on pas obligé de faire pour ne pas changer en un poison funeste ce qui nous est donné pour le remède de tous nos maux, et pour ne point trouver malheureusement la mort dans la source de la vie?
[Le festin d'Assuérus]. — Le festin d'Assuérus dura la moitié d'une année sans discontinuer ; et l'Écriture remarque que cette dernière circonstance fit admirer la magnificence de ce prince par toute la terre. Le festin de Jésus-Christ dans l'Eucharistie ne durera pas un an, mais il durera jusqu'à la consommation des siècles : Ecce ego vobiscum sum usquè ad consummationem sœculi. Quelque magnificence qu'il y eût dans le festin d'Assuérus, et qu'il puisse y avoir dans ceux que l'on fait en ce monde, il faut toujours avouer que leur peu de durée en rendlajoie fort imparfaite: il n'en est pas ainsi du festin du Fils de Dieu, puisqu'il durera jusqu'à la fin des siècles. S'il ne durait qu'un jour, on pourrait peut-être dire que le
temps est passé et qu'il n'est plus permis d'y revenir ; il recommence tous les jours, et il est en notre pouvoir de nous servir de cette divine nourriture.
[L'agneau paschal]. — L'agneau paschal a été une autre figure de ce divin sacrement, et qui n'est pas moins connue que la première. On sait avec quelles cérémonies il était premièrement immolé, et ensuite mangé avec des pains sans levain : ce qui représente l'Eucharistie, en qualité de sacrifice, de sacrement et de nourriture : en quoi cette figure paraît plus noble que les autres, puisqu'elle représente tous les rapports sous lesquels on peut considérer l'Eucharistie.
[Le buisson ardent]. — Quand Dieu se manifesta la première fois sous l'image d'un buisson ardent, Moïse, étonné de cet objet, voulut s'en approcher pour en reconnaître plus particulièrement la merveille : mais dans ce moment il entendit une voix : Solve calceamenta pedum tuorum : locus in quo stas terra sancta est. Dieu arrête le mouvement téméraire et précipité qui porte Moïse vers le buisson; parce que, quand il s'agit de sa présence, l'homme ne saurait jamais apporter trop de précaution ni agir avec trop de retenue ; et, quant au commandement qu'il lui fit de déchausser ses souliers, il est constant que, sous la figure de cette action corporelle, il voulut lui commander une sanctification intérieure : car c'est comme s'il lui eût ordonné de se dépouiller de tout ce qu'il pouvait avoir de bas et de terrestre, et de se purifier de ses anciennes souillures. Ce qui nous apprend avec quelle pureté nous devons approcher de l'Eucharistie, où le Fils de Dieu est présent d'une manière tout autre que dans le buisson, puisque son corps et son sang y sont réellement et véritablement présents, et ensuite sa personne et sa divinité. D'où l'on doit juger combien il est nécessaire de le recevoir avec le recueillement de toute notre âme et l'élévation de toutes nos pensées au-dessus des choses terrestres.
[Le pain que mangea Élie]. — Souvenons-nous de ce qui arriva au prophète Élie. Il fuyait les persécutions de la cruelle Jézabcl ; et, après avoir erré dans une solitude affreuse sans nul rafraîchissement, fatigué du chemin, épuisé de forces, il se coucha par terre pour prendre un peu de repos. N'est-ce pas là une peinture naïve de l'état où se trouvent tous les jours une infinité de chrétiens ? A peine ce prophète fut-il endormi qu'un ange lo, réveilla en lui criant: « Levez-vous et mangez. » Il obéit, et sitôt qu'il eut goûté d'un pain cuit sous la cendre qu'il trouva auprès de sa tête, ses forces revinrent; il marcha sans peine jusqu'à la montagne d'Oreb. On peut dire la morne chose aux âmes faibles et languissantes : « Levez-vous ; prenez et mangez ce pain céleste de l'Eucharistie, dont le pain d'Élie n'était que La figure, el vous vous sentirez fortifiées; vous marcherez à grau .1- jus dans les sentiers delà vertu; vous vous élèverez à la plus sublime perfer-
28 i COMMUNION.
tion, représentée par cette montagne, dont le nom signifie vision de Dieu. Il est vrai que ce prophète, après avoir mangé la première fois de ce pain, retomba dans son assoupissement, mais l'Ange lui ordonna d'en manger de nouveau : pour nous apprendre que, si une communion ne rehausse pas entièrement notre cœur, nous devons la réitérer jusqu'à ce que nous ayons rallumé notre première ferveur.
