‹ La bibliothèque des prédicateurs (volume 3)Chapitre 33 sur 55 · EXEMPLES OU FIGURES DE LA NOUVELLE LOI · texte numérisé non relu

EXEMPLES OU FIGURES DE LA NOUVELLE LOI

[Parmi les Juifs, il y avait une espèce de confession]. — Dans l'Évangile de S. Matthieu, chap. 3, et dans celui de S. Marc, chap. 1, il est rapporté que, S. Jean-Baptiste ayant prêché le baptême de la pénitence le long du Jourdain , les peuples accouraient au bruit de cette voix et confessaient leurs péchés : Confilenles peccala sua : quoique cette confession ne fût pas alors un sacrement qui n'était pas encore institué. C'est une preuve qu'il y avait parmi les Juifs une espèce de confession, lorsqu'ils voulaient se retirer de leurs désordres et faire pénitence. Mais, quand nous lisons dans les Actes que les pécheurs venaient se jeter aux pieds des Apôtres et confessaient les péchés qu'ils avaient commis, Confilenles el annunlianles aclus suos, ils mettaient alors en pratique , il n'y a pas de doute, le précepte que le Fils de Dieu avait fait de la confession ; et les Apôtres exerçaient le pouvoir, qu'ils avaient reçu de Jésus- Christ, de remettre les péchés.

[Pénitence instituée par Jésus-Christ]. — L'institution de ce sacrement est authentiquement prouvée par ces paroles de Jésus- Christ, en S. Jean, chap. 20e : Accipile Spiritum-Sanctum : quorum remiserilis peccala, etc. Car, pour remettre les péchés en qualité de juges établis pour cela, et

pour distinguer ceux qu'il faut remettre ou retenir, comme parle le Fils de Dieu, il faut en avoir une pleine et entière connaissance ; et, pour les connaître, il faut de nécessité que les coupables les déclarent, en sorte qu'on juge de leur nature et de leur grièveté. C'est sur ce raisonnement invincible que l'Église a toujours exercé le pouvoir qu'elle a reçu du Fils de Dieu, de remettre les péchés , et qu'elle le communique aux prêtres de la nouvelle loi.

[La piscine probalique], — La Piscine Probatique, dont il est parlé dans l'Evangile de S. Jean , a été une figure de ce sacrement , qui guérit celui qui y a recours, de quelque maladie spirituelle que ce soit, et quelque griève qu'elle puisse être. La grâce qui nous y arrive est exprimée par l'ange qui remuait cette eau , et dont le mouvement avertissait du temps qu'il fallait se jeter dedans. L'eau, dans laquelle il fallait se plonger, représente le sang du Sauveur, qui lave tous les péchés et guérit toutes les infirmités de l'âme. Les malades qui doivent s'y plonger sont les pécheurs qui cherchent et qui souhaitent leur guérison ; et ce qui est à remarquer, c'est que ce prodige a cessé peu de temps après la mort du Fils de Dieu , comme pour dire que la figure était désormais inutile, depuis que la vérité avait paru, qui est l'institution de ce sacrement.

[La résurrection de Lazare]. — Les SS. Pères, et entre autres S. Augustin et S. Grégoire, reconnaissent une autre figure de la confession dans la résurrection de Lazare , que le Fils de Dieu fit sortir du sépulcre par la vertu de sa parole toute-puissante. Car le mort n'eut pas plus tôt reçu la vie , que le Sauveur commanda qu'on lui ôtât le suaire dont il était enveloppé, et les liens dont ses pieds et ses mains étaient attachés : Solvile cum cl sinitc abire. Ce qui, au sentiment de ces Pères , représente les pécheurs qui, appelés par la voix intérieure du Fils de Dieu et par l'inspiration divine , sortent de leurs péchés comme d'un tombeau où ils étaient ensevelis, et qui, par une bonne et sincère confession, sont déliés des chaînes et des liens qui les tenaient attachés , sitôt qu'ils ont reçu l'absolution du prêtre. Sur quoi on peut supposer, avec ces mêmes Pères , que ce fut aux Apôtres que le Sauveur s'adresssa pour délier ce mort ressuscité : figure du pouvoir, qu'il leur donna depuis, et, en leurs personnes, à tous leurs successeurs, de délier les pécheurs , appelés par la grâce divine , et sortis du tombeau par leur propre confession: Solvile cum et sinile abire. Que si ce fut à quelques-uns des autres Juifs qui étaient présents qu'il s'adressa, la comion que reçurent ceux-ci figurait toujours celle qui fut ensuite donnée aux Apôtres.

