‹ La bibliothèque des prédicateurs (volume 5)Chapitre 64 sur 75 · XXIII. — Les avantages que nous nous procurons à nous-mêmes · texte numérisé non relu

XXIII. — Les avantages que nous nous procurons à nous-mêmes

1°. En pardonnant à nos ennemis, nous accomplissons la loi que Dieu nous imp

2°. Nous faisons notre réconciliation avec Dieu, par la grûce qui nous sanetiûc.

3°. Nous nous rendons dignes de la gloire qu'il nous a promise.

:}8i AMOUR DES ENNEMIS.

XXIV. — Montrer la grandeur et l'excellence de cette action, par ces deux propositions.

La première : qu'il n'y a rien de plus digne d'un véritable chrétien que d'aimer ses ennemis , parce que , si un chrétien est enfant de Dieu , il est obligé de l'imiter; s'il est digne de l'amitié de Dieu, il est obligé de se maintenir dans cette amitié par le moyen de ce pardon qu'il accorde; s'il est comblé des faveurs du ciel, il est obligé, par reconnaissance, à procurer la gloire de Dieu, ce qu'il ne peut faire plus avantageusement que par cette action héroïque.

La seconde : qu'il n'y a rien de plus digne d'un homme raisonnable que de pardonner à ses ennemis.

XXV. — Montrer la nécessité d'obéir au précepte de pardonner à ses ennemis : nécessité que l'on peut prendre :

1°. Dans l'étroite obligation que le Fils de Dieu nous en impose : Nisi remiser/lis vmusquîsque fratri suo de cordibus vestris. (Matth., 18.)

2°. Dans le fond de notre religion, où tout nous oblige à ce devoir indispensable.

3°. Dans notre propre intérêt, confondu avec la loi.

XXVI. — 1°. On peut faire voir l'équité de cette loi, contre les faux prétextes qui semblent autoriser la vengeance.

2°. En montrer ensuite la nécessité et l'étendue, contre ceux qui la combattent ou qui l'entendent mal. — C'est-à-dire qu'il faut justifier dans le premier point la loi qui nous oblige de pardonner les offenses, et dans le second en prescrire les règles.

XXVII. — L'exemple du Fils de Dieu nous apprend deux choses : 1°. A pardonner comme il nous pardonne.

2°. A pardonner parce qu'il nous pardonne. — Dans l'un, l'exemple de Dieu nous tient lieu de modèle; dans l'autre, l'exemple de Dieu nous tient lieu de motif.

Les Sources.

[Les SS. Pires]. — Origène : Homél. ix° sur le liv. des Nombres; — Ho'mél. ii sur le Ps. 37; — Homél. i sur le Ps. 38; — Homél. xvi sur iitbieu, ch. 20 de son Evangile.

S. Basile : Discours ixe sur la colère; — Discours sur les inimitiés; —

Homél. Xe des 29 sur divers sujets; — Homél. xxiv adressée aux jeunes gens pour leur apprendre comment ils doivent profiter de la lecture des livres des gentils.

S. Chrysostôme : Homél. ix9 et lii° sur la Genèse; — Discours qu'il a fait pour montrer que personne ne peut souffrir d'injure que de soimême; — Ilomél. De simultale, où il montre comment personne ne peut être dispensé de pardonner, comment on le peut être du jeûne, delà prière el des autres devoirs, pour des raisons légitimes; — Homél. xxxe et lxxviii9 au peuple d'Anlioche; — Homél. xvieetxxiie Dediversis; — les trois Homélies sur David et sur Saûl, où il explique en termes éloquents la victoire que David remporta sur lui-même en pardonnant à Saûl qu'il pouvait tuer; — Homél. h, lxxx et lxxxviii sur S. Matthieu; — Homél. 38 sur S. Jean; — Homél. 2 De cruce et latrone; — Homél. i sur l'Epitre à Philémon.

S. Cyprien : Au liv. De bono patienliœ, s'étend perticulièrement sur le pardou des injures.

S. Anibroise : Liv. v sur S. Luc, en expliquant ces paroles du chap. iv, Diligile inimicos veslros ; — Liv. De Officiis, dans les six premiers chapitres.

S. Grégoire : Liv. x9 de ses Morales, ch. xi et liv. xxn9 ch. vi; — Homél. xxvii6, sur les Evangiles.

S. Jérôme : Epitre à Démétriade; — Commentaire sur le chap. v9 de S. Matthieu; — Liv. n sur le ch. ni des Lamentât, de Jérémie; — sur le Ps. 119.

