Dieu
Divitibus hujus sœculi prœcipe... non Recommandez aux riches de ce monde
sperare in incerto divitiarum, sed in de ne point mettre leur confiance dans
Deo vivo. I Timoth. vi, 7. des richesses incertaines et périssables,
mais dans le Dieu vivant.
Benedictus vir qui confiait in Domino, Béni l'homme qui met sa confiance au
et erit Dominus fiducia ejus. Jerem. Seigneur et dont le Seigneur est Pespé-
xvij, 7. raoce.
Habe fiduciam in Domino Deo tuo. Mettez votre confiance en la bonté du
Proverb. ni, 5. Seigneur votre Dieu.
Mihi adhœrere Deo bonum est, ponere C'est mon avantage de demeurer atta-
in Domino Deo spem meam. Ps. 72. ché à Dieu, et de mettre mon espérance
dans Celui qui est le Seigneur mon Dieu.
Tua, Pater, Providentia gubernat. C'est votre providence, 6 Père, qui
Sap. xiv, 3. gouverne toutes choses.
EXEMPLES DE LANCIEN-TESTAMENT
[Abraham]. — S. Chrysotôme ne trouve point de paroles assez éloquentes pour faire l'éloge d'Abraham, dont la confiance ne put être ébranlée, quelque sujet qu'il eût de se troubler. Ce saint patriarche avait une femme stérile, et, de plus, son âge, qui était fort avancé, lui ôtait toute espérance d'avoir des enfants : cependant Dieu lui promit de peupler la terre de ses descendants. Il le crut sans peine, et bientôt après il fut confirmé dans sa foi par la naissance d'Isaac. Ensuite il reçut ordre d'égorger ce fils unique, et de l'offrir en sacrifice. Il se dispose à obéir, et ne laisse pas d'espérer une nombreuse postérité par ce même fils qu'il va sacrifier de sa propre main. Un si étrange commandement, et qui paraissait si peu conforme à ces promesses, ne donna point d'atteinte à la confiance d'Abraham; il espéra, dit l'Apôtre, contre toute espérance, et ne douta point que Dieu, étant tout-puissant, incapable de manquer à sa parole, tiendrait sa promesse, quand même il faudrait ressusciter, par miracle, Isaac, après l'avoir laissé sacrifier. Aussi l'effet répondit-il à son attente, et Dieu fut si honoré de la confiance de son fidèle serviteur, qu'il jura par diverses fois qu'il se souviendrait de ce qu'il avait si solcncllcmcnt promis, qu'il le ferait grand Bur la terre, qu'il multiplierait sa postérité au-delà des étoiles du ciel et des sables de la mer, et qu'il le comblerait de bénédictions.
[Job]. — nuelle raison pouvait avoir Dieu de permettre au démon de dépouiller, comme il fit, le saint homme Job de tous ses biens, puisque non-seulement il édait sans dérèglement, mais encore avec beau-
coup de mérite, en les employant, comme il dit lui-môme, à iui offrir des t. n. 28
sacrifices et à secourir les misérables ? Pourquoi est-ce donc que Dieu lui
eût ôté des biens qui ne pouvaient tomber en meilleures mains ni être
employés plus utilement, si ce n'est, ainsi que l'ont cru quelques SS. Pères,
pour l'obliger à mettre toute sa confiance en lui, ou pour faire voir, par
cette rude épreuve, qu'il espérait tout de lui, et que rien ne pouvait lui
ravir cette espérance. Aussi ne s'est-il pas moins signalé par cette vertu
que par son invincible patience; ou plutôt on peut dire que l'une a fait
éclater l'autre. Il souffre que sa femme se révolte contre lui, qu'elle se
moque de sa patience et de sa douceur ; il voit que ses meilleurs amis lui
insultent, que ceux qui l'avaient considéré avec respect et qui avaient
accoutumé de se tenir devant lui dans un profond silence, au lieu de le
consoler dans son affliction et dans son malheur, l'accablent de reproches ;
et, se voyant ainsi persécuté, pour ainsi dire, du ciel et de la terre, bien
loin de donner la moindre marque d'impatience ou de désespoir, il fait
une protestation solemnelle que, quand Dieu lui ôterait encore la vie, il
ne laissera pas d'espérer en lui. Dans l'accablement des maux qu'il souffre
il ne trouve sa consolation que dans l'espérance des biens de l'autre vie.