[Quelques autres figures]. — Nous voyons dans le Lévitique que celui qui, étant immonde, avait la hardiesse de participer aux victimes sanctifiées par l'offrande que les enfants d'Israël en avaient faite au Seigneur, était condamné à mort : Omnishomo quiaccesserit adea quœ consecralasunt,et quœ obtuler uni filii Israël Domino, in quo est immunditia, peribit coràm Domino. (Levit. 22). Nous lisons dans les Nombres que les enfants d'Aaron, pour avoir porté sur l'autel un feu étranger, furent consumés par une flamme vengeresse qui en sortit. Nous trouverons dans le IIe des Rois qu'Oza, pour avoir eu la hardiesse de toucher l'arche n'étant pas prêtre, fut mis à mort par le Seigneur qui ne put souffrir des mains si hardies, quoiqu'elles ne se fussent étendues que pour le soutien de l'Arche qui chancelait, combien donc plus justement méritent la mort ceux qui participent indignement, non à la chair morte des agneaux et des taureaux, mais à la chair vivante, immortelle et divine de Jésus -Christ !
EXEMPLES OU PARABOLES DU NOUVEAU-TESTAMENT
[La robe nuptiale]. — Pour assister à ce festin céleste et communier dignement, il faut être en grâce et avoir la charité. Nous en avons une belle figure dans la parabole de l'Evangile, où celui qui était entré au festin des noces sans avoir la robe nuptiale en fût chassé honteusement. Le roi, ne pouvant souffrir l'insolence qu'il avait eue de se présenter à sa table en si mauvais état, commanda qu'on l'en arrachât avec violence et qu'on le jetât, mains et pieds liés, dans les ténèbres extérieures. C'est la charité qui est cette robe nuptiale dont il faut se revêtir pour entrer dans la salle du céleste banquet, si l'on ne veut encourir l'indignation de celui qui nous y invite, et s'exposer aux plus terribles châtiments. Et il n'est pas nécessaire qu'elle soit parfaite pour être admis à cette table. — C'est ce que le Sauvaur nous enseigne, quand, sous la parabole d'un père de famille qui invite à son festin les malades, les aveugles et les boiteux, il appelle à sa sainte table ceux mêmes qui sont encore imparfaits; c'est ce que nous enseigne l'ancienne pratique de l'Eglise, qui donnait la communion aux petits enfants et à tous les adultes, le jour même qu'ils étaient baptisés, et aux hérétiques le jour qu'ils étaient réconciliés; car il est évident que ni les uns ni les autres n'étaient encore arrivés à une haute perfection; et, quand on la différait à certains pécheurs longtemps après leur confession, ce n'était point que l'Église jugeât qu'il fallût avoir une
PARAGRAPHE TROISIEME. 28b
perfection extraordinaire pour communier, mais c'était pour s'assurer de la sincérité de leur conversion, et pour leur donner, par une si rigoureuse punition, plus d'horreur de leurs crimes.
f Jnda]. — Le malheureux Judas est un exemple terrible pour ceux qui communient indignement: et posl buccellam inlroivit in eum Salhanas. Il n'eut pas plutôt reçu indignement le corps de son maître, qu'il fut livré à la puissance du démon, qui en prit une nouvelle possession. Avant ce péché, le Fils de Dieu lui avait donné de puissantes inspirations pour le retirer de l'avarice à laquelle il était enclin; il lui avait donné le pouvoir de faire des miracles; il l'avait comblé de ses faveurs et de ses grâces: mais, dès qu'il eut l'insolence de manger son corps et de boire son sang en état de péché, il fat livré au pouvoir de Satan. Le Fils de Dieu permit que le démon s'emparât de lui, et qu'il le portât ensuite à trahir son maître, et le poussât enfin dans le désespoir, pour faire comprendre à tout le monde la grandeur de son crirïie par la grandeur de son châtiment.