[L'enfant prodigue]. — En lisant dans l'Évangile le retour de l'Enfant prodigue, on y reconnaît le véritable portrait d'un pécheur pénitent, qui vient déclarer ses péchés à l'oreille d'un confesseur : Pakr, peccuvi m

cœlum et corâm te. Vous savez comment ce prodigue quitta la maison de son père. Après lui avoir demandé son partage , il s'en alla dans un pays éloigné , et là en peu de temps il dissipa tout. Que faire dans sa misère ? à qui avoir recours ? Il prend la résolution de revenir à son père: et vous savez de même comment il en fut reçu. De si loin que son père l'aperçut, il courut au-devant de lui, et, au lieu de lui faire des reproches, son cœur s'attendrit ; il relève ce fils qui s'était jeté à ses pieds , l'embrasse, lui fait donner une robe neuve, lui fait un festin. Voilà une image sensible de la conduite de Dieu à l'égard d'un pécbeur pénitent , qui n'a qu'à s'approcher du tribunal de la Confession pour rentrer dans tous ses droits, et qui n'a pas plus tôt achevé de s'accuser, que l'absolution suit, et que tous ses péchés lui sont pardonnes.

APPLICATIONS DE L'ÉCRITURE

Beati quorum remisses sunt iniquitates et quorum tecta sunt peccata : Bienheureux sont ceux dont les iniquités sont remises et dont les péchés sont couverts. — Mais qui peut les cacher ? Ce ne sont ni les solitudes ni les lieux les plus écartés , puisque Dieu est partout et a toujours les yeux ouverts sur toutes nos actions ; ce ne sont pas les ténèbres de la plus obscure nuit, puisque ces mêmes yeux percent les ténèbres les plus épaisses; ce n'est pas non plus la fidélité inviolable d'un ami discret, puisque toutes ces précautions sont inutiles à l'égard de Dieu, qui ne peut rien ignorer, et qui révélera un jour tous ces mystères d'iniquité. Voulezvous savoir le moyen de cacher, par un saint et heureux artifice, les péchés que vous cachez inutilement par votre dissimulation ou par votre orgueil ? C'est , dit S. Ambroise, de les découvrir vous-même, en les confessant ingénument : car par - là vous trouvez le moyen de les tenir si secrets , que jamais il n'en sera parlé. Les oubliez-vous ? Dieu s'en souvient. Vous en souvenez-vous? Dieu les oublie. Les cachez-vous au prêtre ? Dieu les manifestera. Vous en accusez-vous devant lui ? Dieu n'en parlera pas plus que si vous ne les aviez jamais commis.

La foi est un sacrifice de la raison : manquer- à croire à un seul article de foi, c'est n'en croire aucun. De même, l'Ecriture appelle la confession le sacrifice des lèvres : retenir un seul péché mortel volontairement , ce n'est pas faire une confession , c'est un sacrilège. La contrition est le sacrifice du cœur ; ce doit être un holocauste : s'il y a un seul péché que vous ne détestiez pas, cette réserve rend votre sacrifice non-seulement inutile, mais abominable. Il ne faut pas imiter Saûl, qui ne voulut immoler à Dieu que ce qui était de plus vil, et épargna le roi Agag , à qui Dieu voulait faire sentir sa plus juste vengeance.

Si me justificare voluero, os meum condemnabit me (Jobi, 10). — Ces paroles se peuvent appliquer à ceux qui , en s'accusant de leurs péchés,

les excusent et veulent se justifier. Mais leur propre bouche les condamne : car, s'ils ne se sentent pas coupables de tels péchés, pourquoi s'en accusent-ils en confession ? On ne saurait excuser ces faux pénitents, dont l'orgueil, l'impiété et la honte de se déclarer coupables, empêchent les effets de la confession. Ils s'accusent et se condamnent en même temps, et de la même bouche dont ils prétendent se justifier.