[Jacob] . — Presque toute la vie du saint patriarche Jacob est le modèle d'une continuelle confiance en Dieu. Pour en être persuadé, il ne faut que faire réflexion sur la manière dont il sortit de la maison de son père pour éviter la fureur de son frère Esaû. Son départ futtellement précipité, que Rébecca, qui l'aimait uniquement, n'eût de loisir que ce qu'il lui en fallut pour le hâter de partir. Il se vit obligé de quitter son père et sa mère, avec lesquels il avait si doucement vécu durant un long espace de temps, avec peu d'apparence de les revoir jamais en vie. De plus il lui était bien fâcheux de quitter la terre de Ghanaan qui était le lieu de sa naissance, et l'héritage promis à Abraham son aïeul, pour aller en un pays éloigné, dont il n'avait jamais ouï que le nom. Il se voyait privé tout-à-coup de l'assistance de ses proches, sans avoir personne de qui prendre conseil ou attendre le moindre support sur une terre étrangère. Il se voit obligé de partir sans train, sans suite, sans équipage, sans savoir comment il sera reçu dans le lieu où il va, ni comment il trouvera de quoi fournir à tous les besoins nécessaires à un étranger dans un pays inconnu. Dénué de tout, il n'a pour guide et pour compagne de son voyage que la confiance en Dieu, sur qui il se repose de tout. Fils d'Isaac et petit-lils d'Abraham, cette vertu, qu'il avait héritée d'eux, fut ce qui le soutint dans toutes les traverses de sa vie. Aussi Dieu ne l'abandonnait-il jamais, lui marquant en toutes rencontres une protection spéciale et lui en faisant ressentir les effets.
[Joseph]. — Voici encore un illustre exemple de la confiance en Dieu, en la personne du saint patriarche Joseph. On sait comment il fut trahi et vendu par ses frères, avec la dernière barbarie. Ensuite, ayant servi un
maître avec toute la fidélité imaginable, il fat accusé injustement par son impudique maîtresse, et jeté dans une étroite et obscure prison. Mais sa confiance ne fut pas plus ébranlée par ce nouvel accident que par le premier, quoiqu'il y demeurât pendant plusieurs années. Aussi Dieu montra bien qu'il ne l'avait pas oublié, car il le fit enfin sortir de cette prison, avec plus de gloire qu'il n'avait eu d'opprobre à y entrer; et ses frères, qui l'avaient vendu comme un esclave, s'appelèrent eux-mêmes depuis ses esclaves, et furent bien surpris de le voir commander presque en souverain à toute l'Egypte.
