‹ La bibliothèque des prédicateurs (volume 5)Chapitre 7 sur 75 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

ner. Il faudra inférer que c'est faire perdre le temps que d'abréger celui qu'on emploie à rechercher dans une infinité d'auteurs, sans y rien trouver souvent de ce qu'on y cherche. Il faudra enfin soutenir qu'un des moyens d'étendre partout et de faire entendre la parole de Dieu, c'est de diminuer le nombre des ouvriers évangéliques, puisqu'on blâme et qu'on condamne ceux qui travaillent à les multiplier et à leur faciliter les moyens d'y réussir. Sera-ce fomenter la négligence de tant de pasteurs, de missionnaires et de fervents ecclésiastiques, accablés de confessions et occupés à d'autres bonnes œuvres qui ne leur laissent pas le temps de préparer des sermons, que de leur donner le moyen de joindre cet emploi aux autres, d'annoncer la parole de Dieu sans tant de préparation? — Mais ce sera rendre la parole de Dieu trop commune, et donner à bien des gens occasion de s'ingérer dans ce ministère? Ne pourrait-on pas leur répondre ce que Moïse répondit autrefois à ceux qui le sollicitaient d'empêcher que des personnes sur qui l'esprit de Dieu était descendu ne se mêlassent d'annoncer comme lui les ordres du Seigneur : Quis tribuatut omnis populus prophetet, et det eis Domhius Spiritum suum (1)? Hél ne serait-il pas à souhaiter, pour le bien de l'Église et de la religion, que chacun eût assez de zèle pour annoncer les vérités de l'Évangile? et n'est-ce pas seconder le zèle de ceux à qui Dieu l'inspire, que de leur suggérer le moyen de suppléer à l'étude et à la capacité nécessaires pour cela? — Ne cherchons que la gloire de Dieu dans un ministère si saint, et nous souhaiterons, a\ec ce grand législateur, que tout le monde prophétise, du moins ceux sur qui descendra l'esprit de Dieu. Mais cette crainte est aussi mal fondée qu'elle est injuste : car enfin, les prédicateurs habiles et consommés dans cet exercice s'y distinguent toujours assez, et, s'ils se servent de quelque trait ou de quelques pensées qu'ils empruntent des ouvrages d'autrui , l'application qu'ils en font, le tour qu'ils leur donnent et le lieu où ils les placent, marquent assez qu'un excellent ouvrier donne toujours de la perfection à la matière sur laquelle il travaille. Ajoutez que, quoique ce recueil puisse être utile à tous les prédicateurs, il est néanmoins particulièrement fait pour ceux qui n'ont pas assez d'étude ni d'acquit pour se passer de secours.

Après cette objection qui regarde l'ouvrage en général, on m'en a fait de plus raisonnables sur chaque partie, je veux dire sur chaque paragraphe en particulier. — Sur le Ier, qui contient divers desseins et plans de discours sur un sujet : n'aurait-il point été plus à propos de

(1) Numer. 7.

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