APPLICATIONS DE L'ÉCRITURE
In quocunque die comederis ex eo , morte morietis. (Gènes, n). — Le démon tient à notre égard une conduite opposée à celle qu'il a tenue avec tant de succès à l'égard de nos premiers parents. Dieu leur ayant défendu, sous peine de mort, de manger d'un certain fruit, le démon entreprit de leur persuader qu'au lieu de mourir en le mangeant ils deviendraient des dieux, et par malheur il ne réussit que trop bien dans son entreprise. Mais le Sauveur, pour nous attirer à la communion, nous assure que ce pain céleste nous communiquera une vie immortelle et divine, et nous menace de la mort si nous n'en usons. Or, que fait le démon pour s'opposer en tout aux desseins du Fils de Dieu ? il fait accroire à plusieurs que, s'ils le mangent, ils y trouveront la mort, parce qu'ils ne sont pas dignes d'en approcher. C'est une remarque de l'abbé Rupert.
Le démon tenta encore nos premiers pères en leur disant : « Mangez ce fruit et vous serez comme des dieux : Eritis sicut dii. » Ils le crurent préférablement à la parole de Dieu même, qui les avait menacés de la mort au moment où ils en goûteraient. Pour remédier à ce désordre, le Sauveur nous tente à son tour et nous dit : « Mangez mon corps, buvez mon sang, et vous deviendrez des dieux. » En effet, ce pain céleste est d'une nature bien différente de celle du pain ordinaire. Nous ne le changeons pas en notre substance quand nous le prenons ; c'est lui, au contraire, qui nous change : ce qui se doit entendre moralement, dans ce sens qu'il nous rend semblables à lui. C'est la pensée de S. Augustin, qui fait dire au Sauveur: Non ego mulabor in te, sed tu mulaberis in me.
Exi à me, quia homo peccator sum. (Luc. v). — Ce furent les paroles de
l'Apôtre S. Pierre quand il se défendit, par une humilité hors de saison, de l'honneur que son Maître lui voulait faire en lui lavant les pieds. Ce sentiment est bon et juste dans un chrétien que le Fils de Dieu invite à sa table ; mais il ne doit pas le détourner d'en approcher et d'y recevoir son Sauveur ; autrement, ce serait s'exposer à la menace qu'il lit à ce même Apôtre: Sinon lavero te,no7i habebis parlem mecum. Jugeons-nous toujours indignes de cette grâce; mais, quand nous pouvons la recevoir, ne nous en privons pas.
Qui manducat meam carnem et bibit meum sanguinem, in me manet et ego in eo. (Joann. vi). — Il faut conclure de ces paroles que cette viande et ce breuvage sont bien autrement unis à notre substance que ne le sont nos aliments ordinaires. Car, quoique l'on dise que celui qui prend quelque nourriture Ta au-dedans de soi, on ne s'est jamais avisé de dire qu'il demeure dans cette nourriture; on parlerait même improprement, si l'on disait que cette nourriture demeure en lui, puisqu'elle est corruptible et qu'elle se convertit en sa substance.
Adhùc escœ eorum erant in ore ipsorum, et ira Dei ascendit super eos. (Ps. 77). — On peut dire de ceux qui communient indignement ce que le Prophète royal dit des Israélites lorsque, dégoûtés de la manne que Dieu leur avait donnée pour les nourrir dans le désert, ils demandèrent d'autres viandes et regrettèrent celles qu'ils avaient quittées dans l'Egypte: savoir, que la colère de Dieu éclata sur eux, quand ils avaient encore dans la bouche les viandes qui leur avaient été envoyées par un miracle. En effet, dans l'instant même où l'on reçoit en état de péché mortel ce mets sacré, on mange son jugement et sa propre condamnation. Vous diriez que, comme les choses qui nous servent de nourriture s'incorporent et s'unissent si étroitement à nous, qu'il est impossible ensuite de les en séparer; ainsi la colère de Dieu, dont notre jugement et notre condamnation sont l'effet propre, demeure comme attachée à notre propre personne par une communion sacrilège.