S. Augustin : Épître v9 àMarcellin ; — Liv. Contra Adamant. — Serm. 59 De tempore, où il montre que ce précepte n'est pas impossible; — le Sermon 59 où il parle fort au long du pardon des injures; — u9 Sermon De sanctis, et dans le v9 sur S. Etienne.

Sermon 68 De tempore, où il parle de l'amour qu'on doit avoir pour ses ennemis ; — Sur le Ps. vu9, où il explique ces paroles : Domine Deus meus, si feci istud.., si reddidi retribuenlibus mihi mala; — sur les Ps. 54, et Cl; — Traité sur la ire Épître canonique de S. Jean; — vi9. Sermon sur les Taroles de Notre-Seigneur.

S. Pierre Chrysologue : Serm. 139, où il exhorte à pardonner afin que Dieu nous pardonne à nous-mêmes.

Cassien: Collât. 16, cap. 29, ciCollat. 9, cap. 21.

Bellarmin : liv. des Sept paroles du Fils de Dieu sur la croix : explication de la première parole.

[Livres spirituels]. — Iiecupilus in vi Prœdestinationis signo. Le P. Louis Dupont : tome I de la Terfect., Traité I, c. 6. Le P. Caussin : traité II de la Cour sainte, Maxime xn°, De la vengeance.

Le P. Saint-Jure : liv. m de la Connaissance et de l'amour de Notreeur, ch. 12,sect. 2, 3 et 4.

38fi AMOUR DES ENNEMIS.

Cornélius à Lapide: sur le chap. xne de l'Épître aux Romains." D/'dacus Stella : sur le chap. vr de l'Évangile de S.Luc, où il montre que

c'est un acte d'un plus grand mérite devant Dieu d'aimer plus nos ennemis

que nos amis.

Dom Barthélémy Carranza, Traité sur l'Oraison dominicale.

[Prédicateurs]. — Molinier, Sermon sur le premier vendredi de Carême. Olorius, Ier Sermon sur les sept paroles de Xotre-Seigneur en croix; — Sermon pour le 1er vendredi de Carême.

Le P. de Lingendes a huit Sermons sur tout ce qui regarde cette matière, dans son Carême.

Joly en a deux, l'un pour le xxie et l'autre pour le xxir9 dim. après la Pentec.

L'Auteur des Sermons sur tous les sujets de la morale chrétienne a un Sermon pour l'A vent et un autre pour le Carême sur ce sujet.

Le P. Faber, troisième partie de ses Ouvrages, Serai. IIe sur le xxie. dim, après la Pentec.

Engelgrave, in Luce Evangelicâ, Embl. 49.

Le P. Texier, Sermon pour le xxie dim. après la Pentec. — Carême, Sermon pour le Ier vendredi.

Mainibourg, Sermon pour le même jour.

Fromentières, dans son Carême.

Lambert, Homélie o2e pour le xxiedim. après la Pentec.

Lafont, sur l'évangile du même dimanche.

Le P. Duneau, sur le même évangile; — premier vendredi de Carême.

Le P. Giroust, dans son Carême, Sermon pour le premier vendredi de Carême.

Sermon attribué au P. Massillon, dans son Carême, pour le même jour.

Le P. De la Colombière et Le P. d'Orléans ont chacun un Sermon sur ce sujet.

Le P. Cheminais, au ine tome de ses Sermons.

Le P. Reina, Sermon sur le vendredi d'après les Cendres, rapporte les principales raisons qui nous obligent à pardonner les injures.

(Presque tous ceux qui ont imprimé des sermons de morale en ont un sur cette matière).

D'autres auteurs en ont aussi parlé, comme Pétrarque au Dialogue de la vengeance ; — Sénèque en plusieurs endroits de ses Lettres et dans les livres de la Colère.

Louis de Grenade, dans ses Lieux Communs.

Busée, dans son Panarium, verbo Yindicla.

Dandinus, lib.vi c. 3, apporte les raisons et le ; autorités des SS. Pères sur ce sujet.

Peraldus, Summa Prœdicantium.

Labatha, Lohner, etc.

Passages, exemples et applications de PÉcriture-Sainte.

Mea est ultio, et ego rétribuant. Deuteron. xxxn, 35.

Non oderis fratrem tuum in corde tua.., ne habeas super Mo peccatum.

Levit. xix, 17.

Non quœras ultionem , nec tnemor eris injuries civium tuorum. Ibid. 18.

Si reddidi retribuenUbus nxihi mala, decidam meritb ab inimifiis meis inanis. Ps. 7.

