‹ La bibliothèque des prédicateurs (volume 5)Chapitre 51 sur 75 · ME · texte numérisé non relu

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2°. C'est une perte irréparable et sans ressource : car nous n'avons qu'une seule âme : Quid prodest homini si mundum universum lue relu r, animœ verô suœ detrimentum paliatur ? (Matth.XVI.) Au lieu que toutes les autres choses se peuvent réparer, ou dans elles-mêmes ou dans leur équivalent.

3°. C'est une perte infinie, puisqu'en la perdant on perd Dieu même, un bonheur éternel , et toutes les richesses du ciel ; ou bien qu'en ellemême elle est d'un prix infini, ayant été rachetée du sang d'un Dieu.

XV. — La plupart des hommes sont du nombre de ceux dont parle le Prophète, lesquels ont reçu leur âme en vain.

1°. Les uns la rendent inutile, en ne songeant point à la sauver, ni à lui procurer un bonheur éternel, qui est sa fin, et par conséquent sont au monde comme s'ils n'y étaient point, parce que tout le reste doit être compté pour rien : Hoc est enim omnis homo, dit le Sage (Eccl. XII).

2°. Les autres en abusent en l'appliquant à des choses qui sont contraires à sa fin et indignes d'elle : Cui laboro et fraudo animam meam bonis ? comme dit le Sage (Eccl. IV) .

3°. Les autres enfin sont indignes de ce trésor, et le dissipent, en donnant leur âme pour un bien temporel, pour un misérable plaisir et pour des choses de nulle valeur.

XVI. — 1°. L'àme, étant faite à l'image de Dieu, est la plus noble partie de l'homme ; nous devons préférer mille fois la beauté spirituelle à la beauté du corps, dont les hommes font leur idole, dans eux-mêmes et dans les autres.

2°. L'âme étant faite pour jouir de Dieu et pour le posséder éternellement, notre unique et notre plus grand soin doit être de lui procurer ce bonheur.

XVII. — 1°. Montrer que l'âme est noble dans sa création, puisque Dieu l'a formée de ses propres mains, et par les autres circonstances qui sont marquées dans l'Ecriture.

2°. Que l'àme est précieuse dans sa rédemption , puisque Dieu l'a rachetée de son propre sang, et qu'il n'a rien épargné pour l'acquérir.

3°. Que l'àme eStheureuse dans sa glorification, puisque Dieu la couronne de son propre bonheur.

XVIII. — 1°. L'âme est F image de Dieu : n'en défigurons point les traits par nos vices et par nos péchés.

2°. L'âme est la conquête d'un Dieu : elle lui a beaucoup 'coûté, ne la donnons pas à vil prix ; nous ne pouvons la livrer à un autre qui nous en offre autant que Dieu, lequel s'est voulu donner lui-même pour la possède r.

3°. L'âme est l'épouse de Dieu : n'en méprisons pas l'alliance.

XIX. — 1°. Nous devons prendre tout le soin possible du salut de notre âme : c'est l'unique affaire que nous avons au monde; tout le reste nous importe peu, si l'âme est sauvée.

2°. Nous devons contribuer autant qu'il nous est possible au salut de l'âme des autres, parce que Dieu nous a chargés de ce soin, et que Dieu nous en demandera compte si elles viennent à se perdre par notre faute.

Les Sources et les Auteurs.

[Les Saints Pères]. — S. Grégoire de Nysse a fait un beau discours sur l'immortalité de l'âme.

S. Ambroise en a composé un livre, qu'il intitule Du bien de la mort.

S. Augustin en a fait un entier qui a pour titre De V immortalité de l'âme.

S. Grégoire-le-Grand, dans ses Morales, par la considération de l'immortalité de notre âme, élève le mérite de celui qui contribue à la sauver par-dessus celui qui n'est libérateur que du corps.

S. Bernard, sur ce même fondement, représente trois états des âmes saintes : le premier est dans le corps corruptible; le second sans le corps; le troisième dans la gloire et dans la béatitude consommée.

Le même a fait des Méditations sur l'âme.

S. Basile en parle amplement dans le Disc. XXIIe.

S. Grégoire de Nazianze en a fait un Discours.

Tertullien, livre du Témoignage de l'âme.

S. Chrysostôme a fait un Discours sur l'âme.

Le même, Epitre Ve, parle de la beauté de l'âme, et montre qu'elle est préférable à celle du corps.

