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XII. — La curiosité est un grand obstacle au salvt

1°. Pour travailler comme il faut à l'affaire de son salut, il faut s'y appliquer tout de bon, comme à la première et à la plus grande affaire : et rien ne nous empêche davantage d'y penser sérieusement que la curiosité, qui nous dissipe l'esprit et nous en fait perdre entièrement le souvenir.

2°. Pour être sauvé, il faut croire et suivre les maximes éternelles que la foi nous enseigne : ce que l'Evangile appelle la science du salut. Ad dandam scientiam salutis plebi ejus. Et la curiosité nous conduit à l'erreur, et à douter de tout en matière de foi.

3°. Il faut, en troisième lieu, pour faire son salut, mettre en pratique les maximes du christianisme, l'humilité, la charité, la mortification des sens, etc. : et rien ne porte plus au dérèglement des mœurs que la curiosité, qui ne cherche qu'à se satisfaire.

Les Sources.

[Les SS. Pères]. — S. Augustin , x Confess. 25 et 37, trace fort au long le caractère de la curiosité. — Il se plaint souvent, dans ses Confessions, de la dissipation de son esprit et de l'épanchement de son cœur vers les biens créés, que lui causait sa curiosité. — Au livre ni, 2, il parle de la curiosité qu'il avait pour les spectacles , et de la part que les auditeurs prenaient aux funestes accidents qui s'y représentaient. — Au livre De Moribus Eccl. , 21 , il blâme la curiosité de ceux qui négligent les vertus chrétiennes pour s'appliquer entièrement à la connaissance des choses

PARAGRAPHE DBUXIEMB. I i::

aaturelles. — In Epitt. /oorniti, sur la réponse 'i1"' '■' Saûrenr lit au démon qui lui voulait persuader de te précipiter du haut du temple, il montre que o'esl une curiosité blâmable de demander des preuves extraordinaires de la vérité de notre foi. — vhi de Civit. 19, — >u Doctr. Christ. 13, il oondamne oette damnable ouriosité d'apprendre des dém hoses

à venir ou cachées, ou par magie ou par de vaines superstitions.

S. Jérôme, Epitt. 1 16 ad Damantm^ s'élève contre les prêtres ei les ministres du Seigneur qui négligent la lecture des livres saints, s'appliquent j des sciences profanes el curieuses, à lire les poôtei peu honnête ;miivs semblables livres dangereux, et peu séants a leur état. — Epist. 22 ad Ewtochiam, il défend aux vierges les lectures de livres curieux.

S. Grégoire, Uomil. :;•'» in Evangel. que le principal emploi d'un curieux et son plus grand péché esl de rechercher et examiner la vie d'autrui et de négliger la sienne. — xii Moral., 23 et 21 : combien il est dangereux de se répandre trop au-dehors par une curiosité inquiète.

S. Chrysostôme , surlechap. Il de S. .Matthieu, montre combien la curiosité de voir les spectacles est dangereuse pour un chrétien. — Sur le chap. 24 de S. Matthieu, il déclame fortement contre l'astrologie judiciaire, comme enseignant des curiosités insoutenables, pernicieuses, injurieuses à Dieu.

S. Bernard, De modo benè vivendi, qu'il a écrit pour sa sœur : le 54" discours est tout entier sur la curiosité. — De gradibus hurnil. : le premier degré de l'orgueil est la curiosité ; à quels signes on peut reconnaître un curieux.

[Les Livres Spirituels et autres.] — Grenade , Traité de l'oraison et de la méditation : combien la curiosité nuit à la dévotion. — Chap. 4, du même traité, § 6 : que nous ne devons pas rechercher, par une vaine curiosité, ce qui est au-dessus de nous.

Le P. Louis Du Pont, Guide des pécheurs, traité de la Mortification, chap. 8.

Le P. Caussin, la Cour sainte , traité 3e des Passions.

Le P. Guilloré, dans son grand ouvrage, parle en plusieurs endroits de la vie dissipée, de la curiosité et de la mortification des sens.

[ Tous ceux qui ont écrit contre les spectacles , contre la lecture des mauvais livres, contre les vanités du siècle, attribuent ces désordres à la curiosité. Nous rapporterons ces auteurs dans les titres où nous traiterons de ces sujets.]

Dandinus, Ethica. sacra lib. 2, de Fide, montre par l'autorité des SS. Pères combien la curiosité est dangereuse en matière de foi.

Joannes Vitalis , Spéculum morale , traité de Rumoribus non audiendis.

Matthaeus Fasianus, gxposit. 7 Pcccat. mort al, parle de la curiosité.

Nicolaus Hanapus, Summa, 123, s'étend sur la curiosité mondaine.

Guillelmus Baldesamus, Contra intemperantium.cho.^. n, lorsqu'il traite de custodiâ oculorum, parle amplement de la curiosité, dont les yeux sont les principaux instruments.

Thiers , dans le livre intitulé des Jeux et des Divertissements , chap. 9, montre que la curiosité des tableaux, des statues et des représentations lascives, est contre les principes de la morale de l'Evangile, et de celle des païens mêmes qui ont eu quelque soin des bonnes mœurs. Plutarque, dans ses Morales, a un traité sur la curiosité.

[On peut joindre à tous ces auteurs ceux qui ont parlé du recueillement, de la retraite, de l'attention sur soi-même et de la vigilance chrétienne. ]

[Les Prédicateurs.] — Matthias Faber, Fest. S. Joan. Apost., conc. 4, où il parle de cinq sortes de curiosités qu'on doit éviter.

Le P. Duneau, sermon pour le dimanche dans l'Octave de l'Epiphanie, où il montre qu'il faut faire un bon usage de la doctrine et des sciences, et se garder des abus qui s'y commettent.

Sermons sur tous les sujets de la inorale chrétienne, dans les sujets particuliers, sermon sur la curiosité en général.

[Recueils.] — Grenade, Lieux communs, v. Curiositas.

Busée, in Panario, v. Curiositas.

Le P. Théophile Raynaud, De virtutibus, lib. 6, sect, 2, cap. 4

PARAGRAPHE i ROISIÈME.

Passages, exemples et applications de l'Écriture.

AHiora te ne quœsieris, et fbrtiora te ne scrutatus fueris. Booli. m, 82.

Quceprœcepil tibi I )i:us, Ma cogita semfer, et m pluribus operibus ej'us ne fueris curiobid.

pat scrutator est majestatis opprimetur à gloriâ. Prov. x\v, 27,

In supervacuis rébus noli scrutait muttipUciter... non enitn tibi necessarium ea quoi abscondita sunt videre ocuHs tuis. Eccli. m, 24, 23.

Vani sunt omnes homines in quitus non subesi scientia Dei. Sapient. xin, i.

Non saturatur oculus visu, nec auris audit» impletur. Eccl. i, 8.

Renuntiavit cor meum ultra laborare sub sole. Eccl. ii, 20.

Annuntiate quœ ventura sunt, et sciemus qubd diiestis vos. Isaiee xli, 23.

FM mi, ne in multis sini actus tui. Eccli. xi, 10.

Prœcordia fatui quasi rota carri, et quasi axis versatilis cogitationes ittius. Eccli. xxxiii, 5.

Fascinatio nugacitatis obscurat bona, et inconstantia concupiscentiœ transvertit serisum sine malitid. Sapient. iv, 12.

Vœ qui cogitatis inutile. Mich. n, 1.

Telas araneœ texuerunt. Isaiœ. lix, 5.

Filii hominum, usquequà gravi corde? ut quid diligitis vanitatem et quœritis mendacium? Ps. 4.

Cùni me convertissent ad universa opéra quœ fecerunt manus meœ, et ad labores in quibus sudaveram, vidi in omnibus vanitatem et afflictionem animi. Eccl. n, 11.

T. III

Ne recherchez point ce qui est au-dessus de voua, ne tachez point de pénétrer ce qui surpasse vos forces.

Pensez toujours à ce que Diiîl' vous a commandé , H n'ayez point la curiosité d'examiner trop de ses ouvrages.

Celui qui veut sonder la majesté sera accablé de sa gloire.

Ne vous appliquez point avec empressement à la recherche des choses non nécessaires... car vous n'avez que faire de voir de vos yeux ce qui est caché.

Tous les hommes qui n'ont point la connaissance de Dîeu ne sont que vanité.

L'œil ne se rassasie point de voir, et l'oreille ne se lasse point d'écouter.

J'ai pris la résolution dans mon cœur de ne me tourmenter pas davantage pendant cette vie.

Découvrez-nous ce qui doit arriver dans l'avenir, et nous reconnaîtrons que vous êtes des dieux.

Mon fils, ne vous engagez pas dans une multitude d'affaires.

Le cœur de l'insensé est comme la roue d'un chariot, et sa pensée est comme un essieu, qui tourne toujours.

L'ensorcellement des badineries obscurcit le bien, et les passions volages de la concupiscence bouleversent l'esprit même éloigné du mal.

Malheur à vous qui ne pensez qu'à des choses inutiles.

Ils ont tissé des toiles d'araignées.

Jusqu'à quand , enfants des hommes , aurez-vous le cœur appesanti? pourquoi aimez-vous la vanité, et cherchez-vous le mensonge ?

En tournant les yeux vers tous les ouvrages que mes mains avaient faits , et tous les travaux où j'avais pris une peine si inutile, j'ai reconnu qu'il n'y avait que vanité , et afûiction d'esprit en toutes choses.

Omni custodid serva cor tuum. Pnçv. iv,

Magister, volumus à te signum videre.