Non extendam manum meam in dominum nieum, quia christus Domini est. iReg. xxiv, u.

Qui in ruina, lœtatur alterius non erit impunitus. Prov. xvn, 5.

Qui dissimulât injuriant callidus est [à est prudens). Prov. xn, 16.

Cùm ceciderit inimicus tuus, ne gaudeas, et in ruina ejus ne exultet cor tuum. Ibid. xxiv, 17.

Omnis injuriœ proximi ne memineris, et nihil agas in operibus injuriœ. Eccli. x, G.

Relinque proximo tuo nocenti te •. et tune deprecanti tibi peccata solventur.

Ibid. xxvin, 2.

Homo homini réservât iram, et h Domino quœrit medelam! Eccli. xxvm, 3.

Mémento novissimorum, et desineinimicari. Eccli. xxvm, 6.

Qui vindicari vult, a Domino inveniet vindictam, et peccata illius servons servabit. Eccli. xxvm, i.

Altissimus et impiis et peccatoribus reddet vindictam, custodiens eos in die vindictœ. Eccli. xn, A.

Si offers munus tuum ad altare , et ibï recordotus fueris quia fraler tuus habet aliquid advcrsùm te, relinque ib\ munus tuum ante altare et vade priùs reconciliari fratri tuo, et tune veniens oifcres munus tuum. Matth. v, 23.

Ego autem dico vobis : Diligite inimi-

La vengeance est à moi, et je punirai quand il sera temps.

Vous ne haïrez point votre frère en votre cœur, de peur que vous ne péchiez à son occasion.

Ne cherchez point à vous venger, et ne conservez point le souvenir de l'injure de vos concitoyens.

Si j'ai rendu le mal à ceux qui m'en avaient fait, je consens à succomber sous mes ennemis.

Je ne porterai point ma main sur lui, parce qu'il est l'oint du Seigneur.

Celui qui se réjouit de la ruine des autres ne demeurera point impuni.

Celui qui dissimule l'injure qu'il a reçue est un homme prudent.

Ne vous réjouissez point quand votre ennemi sera tombé, et que votre cœur ne tressaille point de joie dans sa ruine.

Perdez le souvenir de toutes les injures que vous avez reçues de votre prochain, et ne faites rien par la voie de la violence.

Pardonnez à votre prochain le mal qu'il vous a fait, et vos péchés vous seront remis quand vous en demanderez pardon.

L'homme garde sa colère contre un homme , et il ose demander à Dieu qu'il lu guérisse!

Souvenez -vous de votre dernière fin, et cessez d'entretenir votre inimitié.

Celui qui veut se venger tombera dans la vengeance du Seigneur, et Died lui réservera ses péchés pour jamais.

Le Très-Haut rendra aux méchants et aux pécheurs ce qu'ils méritent; il les réserve pour le jour de sa colère.

Si, faisant votre offrande à l'autel, vous vous y souvenez que votre frère a quelque chose contre vous, laissez là votre offrande devant l'autel, et allez vous réconcilier auparavant avec votre frère, et ensuite vous viendrez faire votre offrande.

Mais moi je vous dis: Aimez vos enne

A3I0UII DES ENNEMIS -

eos vestros, bene facile his qui oderunt vos, et orale pro persequentibus et cal a muiantibus vos, ut sitis fdii Patris vestri qui in cœlis est. Ibid. 44.

Si d ligitis eos qui vos diligunt, quam mer cède m habebitis? nonne et publicani hoc faciunt ? Ibid. 45.

Dimitte nobis débita nostra, sicut et nos dimittimus debiloribus nostris. Id.

vi, 12.

Si dimiseritis hominibus peccata eorum, dimittet et vobis Pater vester cœlestis delicta vestra. Ibid. 14.

Si antem non dimiseritis hominibus , nec Pater vester dimittet vobis peccata vestra. Ibid. 15.

In quâ mensurâ mensi fueritis, remetietur vobis. Luc. yi, 38.

Si diligitis eos qui vos diligunt , quœ vobis est gratia? nàm et peccatores diligentes se diligunt. Et si benefeceritis his qui vobis benefaciunt, quœ vobis est gratia, siquidem et peccatores hoc faciunt ? Ibid.

Diligite inimicos vestros. . . et erit rnerces vestra multa, et eritis filii Altissimi, quia ipse benignus est super ingratos et malos. Ibid.

Dirniltite: et dimiltemini. Ibid.

Pater, dimitte Mis : non enim sciunt quid faciunt l Luc xxm, 34.