Homélie 8e au peuple d'Antioche, exhorte à préférer le soin de notre âme à celui de toutes les choses de la terre.

Homélie 42e au même peuple, blâme le peu de soin que l'on prend de son âme.

Homélie 12e sur la Genèse, montre la dignité de l'âme, et combien elle est élevée au-dessus du corps.

Sur S. Matthieu, Homélie 60, s'élève contre le peu de soin que la plupart prennent de leur âme.

Sur la lre Épîlre aux Corinth., a un beau discours sur le zèle des âmes; et un autre sur le même sujet au Serin. X9 sur le 22e chap. de la Genèse.

S. Grégoire-le-Grand, sur Ezèchiel, ch. 40, fait voir comment, parla connaissance de notre âme, on peut s'élever à la connaissance de Dieu.

S. Bernardin de Sienne, Serm.*de diversis, parle des affections de l'âme et des noms différents qu'on lui donne.

Le même, Serm. LIe, parle de sa dignité et de son excellence.

S. Laurent Justinien, lib. 1 et 2, parle de sa mort par le péché et de sa résurrection spirituelle.

S. Jérôme, Épître 46°, parle de l'origine de l'âme.

[Les Livres spirituels], — Gerson, Part. IIIe, Traité de la vie spirituelle de l'âme.

Henricus Harphius, in Théolog. M\jst.} l. l,part. 2, parle des plaies qu'elle a reçues par le péché originel.

Guillelmus Parisîensis a composé un livre de l'âme.

Denijs-le-Charlreux, in oper. min.

Joanncs-Franciscus Picus a traité de l'immortalité de l'âme.

Lessius en a aussi composé un Traité, sans parler des théologiens scholastiques, qui ont traité ce sujet d'une manière plus propre à l'école qu'à la chaire.

Richelieu, dans le livre de la Perfection du Chrétien, a un chapitre sur l'immortalité de l'âme, et un autre, par où il commence cet excellent livre, du soin que les chrétiens doivent avoir de leur salut par la considération de la dignité de leur âme.

Le P. Senaidt, de l'Oratoire, livre de la Corruption de la nature par le péché, Traité 2.

Le P. Caussin, traité 2 de la Cour Sainte, maxime 1G9, établit pour fondement de la religion la vérité de l'immortalité de l'âme.

Le P. Antoine de S. -Martin de la Porte, dans le livre de la Conduite de la grâce, IV0 partie, prouve la môme vérité.

[Les Prédicateurs]. — Le P. Guilleminol, livre intitulé La sagesse chrétienne.

Le P. de Lingendes sur l'âme séparée du corps, Sermon IVe pour le vendredi de la IVe semaine de carême.

Biroat, 11° Serm. pour le Ier jeudi de carême, a un discours sur l'excellence de l'âme.

Eusèbe Nieremberg, Homél. 8°, a de beaux passages et de belles réflexions sur ce même sujet.

Matthias Faber, Dédicace, Serm. VI9, n° 4; Serm. VHP, n° 3; Serm. Xe tout entier.

Joly, tom. I des Œuvres mêlées, dans le dernier Sermon, fait un discours sur la dignité de l'âme et sur le soin qu'on doit prendre de son salut.

Le P. Simon de la Vierge, carme réformé, au tome II deQ ses Actions Chrétiennes, en a un sur le même sujet.

L'auteur des Sermons sur tous les sujets de la 'Morale chrétienne n'a pas omis celui-là : tome IIIQ de la Dominicale, Sermon p. le III Dim. apr. la Pentec.

Le même, tome I de ses Sujets particuliers, Serm. II, sur la Dédicace d'une église, parle de l'àme comme d'un temple consacré à Dieu.

Le même, tome II de la Dominicale, Sermon pour le IIe Dim. après Pàque, parle du zèle qu'on doit avoir pour le salut des âmes.

[Recueils]. — Grenade, dans ses Lieux Communs (Verbo Anima).

Summa Prœdicantium, V, Anima.

Berchorius, V. Anima.

Labatha, V. Anima.

Drexelius, in Trismeg. I. III, cl.

Theatrum vitaa humante, V. Anima.

Panthologia Piaynerii de Pisis, V. Anima.

Lhoner, Bibliotheca manualis, V. Anima.

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