Generatio mata et adultéra signum quœrit, et signum non dabitur ei. Matth, xn, 38.

Non est vestrum nasse tempora vel momenta quœ Pater posuit in sud potestate. Act. i, 7.

Per totam noctem laborantes nihil cepimus. Luc. v, 5.

Martha, Martha, sollicita es et turbaris ergà plurima; porro iinum est necessarium. Luc. x, 41.

Semper discentes, et nunquàm ad scientiam veritatis pervenientes, II Timoth. m, 7.

Averte oculos meos ne videant vanitatem. Ps. 118.

Narraverunt mihi iniqui fabulationes.

Ibid.

Ambulantes inquiété, nihil opérantes, sed euriosè agentes. II Thessalon. ni, H.

Adolescentiores viduasdevita... Otiosœ discunt circuire domos; non solùm otiosœ, sed et verbosœ et curiosœ, loquentes quœ non oportet. I Timoth. v, 13.

Qui ad nihil aliud vacabant, nisi aut dicere aut audire aliquid novi. Act. xyii,

Noti circumspicere in vicis civdatù, nec oberraveris in platêis illius. Eccli. ix, 7.

Proposui in animo meo quœrere, et investigare sapienter quœ fiunt sub sole. Hancoecupationem pessimam dédit Deus fil Us ho minum, ut occuparentur in éd. Eccles. i, 13.

Operam detis ut quieti sitis, et negotium vestrum agatis. I Thessal. iv, 11

Appliquez-vous avec tout le soin possible à la garde de votre cœur.

Maître, nous voudrions bien que vous nous fissiez voir quelque prodige... Cette race méchante et adultère demande un prodige, et on ne lui en accordera point.

Ce n'est pas à vous qu'il appartient de savoir les temps et les moments que le Père a mis en sa puissance.

Nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre.

Marthe, Marthe, vous vous empressez, et vous vous troublez dans le soin de beaucoup de choses ; cependant une seule est nécessaire.

Des gens qui apprennent toujours, et qui n'arrivent jamais à la connaissance du vrai.

Détournez mes yeux, afin qu'ils ne regardent point la vanité.

Les méchants m'ont entretenu de choses vaines et superflues.

Il y en a qui sont inquiets, déréglés, oisifs, qui se mêlent curieusement de ce qui ne les regarde point.

Il y a de jeunes veuves fainéantes, qui s'accoutument à courir par les maisons : elles ne sont pas seulement fainéantes , mais encore causeuses et curieuses, s' entretenant de choses, dont elles ne devraient point parler; évitez-les.

Les Athéniens passaient tout leur temps à dire et à entendre les nouvelles.

Ne jetez point les yeux de tous côtés dans les rues de la ville, et ne vous promenez pas dans les places publiques.

Je résolus en moi-même de rechercher et d'examiner avec sagesse ce qui se passe sous le soleil. Dieu a donné aux hommes cette fâcheuse occupation, qui les exerce pendant leur vie.

Étudiez-vous à vivre en repos, et à vous appliquer chacun à ce que vous avez à faire.

PAR MJH \ in i i KO] n ME. M7

EXEMPLES TIRÉS DE i/ancikn EST m N. »1 v i:.\ i TBSTAM ENT

| l.a curiosité d'Eve. ] La curiosité est presque aussi aucienue que le monde puisqu'elle eu1 pari au péché de uns premiers pères. Le démon, bous la figure du serpent, présenta d'abord à lu l'eunne le iVuif auquel Dibu leur avait défendu de toucher; il L'invita d'en goûter, en l'assurant qu'au lieu de la mort dont Dieu lesavail menacés ils \ trouveraient une source de vie immortelle, et qu'outre cela ils auraient La connaissance du bien et du mal ; ce qui était bien capable d'exciter La curiosité do cette femme. Il est probable, d'ailleurs, que cet esprit artificieux n'épargna rien pour faire valoir La beauté et L'excellence de ce fruit sur tous les autres qui étaient dans oe jardin délicieux. Il n'en fallut pas davantage pour porter Eve à en faire L'expérience qui fut si funeste à toute sa postérité. De manière qu'on peut dire que La curiosité fut la première tentation, et ensuite la source de tous les maux du monde.

[ la femme de Lolh. ] — La femme de Loth, oubliant par une légèreté qui esl assez ordinaire à ce sexe l'ordre que les anges lui avaient donné de ne point regarder en arrière, et ne pouvant croire que cette curiosité de voir de loin une ville en feu lui dût coûter la vie, s'y laissa aller; et, entendant le bruit et l'impétuosité des flammes avec les cris de ceux qui en étaient dévorés tout vivants, elle se tourna pour regarder ces objets. Mais, en voulant voir ce spectacle de terreur, elle devint elle-même un spectacle effrayant, car elle fut changée sur l'heure en une statue de sel, qui a été comme un monument éternel, selon les paroles de l'Ecriture, pour apprendre aux hommes à quels dangers ils s'exposent par leurs curiosités indiscrètes, et qui ne peuvent se persuader qu'un petit regard et une curiosité qui paraît assez légère soient souvent la cause des plus grands désordres.

[Les Bethsamiles.] — Dieu a fait voir un exemple encore plus terrible, dans la punition qu'il exerça sur les Bethsamites, pour avoir regardé trop curieusement l'arche du Seigneur, lorsque les Philistins la renvoyèrent après plusieurs mois qu'ils l'avaient eue en leur puissance. Quelques SS. Pères et 'plusieurs interprètes sont en peine de savoir quel crime si énorme pouvaient avoir commis ces Bethsamites pour obliger Dieu d'en tirer un châtiment tel que celui de faire mourir cinquante mille personnes de la populace, outre soixante-dix des plus considérables d'entre le peuple. Eu quàd vidissent arcam Domini : ce fut pour avoir regardé l'arche du

Seigneur. Quoi! était-ce donc^un si grand crime d'avoir jeté les yeux sur ce précieux gage de la protection de Dieu sur son peuple ? sur ce dépôt sacré qui faisait le bonheur de cette nation? sur ce sanctuaire où le Seigneur rendait ses oracles? N'était-ce pas un spectacle digne de leurs regards, de recevoir cette arche qu'ils avaient si heureusement recouvrée contre toute espérance? Non: ce n'était pas un crime de l'avoir regardée, mais de l'avoir regardée avec des yeux curieux, en étant, comme l'on croit, le voile qui la couvrait, pour voir et examiner ce qu'elle contenait et ce qui y était renfermé. C'était manquer de respect ; c'était une curiosité téméraire, et elle leur attira un rigoureux mais juste châtiment.

LDina.] — Quand la curiosité ne porterait pas au crime, ne donne-t-elle pas souvent occasion d'en commettre? témoin la curieuse Dina. Le texte sacré nous fait une peinture tragique des malheurs que causa cette fille mondaine, qui était allée voir les femmes du pays où elle était nouvellement arrivée avec son père Jacob. Elle fut enlevée, déshonorée ; et cet affront outrageux fut ensuite vengé par ses frères par le saccagement de toute une ville et le massacre de ses habitants.

[David.] — Que n'a point coûté à David un regard trop curieux? Après avoir terni l'innocence de sa vie, ne l'a-t-il pas engagé dans une suite de malheurs qui enveloppa son peuple dans les désastres de sa famille? Il ne pensait pas alors à ces funestes suites, dont ce regard devait être le principe et la cause : mais il apprit depuis, par sa propre expérience, qu'il n'y a point de malheurs que la curiosité n'attire et n'entraîne après soi. Il l'avait déjà reconnu, dans une autre occasion où sa curiosité le portaà vouloir connaître les forces de son Etat, et combien de soldats capables de porter les armes il en pourrait tirer au besoin pour en faire une puissante armée, et assez forte pourrepousser ou attaquer quelque ennemi que ce fût. Sa curiosité fut satisfaite ; mais il lui en coûta la perte de soixante-dix mille de ses sujets, qu'une peste moissonna en peu de temps : et ce prince , tout saint qu'il était, eut encore assez de peine à apaiser la colère de Dieu, irrité d'une si vaine curiosité.

• [La Reine de Saba.] — Il ne faut pas conclure de tous ces funestes exemples que toute sorte de curiosité soit blâmable et capable d'attirer la vengeance du Ciel. L'Ecriture a loué et approuvé celle de la reine de Saba, qui ayant entendu dire des merveilles de la sagesse de Salomon, fut piquée d'une innocente curiosité de voir de ses propres yeux si ce qui lui revenait de tous côtés n'était point au-dessus de la vérité. Elle entreprit un long voyage pour en être elle-même un fidèle témoin, et ensuite, ravie et comme extasiée de voir l'ordre qui était dans son palais, et la magnificence avec laquelle il était servi, et la sagesse qui paraissait dans toute sa conduite, hors d'elle-

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m.' , elle . éoria que La vérité surpa ail la renommée, qui a coutume

d'exagérer tout, el qu'on ae Luiavail pas m'''!!)'- rapporté une partie qu'elle voyait de sea yeux. Sa curiosité était louable, d'être venue de si loin apprendre La manière de gouverner Bon peuple* I de régler I Etal que Dibu lui avail confié.

[Salooon.l — .l'"1 n<i crois pas qu'on puisse rien dire de plus fort, pour condamner la vaine et inutile curiosité, que ce qu'en dit l chap.

de L'Eoolésiaste, où il (ait Lui-môme an détail étudié d aines

occupations, de tous lef efforts qu'il a faits el de tous Les mouvements

qu'il s'est d lés pour satisfaire ses désirs inquiets et inconstants; ensuite

de quoi, il fail un aveu sincère qu'il n'a trouvé, dans les objets de sa curiosité, que vanité, chagrin, amertume de cœur, e1 an sensible regret «l'avoir si mal employé ses soins : à quoi il a enfin renoncé pour en prendre dé plus sérieux e1 de plus important,-: Renuntiavitque cor meutn ultra laborare tub sole (Ecel. n).

