‹ La bibliothèque des prédicateursChapitre 26 sur 59 · I-A U.M.K A lli 1. Dl I Ml. MK · texte numérisé non relu

I-A U.M.K A lli 1. Dl I Ml. MK

In seconde', - Que, quand <>u La fait aprèi avoir attendu a I extrémité , qui esi le terme auquel Les pécbeun la remettenl ordinairement . jamais on n'a [ilus sujt'i de i.i tenir pour au peote, e1 de craindre qu'elle ue soit inutile.

\ \ . — L'impénitenoe de La vie, que les délais et. 1rs retardemente qu'on apporte à sa conversion ont coutume de conduire à l'impéuitence de la mort.

I". Par voie d'habitudei parce que Les mêmes habitudes demeurent, el si jamais nous agissons par habitude, c'est, à la mort. Vous avez différé votre pénitence pendanl la vie, vous avez été un bomme de projets, sans rien exécuter: vous différerez encore à la mort de jour en jour, et d'heure en heure.

2°. Par voie d'engagement et d'attache: car l'impénitence fait comme une chaîne, qui lie tellement le pécheur, qu'il est moralement impossible qu'il la rompe.

3°. Par voie d'endurcissement et d'insensibilité: car ,à force de persévérer dans le péché, on s'endurcit tellement, qu'on n'est plus touché de rien: et ainsi l'on meurt comme on a vécu.

Les Sources.

[Les SS. Pères.] — S. Augustin vin des Confessions, chap. 5 et 11, représente admirablement les retards qu'il apportait à sa conversion et ses sentiments sur ce sujet. — Exposit. in Ps. 102 ; en combien de manières Dieu appelle les pécheurs et les prétextes qu'allèguent ceux-ci pour différer. — Serm. 50 de Verbi& Domini, parlant du père de famille qui appelle des ouvriers pour travailler à sa vigne, il montre qu'il ne faut point tarder quand Dieu nous appelle. — Sur ces paroles de l'Exode, Jnduravit Dominus cor Pharaonis: que Dieu, après avoir longtemps attendu les pécheurs, et les avoir pressés de se convertir, tes laisse dans leur endurcissement et les abandonne. — Sur le Ps. 32 : que le temps de la miséricorde, pendant

lequel Dieu nous attend, est le temps présent; mais qu'après viendra le temps de la justice, où il n'y aura plus lieu de faire pénitence. — Il enseigne la même chose en d'autres termes sur le Ps. 00, à ces paroles : lîliscricordiam et veritalem ejus guis requiret ? Et sur le même Ps. il montre qu'il ne faut point tant se confier sur la miséricorde de Dieu, qu'on ne craigne sa puissance et le sujet qu'il a de nous punir.

Le même, 33 in Joannem : combien il est dangereux de différer la pénitence. — Libro 50 Ilomiliarwn, Homil. 40 ; et Sermon, de temp.: combien la pénitence différée à la mort est douteuse et suspecte. — De verâ et falsâ Pœnit. ; il traite expressément de la pénitence des pécheurs à la mort.

S. Jérôme, 22. ad Eustochium: qu'il ne faut point user de retardement quand Dieu nous appelle. — vu in 22 Isaiœ, et ix in 30 ejusdem: combien le délai est préjudiciable. — n in 5 Isaiœ, sur ces paroles, Vœ qui trahitis iniquitatem in funiculis vanitatis, il s'élève fortement contre ceux qui continuent leurs désordres parce que Dieu les supporte depuis longtemps. — xvi in 16 Isaiœ: que Dieu, après avoir longtemps souffert et attendu les pécheurs, s'en rend enfin le sévère vengeur.

S. Ambroise, n De Pœnitent. 11, montre' combien ce délai est indigne et outrageux à Dieu.

S. Chrysostôme. Homil. li in Gènes., montré, par l'exemple d'Abraham, qu'il faut suivre promptement et sans différer, quand Dieu nous appelle : Egredere de terra tuâ et de cognatione tuâ. — Homil. 14 in Matlh. sur ces paroles, Relictis rctibus secuti snnt eum; de la promptitude avec laquelle il faut obéir à la voix de Dieu. — Homil. de Pœnit. adpopul. Antioch. : il exhorte fortement ses auditeurs à ne point différer leur conversion.