[David]. — On peut appeler David le panégyriste de la confiance en Dieu, puisque chaque verset de ses psaumes est ou un éloge de cette vertu, ou une vive exhortation à la pratiquer. Il ne se lasse point d'appeler Dieu à son secours, de le nommer son espérance, son unique appui, son refuge, son protecteur, l'unique fondement de ses espérances, son salut, la source de tout son bonheur. Tout le Ps. 77e et le 90°, d'où nous avons tiré tant de passages, sont composés sur ce thème, et semblent faits exprès pour réclamer le secours de ce Père céleste, et porter tout le monde à mettre en lui une entière confiance. Mais il fait encore plus beau voir ce saint et religieux prince dans la pratique que dans les discours de cette admirable vertu qui l'a rendu victorieux de tous ses ennemis, soutenu contre les persécutions les plus opiniâtres et les plus violentes, délivré de tous les dangers, et enfin élevé au-dessus de toutes les disgrâces de la fortune. N'étant encore qu'un petit berger, n'eut-il pas la hardiesse d'accepter le combat contre un géant armé de fer, qui défiait les plus braves de l'armée d'Israël; et, sans autres armes qu'une fronde, disons plutôt armé de sa seule confiance en Dieu, il le terrassa, et porta sa tête en triomphe. Ensuite, s'étant attiré par sa valeur la furieuse jalousie de Saûl, ne sachant ni où fuir ni comment éviter la persécution violente et sans relâche que lui faisait ce priuce animé contre lui, où trouva-t-il un plus sûr asile qu'en la confiance qu'il avait au Seigneur? Étant élevé sur le trône, se voyant poursuivi par son propre fils, qui, à la tête d'une armée de rebelles, lui voulait ravir le sceptre et la vie, trouva-t-il d'autre défense que la protection de Celui en qui il avait mis toute son espérance? Et dans tout le reste de sa vie, cette même confiance en Dieu ne l'a-t-elle pas mis à couvert de tous les hasards et de toutes les atteintes des accidents de ce monde, comme il l'a publié lui-même, avec de si nobles sentiments de recon- -ance ?
[Josaplial]. — Le texte sacré, au chap. 20e du 2e livre des Paralipomènes,
rapporte que 1«' roi Josaphat, se voyant attaqué par une puissante armée
amonites et de Moabites, qui était venue fondre sur lui tout d'un coup,
qu'il eût des forces à lui opposer ni le temps d'en amasser, ne perdit
rourage pour cela; mais, se souvenant que son sort était entr<* les
mains de Dieu, et sans examiner les desseins de la divine Providence, quoique la partie fut si inégale qu'un des siens semblait avoir plus de mille des ennemis à combattre, il alla néanmoins, avec une confiance intrépide, se présenter à l'armée ennemie, après avoir fait à Dieu cette ardente prière : Cùm ignoremus quid agere debeamus, hoc unum habemus residui ut oculos nostros dirigamus ad te. (II Tarai. 20). Seigneur, vous nous avez conduits jusqu'à présent avec tant de sagesse et de bonté, que nous nous reposons entièrement sur votre Providence de tout ce qui nous doit arriver à l'avenir. Nous ne saurions deviner les desseins qu'elle a sur nous ; et tout ce que nous pouvons faire c'est de lever nos yeux et nos cœurs au ciel, pour vous faire souvenir que nous sommes vos créatures, disposées à recevoir de vos mains tout ce qu'il vous plaira de nous envoyer; avec cette confiance en votre bonté, qu'elle ne nous abandonnera jamais. Nous ne savons pas l'avenir, ni même ce que nous devons faire à présent; mais nous mettons tous nos intérêts entre vos mains.
[Ezéchias]. — La confiance du saint roi Ezéchias est encore remarquable. Ce religieux prince, se voyant pressé par l'armée de Sennachérib, à laquelle il voyait bien qu'il ne pouvait résister, ne s'emporta point en plaintes et en murmures contre Dieu ; il n'eut point non plus recours aux princes étrangers, comme avaient fait quelques autres, pour repousser par la force des armes un si puissant ennemi : mais, sachant que le prophète Isaïe était dans sa ville, il se résolut de ne rien faire que par son avis, comme de celui qu'il savait le mieux instruit des volontés de Dieu, et le plus capable d'attirer sa miséricorde sur sa personne et sur ses Etats. Cependant il va au temple, revêtu d'un sac et en posture de pénitent, a recours aux prières, étend devant Dieu les lettres insolentes qu'il avait reçues de la part de son ennemi, et lui fait, dans l'effusion de son cœur et de ses larmes, cette ardente prière qui est rapportée dans l'Ecriture. Elle fut exaucée de Dieu, qui lui donna par Isaïe des assurances de son secours. Ce prince ne savait d'où ce secours lui pouvait venir, et cependant il n'en douta point, et mit en Dieu toute sa confiance. Il ne fut pas trompé : car Dieu signala sa protection d'une manière qui a fait connaître à tous les siècles combien sa puissance est redoutable. Ce fut d'envoyer, durant le silence de la nuit, un ange exterminateur, qui immola tous les soldats de cette redoutable armée comme autant de victimes, pour faire comme une réparation d'honneur à Dieu des blasphèmes de leur chef, que l'ange n'épargna que pour voir cet orgueilleux survivre à sa confusion.