Verebar omnia opéra mea (Job, 9). — Plus j'examinais mes actions, plus j'appréhendais, parce que j'avais affaire à un Dieu qui ne me passera rien. Pour approcher dignement du tribunal de la Pénitence, il faut prendre tout le soin nécessaire pour se bien examiner, repasser dans l'amertume de son cœur toute sa vie, se citer au tribunal d'une conscience timorée qui ne fasse rien à la légère, parce qu'on doit être persuadé que, quand on se néglige et qu'on passe légèrement sur la discussion de ses désordres, Dieu punira cette négligence, et réformera nos jugements volages et précipités. Il faut donc faire, pour le plus important de tous les comptes, ce que nous faisons pour nos intérêts temporels.

Nonparcam ori meo (Job, 7). — S. Grégoire applique ces paroles du saint homme Job à un parfait pénitent: car, comme dit ce Père, celui-là n'épargne pas sa bouche qui ne rougit point de confesser le mal qu'il a fait, parce que faire agir sa bouche en cette occasion n'est autre chose que l'employer à la confession de ses péchés : Ori suo non pareil qui confiteri malum quod fecil non erubescit.

Linguâ sud mentiti sunt ei, cor autem eorum non eral rectum cum eo (Ps. 77). — On peut sans difficulté appliquer ces paroles à la confession : car la fausse pénitence qui se fait par l'abus des confessions est une pénitence trompeuse, dans laquelle on ment à Dieu même, lorsqu'on croit seulement abuser de la crédulité d'un homme. Et l'on peut ajouter que le cœur de ces faux pénitents n'a pas été^droit en la présence de Dieu, parce que la première satisfaction que Dieu demande de nous est l'aveu et la condamnation de nos péchés: Ecce confilebor adversùm me injusliliam meam Domino ; comme dit ce même prophète.

Ilom'nu'iii non habco (Joan. 5). — Ces paroles du pauvre paralytique, qui gémissait depuis trente huit ans sur le bord de la piscine, peuvent être "iir-.es dans la bouche d'un pécheur qui a croupi longtemps dans son péché, et qui, par malheur, rencontre un confesseur bizarre, sans zèle, sans compassion, qui rebute son pénitent au lieu de l'aider à décharger sa conscience et à se remettre bien avec Dieu ; ou bien qui tombe entre les mains d'un confesseur lâche, complaisant, intéressé, qui n'a rien moins en vue que l'intérêt du salut de l'âme «l'un pénitent: car alors ce pécheur se perd cl Be damne plu toi par La faute du confesseur que par la sienne, et t. n. 25

peut bien dire qu'il n'a point trouvé un homme charitable qui lui donnât le secours dont il avait besoin : llominem non habeo.

Sicut rnUU nie Pater, et ego mitto vos.Ilœc càm dixisset, insufflavit et dixil eisiAccipile Sfiritum-Sanctum: quorum remiser itis peccala, etc. (Joan. 20). JÉsus-CniusT envoie ses disciples comme son Père l'a envoyé lui-même. Or, comment est-ce que son Père l'a envoyé? Ce n'a pas été en lui donnant le pouvoir de juger les hommes; mais de lier et de délier leurs péchés, selon les termes du Fils de Dieu même, c'est-à-dire de les remettre et de ne les pas remettre. N'est-ce donc pas là aussi la puissance qu'il a donnée à ses Apôtres, et à l'Église représentée dans les Apôtres? — Quand Dieu proteste par son prophète qu'il a jeté nos péchés dans la mer, pour être entièrement ensevelis dans les eaux et pour ne plus paraître, ne dirait-on pas que ce prophète veut faire allusion à ce que dit Moïse après avoir passé la Mer Rouge à la tête du "peuple de Dieu? Les Israélites furent saisis de frayeur en se voyant poursuivis, au travers des flots, par une nombreuse armée : c'était Pharaon avec les Égyptiens. Sur cela, que fait le saint conducteur? Il arrête le peuple, il lui reproche la défiance qu'il fait paraître : « Eh quoi ! vous craignez, et le sujet de votre crainte, ce sont les troupes qui viennent après vous! mais tournez la tête; regardez-les : car dans un moment vous n'en verrez plus aucun : JSgyplios, quos nunevidetis, nequaquàm ultra videbilis. » Pécheurs, vous pensez à vous convertir, mais le nombre de vos péchés vous épouvante, ce sont autant d'ennemis qui vous poursuivent; ne perdez pas pour cela confiance: regardez-les, et bientôt ils disparaîtront.