S. Grégoire, Homil. 12 in Evang. et Dialog. : des retardements ; histoires funestes.

Tertullien, De Pœnit., sur la fin, presse les pécheurs de ne point différer la pénitence, mais de recourir promptement au remède.

S. Grégoire de Nazianze, Orat. in sanct. Baptism., montre qu'il est indigne de donner au démon le meilleur temps de sa vie, et de réserver le reste à Dieu.

S. Basile, dans le livre qui a pour titre Admonitio ad filium spiritualem, avertit de ne pas se laisser aller aux désordres de la jeunesse, dans l'espérance de faire pénitence sur le retour de l'âge. — Orat. h de Pœnit. : plusieurs motifs pour persuader un pécheur de ne pas différer davantage sa conversion, et de commencer dès maintenant sa pénitence.

L'Auteur de Y Ouvrage imparfait sur S. Matthieu; Homil. 52, se défie tellement des pénitences que les grands pécheurs font à la mort, qu'il croit que la plupart meurent plus criminels qu'ils n'étaient.

Salvien, ad Ecclesiam Cathol. sub ftnem, montre qu'on ne peut s'assu-

PARAOR \riii. Dl i mi .mi-:, ] ; 7

rer quo ceux qui ont différé è faire pénitence ju qu'à la mori en fa an1 alors une véritable e1 i incère.

| Les livres spirituels ci aiiiiTs.] — S. Bernard, Serm. 21 de modo benè Vivendi: que, quand on faii pénitence durant se vie, on a lieu d'espérer en la miséricorde de Dieu, mais qu'il y a bien sujel de douter si on l'obtient quandon s mal vécuei différée la mort de se repentir.

Denis-le-Chartreux, Opuscul.de Convers.Peccat. art. 2, montre que différer sa conversion, c'esl employer son temps sans acquérir aucun mérite, el môme accumuler ses péchés el en commettre sans cesse de nouveaux.

Louis de Grenade, Guide despécheurs '■>' p., chap. 24 el 25.

Le P. Haineuve, Livre intitulé Le grand chemin qui perd le monde, 1" part., sci t. :i, où il parle de la mort dans le péché mortel, fait v>\v que ceux qui y meurent le plus ordinairement sont les pécheurs qui différent jusqu'à la mori à se convertir.

Le P. Guilleminot. Livre intitulé La sagesse chrétienne, chap. 14.

Le P. Antoine de Saint Martin de la Porte, Les conduites delà grâce, Traité i, sixième vérité fondamentale.

La Morale chrétienne sur le Pater, livre 7, sect. I, art. 8: qu'il est dangereux de différer sa pénitence d'un temps à un aurre, et encore plus de la différer jusqu'à la mort.

Le P. Nepveu,Tomc 1 de ses Réflexions chrétiennes.

Le livre intitulé Guerre aux vices combat l'impénitence.

Le P. Croiset, Retraites spirituelles.

Recupitus. De signis prœdestinationis et reprobationis, 2° signa.

Dandinus. Ethica sacra, n, de morte, cap. 7.

Essais de morale, Traité des fins dernières.

Raynerius de Pisis, Pantheologia, Titulo Pœnitmtia, chap .G.

^Les Prédicateurs.] — Le P. de Lingendes, Sermons pour le mardi delà 2e semaine de Carême, où il parle de la mort dans le péché.

Biroat, 2e Serm. pour le 2e merc. de Carême, où il montre que ceux qui diffèrent à se convertir abusent de la miséricorde de Dieu. — 5e jeudi do Carême : que ceux qui diffèrent de la sorte sont surpris par le temps, par la grâce de Dieu et par leur volonté propre.

D'Aubignac, dans ses discours, en a un sur ce sujet.

Maimbourg, 2e lundi de Carême, du plus grand de tous les maux de cette vie qui est de mourir en son péché.

Le P. Texier, A vent (de l'impie malheureux), 14e Sermon où il montre que l'impie est maudit dans sa pénitence sans douleur. — Carême, dimanche de la passion : que le délai de la pénitence est une marque de réprobation.