Caro mea verè est cibus, et sanguis meus verè est potits. (Joan. vi). — ■ S. Ambroise (au liv. v des Sacrements, ch. 4), fait mention de deux sortes de transmutations dans cet adorable mystère, et môme prétend que l'une sert de preuve à l'autre. La première est un changement miraculeux de la substance du pain et du vin en la substance du corps et du sang de Jésus- Christ, et la seconde, qui, pour n'être que morale, ne laisse pas d'être miraculeuse et au-dessus des forces de la nature, est un changement du vieil homme en l'homme nouveau, puisqu'après une bonne communion on change de mœurs, de conduite, de désirs, d'affections ; on quitte ses vieilles habitudes, et on en prend de toutes contraires : ce qui a fait dire à S. Augustin : Périt quodam modo humana mens, et fit divina. (In Ps. 35).
Voici encore quelques passages de l'Ecriture, dont on peut faire une heureuse application à ce sujet :
Si vel vestimentum ejus leligero, salva ero. (Marc. v).
Qui intingit mecum mannm in paropside,hic me tradet. (Matth. xxix, 29).
Ecce teligit hoc labia tua. (Isai. vi).
§ iv.
Pensées et passages des SS. Pères.
Dùm caro corpore et sanguine Christi vescitur, de Deo anima saginalur. Tertul. De resurrect. carn. 8.
Hune panem dari quotidiè postulamus, ne, dùm, absentes et non communicantes, à cœlesti Pane prohibemur , à Christi corpore separemur. Cyprian. de Orat. dominicâ.
Timendum est et orandum ne, dùm quis abstinens separatnr à Christi corpore, procul remaneat asalute, comminante ipso et dicente : « Nisi manducaveritis carnem Filii hominis, non habebitis vitam in vobis. » lbid.
Mens déficit quam recepla Eucharistia non erigit. Cyprian. Epist. 30.
Quos excitamus et hortamur ad prœlium non inermes nudosque relinquimus, sed protectione corporis et sanguinis Christi munimus. ld. Epist. 45 ad Cornel.
Eucharistia fldelem à se aliénât, et ex terreno facit cœlestem. Id. II. Epist. 3. ad C.Ecil.
Qui sumit Eucharistiam indigné reus est carnis dominicœ, ac si Dominum occidisset et sanguinem ejus fudisset. ld. Tract. <ii' la
Quomod'o morietur cui cibus vita est?
Amhroa. serin. 18 iu Ps. 118.
Ille panis vitœ œternai qui animam nostram fulcit. Ambros. in Ps. 118.
Chriêtus mihi cibus , Chrislus mihi
Pendant que notre chair est nourrie du corps et du sang de Jésus-Christ, l'âme est pour ainsi dire engraissée de Dieu même.
Nous demandons tous les jours à Dieu ce pain, de peur qu'en étant séparés, et ne le recevant point dans la communion, nous ne soyons en même temps séparés du corps mystique de Jésus-Christ.
Il y a à craindre que celui qui s'abstient de la communion, et se sépare du corps du Sauveur, ne s'éloigne en même temps du salut éternel : car lui-même norls menace et déclare que, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, vous n'aurez point la vie en vous.
Il faut que l'âme soit dans une entière défaillance, lorsque la divine Eucharistie ne l'excite et ne la relève pas.
Nous n'exposons pas sans armes et dénués de tout secours ceux que nous exhortons à combattre (contre les tyrans et les persécuteurs), mais nous les munissons de la protection du corps et du sang de Jésus-Christ.
L'Eucharistie élève le fidèle au-dessua de lui-même, et d'un homme terrestre fait un homme tout céleste.
Celui qui reçoit indignement l'adorable Eucharistie est coupable de la chair du Seigneur, comme s'il lui avait donm!' la mort et s'il avait versé son sang.