Non me demergat tempestas aquœ, neque absorbeat me yrofundum, neque urgeat super me puteus os suum. (Ps. 129). — Ce puits dont parle le prophète, c'est, dit S. Augustin, la profondeur de l'iniquité des hommes : celui qui y tombe tombe assurément de haut dans un abîme profond. Mais, si, étant tombé dans cet abîme par un malheur qui n'est que trop ordinaire, le pécheur confesse ses péchés, et s'il en a un véritable regret, Dieu ne ferme pas l'ouverture de ce puits sur lui, pour lui ôter toute espérance d'en sortir, selon cette autre parole du Tsalmiste ; De profundis clamavt ad le, Domine. Au contraire, il lui tend la main, il lui présente son secours. Mais, si le pécheur, tombé de la sorte, vient à mépriser le secours que Dieu lui offre, alors Dieu ferme ce puits sur l'obstiné, parce que cet obstiné ferme sa bouche et refuse de confesser ses crimes. C'est l'explication que S. Augustin donne de ce passage du prophète.

§ iv.

Passages et pensées des SS. Pères.

Deds noster, quia pius est et misericors, vult ut peccata confiteamur in hoc sœculo, ne pro Mis confundamur postniodum in futur o. Augustin. Homil. 12, ex 50.

Non operui sed aperui peccata, ut tu operires; non celavi, ut tegeres : nain, quando homo detegit, Deus tegit; cùm homo celât, Deus nudat; cùm homo agnoscit, Deus ignoscit. Id. in Ps. 84.

Non consentis conscientia saniem collegerat, apostema tumebat, cruciabat te, requiescere non sinebat : adhibet medicus fomenta verborum ; tu agnosce medici manum,confilere, peccalum exeat in confessione, et exeat sanies. Angust. in Ps. 60.

Si non confessus lateas, inconfessus damnaberis. Id. in Ps.

Cur confiteri erubescis peccata tua?

Peccator sum, sicut et tu; homo sum; liumani nihil a me alienum puto : confltcre, homo, homini; homo peccator, homini peccatori. lbid.

0 homo, quid Urnes confiteri? Illud qv(>d per cohscientiam scio, minus scio quam illud quod nescio. Id. serin, ad m Mémo.

Quid est infelicius, quid perversius, quam de ipso vulnere, quod latere non potest, non erubescere, et de ligatura ipsius erubescere ? August. De pœnit.

lu jhiiicio , confundentur perniciosè '/m modo nolunt confundi salubriter.

auguit. m ps.

Aon te pudeat coram unu dicere quod

Parce que notre Dieu est bon et miséricordieux, il veut que nous confessions nos péchés en cette vie, afin qu'ils ne nous soient pas, dans l'autre, le sujet d'une éternelle confusion.

Je n'ai point Seigneur, tenu mes péchés cachés, afin que vous les couvrissiez vous-même ; je ne les ai point celés, afin que vous ne les fissiez point paraître. En effet, Dieu cache ce que l'homme découvre, et découvre ce que l'homme veut celer ; les péchés que l'homme avoue et reconnaît humblement, Dieu les pardonne.

Faute de confesser votre péché, votre conscience blessée avait amassé de la pourriture et du pus, et fait une apostume qui vous causait de la douleur, et ne vous laissait point de repos. Le médecin de votre âme y applique le remède de sa parole salutaire : reconnaissez la main de ce médecin charitable ; confessezvous, et par cette confession faites sortir le pus avec le péché.

Si vous pensez vous cacher en ne confessant pas vos péchés, vous serez condamné pour ne vous en être pas accusé.

Pourquoi, ô homme, crains-tu d'avouer tes péchés? Je suis, comme toi, un pécheur; je suis homme; rien de ce qui est humain ne m'est étranger. Homme, confesse-toi à un homme; homme pécheur, à un homme qui l'est aussi.

N'ayez poiut de peine à confesser vos péchés : ce que vous me dites par votre confession, je le connais moins que tout ce que j'ignore d'ailleurs.

Quoi de plus malheureux et de plus coupable que de ne pas rougir d'une plaie qu'on ne saurait cacher, et d'avoir honte de la ligature qui la guérit?

Ceux-là seront malheureusement confondus, au jour du jugement, qui ne veulent pas souffrir maintenant une Militaire confusion.

Ne vous hitei pal un sujet de honlu de

non te puduit forsitàn coràm multis et eum multis facere. Id.

