MODE
Intrate per angustam portarn, quia lata porta et spatiosa via eut quœ ducit ad perditionem, et multi sunt qui intrant per eam. Quàm angusia porta et arcta via est quœ ducit ad vitam, et pauci sunt qui inveniunt eam. Matth. va, 14.
Ab initia non fuit sic. Matth. xix, 8.
Irritum fecistis mandatum Dei propter traditionem vestram. Matth. xv, 6.
Nolite conformari huic sœculo. Rom. xn,2.
Nos talem consuetudinem non habemus , neque Ecclesia Dei. I Corinth. xi, 16.
Non in pluribus eorum beneplacitum est Deo. Ibid. x, 5.
Si adhùc hominibus placèrent, Christi servus non essem. Galat. i, 10.
Quicumque voluerit amicus esse sœculi hujus, inimicus Dei constituitur. Jacobi. iv, 4.
Entrez par la porte étroite , parce que la porte de la perdition est large, et le chemin qui y mène est spacieux , et il y en a beaucoup qui y entrent. Que la porte de la vie est petite, que la voie qui y mène est étroite, et qu'il y en a peu qui la trouvent !
Cela n'a pas été ainsi dès le commencement.
"Vous avez rendu le commandement de Dieu inutile par votre tradition.
Ne vous conformez point au siècle présent.
Ce n'est point là notre coutume, non plus que celle de l'Église de Dieu.
Il y en a eu peu, d'un si grand nombre, qui fussent agréables à Dieu.
Si je voulais encore plaire aux hommes, je ne serais pas serviteur de Jésus-Christ.
Quiconque voudra être ami de ce siècle devient ennemi de Dieu.
EXEMPLES DU NOUVEAU-TESTAMENT
[Les Israélites.] Rien ne fait mieux voir le pouvoir et l'empire de la coutume sur les esprits que l'exemple des Israélites captifs à Babylone. Ils ne furent pas longtemps sans prendre les vices et les coutumes des Assyriens ; de sorte que, mêlés et confondus avec eux, ils furent bientôt pervertis par leurs exemples, et perdirent, avec le désir de retourner en leur patrie, les sentiments de piété dans lesquels ils avaient été élevés , et adorèrent les dieux de ceux avec qui ils vivaient. Tant il est difficile de se défendre de l'impression que l'usage fait sur les esprits des hommes, qui fontd'ordinaire ce qu'ils voient faire aux autres, et qui, sans une grâce toute particulière du Ciel, sont trop faibles pour résister au torrent de la coutume qui les entraîne.
N'est-ce pas une chose surprenante de voir que la coutume fait trouver du goût aux choses même les plus insipides et dont nous avions auparavant le plus d'aversion? C'est ce qui parut dans les mêmes Israélites, qui, délivrés de la captivité de l'Egypte , et nourris de la manne , laquelle renfermait toutes sortes de goûts , et par conséquent devait être pour eux un mets délicieux, s'en dégoûtèrent, et soupirèrent après les aulx et les oignons, auxquels ils étaient accoutumés en Egypte. Il faut bien dire que la coutume, qui apprivoise les bêtes les plus sauvages et les naturels les plus intraitables, chauge aussi l'humeur, les antipathies, les goûts, l'esprit, les sentiments et les inclinations les plus naturelles ; et l'on a raison de dire que c'est une seconde nature, plus forte même que la première.