Comment celui-là pourrait-il mourir éternellement, à qui la vie même sert d'aliment?
C'est le pain de la vie éternelle qui nourrit et soutient notre Ame.
JÉ9US-CHRI8T <'st mon aliment, .1
potus : non jàffl ad satielatcm met annuos exspecto proventus ; Christus mihi quotidic ininhtratur. Id. ibitl.
Vivificat corpus Christi, et ad incorruplionem suâ participatione perducit.
Cyrill. Alex. inJoan. m, 57.
Christus in hoc sacramento sœvientem membrorum legcm sedat, collisos redintegrat,perturbationes animi extinguit. Id. iv, in Joan. 17.
Quemadmodùm si quis igné liquefactam ceram alteri cerœ similiter liquefactœ ita misaient, ut unum quid ex utrisque factum videatur, sic comniunicatione corporis et sanguinis Christi, ipse in nobis est et nos in ipso. Id. x,
Communicare per singulos dies etparticipare de sacro corpore et sanguine Christi, pulchrum est et valdè utile, ipso manifesté dicente : « Qui manducat meam carnem et bibit meum sanguinem, habet vitam œternam. » Basil, ad Cœsariam patriciam.
Quid est proprium eorum qui manducant panem et bibunt poculum Dei? Ut jam non sibi vivant, sed ex qui pro ipsis mortuus est. Id.
Convenistis frangentes panem unum, qui pharmacum immortalitatis est, antidotum ne moriamur , sed vivamus semper in Jesu-Christo. Ignatius martyr, Epist. ad Ephes.
Dedi eis usum corporis mei, ipse et cibus et conviva. Hieronym. in cap. n Oseae.
Corpus nostrum consequitur immortalitatem, corporis Christi immortalitati conjunctam. Greg. Nyss. Orat. catech. 57.
Deiftca communio. Diouys. de eccles. Hierarch. i.
Mternœ vitœ esca. Hilarius de Trinit.
Punici christiani sacramentum corporis Christi nihil aliud quàm vitam vocant. August. De merit. et remiss. 24.
Corpore et sanguine quo quotidiè in Ecclesiâ pascimur et potamur, participes unius summœ charitatis eflicimur.
August. iLid. H.
CEBI8T est mon breuvage ; je n'ai pas besoin de revenus chaque année pour me rassasier, puisqu'on me donne tous les jours Jésus-Christ pour nourriture.
Le corps de Jésus-Christ est vivifiant, et rend incorruptibles ceux qui y participent.
Ji'.si s-Christ, dans ce sacrement, réprime la loi des membres qui se révoltent contre l'esprit, rétablit les forces de ceux qui sont affaiblis, et calme les troubles de l'esprit.
Comme quand on mêle une cire fondue et liquéfiée par le feu avec une autre toute semblable, en sorte que des deux il ne s'en fait qu'une, de même, par la communion du corps et du sang de Jésus- Christ, il est dans nous et nous dans lui.
Communier tous les jours et participer au corps et au sang de Jésus-Christ, c'est une chose bonne et très-utile, puisque lui-même nous dit expressément : « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle. »
Quelle est l'obligation particulière de ceux qui mangent le pain et qui boivent la coupe du Seigneur? C'est de ne plus vivre pour eux, mais pour celui qui est mort en leur faveur.
Dans les assemblées des fidèles vou9 rompez un seul et même pain, qui est le remède pour obtenir l'immortalité , et l'antidote qui , nous préservant de la mort, nous fait vivre éternellement en Jésus-Christ.
J'ai donné aux hommes mon propre corps pour aliment, et suis tout ensemble leur mets et leur convive.
Notre corps acquiert Timmortalité, lorsqu'il est uni à l'immortalité du corps de Jésus-Christ.
La communion rend l'homme tout divin.
C'est un mets qui donne la vie éternelle.
Les chrétiens de Carthage ne donnent point d'autre nom au sacrement du corps de Jésus-Christ que le nom de Vie.
Par le corps et le sang qui nous servent tous les jours de mets et de breuvage dans l'Église, nous sommes faits participants d'une charité toute divine.