Ad hoc Deus exigit confessionem, ut liberet humilem; ad hoc damnât non confitentem, ut puniat superbum. August. iii Ps. 06.

Melius est coràm uno aliquanlulum ruboris ferre, quam, indiejudicii, coriun tôt millibus hominum, gravi repulsâ denotatum tabescere. Id. II. De visit.

infirm. 5.

Milliès peccasti, milliès pœnitere : assidue infundo medicamenta. Chrysost.

in Ps. 50.

Ascende tribunal mentis -tuœ, esto ibl judex, torqueat te timor, erumpat confessio. August. Hornil. 2 ex, 50.

Oportet ut oderis in te opus tuum:

alioquin non salvabit in te opus suum.

Id. Tract, in Joannem.

Damnaberis tacitus, qui posses liberari confessus. August.

Reum constitue te ante te. Id.

Quomodo potest medicus sanare quod œgrotus ostendere erubescit ? Id.

Prœveniamus eum in confessione, antequam veniat ; nos confitendo^ damnemus quod fecimus, ut ille quod coronet inveniat, et non quod damnet. August.

in Ps. 94.

Sanaberis si ostendas te medico : non quia ille non videt, si tu ei abscondas ; sed ipsa confessio initium sanitatis est. Id. Homil. 12, ex 50.

Confitere modo quod tu fecisti in Deum, et confiteberis quod tibi fecerit Deus. Quid fecisti? peccata; quid facit tibi Deus confitenti iniquitatem tuam?

dimittit peccata. Id. in Ps. 29.

Qui confiteri vult peccata ut inveniat graliam, quœrat sacerdotem scienlem ligare et solvere; ne, cùm negligens circà se exstiterit, negligatur ab eo qui eum misericorditer monet. Id. De verà pœnit.

confesser en particulier, et à un seul, ce que vous n'avez point rougi peut-être de l'aire en public et avec des complices.

Dieu oblige le pécheur à confesser ses crimes, aGn de sauver l'humble, et il condamne celui qui ne l'a pas fait, pour punir le superbe.

11 vaut mieux souffrir un peu de confusion devant un seul homme, que d'être rejeté comme criminel au jour du jugement, et de sécher de honte devant tant de millions d'hommes.

Vous avez péché mille fois, ayez mille fois recours au sacrement de Pénitence; r vous ne sauriez en épuiser la vertu médicinale.

Montez sur le tribunal de votre conscience, soyez votre juge vous-même : que la crainte vous mette à la torture pour tirer de votre bouche une sincère confession.

Il faut haïr vos péchés, que vous aimiez auparavant comme votre ouvrage :

autrement Dieu ne sauvera pas son ouvrage, qui est vous-même.

Vous serez condamné pour vous être tû, vous qui pouviez être délivré en confessant vos crimes.

Appelez-vous vous-même en jugement devant vous.

Le médecin peut-il guérir une plaie que le malade a honte de découvrir?

Prévenons ce juge par une salutaire confession, avant qu'il vienne pour nous juger; condamnons ce que nous avons fait, en le confessant humblement, afin que, quand il viendra, il ne trouve rien en nous qu'il doive condamner, mais qu'il ait à nous récompenser.

, Vous serez guéri, si vous découvrez vo- . tre mal à ce divin médecin : non qu'il V ignore ce que vous voulez lui cacher; mais votre confession est le commencement de votre guérison.

Confessez ce que vous avez fait contre Dieu, et vous confesserez en même temps ce que Dieu a fait pour vous. Qu'avez-vous fait? bien des péchés : et que fait Dieu quand vous confessez ces péchés ? il vous les remet, et les pardonne libéralement. Celui qui veut confesser ses péchés pour recouvrer la grâce qu'il a perdue, qu'il cherche un prêtre sachant lier et délier, de crainte que, s'il ebt négligent en ce qui le touche de si près, il ne soit aussi pareillement négligé et rebuté de celui qui l'avertit par un pur effet de sa miséricorde.

Nemo sibi dicat : « Occulte ago apud Deum. » Ergb sine causa dictum est :

« Quœ solveritis in terra erunt soluta in cœlo ? » Ergb sine causa sunt claves data? Ecchsiœ Dei ? Frustramus Evangelium, frustramus verba Christi ? August. Homil. 49 ex 50.,

Qui peccata sua occultât et erubescit salubriter confiteri, Dedm, quem judicem habebit, habebit et ultorem. Id. Serm.

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