Matthias Faber, Domin. 3Quadrag., chap. 8, rapporte les causes qui font différer aux pécheurs leur pénitence.

J78 DÉLAI DE «A rENITENCE.

Discours chrétiens, 4e dimanche de l'Avent, sur le retardement de la pénitence. — 1er dimanche après l'Epiph. : pourquoi le pécheur ne trouve point Dieu quand il le cherche.

Sermons sur tous les sujets de la morale chrétienne lundi de la 2e semaine de Carême.

Le P. de la Colombière, Sermon sur la nécessité de se préparer à la mort.

Le P. d'Orléans, De la confiance dans la conversion des pécheurs.

Massilloïî, Lundi de la Passion, sur la fausse confiance des pécheurs.

Le P. Giroust, lundi de la 2° sera, de Carême : l'impénitence finale.

Dans le sermon deBourdaloue, et dans celui du P. Cheminais, sur Ste Madeleine, il y a beaucoup de bonnes choses sur la promptitude et sur le délai de la pénitence.

Bourdaloue, outre cela, a un sermon pour le lundi de la 2e semaine du Carême, sur ceux qui ineurent dans Timpénitence.

[Recueils.] — Louis de Grenade, Lieux communs, Dilatio pœnitentiœ.

Busseus, in Panario, tit. Procrastinatio.

Labatha, Pœnitentio., Proposit. 28.

Lohner, Bildiotheca Manualis, titu]. Pœnitentia.

Summa Praedicantium, titul. Pœnitentia quàm primùm facienda.

Peraldus, Part. 2 de vitioacediœ feap. 5), de vitiodilalionis.

§ ni.

Passages, exemples et applications de l'Écriture.

Quamdiùponam consilia in anima meâ ? Ps.

Filii hominum, usquequo gravi corde?

Ps. 4.

Hodic si vocem ejus audieritis, nnlite obdwrare corda vestra. Ps. 94.

Vocavi et renuistis, despexistis omne consilium meum, et increpntiones meas neglexistis; ego quoque in interitu vestro riasbo et subsannnbo, cion vobis id quod timebaiis advencrit. Provcrb. i, 24, 25.

Jusqucs à quanti , Seigneur, formerai-jc tant de desseins sans venir à l'exécution.

Jusqucs à quand, ù enfants des hommes, aurez-vous le cœur appesanti ?

Si vous entendez aujourd'hui sa voix, gardez-vous bien d'endurcir vos cœurs.

Je vous ai appelés, et vous n'avez point voulu m'écouter ; vous avez méprisé tous mes conseils, et vous avez négligé mes réprimandes : je me rirai aussi à votre mort et je vous insulterai lorsque ce que vous craignez sera arrivé.

l'Ai; VGUAl'HE I I10I8IHMK.

Tune invocuùunl me, et non c.vautliam; mtiiir consurgent, et non inventent »"•, eà quàd exosam habuerint disciplinant, tt timomii Domini non iusccpcrint,necacquie\ consilio m •". [bid.

Iniquitatea sua eapiuni impium, et funibus peccaiorum suorum contlringitur, Provi

Impius, rît/» in profundum veturitp iorum, contemmt. Prov. xvm, :t.

Idolencsns juxtà viam tuant; etiam senuerit, non recedet ab s4> Proverb. xxu,6.

Ossa ef'us implebuntur vitiis adolescentes ejus, et i'hi/i <■<> m pulvere dormienl. Jobi.

XX, l I .

Ne adjicias peccatum super peccaiw if dtcas: « Miseratio Domini magna est, muititudinis peccatorum meorum miserebitur » .- misericordia enim et ira ab ill<< cita proximant, et in peccatores respicit ira iliius. Eccli. v, 6.

Ne impie agas multùm, ne moriaris in tempore non ho\ Eool. vu, 18.

durum habebit malè in

\ tardes converti ml Domtnum, et ne différas de <li<' in dieu: subità enim veniet ira iliius-, et in tempore vindicia disperdet te: Eccli. v, 8.

Non demoreris in errore impiorum: ante mortem confitere. Eccli. xvn, 26.

Ne '//•'''■'•/.v.- « Pecçavi, et qui// mihi accedit triste? » Altissimus enim est patiens redditor. Eccli. v, 4.