[Nonvean-TestamenL] — Le Nouveau-Testament ne nous fournit point d'auixemples, sur ce sujet, que les sages réponses du Fils de Dieu à ceux qui lui on1 l'ait des questions ou des demandes qui n'allaient qu'à faire leur vaine curiosité, et dont la connaissance ou la solution ne pouvait leur être d'aucune utilité pour leur instruction ou pour leur salut. Voici ce que nous en lisons dans l'Evangile. — Premièrement, il reçut mal ceux d'entre les Juifs qui demandaient à voir quelque prodige : Magister, volumus à te signum videre. Comme ils n'étaient poussés que par un esprit de curiosité à lui demander cette preuve de sa mission et de son pouvoir, écoutez sa réponse: Generatio mal a et adultéra signum guœrit:.et signum non dabiturei. Cette race méchante et adultère demande un prodige : je sais bien qu'elle n'a d'autre vue que de satisfaire une vaine curiosité : on ne lui en accordera point; ce n'est pas ainsi qu'on se joue de la puissance divine. — Secondement, quand il fut présenté devant Hérode, auquel Pilate l'avait renvoyé. Ce prince avait une extrême passion de le voir, espérant qu'il ferait quelque miracle et quelque prodige en sa faveur. Mais cet Homme- Dieu, qui n'avait qu'à dire une parole pour se faire obéir, et qui pouvait par cette condescendance se tirer des mains et de la persécution de ceux qui avaient conspiré sa mort, ne daigna pas seulement lui dire un mot, et aima mieux s'attirer son indignation et se voir exposé à la risée de toute sa cour que de se délivrer en satisfaisant la curiosité de ce scélérat. — Troisièmement, il en usa à peu près de même à l'égard de Pilate. Tant que ce juge Romain ne l'interrogea que sur les faits dont ses ennemis le chargeaient, il lui répondit avec tout le respect possible, en sorte que Pilate de son juge devint son avocat, et rendit un témoignage authentique de son innocence; mais, quand il lui fit d'autres questions qui ne servaient de rien pour sa justification, il garda un profond silence, donna de l'étonnement

à Pilate même, qui lui en fit un reproche, mais que le Sauveur aima mieux souffrir que de rien accorder à sa curiosité. — Quatrièmement, à l'égard des Apôtres mêmes, avec lesquels il conversait familièrement et à qui il découvrait quelquefois ses plus importants secrets, il agissait avec la même réserve. Quand, par un privilège de l'amitié dont il les honorait, ils prenaient la liberté de l'interroger, quoiqu'ils lui fissent souvent des questions peu sensées et peu à propos, il souffrait leur ignorance et leur grossièreté, et prenait même la peine de les instruire ; mais il les reprenait quand ils lui en faisaient de curieuses, dont ils ne pouvaient tirer aucune instruction, comme quand ils lui demandèrent s'il ne rétablirait pas le royaume d'Israël. Quelle fut la réponse de ce divin Maître à ces disciples curieux? Non est vestrum nasse tempora vel moment a quœ Pater posuit in sud potestate.

APPLICATIONS DE L'ÉCRITURE

Vani sunt hommes in quibus non subest scientia Dei. (Sap. xiii). — Les hommes sont vains, c'est-à-dire perdent leur temps et leur peine dans la recherche de mille curiosités qui n'avancent en rien leur bonheur éternel, si Dieu n'est le premier objet de leurs recherches et de leurs connaissances. Tout le reste n'est que curiosité, et toute notre science le vain amusement d'un esprit inquiet, qui ne se souvient pas qu'il n'est au monde que pourconnaître et pour aimer Dieu. De manière que tout ce qui ne tend point à cette noble fin, science, travail, intrigue, occupation, empressement, affaire de quelque importance qu'elle soit, ne doit passer dans l'esprit d'un chrétien que pour une curiosité frivole, un amusement qui nous détourne de notre unique et véritable fin, à laquelle toutes nos pensées, nos paroles, nos actions, nos désirs, nos vues et nos desseins doivent tendre et se rapporter.

Non saturatur oculus visu, nec auris auditu impletur (Eccl. i, 8), — La multiplicité des objets sur lesquels l'esprit et les sens se répandent avec une curiosité volage et empressée nous occupe, nous distrait, nous dissipe et nous détourne de nos devoirs. Ce qui est sans doute un obstacle au salut, parce que cette attention continuelle aux choses présentes nous amuse, et ne nous laisse pas le loisir de penser à l'affaire qui doit faire le capital de nos soins. En effet, la curiosité a cela de commun avec le désir des richesses, qu'elle n'est jamais contente, mais veut toujours voir, toujours apprendre; toujours avide de faire de nouvelles découvertes, elle emploie aussi toutes sortes de moyens pour s'enrichir de nouvelles connaissances, lesquelles souvent ne sont pas moins inutiles que les richesses qu'un avare amasse de tous côtés, et dont il ne tire d'autre fruit que le plaisir de les

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i;,ii dans une ville î Cependant il reçoit tout, il e remplit de tout, et meure toujours vide; jamais Batisfait, toujours inquiet, passanl d'objel en objet, sans se donner même le Loisir des'j arrêter: Von saturatur ocidits ris//, nec auris auditu impktur.

Altiora te ne quasieris, forliora te ne scrutatus fueris \ Eccl. ai). — Donnez-vous de garde de vouloir pénétrer, par une vaine ïubtilit esprit, les mystères qui sont au-dessus de la raison la plus éclairée, ou qui ni La force e1 La vivacité des Lumières naturelles. Il n'est point nécessaire de savoir Les secrets que Dibu a voulu nous cacher; ce sonl des abîmes couverts de ténèbres, el il ne nous est pas permis de Les vouloi] der. Ainsi c'esl une curiosité téméraire de présumer d'entrer dans L< crets de La Providence, de prétendre dévoiler les mystères de La reli{ de pénétrer trop avant dans l'abîme incompréhensible de I se de

. de lui demander compte de sa conduite, de sonder la profondeur de ses jugements, de raisonner et de disputer sur ce qu'il y a de plus sublime dans la foi, et epui demande une humble soumission de notre esprit.

■ videro, non credam. (Joan. xx). — C'est ce que disait l'incrédule S. Thomas, lorsque les autres apôtres lui racontaient qu'ils avaient vu le Sauveur ressuscité. Cet Apôtre porta la curiosité jusqu'à vouloir toucher les ['laies que cet Honime-DiEU avait reçues sur son corps, et mettre ses doigts dans les trous de ses mains et de son côté, pour être assuré que ce n'était point un autre corps que celui qui les avait reçues. Ce qui fait voir que la curiosité, en matière de religion, en vient ordinairement jusqu'à l'incrédulité dans les choses même les plus incontestables. Car ensuite, ces personnes curieuses ne croient que ce qu'on leur peut faire voir ; elles traitent de fables les peines et les récompenses de l'autre vie, et tous nos plus saints mystères leur paraissent incroyables, parce qu'elles voudraient les pouvoir comprendre pour les croire ; jusque-là que cette téméraire curiosité conduit ordinairement à l'athéisme; et, si Ton n'en vient pas jusqu'à cette effroyable stupidité, on se fait du moins une religion de philosophe, en ne croyant que ce qu'on voit ou ce qu'on peut comprendre par la force de sa raison.

Aliud cecidit secùs viam, et conculcatum est, et volucres cœli comederunt illud (Luc. vin).— Dans la parabole de la semence, une partie étant tombée le long du chemin, elle fut foulée aux pieds des passants, et les oiseaux du ciel la mangèrent. L'application de cette parabole a été faite par le Fils de

Dieu même: c'est-à-dire, que lefcceur s'épanche lui-même par tous les sens. Car c'est l'effet de la curiosité : c'est une espèce de grand chemin : tout y passe, les pensées, les désirs, les passions, les images des choses qu'on voit et qu'on aime; mille desseins se succèdent les uns aux autres; c'est un flux, et reflux continuel ; on n'a pas conçu une bonne pensée et entendu une bonne parole, que mille autres pensées et mille autres occupations la font oublier; les oiseaux de l'air l'enlèvent, c'est-à-dire ces désirs vagabonds, ces vaines curiosités. Les passants foulent aux pieds cette divine semence ; c'est-à-dire que le bruit, le tracas, les compagnies que la curiosité fait rechercher, tout cela l'arrache lorsqu'elle est sur le point de germer et de s'élever de terre.

