XI. — Nous sommes obligés de faire la correction fraternelle
1°. Par le commandement que Dieu nous en a fait.
2°. Pour l'intérêt de Dieu qui le demande.
3°. Pour le salut du prochain, qui nous est confié.
XII. — Il faut reprendre votre frère et lui faire la correction.
1°. L'amour que vous avez pour Dieu le demande : c'est le premier point.
2°. L'amour que vous avez pour votre prochain vous y sollicite : c'est le second.
3°. Réglez cette correction et la faites dans toutes les circonstances qu'elle demande. (Bourdaloue).
XIII. — Il faut que la correction que nous faisons à notre prochain soit prise sur le modèle de celle que Dieu nous fait.
1°. Dieu nous corrige avec grande tranquillité : Cum tranquilhtate judicas (Sap. xn); et il faut le faire aussi sans passion.
2°. Il le fait avec révérence : Cum magna reverentiâ disponis nos (Ibidem). La révérence est une crainte mêlée d'amour : prenons soin d'avertir nos frères, et par là montrons-leur notre charité ; craignons de le faire d'un air et d'un ton ou avec des contre-temps par où nous puissions leur déplaire. Ce mélange d'amour et de crainte envers nos semblables nous convient beaucoup mieux qu'à Dieu à l'égard de ses créatures.
3°. Quand il est obligé de nous corriger plus durement en apparence, c'est toujours avec un fond de bonté et de miséricorde : Bas locum, in peccatis, pœnitentiœ . . . Ut, cùm de nobis judicatur, spcremusmhcrieordiam tuant. Voilà notre modèle. (Pris du même).