Quœrite Dominum dhm inveniri potest ; invocate non dùm propè est. Isaiae lv, G.

Peccator centum annorum maledictus erit.

ls;ii;r 1.XY, 28.

An divitias bonitahs ejus et patientiœ et longanirnitatis contevinis? Ignoras quoniam benigmtas Dei ad pœnitentiam le addudt?

Roman, n, 4.

Secundùm duritiam tuam et impœnitens cor thésaurisas tiibi iram in die irœ. Ibid.

Ecce nunc tempus accéptabile, ecce nunc dies saiutis. II, Corinth. vi, 2.

Surge, qui dormit, et exurge à mortuis, et illuminabit te Christus. Ephcs. v, 14.

Nolite errai:", Deus non irridetur: quœ enim seminaverit hotno, hçec et rnetet. Galat. vi, 7.

Quœretis me, et non invenieHs, et in peccato vestro moriemini. Joan. vu, 34.

Won lia m'invoqueroni, cl je no !<•■ Écouterai polnl ; lia • o I' vci t 'I.- i<- matin , d

lia ii'' m1' trouvoronl point : i

haï mca Inalrnol '-m

|g iî Jntc «lu Seigneur, ni q

poinl Boùml a m

Le méchanl se trou i ini-

quité, ol il e»l lié pu !•'-* cbalnea de bch

Lot ^n nu plu ;

fond do sos péchés, il mépilae tont.

Le .i dans aa rtel point.

ji une e péné- Ireroni jusque dans si roui

lui dans la ] N'aj

| : !.; mi | ; '. I] <■ du S( i

grande, il

mes | ; car son indignation esl

prompte aussi bien que sa miséricorde, et il regarde [et pécbeurt

Ne vous affermissez poinl dans vos péchés, de peur que vous ne mouriez avant ■ temps.

Le cœur dur sera accablé de maux à la fin de sa vie.

Ne différez point de vous convertir au Seigneur, et ne remettez point de jour en jour : car sa colère éclatera tout d'un coup, et il vous perdra au jour de la vengeance.

Ne demeurez point clans l'erreur des méchants ; louez Dieu avant la mort.

Ne dites point :« J'ai péché, et que m'en est-il arrivé de mal? » car le Très-Haut est lent à punir les crimes.

Cherchez le Seigneur pendant qu'on peut le trouver: i:ivoqu?z-le pendant qu'il est proche.

Le pécheur de cent années sera maudit.

Est-ce ainsi que vous méprisez les richesses de sa bonté, de sa tolérance, et de sa longue patience ; sans considérer que la bonté de Dieu vous invite à pénitence?

Par votre dureté et par l' impénitence de votre cœur, vous vous amassez un trésor de colère pour le jour de la colère.

Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant les jours du salut.

Levez-vous , vous qui dormez ; sortez d'entre les morts, et Jésus-Christ vous éclairera.

Ne vous trompez pas, on ne se moque point de Dieu : l'homme ne recueillera que ce qu'il aura semé.

Vous me chercherez, et vous ne me trouverez pas, et vous mourrez dans votre péché.

ISO DÉLAI DE t\ PENITENCE.

EXEMPLES TIRÉS DE L'ANCIEN-TESTAMENT

[Caïn.] — Le premier exemple d'impénitence que nous voyons clans l'Ecriture est celui du malheureux Caïn, le premier des réprouvés. Après le meurtre criant de son frère, dont le sang qui teignit la terre fut une voix demandant vengeance au Ciel, la voix menaçante du Seigneur, comme un coup de tonnerre, effraya à/la vérité cet homicide, mais elle ne le changea pas. Il confessa son péché, parce qu'il ne le pouvait plus désavouer; mais le démon, qui le lui avait fait commettre le lui représenta tel, après qu'il fut commis, qu'il lui ôta toute espérance de pardon, et le jeta dans le désespoir: «Mon crime est trop grand, dit-il àDiEU,pourquej'enpuisseobtenirlepardon.» Et, au lieu d'entrer clans les sentiments de douleur et de pénitence; au lieu de penser à fléchir Dieu et de pleurer son crime, il ne s'arrêta qu'à considérer les suites qu'il en devait craindre de la part des hommes. «Vous me rendrez fngitf et vagabond sur la terre, dit-il, et tous ceux qui me rencontreront me tueront. » Il compte pour rien la colère de Dieu même; il n'est occupé que de celle des hommes. Il cherche une consolation déplorable dans l'assurance, que Dieu lui donne, qu'on ne le tuera pas, et il ne se met point en peine de la plus grande consolation qu'il devait chercher, qui était le pardon de son péché et la douleur profonde qu'il en devait ressentir; et ainsi il devint, par son opiniâtreté et son désespoir, le premier des réprouvés.