Annuntiate quœ ventura sunt , et sciemus quàd dix estis vos ( IsaiaeLx ). — Il est vrai que c'est un désir naturel à l'homme de vouloir savoir: d'où quelques-uns tirent une preuve de sa noblesse, et de sa ressemblance avec la Divinité, qui connaît tout et à qui rien ne peut échapper. Mais, à voir le mal qu'il est capable de lui causer, on doit plutôt dire que c'en est une imitation; ou, comme parle Tertullien,une émulation vicieuse de la Divinité, semblable à celle de nos premiers pères, à qui le père du mensonge promit qu'ils seraient comme des dieux, parce qu'ils sauraient le bien et le mal. Pour moi, je l'appellerais volontiers une espèce de péché originel, ou, comme disent d'autres, un effet de l'amour-propre, qui cherche partout à se satisfaire, et qui, ne se contentant pas pour cela de savoir le passé et le présent, veut encore s'étendre jusque sur l'avenir, pour devenir une espèce de divinité mortelle. Eritis sicut dii,scieittes bonum et rnalum. Fausse émulation de la Divinité, curiosité malheureuse, en quel abîme de maux n'as-tu pas précipité les hommes, que tu as souvent rendus semblables aux démons, au lieu de cette ressemblance avec Dieu que tu leur faisais espérer ! Heureux ceux qui renoncent à toutes ces curiosités impies, vaines et criminelles, pour s'employer uniquement à chercher les moyens de se procurer dans l'avenir une heureuse éternité ! Si nous sommes curieux de savoir le passé, que ce soit pour nous instruire, par l'exemple de ceux qui nous ont précédés, du malheur des impies, et des effets de la vengeance du Ciel qu'ils se sont attirée ; pour nous former sur l'exemple des justes, qui ont vécu avant nous, et qui nous ont marqué les voies du bonheur éternel Si nous voulons savoir le présent, commençons par nous connaître nousmêmes, sans rechercher avec tant de curiosité la vie d'autrui, fermons les yeux à mille choses qui ne nous sont utiles à rien. « Quand vous connaîtriez, dit S. Bernard, la largeur de la terre, la hauteur des cieux, et la profondeur des abîmes de la mer, si vous ignorez ce qui se passe en vousmêmes, vous édifierez sans fondement, et tout ce que vous élèverez ne sera qu'un amas de poussière que le vent emportera. » Pour ce qui est de l'avenir, contentons-nous d'y pourvoir par une sage conduite.

PARAGR \ i • n i : QTJA1 Rit mi.

§ IV

Pensées et Passages des SS. Pères.

Omnù anima curiosa indocta est. Augustin. [\r agone ( Ihrist. i.

Curiositas motus est animai moriturœ.

Aug. mu i ionfess.

Curiositas invenit hœresim. Id. Tract. 97 In Joann.

Omnis il/" quœ appellatur curiositas nihil '(ilwd quœrit quàm de rerum cognitione lœtitiam. August. De verâ relig. i.'i.

Curiosus est qui ea requirit quœ nihil ad se pertinent; studiosus quœ ad se attinent requirit. là. De utilit. credendi, 9.

/// consideratione ereaturarum non est m nu et peritura curiositas' exercenda, sed gradus ad immortalia et semper pernianentia faciendus. August. De verâ Relig. 29.

Volentes gaudere forinsecus facile cunt, et effunduntur in ea quœ videntur et temporalia tunt, et imagines rerum fame- Hca\ cogitatione lambunt. August. ix Confess. 4.

Curiosum genus hominum ad cognoscendam vitam aliénant, desidiosum ad corrigendam suam. Id. x Confess.

Sunt quœdam quœ nescire quàm scire sit melius. [d. Enchir. 17.

S» non prius à secretioribus cordis expellitii.r hnportuna sœcularium multitudo curarum, anima quœ intus jacet mortua non rget. Gregorius xvm Moral. 22.

Vox Dei non sonat in foro, non auditur in pubîico; secret um concilium, secret um quœrii auditum. Bcrnardus.

Frivola prorsus et inanis ac nugatoria est curiositas ; et nescio quiddurius illiimprecor

quàm ut habeat quod requirit , et quo curiosa inquietudine delectatur. Id. in Floribus.

Sunt qui scire volunt tantiun ut sciant : et

Tout espril curieux témoigne par-là qu'il ("-I ignorant.

La curiosité es) comme le dernier effort de l'âme près d'expirer.

G'esl la curiosité qui a inventé l'hérésie.

Tout ce qui s'appelle curiosité ne cherche

autre chose que le plaisir dans la connaissance des cl

Celui-là doit passer pour curieux qui s'inquiète des choses quine le regardent point : et celui-là doit être appelé zélé qui s'applique à son devoir.

Il ne faut pas s'appliquer à l'étude et à la considération des choses créées par une curiosité vaine et passagère; mais il faut s'en servir comme d'un degré pour s'élever aux choses immortelles, qui doivent toujours durer.

Ceux qui cherchent leur satisfaction audehors se dissipent aisément, se répandent sur les choses visibles et temporelles, et avec une pensée et un désir toujours affamé, se repaissent des apparences de tous les objets qui se présentent.

Les hommes sont portés par une curiosité naturelle à examiner la vie d'autrui , mais peu soigneux de corriger la leur.

Il y a des choses qu'il vaut beaucoup mieux ignorer que savoir.

Si on ne chasse de son cœur cette foule importune de soins des choses de la terre , l'âme qui est morte par le péché ne ressuscitera pas à la vie de la grâce.

La voix de Dieu ne se fait point entendre dans les lieux publics où notre curiosité nous porte, elle demande un secret entretien et une âme solitaire.

La curiosité est une chose tout-à-fait vaine, frivole et badine ; et je ne sais si on lui peut souhaiter une plus grande punition que de lui vouloir ce qu'elle cherche, ce qui fait l'objet de sa joie impatiente.

Il y a des gens qui veulent tout savoir

turpis curiositas est. Bern. serm. 36 m Cant.

Que à te, curiose, recedis? cm te intérim committis? Id. De grad. humil.

Dùm anima à sut circumspectione torpescit , incuriâ suî curiosam se in alios facit. Bernard. Ibid.

Tatndiù quisque sua peccata ignorât quamdi'n curiosè aliéna considérât. Id. De lnter. domo 43.

Si ad te, 6 homo, vigilanter attendus, mirum est si aliud unquàm attendus. Id. De grad. humil.

Curtosus foras egrediiur, et exteriùs omnia considérât ; qui sic interna non considérât, prœtérita non respicit. futura non prospicit. Bernardus.

Quœ Deus occulta esse voluit non sunt scrutanda, quœ autem manifesta feeit non sunt nerjlirjenda: ne in illisil )si; in

his damnabiliter inveniamur ingrati. Prosper. De vocat. gent.

Curiositas reum facit, nonperitum. Zeno Veronensis.

Multi multa sciunt, et se ipsos nesciunt, càm tamen summa philosophai sit cognitio

sui. Hugo à Sanct. Vict. x De anima, 9.

Non est sine periculo curiosiùs exquirere ea quibus minus assuevimus; stultissimum autem omnino examini subjicere ea quœ me idem nostram transcenduni, et tenture ea quœ inteUigere impossibile est. Cyrill. Alexand. De rectà fide.

Si porta oculorum benè rnunita fuerit, iota il/a civitas cordis nostri ab assaltu vitiorum quieta erit. Hugo à Sanct. Yict. in Ps. 13.

Gravis ue vehemens est proditor oeulus vagus atque distractus. Ephreni. Paraenesis, 37.

Mens oeulis tanquàm fenesiris utitur. Lactant. De opific. Dei.

~Nih.il in homine cui curiositas prosit inverties. Bernard, de Convers. ad clericos. 12.

Vanus labor qui studio vanitatis assumitur. Id. Ibid.

Curiositas, etsieulpœ non est,culpa tamen oceasio est; et indicium commissœ, et causa esteommittendo!. Id. Ibid.

uniquement pour savoir : c'est là une honteuse curiosité.

Où vous retirez-vous, homme curieux, en sortant ainsi hors de vous-même? a qui remettez-vous le soin de votre personne?

Lorsque l'âme néglige l'attention sur elle-même, par le peu de soin qu'elle en a, elle devient curieuse d'examiner les actions des autres.

Autant de temps on emploie à considérer et à examiner les défauts et les péchés d'autrui, autant on demeure dans l'ignorance des siens propres.

0 homme si vous veillez attentivement sur vous-même , c'est bien merveille si vous avez le temps de songer à autre chose.

Le curieux sort hors de lui-même, il considère ce qui se fait au-dehors, il ne fait nulle attention à ce qui se passe au-dedans ; il ne réfléchit point sur le passé, et ne prévoit point l'avenir.

On ne doit point rechercher avec témérité les choses que Dieu a soustraites à notre connaissance , ni négliger celles que „ lui-même nous a découvertes : de peur qu'une curiosité criminelle ne nous porte à vouloir connaître les unes, et que nous nous rendions coupables d'ingratitude en négligeant les autres.

(En fait de nos mystères), la curiosité ne rend pas un homme plus savant , mais plus criminel.

Plusieurs savent bien des choses, et ne se connaissent pas eux-mêmes : et cependant le haut point de la philosophie est de se connaître soi-même.

Ce n'est pas sans danger qu'on recherche trop curieusement les effets extraordinaires dont nous ignorons les causes; mais c'est une extrême lolie de vouloir soumettre à notre jugement les choses qui passent la capacité de notre esprit et que nous ne pouvons pénétrer.

Si la porte de nos yeux est bien gardée et l'entrée bien défendue , la place de notre cœur sera à couvert, hors des attaques du vice.

L'œil curieux qui regarde de tous côtés, et qui se porte sur tous les objets , est un traître dont il faut se défier.

Lame se sert des yeux comme de fenêtres (pour voir ce qui se passe au dehors).

Vous ne trouverez rien dans l'homme à quoi la curiosité puisse être utile.

"Vain labeur que celui qui vient de la vanité.

Quoique la curiosité d'elle-même ne soit pas un péché, c'est néanmoins une occasion de péché, une marque qu'il est déjà commis, et la cause qui le fera bientôt commettre.

PAB LOB IPHH Ql \ i RIÉME.

considères tnala aius alii faciunt, ?ed dera botta qtue In facere debes. Bernard. Do i lo benè \ Ivendl.