Non quod videtur sed quod creditur pascit. Id. contra Faustum.
Ille non audet honorando suniere, et ille honorando non audet ullum diem prœtermittere : contemptum solum non vult cibus iste. August. 60, in Joann.
Peccata si non tanta sunt ut excommunicandus quisque videatur, non débet se à quotidianâ medicinâ dominiez corporis separare. Id. Ibid.
Quotidiè Eucharistiœ communionem percipere nec laudo nec reprehendo :
omnibus tamen dominicis diebus suadeo et hortor, si tamen mens sine voluntate peccandi sit, Auct. lib. De Eccles. dogmat. qui tribuitur Augustino.
Accipe quotidiè quod quotidiè tibi prosit; sic vice ut quotidiè merearis accipere. Qui non meretur quotidiè accipère non meretur post annum accipere.
Ibid.
Batum nobis est pignus in quo sentimus ejus dulcedinem, et desideramus ipsum vitœ fontem, ubï sobriâ ebrielate inundamur. Talis ebrietas non evertit mentem, sed rapit sursùm, et oblivionem prœstat omnium terrenorum. August. De agone ohristiano.
Dominus Angelorum factus est homo, utpanem Angelorum monducaret homo.
Id. serm. 13. De teinp.
Illud bibere, quid est nisi viverel manduca vitam, bibe vitam. Id. Homil.
De verbis Doin.
Cùm cibo et potu id appetant homines ut non esuriant neque siliant, hoc verb 11011 prœstat nisi ille cibus etpotus qui e°s à quibus sumitur incorruptibles facit et immortalcs. August. 20 in Joann.
Cibus sum grandiorum : cresce , et manducabis me : nec tu me mutabis, sicul cibum carnis, in te; sed tu mulabera m me. m. 7 Confess.
In Christi corpore vila noslra consis-
tit ; mulet ergo vUam qui vult accipere t. n
Ce n'est pas ce que nous voyons, ce qui tombe sous nos sens, qui nous nourrit dans l'Eucbaristie , mais ce que nous croyons ^ce qui est caché).
Celui-là n'ese recevoir ce sacrement par respect, et celui-ci n'ose passer aucun jour sans le recevoir : ce mets sacré n'improuve que celui qui le méprise.
Si les péchés qu'on a commis ne sont pas tels qu'on doive exclure une personne de la communion, il ne faut pas la priver du remède journalier de ses défauts en la séparant du corps du Seigneur.
Je n'approuve ni ne blâme la communion de tons les jours ; mais je conseille et j'exhorte d'approcher tous les dimanches de ce divin sacrement, pourvu qu'on soit sans péché et dans la résolution de ne point pécher.
Recevez tous les jours ce qui vous peut être utile tous les jours; vivez de telle sorte que vous vous rendiez digne de le recevoir tous les jours. Celui qui n'est pas digne de le recevoir chaque jour n'est, pas digne de le recevoir au bout d'une année.
On nous a donné un précieux gage où nous ressentons déjà la douceur qui nous fait souhaiter la source de la vie, et où, sobrement enivrés, nous goûtons une sainte joie. Car cette ivresse ne trouble point l'esprit, mais l'élève au-dessus de lui-même, et lui fait oublier toutes les choses de la terre.
Le Seigneur des Anges s'est fait homme afin que l'homme mangeât le pain des Anges.
Boire ce saint breuvage, qu'est-ce autre chose que de vivre d'une vie sainte et divine? Mangez, buvez la vie môme.
Comme les hommes, par les aliments et la boisson, ne prétendent autre chose qu'à ne plus ressentir ni la faim ni la soif, c'est ce qu'ils ne peuvent faire que par le moyen de ce mets divin et par ce breuvage sacré, qui rendent ceux qui les reçoivent incorruptibles et immortels.
Je suis la nourriture des grands: mangez-moi donc, et vous croîtrez ; et vous ne me changerez pas en vous, comme ou fait les autres viaudes; mais vous serez transformés en moi.
Notre vie spirituelle se soutient et m;1>- . .t le corps de JASUS-CHBIST. Quo
vitam ; si non mutet vilain, ad judicium accipiet vitam. Id. Serm. De lemp.