[Pharaon, j — Pharaon est communément regardé comme l'exemple d'un cœur endurci et impénitent, qui feignait de se rendre et d'obéir aux ordres du Seigneur, lorsqu'il ressentait les fléaux de sa vengeance, mais qui n'en était pas plus tôt délivré qu'il persistait opiniâtrement dans sa première résolution : de sorte qu'il demeura inflexible, nonobstant tous les prodiges que Moïse fit en sa présence. Ce rebelle reconnut enfin, mais lorsqu'il n'était plus temps, que Dieu combattait pour Israël: car il se vit enseveli dans les eaux de la mer Rouge, et alla recevoir en l'autre vie la punition de son endurcissement.

[Achan.] — L'exemple d'Àchan nous apprend qu'il ne faut pas attendre à l'extrémité pour confesser ses péchés et s'en repentir. Achan, dans le siège de Jéricho, dérobe une règle d'or et un manteau d'ecarlate, contre le commandement exprès que Dieu avait fait de ne rien retenir des dépouilles de cette ville rebelle. Dieu est irrité contre ce voleur, et commande qu'on en asse une sévère punition : mais comment connaître et découvrir l'auteur

PAS \':it uni: TR01SIJ Mr. |H|

laroin, que personne u'a ru? Jo né consulte là dessus le Seigneur: on i herche le coupable, et on Le près ie de rapporter ce qu'il a volé el de ne ua attendro L'extrémité. Achan connaît son crime, sa conscience Lui en i';iii la peinture avoo les plus noires couleurs; mais il n'en esl pa touché. On jette le sorl ar la tribu d'où il descend, il ne parle pas ; le sort tombe sur sa propre famille, la crainte lui saisil le • œur; a I ingue garde le

silence. Enfin, A.chan esl découvert el obligé * I » - confe i er ce qu'il ne peul pluscaoher; mais aussi n'dvita-t-il pas le châtiment qu'il méritait. Voilà oe qui arrive à la plupari «les pécheurs, qui attendent à confesser leurs péchés et à s'en repentira L'extrémité, et au temps qu'ils ne peuvent plus différer. Mais alors il n'es! plus temps: car letr pénitence esl ordinairement forcée, [la auraient obtenu le pardon s'ils eussent fait à temps un sincère aveu, conçu une véritable douleur, fait restitution du bien d'au-

Irui : niais avoir différé jusqu'à la fin rend La confession Le plus souvent

inutile.

f Isaïc] — Les marques extérieures de repentir que Les pécheurs donnent Ma mort no sont, pas des signes assurés d'une véritable pénitence; et, quoiqu'il en faille toujours faire un jugement favorable, on ne doit ni compter ni se fier entièrement sur cela. Les larmes, par exemple, sont certainement, en tout temps, de grande efficace, et bienheureux celui qui les verse de bon cœur! Mais souvenez-vous combien en répandit celui qui par son intempérance perdit son droit d'aînesse. Selon l'Apôtre, il n'y eut point pour lui de lieu à la pénitence (Hebr. xn), encore que son repentir fût accompagné de beaucoup de larmes, parce qu'il ne pleurait pas pour Dieu, mais pour la perte qu'il faisait. Les autres marques de douleur, les protestations que l'on fait alors, et les bonnes résolutions que l'on témoigne pour l'avenir, ne sont pas des signes moins équivoques, puisque nous voyons ordinairement quo le danger passé, on ne change pas toujours de conduite.