Tamdiù homo ignorât peccata tuaqucedebuerat flere et cognoscere, quamdiù aliéna vitia exquirit curiosè. [d. [bld.

Mus reprehendimus vitia uniuscujusque hominis quùm virtutes intendimus; nec quid boni quisque fecerit agnoscere cupimuSfSedquidmalè egerit perscrutamurt td.

[bld.

Cave curiositatem, omitte curas alterne vit<r ; nulla curiosilas animum tuum decipiat, ne tu, oblita tuorum morum, aliénas perquiras. Bernard. Il>id.

Scire nunquàm desideres quod scire mm </<■/,<■<. Iil. [bid.

Scito /ini certo quia curiositas periculosa preesumplio est. Bernard. Ibid.

Curiositas damnosa peritia est, adhœresim provocatfin fabulas sacrUegas prœcipiidt mentem, in causis obscurù reddii audaces, in rébus ignotis facit homines prœcipites. Id. Ibid.

Cor lasciviendo perfluitj etper sensuscarnis cireumquaquè sediffundens, nullatenùs ad te redire sufficit. Lauréat. Justinian.

Ni; considérez polnl le mal que foi ,-min /. i" bien que

devez faire vou -même.

i h.' pei onne

elle devrai! connaître ci pleurer , qu'elle a pa é de l bereber ci

examiner ceux • '■

Ndii pem irquon i plu rucilemenl le cl le le Chacun que

ne nous mettons polnl en peine 'lu bien qu'il l'ail, mais du mal qu'il a pu commettre.

Donnez-vous de garde de la ourio laissez tou de Bavoir de quelle

manière vivenl l< .mires, ne vous !

luire par nue curieuse recherche des actions d'autrui ; de peur que votu n'oubliiez la conduite que vous devez tenir, pendant

que vous VOUS cliquerez de celle des autres.

Ne Bouhaitez jamais d'apprendre ce que vous ne devez pas savoir.

Tenez pour constant que la curiosi!

une très-dangereuse présomption.

La curiosité esl une science dangereuse : elle porte à l'hérésie , elle l'ail que l'esprit ■ dans des tables également impies et ridicules ; elle donne la hardiesse de prononcer but les faits obscurs ; dans les choses que nous ignorons, elle nous l'ait porter un jugement précipité.

Le cœur, en courant sur tous les objets, s'épanche, et, en se répandant par tous les sens, ne peut plus rentrer en lui-même.

Ce qu'on peut tirer de la Théologie.

[Définition.] — Parle mot de curiosité, on entend communément un désir immodéré et déréglé de voir et de connaître des choses qui ne nous regardent point, des choses inutiles et frivoles qui nous amusent, qui nous distraient de quelque meilleure occupation, et enfin qui peuvent nous porter au mal ou dissiper notre esprit, et nous détournerde nos devoirs. — Pour l'éclaircissement de cette matière, il faut supposer, avec S. Augustin, qu'il y a une grande différence entre l'homme curieux qui s'informe de tout, et l'homme studieux qui cultive son esprit par la connaissance des sciences et des arts, quoique tous les deux soient poussés d'un ardent désir de savoir. Car le curieux, dit ce Père, s'applique à la recherche des choses dont la connaissance ne lui est utile à rien ; au lieu que celui qui étudie pour devenir savant s'applique aux choses qui lui sont nécessaires, ou pour remplir les devoirs de son état ou pour savoir vivre et se conduire parmi les hommes.

De cette différence nous pouvons nous former une idée et une notion claire et distincte de la curiosité, qui d'ailleurs est assez équivoque, et que l'on peut prendre en bonne et en mauvaise part. Nous l'envisageons ici par le mauvais endroit, comme une maladie de l'âme, ainsi que l'ont appelée quelques anciens, comme une passion inquiète et dangereuse, ou comme un vice dont on doit se défendre ; quoiqu'on ne puisse nier que la curiosité, d'elle-même, ne soit comme les autres passions, c'est-à-dire indifférente, puisqu'elle est le fondement de toutes les sciences, et qu'elle est seulement criminelle dans son excès, et quand elle passe les bornes que Dieu, la raison et la nature lui ont prescrites.

[Cause de la curiosilé.] — Il est évident que la principale cause de la curiosité est l'immortification des sens, auxquels on donne la liberté de se répandre sur tous les objets. Car, comme notre esprit n'agit que sur le rapport de nos sens, et qu'il n est rempli que des objets qu'ils lui présentent, il ne pense à autre chose, et ensuite la volonté ne cherche qu'à leur procurer tout ce qui lui est agréable. Ce qui fait que la vie d'un bomme curieux est toute répandue au-dehors et toute sensuelle. Il est vrai qu'on ne trouve pas toujours tout le plaisir et toute la satisfaction qu'on cherche dans les cho-

i kl LOB \i-ui: 0IWQ1 [ï Kl. 157

ttérieures, parce qu'on s'en dégoûte, et qu'on e la le à la fin de œ qui plaisait le plus d'à in .ni ; mm j la ouriositéfail éviter ce1 ennui el ce d ■' en passant d'un objets an autre, el as l'arrêtant à chacun qu'autant de temps qu'elle j trom e da plaisir.

La curiosité qui cause la dissipation d'esprit e1 un épanchemenl entier au-dehors peut se rapporter.' - 1°. Au péohé de paresse, qui es1 an des sept

capitaux, parce qu'il marque an dégoût des ch s de Diei . el ane négli-

genoeà s'acquitter des devoirs d'état et de religion, puisqu'on aime mieux vaquera toute nuire chose : de manière que, si par cette curiosité l'esprit est tellement dissipé qu'il néglige d'accomplir quelque précepte ou quelque devoir nécessaire au salut, il est évident qu'il y a péché mortel. — 2". La curiosité se rapporte à l'oisiveté, dont elle est une espèce : non pas qu'on ne lasse rien du tout, mais parce qu'on B'occupe de choses inutiles, qu'on s'amuse à des bagatelles, qui détournent des affaires ou des occupations [dus importantes.

[Ses suites fâcheuses.] — Personne n'est capable de" s'approcher de Dieu et de recevoir ses divines communications sans la prière et l'oraison, qui en est comme le canal : c'est une vérité incontestable : or, la curiosité qui naît de la dissipation d'esprit et de l'immortification des sens est incoinpalible avec l'exercice de l'oraison, parce que de l'épanchement sur tous les objets, les sens recueillent des images dont on se remplit, et qu'on porte partout avec soi. Ces images se présentent à notre imagination quand nous voulons nous appliquer à la prière, nous troublent, nous distraient, et font comme un nuage entre Dieu et l'âme, lequel empêche de recevoir ses lumières, et nous ôtent toute l'attention que nous devons apporter à ce saint exercice. C'est la raison pour laquelle tous ceux qui aspirent à une vie intérieure, à une intime conversation avec Dieu, mettent leur plus grand soin à se défaire de ces images.

La curiosité, en outre, par la dissipation d'esprit, prive bientôt l'âme de tous les sentiments de piété et de dévotion que la pensée de nos plus saints mystères et la méditation des vérités chrétiennes peuvent lui avoir inspirés, parce que l'esprit, étant tout occupé de bagatelles et d'amusements frivoles, ne le peut être de choses sérieuses, telles que sont celles qui regardent le salut : de même que les yeux, attachés sur la terre, ne peuvent être en même temps élevés au ciel. Un cœur qui s'épanche trop au-dehors y épuise aussi toutes ses forces. Les créatures devraient nous faire souvenir de Dieu, et ce sont elles d'ordinaire qui nous le font oublier. La communication du dehors, si elle n'est ménagée avec beaucoup de réserve et de discrétion, videl'àme des bons sentiments qu'elle avait, et la remplit d'autres tout contraires. C'est pourquoi nous ne devons jamais la souhaiter par curiosité, et, quand la nécessité y oblige, ce doit toujours être avec grande précaution. De plus, c'est la maxime de tous les pères spirituels, que le Seigneur ne se plaît point dans l'agitation d'une àme

158 C1RI0SITÉ.

curieuse, inquiète et dissipée : ils nous assurent qu'un esprit qui se répand au-dehors, par les oreilles et par les autres sens, est comme une des citernes dont parle Jérémie, qui ne retiennent point l'eau, parce qu'elles sont entr'ouvertes de tous côtés. Les grâces que le S. -Esprit y verse, les bonnes pensées et les saintes affections, s'écoulent incontinent : pour remplir un cœur de Dieu, il faut le viderde toutes les créatures :et comment, pendant que la curiosité les fera rechercher ?