Panis iste famem interioris hominis requirit. August.
Calix tuus inebrians quàm prœclarus est! Hoc calice inebriali erant martyres quand'o, ad passionem euntes, suos non agnoscebant. Id. Ps. 35.
Sacramento corporis Domini subjwjatus est munduS. August. ad Jaliuarumi.
Si, quotiès efîunàitur sanguis, in remissionem peccatorum funditur, debeo illum semper accipere, ut scmper mihi peccata dimittanlur. Qui semper pecco, semper habere debeo medicinam. Ambros. De sacrainentis.
Hic sanguis animes nobilitatem non sinit languescere, hic sanguis facit ut imago in nobis regni floreat. Chrysostoin. Hoiiiil. 45, in Joann.
Tanquam leones ignem spirantes ab hâc mensâ recedamus , diabolo facti terribiles. Id. Homil. 61 ad pop. Antioch.
Dùm huic nos unimur , efficimur unum Christi corpus et una caro. M.
Homil. 83, in Matth.
Non minus detestabile est in os pollutum quàm in sterquilinium mittere Dei Filium. Cbrysost.
Non est audacia sœpè accedere, sed indigné vel semel. Id.
Quemadmodùm frigida accessio périculosa est; ita nulla myslicœ hujus cœnœ participatio peslis est et intérims. Id. IIouq. 54 super I Cor.
Spem nobis de futuris prœbet, quippè qui nobis hic seipsum tradidit mullb magls id faciet in futur 0. Cbrysost. Homil. G, ad pop. Antiocb.
Quis pastor oves proprio pascit cruare ?... ipse autem nos proprio pascit sanguint, et per omnia nos sibi coagmentat. Id. Homil. 83, in Mattb.
rare ntes filios sœpè aliis tradunt alen-
celui là donc ebange de vie qui veut recevoir la vie : car, s'il ne change de vie et de conduite, il reçoit pour sa condamnai ion ce pain de vie.
Ce pain céleste veut être pris et mangé avec la faim spirituelle de l'homme intérieur.
Que ce calice qui enivre saintement est admirable ! les martyrs en étaient enivrés, lorsqu'allant avec joie aux supplices ils ne connaissaient ni leurs proches ni leurs amis.
C'est par le sacrement du corps adorable du Seigneur que le monde a été vaincu et soumis.
Si, toutes les fois que le sang de Jésus - Christ est versé, c'est pour la rémission des pécbés, ne dois-je pas le recevoir toujours, puisque je suis toujours pécheur? et, si je suis toujours malade, ne suis-je pas toujours obligé de recevoir le médecin?
Le sang du Sauveur qui coule avec le nôtre ne souffre pas que la noblesse de notre âme soit sans courage; ce même sang fait refleurir en nous l'image du royaume de Jésus-Christ.
Nous devons sortir de cette table comme des lions animés d'un feu divin et terribles au démon même.
Lorsque nous nous unissons à Jésus- Christ dans ce sacrement, nous ne faisons plus qu'un même corps et une même chair avec lui.
Ce n'est pas une chose moins détesta ble de recevoir dans une bouche souillée le corps de Jésus-Christ, que de le jeter dans un fumier.
Ce n'est point présomption de s'approcber souvent de la communion, mais c'en est une horrible de s'en approcher, même une. fois, indignement.
Il est dangereux de communier dans un état de tiédeur; ne communier jamais c'est la peste et la mort de l'unie.
Dieu nous donne l'espérance dans ce sacrement de ce qu'il nous promet pour l'avenir : car celui qui s'est livré tout à nous en ce monde se donnera à plus forte raison dans l'autre.
Quel est le Pasteur qui nourrit ses brebis de son propre sang? mais le Fils de Dieu nous nourrit du sien , pour nous unir en toutes mauières et faire de nous une même chose avec lui.
11 arrive souvent que les parents dou-
dos : ego autem, ait Christus, non ila; sed carnibus meis alo et nie ipsum vobis appoîio. Id. Homil. 61, ad pop. Antioch.
