‹ La bibliothèque des prédicateurs (volume 5)Chapitre 8 sur 75 · PRÉFACE. XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XV

se contenter de trois ou quatre, bien divisés et subdivisés, que d'en donner un si grand nombre, où l'on ne peut éviter que les uns ne rentrent dans les autres et ne soient souvent que différents de tours pour étendre et mettre en son jour la même vérité? J'avoue que ces sujets ou ces desseins seraient plus digérés et donneraient moins de peine à remplir, et ce parti m'est venu d'abord en pensée ; mais, comme de plusieurs prédicateurs qui traitent le même sujet il est rare que deux concourent si parfaitement dans la même pensée et dans la même division, j 'ai cru qu'après avoir un peu plus étendu un ou deux de ces desseins de la manière qu'on les demande, il valait mieux en suggérer un plus grand nombre, avec une division seulement générale et succincte, parce que, dans les paragraphes suivants, on trouverait assez de matière pour les remplir; outre que c'est donner lieu d'en inventer de nouveaux à ceux qui aimeront mieux suivre leurs propres idées, ou bien d'en joindre deux ou trois en un si l'on trouve un seul trop stérile.

Sur le IIe paragraphe, qui fournit une assez ample liste des auteurs qui ont traité le sujet sur lequel on travaille, savoir les SS. Pères, les livres spirituels et autres, les prédicateurs modernes et ceux qui ont recueilli et ramassé ce que les autres ont dit sur la même matière, quoique je puisse avoir manqué en bien des choses, je prie cependant de se souvenir toujours du projet que j'ai eu en vue quand j'ai entrepris un si vaste ouvrage sans en avoir aucun modèle devant les yeux ; et ensuite de la manière dont je l'ai exécuté, sans avoir pu faire autrement : car cela servira de réponse générale à plusieurs objections qu'il est bien aisé de faire quand on ne le considère qu'en idée et dans la spéculation. La première regarde les SS. Pères, qu'il aurait sans doute été plus juste de citer selon l'ordre des temps où ils ont vécu. Car enfin, mettre S. Augustin avant S. Cyprien, et S. Jérôme avant Origène et Tertullien, c'est du moins un défaut d'exactitude, qui saute aux yeux et qu'il eût été facile d'éviter et de corriger. Cela paraît évident; mais, avant que de faire sentir la difficulté qui se fût trouvée à l'exécuter, je prie de me dire de quoi il importe aux prédicateurs, en faveur et à l'usage desquels on donne cette liste, que tel Père soit cité le premier en cet ordre ou le dernier? S'agit-il ici d'un point de chronologie? Les prédicateurs observent -ils eux-mêmes cet ordre quand ils les citent? et pourvu qu'ils trouvent un passage ou une autorité qui appuie leur sentiment, n'est-ce pas uniquement ce qu'ils cherchent, sans se mettre en peine si tel est antérieur, et cet autre postérieur, si ce n'est lorsqu'il s'agit d'un point de controverse, d'une tradition, où l'antiquité pourrait faire la décision d'une vérité contestée? Déplus, voyons-nous que ceux

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