Benedicite persequentibus vos. Rom.

xii, 14.

Si esurierit wimicustuus,cibaillum...

Hoc enim faciens, carbones ignis congères super caput ipsius. Ibid.

Mihi vindictai ego rétribuant, dicit Dominus. Id. ibid.

Noli vinci h malo, sed vince in bono malum. Id. ibid.

Nulli malum pro malo reddentes. Id.

ibid.

Videte ne qtiis malum pro malo alicui reddat. I Thessal. v, 15.

Estote invicem benigni et miséricordes, douantes invicem: sicut et Deds in Christo donavit vobis. Eph.es. iv, 32.

Supportantes invicem et douantes vobismetipsis, si quis advenus aliquem habet querelam : sicut et Dominus donavit vobis, ila et vos. Coloss. m, ir>.

mis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous persécutent et pour ceux qui vous calomnient, afin que vous soyez les enfants de votre Père céleste.

Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez- vous? Les pécheurs ne le font-ils pas?

Remettez- nous nos dettes comme nous le faisons nous-mêmes à nos débiteurs.

Si vous remettez aux hommes leurs offenses, voire Père céleste vous remettra aussi vos péchés.

Que si vous ne remettez point aux hommes leurs offenses, votre Père céleste ne vous remettra point non plus vos péchés.

La même mesure dont vous vous serez servis, on sJen servira pour vous.

Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel mérite avez-vous? les pécheurs aiment ceux qui les aiment. Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel mérite y avez- vous, puisque les pécheurs mêmes le font aussi?

Aimez vos ennemis, et votre récompense sera grande, et vous serez les enfants du Très-Haut : car il est lui-même plein de bonté envers les ingrats et les méchants.

Pardonnez, et l'on vous pardonnera.

Mon Père, pardonnez-leur : car ils ne savent ce qu'ils font.

Faites du bien à vos persécuteurs.

Si votre ennemi est pressé de la faim, donnez-lui à manger. . . En faisant cela, vous lui entasserez des charbons ardents sur la tête.

C'est à moi qu'appartient la vengeance ; j'aurai mon tour, dit le Seigneur.

Gardez-vous bien d'être vaincus par le mal; mais tâchez de vaincre le mal par le bien.

Ne rendez à personne le mal pour le mal.

Prenez garde que personne rende à un autre le mal pour le mal.

Ayez lesuns pour les autres de la bonté et de la compassion, vous pardonnant les uns aux autres , comme Dieu vous a pardonné aussi à vous-mcnies en J.-C.

Vous supportant mutuellement et vous pardonnant les uns aux autres, si l'un a sujet de se plaindre de l'autre; comme la Seigneur vous a pardonné, usez-en aussi de iuêine.

Commendat charitatem suam Decs in nobis, quoniam, cùm adhùc peccatores essemus, secundùm tcmpus Christas pro nobis mortuus est. Roman, v, 8.

Judicium sine* niisericordiâ Mi qui non fecit misericordiam. Jacob, ni, 13.

Positis autan gcnibus, clamavit voce magnâ (Stephanus), dicens : Domine, ne statuas Mis hoc peccatum ! Et cùm hoc dixisset,obdormicit in Domino. Act. vu,

Qui dicit se in lace esse, et fratrem suum odit, in tenebris est usquè adhùc. 1 Joan. ii, 9.

Qui non diligit manetin morte; omnis qtti fratrem suum odit homicida est.

Ne dicas : Quomodb fecit mihi, sic faciam Mi; reddam unicuique secundùm opus suum. Prov. xxiv, 29.

Ne dicas : Reddam malum. Expecta Dominum, et liberabit te. Prov. xx, 22.

' Dieu signale son amour à notre égard, en ce que, quand nous étions encore dans le péché, Jésus-Christ est mort pour nous au temps prescrit.

La justice s'exercera sans miséricorde envers celui qui n'a point usé de miséricorde.

Etienne, s'étant mis à genoux, s'écria à haute voix : Seigneur, ne leur imputez point ce péché. Et, après avoir prononcé ces paroles , il passa au repos du Seigneur.

Celui qui dit qu'il est dans la lumière et qui hait son frère est encore dans les ténèbres.

Celui qui n'aime point demeure dans un état de mort; quiconque hait son frère est un homicide.

Ne dites point : Je traiterai cet homme comme il m'a traité; je rendrai à chacun selon sa conduite.

Ne dites point : Je rendrai le mal.

Attendez le Seigneur, et il vous délivrera.

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