Unicuique fidelium se Christus per mysterium commiscet. Chrysost. Hom.
83, in Matth.
Unum corpus efficimur, niembra ex came ejus et ex ossibus ejus ; ut autem non tanlùm chariiate hoc (iamus, verùm etiam ipsâ re in illam commisceamur carnem, hoc per escam efficitur quam >nobis largitus est. Id. Homil. 61, ad popul. Antioch.
Os spiriluali igné replelum. Id. Homil. 83, in Matth.
Nemo nauseans accédât, nemo remissus; sed eicitali, incensi, ac ferventes omnes accédant. Id. in Matth.
Non aliud agit pariicipatio corporis et sanguinis Christi, quam ut adid quod sumimus transeamus. Léo, De pass. Dom.
Cibus ejus ipse sum : Christus Dominus, cùm pascit, pascitur. Bernard.
Duo illud sacrarnentum* operatur in nobis : ut videlicet et sensum minual in minimis, et in gravioribus peccatis toilat omnino consensum. Id. Serm. in cœnâ Domini.
Spiritalis insitio. . . Si ejus sacratissimœ inseramur vitœ, consortes Dei, divinor uni que participes reddimur. Dionys. Hierarch. eccles.
Accedere indigné horrendum judicium; non accedere, ex notabili negligeniiâ, vel conlemptu, damnabile est. Bonaventura, De praep. ad miss. 4.
Terrelur adversarius dùm videt christiani labia Christi cruore rubentia :
agnoscit enim prœsto esse suœ perditionii indicium et divinœ Victoria? , quâ captivatus et obrulus est, non tolérât Misirumcntum. PelrusDainian. opusc. De nibtit. monast.
Notissimum futurœ felicitalis indicium, ac dwinœ niisrrativnis prœsagiuni crrluin. Laurent. Justiuian. serm.
de Lucli.
Toliès homo Angelorum manducat pa-
nent à des étrangers leurs enfants à nourrir : mais moi, dit le Fils de Dieu, je n'en use pas de même ; je les nourris de ma propre chair, et je me donne moimême pour être votre aliment.
Jésus-Christ, par ce mystère, s'unit et s'incorpore à chaque fidèle en particulier.
Nous devenons un même corps avec le Sauveur, membres composés de sa chair et de ses os ; mais, afin que cela ne se fasse pas seulement par charité, mais réellement et effectivement, il a voulu que ce lut par le moyen de la nourriture qu'il nous a donnée dans son propre corps.
la bouche qui reçoit le corps de Jêsus- Christ est toute remplie d'un feu divin.
Que nul ne vienne à ce sacrement avec dégoût, avec tiédeur, tout languissant; que tous en approchent avec ferveur, et ardents d'amour pour Dieu.
La participation du corps et du sang du Sauveur ne tend à opérer autre chose en nous qu'un changement de nousmêmes en la nourriture que nous prenons.
Je suis le mets et la nourriture de Jésus-Christ. Lorsqu'il nous nourrit, il veut que nous le nourrissions réciproquement (des vertus que nous pratiquons).
Ce divin sacrement opère deux choses en nous : il diminue le sentiment et le plaisir dans les péchés légers, et il empêche le consentement aux plus graves.
Nous sommes spirituellement entés sur cet Ilomme-DiEU; et, si nous vivons de sa vie toute sainte, nous sommes participants de sa nature divine et de tout ce qu'il y a de divin.
Communier indignement, c'est s'attirer une éternelle condamnation; ne pas communier, par négligence ou par mépris, c'est se perdre.
Le démon notre ennemi prend la fuite, effrayé de voir les lèvres d'un chrétien teintes et rougies du sang de Ji'sus- Chmst : ce spectacle lui met devant le9 yeux le signe de sa défaite, et il ne peut souffrir la vue de l'instrument, dont on b'est servi pour le vaincre, l'abattre et l'enchaîner.
Ce mystère est le signe et le gage de notre bonheur futur, et un présigi" certain de la miséricorde divine enveri nous.
L'homme mange autant de foi» te pain