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|l)iru punit 1rs déwrdni.] Oeuxqui ontintroduil Le mauvai es coutumes par leurs mauvais exemplea seront punis de Diau, on n*en peut douter} mais ta justice divine n'épargnera pas oeuxqui les auront suivies. Jéroboam, ce laleux roi d l raël, m pécher son peuple ei Lui fut un Bujel de scandale: aussi son nom s.-r.i-t-il maudit éternellement, el sa mémoire en oration dans l'Eoriture. Il fût puni, comme il le méritait, par la juste rene que I > 1 1 . « en tira ; mais son peuple qui suivil son mau tnple,
trouva-t-il auprès de Disc quelque I Ecoutez comment Du
parle au 8* livre des Rois. Après la condamnation prononcée par le prophète A lui i.i s contre Jéroboam, qui fut suivy de La ruine entière de la maison, voici ce que Le marne prophète ajoute contre le peuple, qui s'était formé sur son exemple : Et ttadet Dominus Israël, propte? peccata Jéroboam, qui peceavù ei peccare feeit Israël :
[Autres exemples.] Considérez tous les exemples de la vengeance de Dieu sur les hommes . pour leurs crimes et leurs désordres; et remarquez bien que Dieu a toujours puni de la mémo peine les auteurs et les complices du dérèglement, ceux qui ont donné l'exemple bt ceux qui l'ont suivi, ceux qui ont commencé la coutume et ceux qui s'y sont conformés, et qui ont réglé leur <'"ii(luitosurce modèle. Dansle déluge universel, où ces fameux géants, ces puissants du siècle, périrent tou3, n'y eut-il que les criminels qualifiés qui portèrent la juste peine de leurs crimes? Dans l'embrasement des villes infâmes de Sodome et de Gomorrhe, ceux qui n'avaient péché qu'en suivant la coutume et l'exemple des autres échappèrent-ils aux flammes? N'y eut-il que Pharaon et sa cour, son conseil, ses officiers et ses magiciens qui furent frappés des plaies de l'Egypte? Tout son peuple, complice de son péché, ne fut-il pas compagnon de sa peine? Toute son armée, qui suivit son exemple en la persécution du peuple de Dieu, ne fut-elle pas enveloppée dans son malheur ? Combien d'âmes faibles, qui s'étaient laissées aller à adorer le veau d'or, emportées et comme entraînées par la foule , passèrent toutefois parle fil de l'épôe, et furent du nombre de ces vingt-trois mille hommes dans le sang desquels les enfants de Lévi consacrèrent leurs mains !
[Le courage de Mathalhias.] Antiochus, étant entré à main armée dans Jérusalem, obligea les Juifs à sacrifier aux idoles. Plusieurs ayant lâchement obéi à ses ordres , il crut pouvoir obtenir de Mathathias la même soumission. Un homme, de sa part, lui vint dire : Nous savons que vous êtes distingué et très-considéré dans la ville : vous pouvez, si vous voulez, vous attirer les bonnes grâces du Roi : faites seulement ce que tout le peuple demeuré dans Jérusalem a fait, le roi vous honorera de son amitié, vous etvos enfants ; il élèvera votre maison, etvous fera de riches présents, a Quoi, moi! s'écria Mathathias alin que le peuple l'entendît, j'aurais la lâcheté de violer la loi de mon Dieu pour suivre celle des païens? Quand toutes lesnations
obéiraient au roi Antiochus, quand tous les Juifs feraient ce qu'il leur commande, moi, mes enfants et mes frères, nous demeurerons toujours dans l'obéissance que nous devons à la loi de nos pères ! » Généreux sentiments ; paroles saintes et justes que nous devons répéter à ceux qui nous proposent de suivre les coutumes profanes et contraires aux lois de Dieu 1
[Autres.] Que faites-vous en voulant vous justifier sur le grand nombre de ceux qui vous ont précédé et attiré après eux? Vous produisez des titres contre vous-même. Hé ? que faut-il donc faire? Il faut, comme ces fidèles Israélites, laisser le peuple fléchir le genou devant Baal , et maintenir l'honneur du Dieu d'Israël. 11 faut comme le jeune Tobie, laisser des troupes d'adorateurs offrir leurs sacrilèges hommages aux fausses divinités de Jéroboam, et vous, cependant, vous retirer dans le temple du Seigneur et lui présenter votre encens. Il faut raisonner comme le sage et saint vieillard Eléazar, et vous dire à vous-même: Si je trahis les intérêts de Dieu et de sa loi, je pourrai peut-être me ménager la faveur des hommes, et me garantir de leurs coups ; mais j'attirerai sur moi la colère du Ciel, et rien ne pourra me mettre à couvert de ses vengeances. Or, il vaut mieux pour moi que, par une conduite opposée aux fausses maximes des hommes età leurs pernicieuses coutumes, je leur devienne odieux et méprisable, que de tomber entre les mains du souverain juge, à qui rien ne peut résister et contre lequel toute la puissance humaine ne pourra pas me défendre.
