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XIV. — C'est une espèce d'apostolat que nous exerçons

1°. Nous en avons reçu la commission de Dieu même : Si pcocaverit in te frater tuus , vade et corrïpe illum. — 2°. Nous en pouvons faire la fonction : Si te audierit. — 3° Nous pouvons en espérer le même fruit : Lucratus eris fratrem tuum. — Trois sources de l'obligation de faire la correction fraternelle.

XV. — Nous sommes obligés de corriger nos frères : ce sera le premier point de ce discours. Obligés — 1°. Par un zèle de haine contre le péché ; — 2°. Par un zèle d'amour pour la gloire de Dieu qui est déshonoré ; — 3°. Par un zèle de charité pour notre prochain, dont nous devons procurer le bien tant que nous pouvons.

Nous sommes obligés de savoir les moyens de le faire. — 1°. Il faut toujours commencer par la douceur; — 2°. Quand une correction douce ne profite pas, il faut, si on le peut décemment, la faire plus forte ; —

:!". Quand les corrections particulières ont inutile-!, il but, li on 0 place, les faire publiques.

XVI. — Premier point. De quelle importance est la correction fraternelle pour le bien du proohain. — 1". Par là on arrête le cours de Bes désordres, nui sont un grand mal par eux-mêmes. — ■ 2". On empêche Les autres de pécher. — .'!". On gagne son frère à Dihtj pour l'avenir, ot on contribue beureusemenl à son salul .

Deuxième point. Les misons qui nous empôohenl de La foire, et de nous acquitter de ce devoir important. — -1°. La fausse amitié. — 2°. L'intérêi : "ii a a ménager cette personne, et on craint de se faire tort en la ohoquanl : non pas en La choquant ouvertement ou en ne ménageant point sa délicatesse, ce que Le bon sens et la vertu ont coutume de défendre, mais en lui faisan! apercevoir le moins du monde qu'on désapprouve son procédé. — ■ 3°. L'indifférence quo l'on a pour le véritable bien de son prochain.

XVIÏ. — 1°. Les uns manquent à faire la correction quand ils le peuvent et quand ils le doivent : et à ceux-là il faut montrer l'obligation qu'ils ont de la faire.

"2". Les autres la font mal : et il les faut instruire des moyens propres pour la faire mieux.

3°. Il y en a , enfin, qui seront assez zélés pour la faire et assez prudents, pour la bien faire, mais trop sensibles, et qui ne peuvent souffrir qu'on la leur fasse à eux-mêmes : et il faut montrer l'injustice de leur procédé , le bien dont ils se privent aussi bien que feraient les autres, et comment par là ils ôtent tout crédit à leurs remontrances les plus nécessaires.

XVIII. — 1°. La justice demande qu'on corrige le pécheur. 2°. La charité l'exige en une infinité de rencontres.

3°. La prudence veut que l'on règle l'un et l'autre devoir selon les personnes et les circonstances.

XIX. — Les règles de la correction fraternelle, et les conditions qui doivent l'accompagner sont particulièrement au nombre de quatre.

1°. Elle doit être accompagnée de prudence, puisque, sans cette vertu, la correction devient absolument inutile. Et cette prudence consiste à avoir égard au temps, au lieu, aux personnes et aux autres circonstances.

2°. Elle doit être accompagnée de zèle : autrement, elle dégénère en mollesse et en respect humain. On flatte le vice plutôt qu'on ne le reprend véritablement. Mais ce zèle doit être sans emportement et sans indignation.

3°. Elle doit être accompagnée de justice : car reprendre un homme qui

n'est pas coupable, ou qui ne l'est que d'une faute légère et peut-être douteuse , c'est exposer son autorité au mépris , et donner à ceux qu'on corrige des sujets d'indignation, au lieu d'apporter à leurs maux un vrai remède.

4°. Il faut qu'elle soit faite par une personne revêtue d'autorité, c'està-dire qui ait droit de veiller sur les autres et de les redresser dans leurs égarements. Ce dessein suppose une correction dans les formes , et faite d'un air et dans des circonstances qui demandent vraiment que celui qui la fait soit un supérieur, ou peuvent faire croire que c'est sur ce pied qu'il prétend la faire.

XX. — Comment le précepte de la correction fraternelle est un précepte positif, qui n'oblige pas toujours ni en tout temps , et qui a même ses exceptions et ses dispenses.

1°. Il faut examiner quand on y est obligé, et dans quelles circonstances on en est dispensé; déterminer le dogme, bien discuter toute la matière.

2°. Si l'on y est obligé, il faut en apprendre la manière, qui peut se réduire à ces trois choses : à corriger — 1°. Les faibles avec condescendance ; — 2°. Les personnes dociles et soumises avec charité; — 3°. Les rebelles avec fermeté.

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