[Instinct naturel.] — Tous les hommes désirent naturellement savoir. C'est par où Aristote a commencé sa Métaphysique, et il prouve cette vérité par l'amour qu'on a pour les sens dont on se sertpour acquérir la science, particulièrement de la vue, qui est nécessaire non-seulement pour l'action, mais encore pour connaître la variété et la différence des choses, quoique cette connaissance ne nous doive servir de rien. On en peut dire autant de l'ouïe : car on est naturellement curieux d'apprendre ce qu'on ne sait pas, quoiqu'on n'en retire point d'autre fruit que de l'apprendre. Or, cet instinct naturel est commun à tous les hommes ; mais il n'est pas égal dans tous, puisque nous voyons que cettepassionestplus ardente danslesuns que dansles autres; et,commeily a une grande diversité de choses quipeuventétre sues, et que tous n'ont ni lesmèmes inclinations ni le même génie, les uns s'adonnent plus volontiers à l'étude d'une science que d'une autre. A quoi S. Augustin ajoute que notre âme ne désire rien avec plus de passion que de connaître la vérité : Quid enirn fortiùs desiderat anima quàm veritatem ? (36 in Joan.) Néanmoins, comme toutes les vérités ne sont pas de même nature, et que les unes sont plus nobles et plus excellentes que les autres, on a plus d'affection à celles qu'on estime davantage. Que si les connaissances qu'on prétend acquérir sont utiles pour remplir dignement les devoirs de notre profession, pour bien vivre, pour cultiver son esprit, ou pour quelque autre fin honnête, c'est un désir louable, et l'un des avantages de l'homme sur les autres animaux. Quand ce n'est que pour savoir des choses frivoles, inutiles, ou qui ne nousregardentpoint, sansautrefin que de contenter une démangeaisonsecrète d'entendre, de voir etd'apprendre ce qui ne nous importe nullement, c'est une curiosité vaine, qui ne s'accorde guère avec la vertu et une solide piété. Si le désir de savoir va jusqu'à pénétrer les choses divines, qui sont au-dessus de notre intelligence et que Dieu n'a pas jugé à propos de nous découvrir, c'est une curiosité téméraire et une dangereuse présomption. Enfin, quand on veut savoir par des voies criminelles et diaboliques ces choses que nous ne devrions jamais connaître, c'est une curiosité damnable, qui n'est propre qu'à des âmes livrées au démon.

[En matière de foi.] — Si la curiosité de l'esprit humain se bornait à la recherche des motifs qui obligent tout homme raisonnable à embrasser la foi, comme les miracles, la conversion du monde, la manière dont elle

PAEAOH \iiii'. IIXI&MB. I K I

établie, et le consentenenl anani de koai le aget, an ne pour-

,•.,,( blâmercette ourioBité, qui esl d'un grand secours pour s'eflermir daaf la foi. M .• i i s porter sa curiosité plus loin, demander raison des choies que Dibi a . 1 1 1 . • , vouloir comprendre pourquoi Drau pernel que telle chose arrive, ei pénétrer dans le secret de te Providence ou dans les mystères qui Boni au-dessus de notre raison, o'esl oe qui rend cotre toi douteuse, ohanoelante, mal affermie, ei ordinairement, ce qui la (ail perdre

bout-èy-fait.

Endroits choisis des Livres spirituels et des Prédicateurs.

[La curiosité dissipe l'esprit.] — Que la curiosité cause une grande dissipation d'esprit, et fasse comme une diversion de l'application qui est nécessaire àun chrétien pour vaquer à lagrande affaire du salut, je ne crois pas que ce soit une chose que l'on puisse révoquer en doute, puisque c'est son effet propre, et qui lui donne le nom même de vaine curiosité. Je crois plutôt que l'on peut dire, de cette passion déréglée de se remplir l'espritde connaissances qui ne servent qu'à l'entretenir, ce qu'a dit l'Apôtre de la cupidité insatiable d'amasser des richesses, puisque ceux qui sont possédés de l'une ou de l'autre sontexposésauxmèmes dangers et aux mêmes malheurs: Inciduntin tentationem et in laqueum diabo/i, et desideria multa, inutilia et nociva, quœ mergunt hominem in ïnteritum et in perditionem. Ils tombentdansla tentation et dans les pièges du démon, parce qu'ils s'épanchent et se répandent en différents désirs, multipliés et pernicieux, qui précipitent les hommes dans l'abîme de la damnation. Ce n'est pas, à mon avis, détourner beaucoup ces paroles que S. Paul dit de l'avarice, que d'en faire l'application à la curiosité et au désir excessif de tout savoir, puisque c'est une espèce d'avarice, qui n'est guère moins dangereuse ni moins criminelle. L'une et l'autre passion est appelée une faim et une soif, un désir et une cupidité immodérés. Mais ce qui rend la parabole plus juste et l'application des paroles de S. Paul plus naturelle, c'est l'effet, qui est commun à l'une et à l'autre , de nous faire tomber dans les pièges du démon, qui, pour divertir notre esprit de l'attention que nous devons apporter à nos devoirs, et nous détourner du soin de

460 curiosité.

l'affaire du monde à laquelle nous devons prendre le plus d'intérêt, nous inspire ce désir empressé d'apprendre, de connaître et de savoir des choses vaines et inutiles, et qu'on appelle curiosité, mais que j'appelle, avec l'Apôtre, un piège du démon, qui nous arrête par la multiplicité des objets qui se présentent et qui ne peuvent suffire à cette curiosité avide et insatiable: Desideria multa. Ce n'est pas un seul désir déréglé, c'est un désir multiplié, une cupidité sans bornes, parce que, comme dit le Sage, l'œil ne se rassasie jamais de voir, ni l'oreille d'entendre: Non saturatur oculusvisu, nec auris auditu impletur.

On peut dire, d'un esprit curieux de tout voir etde tout savoir, qu'iln'est jamais chez lui, "parce que cette curiosité le fait promener par tous les objets extérieurs: et il revient si rarement de ses vaines occupations, que c'est merveille s'il rentre quelquefois dans lui-même. Or, cette vie distraite et dissipée est-elle une vie chrétienne ? et peut-elle être un moyen pour arriver à notre fin? Non, sans doute; c'est un détour embarrassé, un éloignement, ou plutôtun égarement qui nous conduit à notre perte. Hélas ! Chrétiens, combien se trouve-t-il de personnes de ce caractère que la curiosité fait courir après tout ce qu'il y a de rare et de nouveau ; qui passent leur vie dans une continuelle vicissitude d'objets ; qui s'attachent à tout ce qu'ils voient, et, par un naturel aussi volage que curieux, rebutent en un temps ce qu'ils ont recherché avec plus d'ardeur en un autre; et ce qu'ils poursuivaient lorsqu'ils ne l'envisageaient que de loin leur devient insupportable quand ils le possèdent, et qu'ils en peuvent jouir tout à loisir. Ou bien , disons qu'ils sont comme ceux qui, à une table couverte de toutes sortes de mets, n'ont qu'une satiété, qui leur fait quitter l'un pour l'autre, et goûter un peu de chacun : ce n'est pas tant la faim que la curiosité qui leur y fait porter la main, et l'on peut dire que c'est la seule multiplicité qui les rassasie.

Dans le commerce ordinaire du monde, un esprit curieux se répand sans cesse au-dehors, et cherche quelque objet qui le satisfasse , et, ne le pouvant contenter, il passe de l'un à l'autre par une curiosité vagabonde ; il choisit et change sans cesse, et ne trouve rien qui le contente: il ne se fixe à rien, parce que tout le lasse, tout le dégoûte, tout le fatigue... C'est le génie de la curiosité, qui n'est autre chose qu'une suite de désirs se succédant les uns aux autres. (Houdry.)

[La curiosité est partout.] Qui ne sait que lacuriosité entre dans toutes les choses, même les plus nécessaires à la vie ? On a besoin d'aliments pour nourrir le corps, de vêtements pour le couvrir, de maisons pour sa demeure, de meubles pour différents usages, et de mille autres choses pour la commodité. La nécessité d'abord a inventé chaque chose dans la simplicité; mais la curiosité a cela de commun avec la cupidité, qu'elle les multiplie, ou du moins les rend plus riches et plus précieuses, sans que le besoin en soit plusgrand. De-là, ces ouvrages de l'art et de la nature auxquels la rareté donne leur

prix; de- lîi co ; bijoux : I rechi r< hé , ces peintur

, ■ i estime , ces nouveautés qui 6 peine ont paru, que c'est p • l

d'un curieux, ou pour parer sa salle. De-là a d'habits qui, si

os qu elles i oient souvent , ne laii Bont pi ont la grâce de la nouveauté. Voilà ce qui fait l'objot de i curieux.

lie Ile occupation sn us doute pour dos chrétiens, dont le cœur doit être détaohé de toutes les choses de la terre, de rechercher ai i qu'il \ :i déplus rare et de plus exquis, pour satisfaire ui curiosité !

Vous ne pouvez vous passer d'habits et de vêtements, tant pour la bienséance que pour vous défendre des rigueurs des temps : urriez, en cela, pratiquer la modestie chrétienne, et la n le contenterait des étoffes les plus communes; mais la curiosité B'y oppose, et elle n'est point contente si elle n'y ajoute les parures les plus propres et les ornemente L< plus précieux; si une mode commence à paraître, on ne peut attendre que le premier vêtement suit u^â pour en avoir un autre. Eh 1 jusqu'où nevapoint la curiosité sur ce chapitre? Vous le savez, mesdames, vous qui portez la passion de l'ajustement jusqu'aux derniers excès. Si vous cloutez que cette curiosité soit un obstacle à voire salut, il ne faut que vous dire que c'est ce qui a introduit le luxe, la somptuosité, la vanité des pompes du monde , à quoi Ton vousaobligés de renoncer quand vous avez embrassé le christianisme, et que vous ne pouvez reprendre sans renoncer a l'espérance des chrétiens.

Que dirai-je de ces meubles où la curiosité a bienplus do part que labienséance et la commodité? Que pensez-vous des festins et des repas somptueux? La curiosité ne se môle-t-elle pas avec l'intempérance? Les mets les plus rares n'y sont-ils pas servis comme les plus exquis ? Les fruits de la saison et les vins que porte le pays y sont toujours les moins estimés. En un mot, ce n'est pas tant la faim et la soif que l'on veut satisfaire, que la curiosité. Que dirai-je des divertissements? Y trouve-t-on du plaisir, si la curiosité n'y est satisfaite, et si l'on ne met en oeuvre tout ce quïly a de nouveau, et qui même ne peut divertir que par sa nouveauté? N'est-ce pas, enfin, la curiosité qui semble donner le mouvement à toutes les passions? Mais , par cela même, ne met-elle pas un grand obstacle à notre salut? {Le même).