EXEMPLES TIRES DU NOUVEAU-TESTAMENT
[Le Fils de Dieu.] Une des principales raisons pour lesquelles le Fils de Dieu est venu sur la terre, c'a été pour détruire et abolir les coutumes vicieuses, sacrilèges et abominables dont le monde était rempli : parce que comme disent les SS. Pères, il n'y avait point d'homme, à moins d'être Dieu en même temps , qui eût pu persuader aux Juifs et aux Gentils do vivre autrement que leurs ancêtres, que leurs proches, que leurs semblables, parmi lesquels ils étaient nés. Toutes les raisons humaines eussent été trop faibles pour faire changer l'univers de sentiments etde coutumes : il fallait une vertu infinie, une autorité divine, en un mot, l'exemple d'un Homme-DiEU, pour désabuser les hommes de leurs anciennes erreurs, pour abolir des usages invétérés, et pour déraciner des vices passés en coutume par une longue suite de siècles.
Les mauvaises coutumes, de quelque nature qu'elles soient, ne peuvent jamais prescrire contre la loi de Dieu. C'est le sujet du sanglant reproche que le Fils de Dieu fit autrefois aux Pharisiens et aux prêtres de laloi, sur une malheureuse coutume qu'ils avaient introduite sous prétexte de piété, mais
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nui renversait une des premières lois du Décaloguo : L'abus, persuada peuple, de donner aux ministres du remple ce qui était nécessaire pour Boulager son père ou sa mère réduits à La dernière nécessité; moyennant quoi, "ii était dispensé de le er et de s'aoquitter d'en devoir fondé
sur la loi naturelle et divine. Faites, je "\ us prie, réflexion sur La répon o que Jbsus-Curist Leur lit : ïrritum fecistismandatum I > i : r propter traditionem vestram (Matth. xv). Malheureux hypocrites, que prétendez-vous I Cet • ej cette coutume ue vient pas de Dieu, qui s commandé qu'on honoii père et sa mère et qu'on bat de tout son pouvoir ! c'est une
fausse interprétation de La Loi que vous avez inventée pour ati faire votre cruelle avarice : et vous mettez vos traditions a. la place du commandement de Dieu: ïrritum fecistis mandatum Dm propter-traditionem vestram.
Nous lisons encore au ohap. 19* de S. Matthieu, que Les pharisiens, pour tenter Le Sauveur, Lui firent une question importante : s'il était permis à un homme de répudier sa femme pour quelque cause que ce fût. EtN.-S. Leur ayant fait voir par le texte exprès de l'Ecriture que cela était contre l'ordre de Dieu, et que l'homme ne doit point séparer ce que Dieu a étroitement uni: <j Si cela est, reprirent les pharisiens , pourquoi Moïse a-t-il donc ordonne qu'un homme put quitter sa femme, en lui donnant un écrit par lequel il déclare qu'il la répudie ; » Le Sauveur répondit : « C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse a usé de cette condescendance, car cela n'a pas été dès le commencement : Àù mitio non fuit sic. * Ainsi , combien de coutumes abusives que nous regardons comme des lois, et que Dieu ni aucun des prophètes n'a autorisées, qu'on permet ou plutôt qu'on tolère seulement, parce qu'on n'y peut apporter d'autres remèdes !
[S. Paul. ] — Pour abolir de bonne heure les coutumes qu'on veut établir, ou pour détruire les anciennes qu'on veut continuer et qui vont au relâchement et au désordre, ce qu'il faut faire, c'est do se servir de la raison et de l'exemple de S. Paul, qui, voyant que les chrétiens de Corinthe voulaient continuer ou renouveler la coutume qui régnait parmi eux avant qu'ils eussent embrassé la foi, de plaider et de s'intenter procès les uns aux autres, s'y opposa de toutes ses forces, en leur alléguant les désordres inévitables que causerait cette pratique, et leur déclarant enfin que ce n'était point la coutume des chrétiens, et qu'il ne souffrirait pas qu'elle s'introduisit clans l'Eglise. Que le christianisme serait maintenant heureux et florissant si cette opposition ou cette défense eût été toujours conservée dans sa force ! mais la coutume l'a emporté, et c'est aujourd'hui un malheur irrémédiable.