‹ La bibliothèque des prédicateurs (volume 5)Chapitre 10 sur 75 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

notablement grossi les volumes d'un ouvrage assez ample, et rempli de matières plus nécessaires. 11 suffît donc d'avoir indiqué les endroits des SS. Pères et des autres auteurs, pour ceux qui voudront voir les choses dans leurs sources.

Pour ce qui est du Ve [paragraphe ', qui contient ce que l'on peut tirer de la théologie par rapport au sujet que l'on traite, et pour prévenir toutes les difficultés qui peuvent naître sur cet article, il ne faut que faire réflexion qu'on entend parler d'une théologie propre de la chaire, et non pas d'une théologie abstraite et contentieuse, telle qu'on l'enseigne dans les écoles. De manière que, sans embrasser aucun parti dans les opinions contestées, on donne des principes constants et généraux, reçus de tous les docteurs, et qu'on tâche de faije entendre par des raisons sensibles qui soient à la portée de tout le monde, et plutôt en prédicateur qu'en théologien. Pour cela, je n'ai cité que S. Thomas, comme celui dont la chaire s'accommode le mieux, parce que la coutume et la manière de ce temps ne permettent plus qu'on cite les autres : je me suis contenté de recueillir et de rapporter leurs sentiments sans les nommer.

11 me reste à satisfaire mes lecteurs sur le dernier paragraphe, qui

d'ordinaire est plus long et plus étendu que tous les autres ensemble. Il

contient les endroits choisis des livres spirituels et des prédicateurs

modernes, c'est-à-dire des extraits qui. peuvent servir ou de modèles ou

de matière aux prédicateurs. Sur quoi on doit faire réflexion : — 1° Que,

pour les accommoder au sujet dont il s'agit , il faut nécessairement les

détacher de leur propre lieu , ce qui ne s'est pu faire sans y ajouter

quelques mots ou quelques lignes, et sans changer quelques expressions :

de même que dans toutes sortes d'ouvrages on ne peut mettre en œuvre

la matière sans la disposer, la polir, l'ajuster : ce qui sans doute doit

avoir lieu plus particulièrement dans les sermons et dans les autres

discours, quand les desseins et les sujets sont tout différents. Par

exemple , l'on rencontre , dans un livre qui traite de toute autre chose ,

quelque bel endroit qu'on peut appliquer au sujet sur lequel on travaille :

cela se peut-il faire sans changer un peu les* paroles ou le sens? Ainsi,

les auteurs qui se trouveront cités de la sorte n'ont nul sujet de s'en

choquer ni de m'accuser de falsification, pour avoir retranché quelques

lignes afin d'abréger, ou ajouté quelques autres pour donner plus de

jour et d'étendue à leur pensée , puisqu'il ne s'agit pas de les réformer

ou de les critiquer, mais de les imiter ou d'emprunter d'eux quelque

bel endroit. Us doivent plutôt trouver bon qu'on ait pris à l'égard de

leurs ouvrages la même liberté qu'ils ont prise peut-être eux-mêmes

à l'égard de ceux d'autrui. — 2° Un ne doit pas aussi trouver étrange

PREFACE. XIK

que ces extraits ou ces endroits choisis ne soient pas tous également brillants, puisqu'on doit être persuadé que tout ce qui entre dans un discours ne doit pas être d'une égale force ni d'une même beauté, comme dans un tableau toutes les couleurs ne doivent pas avoir le même éclat. Il en faut de sombres, qui servent d'ombres afin de relever les autres, et chaque sujet doit être traité d'une manière toute différente, loin d'affecter le sublime en toutes choses. Je puis cependant répondre que je n'ai fait nul extrait d'aucun auteur qui n'eût quelque chose de singulier, soit pour la pensée, soit pour l'expression, soit pour quelque caractère bien touché. Que si tout n'est pas si élevé , aussi n'y trouvera-t-on rien de trop bas et de rampant, qui puisse gâter un discours. On ne doit pas non plus être surpris de la diversité du style , puisque ces extraits sont tirés de tant d'auteurs qui ont chacun leur manière d'écrire et de penser. Mais il y a une chose qu'il ne m'a pas été possible d'éviter : c'est que, comme les auteurs dont on a tiré les endroits choisis concourent souvent dans la même pensée , et ne sont différents que dans les termes dont ils s'y expriment et dans le tour qu'ils lui donnent , il est arrivé que la même pensée se trouve en différentes pages, quoique différemment exprimée. N'eût-il pas été d'une plus grande exactitude , dira-t-on, de les placer de suite, sans les transposer de la sorte, ou bien de se contenter de mettre cette pensée une seule fois? Je veux croire que cela aurait été plus juste, mais non pas si conforme à mon dessein, qui est de suggérer non-seulement plusieurs pensées sur un même sujet, mais encore plusieurs manières de les tourner. Et d'ailleurs, quel dégoût pour le lecteur de voir la même chose souvent répétée en différents termes dans le même lieu !

Il n'y a plus qu'une chose sur quoi je ne puis me disculper autrement qu'en avouant que je ne suis pas plus éclairé ni mieux versé en ce genre d'écrire que les autres qui s'y sont exercés avant moi, lesquels se sont souvent mépris en citant et les auteurs et les ouvrages de ceux dont ils ont compilé les leurs. Les plus exacts, et ceux mêmes qui ont passé pour les meilleurs critiques , se sont quelquefois trompés , et ont trompé les autres qui les ont suivis, en prenant un auteur pour un autre, ou citant un passage hors de son lieu. Je ne me justifie donc point d'un défaut qui paraîtra inévitable dans un recueil de tant d'auteurs, dans tant de citations, dans tant de différentes manières dont les auteurs ont partagé et divisé leurs ouvrages. Serait-ce une chose possible quïl ne se fût glissé aucune méprise? — Voici cependant la conduite que j'ai tenue sur ce point. Pour ce qui regarde les passages de l'Écriture , ils sont aussi exactement cités qu'ils sont fidèlement traduits ; et si je les

XX TIIEFACE.

ai quelquefois abrégés, c'a été pour retrancher tout ce qui ne faisait rien à mon sujet; et si, d'autres fois, j'ai rapproché ce qui était séparé de quelques lignes, c'a été pour rendre le sens plus complet et plus intelligible. A l'égard des passages des SS. Pères, quoique je me sois dispensé d'une si scrupuleuse exactitude , je puis néanmoins assurer que ceux que j'ai lus dans leur source sont rapportés mot à mot, et que, dans l'abréviation que j'ai souvent été obligé d'en faire, j'ai tâché d'en conserver le sens et la pensée dans toute sa force. Mais, comme je n'ai pas tout lu, ceux que j'ai cités sur la foi des auteurs qui les ont recueillis sont aussi rapportés dans les termes et de la manière qu'ils les ont cités, et il se peut faire que la différence des impressions et de l'ordre môme que les commentateurs et les critiques ont donné aux ouvrages mômes, comme à ceux de S. Augustin, de S. Ambroise et de quelques autres, soit cause qu'on ne les trouve pas dans le lieu qui est marqué : sur quoi, cependant, le lecteur doit être averti qu'en ce recueil ils sont cités selon les premières et anciennes éditions. Et pour ce qui est des auteurs modernes dont on a fait des extraits, on peut compter pour sûr qu'on les trouvera dans les livres et dans les lieux où ils sont cités, quoique souvent un peu changés pour les raisons que j'ai dites. Mais on a cru de nulle importance de marquer toujours l'endroit, le chapitre ou l'article où précisément on les doit trouver.

AYIS PRÉLIMINAIRES.

Page 1