[Obstacle au salut.] — La curiosité met un grand obstacle à notre salut, par la dissipation d'esprit où nous jette la multitude d'objets, d'événements et de spectacles qui l'entretiennent, et qui nous détournent de soins plus importants. L'àrne qui se répand au-deliors se dissipe et se distrait; en sorte que, dans cet état, elle n'est plus capable des exercices de piété, ni de s'appliquer avec attention aux devoirs de son état et de la religion. Tous les saints ont bien connu cette dissipation d'esprit où la curiosité jette une àme lorsqu'elle se répand sur tant d'objets différents que le monde lui présente: aussi, tous ceux qui ont voulu penser sérieusement et travailler tout t. m. H

de bon à leur salut ont commencé par renoncer aux compagnies, aux spectacles, et à tout ce que la curiosité recherche avec plus d'ardeur, parce que tout cela fait une étrange diversion des forces nécessaires à une âme qui veut s'appliquer tout de bon à cette grande affaire. Ils l'ont regardée, cette curiosité, comme un empêchement général, qui renferme en quelque façon tous les autres , ou comme une passion universelle qui a du rapport à tous les objets, qui fait comme une partie de la cupidité , laquelle s'attache à tout ce qui peut séparer le cœur de celui qui seul est capable de le remplir. {Le même).

[Oisiveté.] — La curiosité est la source non-seulement d'une infinité de désirs que l'Apôtre appelle inutiles , Desideria multa et inutilia, mais encore d'une oisiveté fainéante qui ne peut s'occuper d'aucune chose sérieuse et digne d'un chrétien. Je mets dans ce rang tous ces curieux de nouvelles, qui veulent savoir tout ce qui se passe chez les étrangers, toutes les affaires du temps, tous les intérêts des princes; et, comme s'ils étaient instruits de toutes les affaires d'état, raisonnent en politiques sur leurs entreprises ou sur leur manière de gouverner. J'en vois d'autres attentifs à tous les bruits qui courent, et que souvent on ne fait courir que pour tenir en haleine cette oisive curiosité , qui reçoit également le vrai et le faux , qui se repaît de projets imaginaires, de combats, de sièges de villes, et de desseins prêts à éclater. D'autres, ne se contentant pas d'apprendre ce qui se passe si loin, entrent dansles maisons des particuliers pour s'informer, jusqu'au moindre détail , des affaires des familles , de leurs alliances , de leurs différends, et de leurs procès. D'autres enfin, n'ayant nulle affaire qui les touche, passent leurtemps à faire et à recevoir des visites, à débiter ce qu'ils savent et à apprendre ce qui se dit et ce qui se fait. D'autres enfin, encore plus curieux, veulent être témoins de ce qu'ils ont lu, et pour cela entreprennent de longs voyages , passent de royaume en royaume pour voir les villes, les palais les plus renommés; et, pour contenter leur esprit aussi bien que leurs yeux, s'instruisent des mœurs, des richesses, des forces, des raretés de tous les pays, et de tout ce qui ne peut être d'autre utilité que satisfaire la curiosité des autres par le récit qu'ils en font ensuite, à tout propos, et dans toutes les compagnies. Voilà ce qu'on peut appeler , avec l'Apôtre , une curiosité vaine , de savoir les choses qui ne nous regardent point, et qui divertissent ailleurs toute l'attention que nous devrions apporter à celles qui nous touchent de plus près , et qui peuvent contribuer à nous rendre plus saints et plus vertueux. (Le même).

[ Suites mauvaises, j — Qu'est-il nécessaire, Messieurs, de vous représenter ici les maux que fait la curiosité ? C'est plustôt fait de dire que tous les malheurs du monde n'ont point eu d'autre principe ni d'autre commencement, à la naissance des siècles , comme nous avons vu dans l'exemple de nos premiers pères. Mais , sans remonter si loin , il y a mille choses qu'il

PARAGRAPHE BIXIÉM1 , 163

on d'ignorer, dont La peoherche trouble notre repoi , e1 dont la inco nous porte b troubler celui d'autrui. Un homme trop curieux de savoir oe qu'on a dit de lui ne conçoit-il paa souvent de la naine e1 de la vengeance contre ceux qui n'en on1 pai toute l'estime qtfil croitmériti contre ceux qui se aon1 laisséi aller à en dire leur sentiment? Celui qui \.Mit pénétrer dans les desseins des autres ne s'attiro-t il pas des querelles, et in- s'engage-t-il pas dans des affaires fâche u lui môme qui veul

trop approfondir les choses qui le regardent ne découvre-t-il pas biej sujets de chagrin? Ce désir déréglé de tout savoii n'est-il pas souvent une oooasion qui engage à des desseins e1 à des entreprises dont "ii ne prévoit sei les suites ni les conséquences, mais qui noue fonl payer bien cher notre vaine curiosité i (Le même),

[Bonne curiosité.] — 11 est facile de juger, quand le Sage nous avertit de ne pas rouloirpénétrer les ohosesqui sont au-dessus de la portée de nos esprits,

qu'il ne condamne pas la science, puisque lui-même l'avait reçue du Ciel et qu'il y surpassait le reste des hommes, ni la connaissance des secrets de la nature, puisque, par l'étendue et la pénétration de son esprit, il avait connu les vertus des plantes, depuis l'hysope jusqu'aux cèdres du Liban, et qu'il semblait que la nature lui eût ouvert tous ses secrets. Il ne veut pas non plus accuser de témérité ou de présomption la recherche des vérités surnaturelles dont la connaissance est nécessaire pour parvenir au bonheur éternel, puisque le Fils de Dieu , dans lequel étaient renfermés tous les trésors de la science et de la sagesse, est venu du ciel pour nous les apprendre. Ce que le Sage entend donc par la curiosité à laquelle il ne veut pas que les hommes se laissent aller, c'est de ne pas présumer d'entrer dans les secrets de la Providence, de dévoiler les mystères de la Religion, de pénétrer trop avant dans l'abîme de ses conseils, comme parle le prophète, de lui demander compte de sa conduite, de sonder la profondeur de ses jugements, de raisonner et de disputer sur ce qu'il y a de plus incompréhensible dans la religion. Altiora te ne quœsieris. (Houdry.)

[Crimes.] — La curiosité a souvent porté les hommes aux plus grands crimes. C'est elle qui a fait les adultères et les homicides dont l'histoire sainte et l'histoire profane nous fournissent mille exemples ; et la ruine des Etats et des empires en portera le souvenir jusque dans la dernière postérité. C'est elle qui a fait non-seulement les hérétiques et les hérésiarques, mais les plus fameux impies, comme Julien-l'Apostat et quelques philosophes de son temps, que la curiosité porta jusqu'aux derniers excès de la cruauté, faisant ouvrir les corps des hommes vivants, pour y voir l'arrangement des parties intérieures, la situation des intestins, et les derniers mouvements du cœur. Que dirai-je des cruelles expériences que la curiosité a voulu faire aux dépens des enfants renfermés dans le sein de leurs mères? Passons toutes ces horreurs, dont le christianisme a aboli

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l'usage, mais que La curiosité a souvent rappelées, après qu'elle a fait des

déserteurs de la religion : comme si, par désespoir de pénétrer les mystères de la foi, ils avaient voulu mettre tout en œuvre pour découvrir du moins ceux de la nature. {Le même),

[Mauvais Hues.] — Je ne puis me taire sur le malheur que s'attirent une infinité de personnes par la liberté qu'elles se donnent, malgré les défenses de l'Eglise et les peines portées parles canons, malgré le pi^écepte naturel de ne point s'exposer à l'occasion du péché, et malgré toutes les lois civiles et ecclésiastiques ; par la liberté, dis-je, qu'elles se donnent, et qu'une curiosité criminelle leur fait prendre, de lire toutes sortes de livres, dont les uns leur inspirent des sentiments contraires à la foi et à la religion, et les autres les portent au vice et au dérèglements des mœurs. Il y en a qui portent ouvertement au libertinage, et d'autres qui y conduisent insensiblement, en amollissant le cœur par les passions les plus dangereuses ; et d'autres enfin où le crime est déguisé, et les maximes les plus opposées au christianisme étalées avec tous les ornements et les artifices capables do les faire goûter. Il n'y a que la crainte de Dieu et l'intérêt du salut qui puisse arrêter cette liberté. Faites réflexion, chrétiens, qu'entre ces mauvais livres il y en a qui gâtent et qui corrompent l'esprit, c'est-àdire que, par l'impression que la lecture fait, ils luiinspirentdes sentiments contraires ou à la piété ou à la foi, selon les matières dangereuses qu'ils traitent ; et, s'ils n'en contiennent que d'inutiles, ils dissipent du moins l'esprit et étouffent les pensées les plus salutaires, en l'appliquant tout entier à des amusements et à des bagatelles indignes d'un homme raisonnable et d'un chrétien. Il y en a d'autres, avons-nous dit, qui portent au vice et au libertinage ; et plus ces sortes de livres sont écrits poliment et plus ils sont agréables, plus ils sont propres à corrompre les bonnes mœurs. De manière que la corruption de l'esprit et le dérèglement de notre vie, étant les deux effets les plus à craindre et les plus infaillibles des mauvais livres, doivent réprimer notre curiosité, pour peu de soin et de zèle que nous ayons de notre salut. {Le même).