[Les plus grands pécheurs], — Afin qu'on ne s'imagine pas qu'il n'y ait que les saints et les personnes d'une piété distinguée qui aient droit de recourir à Dieu et de mettre leur confiance en son secours, Manassès, quoique fils du meilleur et du plus pieux de tous les rois d'Israël, fut le plus cruel et le plus impie de tous ; et l'Écriture, qui fait le dénombrement de toutes
ses impiétés et de tous ses autres crimes, n'en parle qu'avec horreur. Dieu, après l'avoir fait souvent, mais inutilement, avertir par ses prophètes, le fit rentrer en lui-même par l'affliction. Il suscita Nabuchodonosor à lui déclarer la guerre par ses lieutenants, qui défirent ses troupes, le firent lui-même prisonnier, le chargèrent de chaînes et l'emmenèrent à Babylone. Le vainqueur usa insolemment de sa victoire : car, sans respecter la qualité royale, il le fit jeter dans un cachot. Le changement de la fortune de Manassès en fit un très-favorable dans son cœur ; car, en devenant malheureux, il cessa de l'être. Dans cet accablement de malheurs, il se souvint de tant d'excellents discours qu'il avait ouïs autrefois de son père Ézéchias touchant les miséricordes de Dieu envers ceux qui l'implorent avec confiance ; et alors, levant les yeux au ciel, il eut recours, non à ces idoles qu'il avait fait adorer, mais au Dieu de ses pères, l'invoqua avec des cris et des gémissements qui marquaient l'amertume de son cœur; et, comme l'Ecriture dit en deux mots, il fit une grande pénitence devant le Dieu de ses pères. Dieu lui fit miséricorde et le rétablit sur son trône, où il employa le reste de sa vie à réparer le mal qu'il avait fait durant les premières années de son règne.
[Punition de Moïse]. — Dieu n'a pas épargné ses meilleurs serviteurs mêmes, lorsqu'ils ont manqué de confiance. Il faut bien dire que Moïse et Aaron lui témoignèrent de la défiance lorsque le peuple demanda de l'eau (au 24e chap. des Nombres), puisqu'il leur dit qu'ils n'auraient pas l'honneur de conduire son peuple dans la terre qu'il lui avait promise, qu'ils la verraient seulement de loin, mais qu'ils n'y mettraient pas le pied, parce qu'ils ne l'avaient pas sanctifié en présence du peuple.
[Punition du roi Asa]. — Asa, roi de Juda, avait tous les sujets du monde de mettre sa confiance en Dieu seul, dont il avait déjà éprouvé la fidélité en tant d'occasions , lorsqu'il avait imploré son secours ; néanmoins , comme Basa, roi d'Israël, fut entré sur les terres, il eut recours àBénadab, roi de Syrie, son ennemi, et fit la paix avec lui, sans se souvenir de Dieu. Ce qui irrita Dieu de telle sorte, qu'il lui envoya dire par un prophète : « Parce que tu t'es confié au roi Bénadab, et non pas à moi, tu as perdu l'occasion de détruire entièrement l'armée de Syrie. »
Ce serait une chose infinie de vouloir s'étendre sur tous les exemples que nous fournit l'Ecriture d'une parfaite confiance en Dieu. En voici quelques-uns des plus signalés.
trois enfants dans la fournaise de Babylone.
Daniel dans la fosse des lions.
Suzanne faussement accusée.
Judith, qui entreprend d'aller couper la tête à Holopherne.
Tobie, qui ne perdit point cette confiance dans les fâcheux accidents qui lui arrivèrcnl.