[Les spectacles.] — Pour grand que soit le bien que nous avons reçu de la nature, par la faculté de voir tous les objets qui frappent nos yeux, je ne sais si une grande partie des chrétiens ne devraient point faire aujourd'hui la même prière àDiEu que faisait le saint Roi-Prophète de son temps: Avcrle oculos mcos ne videant vunitatem : Détournez, Seigneur, mes yeux de ces spectacles que le seul désir de satisfaire ma curiosité me fait rechercher, et où la vanité, la pompe, la magnificence, et tout ce que le monde a de plus attrayant, se fait voir avec plus d'éclat. Car qu'est-ce qu'on y voit autre chose que des objets capables de nous séduire? N'est-ce pas une dangereuse curiosité que de s'y porter avec passion, pour ne pas dire avec fureur, comme s'y portent quelques-uns? Ces spectacles, s'ils ne sont pas

toujours criminels, on peut dire qu'ils sont presque toujours dangereux, puisqu'ils noua in ipirenl L'amour de la vanité, et que, comme 'lit 8. Bernard, il n'est pas permis de voir ce qu'il n'est paspermi er. D'ailleurs, la plupart do ces ipeciacles sont oppo ■' à l'e prit du christianisme et ;'i la profession que nous avons faite solennellement.de renoncer aux pompes et aux magnificences du monde. Or, publiquement que de témoigner de la curiosité de c< chos toutes mondai jusque-là que o'étail autrefois une marque e1 une preuve d'aposta le i foi et de sa religion, comme l'assure l'éloquent Salvien : Et queedam ni spectaculis apostat atio (Ul. . clés. {Le même) (I).

[Dissipation nuisible.] — Quand les voyageurs marchent dans un grand chemin (c'est la comparaison de S. Chrysostdme), les différents objets qu'ils voient, les rivières, les bois, Les prairies, charment si agréablement leurs veux, 411 'ils sont tout dissipés. C'est ce qui arrive en cette vie aux gens du monde : toutes choses les arrêtent et les amusent; ils sont curieux de tout voir, ils veulent entendre tout ce qui se dit, et sont actifs à tout ce qui se passe : bruits qui courent, événements qui arrivent, affaires qui se traitent, discours qui se tiennent, tout les occupe, et ils se remplissent de tout. Quelle apparence que les salutaires avis qu'on leur donne, et la parole de Dir.r qu'ils écoutentquelquefois, soient favorablement reçus et fassent quelque impression sur leur esprit, faute de cette application dont une curiosité volage les rend incapables? C'est une semence que l'on foule aux pieds, comme parle l'Evangile ; c'est une parole que l'on écoute des oreilles du corps ; mais on lui ferme celle du cœur; ou, si cette parole y entre, elle ne pénètre pas assez avant, et le démon vient aussitôt pour arracher cette semence de vie, de peur que ceux qui l'entendent ne la croient, que, la croyant, ils ne la pratiquent, et que la pratiquant ils ne se sauvent. (Joly , Dim. de la Scxagésime.)

Nous voyons dans certaines personnes une dissipation continuelle, un étrange libertinage de cœur et d'esprit, qui fait qu'on se répand indifféremment sur toutes sortes d'objets, vains, frivoles, dangereux, et souvent même criminels ; ne se faisant nulle violence pour arrêter les égarements de leurs sens, de leur imagination, de leur esprit et de leur cœur. Ils n'appréhendent rien tant que d'être obligés de rentrer en eux-mêmes pour veiller sur les mouvements de leur cœur , pour reconnaître tous les désordres et les embarras d'une conscience déréglée. Ils affectent mémo de les ignorer , de peur d'être réduits à la nécessité de prendre des mesures pour y remédier. Ils ne cherchent enfin qu'à s'amuser, qu'à se détourner de pensées si peu agréables, et qu'à s'étourdir eux-mêmes,

(1) Rappeler aussi à quelle dégradation de mœurs et à quelles effroyables cruautés portaient les spectacles de l'amphithéâtre païen , où la curiosité poussait les multitudes (Edit.).

pour ne point entendre là-dessus les reproches importuns de leur conscience.

Nous sommes naturellement portés à la dissipation, non moins jaloux de la liberté de notre esprit que de celle de notre cœur. Nousregardonscomme une espèce de captivité le recueillement et la réflexion, qui resserre notre curiosité, et dépouille le cœur de cette liberté qu'il a de parcourir tout l'univers et de se répandre sur toutes sortes d'objets. La vanité ne contribue pas moins à cette dissipation que la curiosité : car si, au lieu de nous épancher de la sorte, nous rentrions souvent en nous-mêmes, nous y verrions bien des faiblesses et des misères, et cette vue ne flatterait pas notre orgueil. C'est pour cela que nous détournons autant que nous pouvons les yeux de ces objets si peu agréables. Le plaisir, enfin, se joint à la vanité, et c'est un nouvel attrait à la curiosité qui est plus avide des choses agréables qui demandent moins de gêne et de contrainte. (Le P. Nepveu, Réfiex. chrét.)

Notre àme est comme l'eau , qui s'élève en haut étant ramassée , parce qu'elle remonte aussi haut que la source d'où elle descend; mais, quandon lui donne la liberté de s'étendre, elle se perd, en se répandant inutilement sur la terre. Ainsi notre esprit, étant dissipé par la curiosité, par la quantité de paroles inutiles que l'on dit et que l'on entend, et par les différents objets qui frappent nos yeux ^t tous nos sens, se répand dans les choses extérieures et basses, comme par autant de ruisseaux, et n'a pas lapuissahee de s'en retirer pour rentrer dans soi-même et s'appliquera ses devoirs. Cet esprit curieux, s'étant répandu de la sorte, s'est rendu incapable de se réduire et de se renfermer dans une contemplation secrète et intérieure. Dans cet état, l'âme se découvre et s'expose à recevoir des blessures de son ennemi, qui l'attaque de tous côtés, et qui lui tend des pièges partout. Elle n'est environnée d'aucune garde qui la couvre et qui la défende. C'est pourquoi le Sage dit que l'homme qui ne peut se tenir de parler est comme une ville ouverte de toutes parts, et qui n'est point entourée de murailles. {Lettres d'un solitaire).

[ Même sujet.] — Pour éviter les maux qui naissent de la curiosité, ce n'est pas assez de s'interdire les spectacles et les autres divertissements profanes qui causent le plus de dissipation et un plus grand épanchement du cœur: il faut encore se retirer de ces compagnies où l'on ne fait que des contes plaisants et bouffons, où l'on ne cherche qu'à se divertir aux dépens du prochain. Je ne parle point de ces conversations trop libres qui ne dissipent pas seulement le cœur et l'esprit, mais qui les corrompent tout-à-fait: je parle de celles qu'on appelle indifférentes, où l'on débite toutes sortes de nouvelles, où Ton raconte tout ce qui se passe dans une ville, où l'on fait passer comme en revue toutes les familles. Car je veux qu'on n'y commette point d'autre mal : n'en est-ce pas un assez grand que d'en revenir l'esprit tout dissipé, tout rempli des vaines idées qui no manquent jamais de se présenter quand

TARACI! AI lli: MMI.Mr. 107

M i;n;i pensera Dieu et 78411er :'< la prière 1 Ajoutez que, il l'on vexii <■ con- , errer dana le reçu* illement , il faul encore aper-

flues, qui ne vont qu'à pa er le temps, parce que c'est déjà une marque de dissipation de ne pouvoir demeurer chez soi, e1 de chercher aillei tretenir. En effet, qui pourra disconvenir que ces vi ations

amusantes ne laissent des images fâcheuses de toul ce qu'on a vu < tendu, e1 qu'on sort ordinairement de tous cea cuir'': vide et fatigué, qui neremporteque du dégoût d'où il pensait tirer du plaisir? Il faut , enfin, être persuadé, puisque l'expérience le fait assez voir, que ces discours frivoles, ces entretiens inutiles, <■<■< visit rflues ,

empêchent qu'on puisse . nivre aucun juste règlement de yie, qu'on ; donner :i la prière le temps nécessair quitter de tous les autr<

voira de Bon état el île la religion. (Anonyme.)

[ De l'enjouement excessif.] 11 y a certaines marques qui font connaître la dissipation de notre esprit. Telles sont de certaines joies trop épanchées, ou l'esprit et lecœur semblent sortir hors d'eux-mêmes, et où il paraît bien qu'on n'a pas acquis un parfait empire sur ses passions -.car on se laisse aller

l.' :'i plusieurs choses indignes d'un esprit raisonnable. Cet épanche ment de joie a coutume do se faire dans des incidents particuliers, où l'on s'oublie soi-même et où l'on s'abandonne peu judicieusement à sa curiosité. Mais ce qui est beaucoup plus opposé à l'esprit de Dieu, ce qui est un signe d'une plus grande dissipation, est une manière toujours enjouée : on voit des personnes qui ne font jamais paraître aucune marque de maturité, ni sur leur visage, ni dans leurs paroles , ni dans leurs gestes. Ce sont des, personnes, dit-on, de belle humeur, qui ne font point de contes qu'elles n'éclatent en ris immodérés et qu'elles ne s'épanouissent de joie ; qui s'enquièrent curieusement de tout pour trouver occasion de s'en divertir, qui mettent tout le monde en jeu , qui raillent sans cesse tout ce qu'elles voient, et pourvu qu'elles se rendent agréables, se mettent peu en peine de faire paraître cent légèretés indécentes. Voila les marques d'un esprit ipé. (Le P. Guilloré, traité de la Mortification des, sens.)

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