[Abiméleeh.] — Abimélech, prince ambitieux s'il y en eut jamais, va courageusement à la brèche pour emporter une place d'assaut; en même temps une femme lui jette une tuile sur la tète, et blesse à mort le conquérant. Cet homme, au lieu de recourir à Dieu, et de donner ces derniers moments aux pensées de l'éternité, ne songe en mourant qu'à la gloire du monde, qui était toute sa passion. « Quoi donc ! dit-il, la postérité pourra-t-elle reprocher à la mémoire d'Abimélech qu'il a été tué de la main d'une femme? Jo ne saurais souffrir cet affront. Tirez votre épée, dit-il à son écuyer, et quejemeure devotre main : Bvar/inagladhim et percute me.nEhquoi ! malheureux, lui dit S. Chrysostôme, tu emploies les derniers moments de ta vie à des pensées extravagantes? Quoi! sur l'heure de mourir, tu songes à un point d'honneur? Jamjàm moriturus heee cogitas? C'était un ambitieux, qui devait mourir comme il avait vécu. — Il en est de même de tous les

pécheurs mourants: ils meurent avec les mêmes habitudes d'ambition, d'avarice, de vengeance, de volupté, qu'ils avaient pendant leur vie; ils n'ont point d'autres images dans l'esprit, ni d'autres inclinations dans la volonté, que celles que donnent leurs vieilles passions.

[ Pénitence de David. ] — David ne tarda pas longtemps à faire pénitence de l'adultère et de l'homicide qu'il avait commis ; et S. Ambroise, dans l'apologie qu'il a écrite en faveur de ce saint roi, remarque expressément que ce grand prince n'eut pas plus tôt été repris par le prophète Nathan qu'il reconnut et avoua son péché, et en fit une prompte pénitence, qui dura autant que sa vie: de manière qu'il l'effaça par la véhémence de sa douleur. Voici ce qu'en dit ce saint docteur: Me rex, tantus et potens, ne exiguo quidem momento manere penès se delicti passus est conscient ia?n ; sed prœmaturd confessione atque immenso (More reddidit peccatum suum Domino.

[Amon.] — Le roi Mariasses avait passé cinquante ans de sa vie dans toutes sortes de crimes les plus énormes : mais depuis, ayant eu recours à Dieu et pleuré ses péchés, Dieu le reçut en pénitence, et lui fit part des grâces du salut. Son fils Amon, au contraire, qui suivit la première vie et les désordres de son père en prenant sa coaironne, ne régna que deux ans et mourut dans ses désordres: pourquoi cela? Parce que, comme ont écrit de savants auteurs, il avait pris le dessein de vivre comme son père et de ne faire pénitence qu'à là fin de sa vie. Mais Dieu, qui ne veut pas que l'homme présume ainsi de sa miséricorde pour en faire une occasion de persévérer dans le crime, lui retrancha cette vaine espérance avec ses années, et joignit le châtiment de cette présomption à celui de ses autres péchés. Si donc vous devez agir par l'exemple, regardez Amon, pensez bienàce jeune prince, et redoutez la main de Dieu qui le prévient.

[ Antiochus. ] — Cet exemple, les chaires des prédicateurs en retentissent souvent. Antiochus, après mille sacrilèges et mille cruautés exercées contre le peuple Juif, pour l'obliger à renoncer au culte du vrai Dieu, se sentant frappé d'une plaie incurable et ne pouvant supporter la puanteur de son propre corps, qui infectait son armée, et d'ailleurs craignant encore de plus grands châtiments en l'autre vie, eût bien voulu éviter toutes ces peines, et tacher d'apaiser la colère de Dieu. Dans cette vue, il promettait de rebâtir le temple qu'il avait détruit, de l'enrichir de dons magnifiques, de rétablir la ville de Jérusalem en sa splendeur, et d'élever le peuple Juif au-dessus des Athéniens. Mais, comme ces protestations ne venaient que d'une crainte servile et de l'appréhension des vengeances de Dieu, sans détestation de sa malice, l'Ecriture dit que ce fut en vain qu'il tâcha d'apaiser la colère du Seigneur, et que ce perfide invoquait Celui dont il ne devait point obtenir le pardon. C'est là une image de la pénitence que font ordinairement les pécheurs qui ne se convertissent qu'à l'extré-

P IRAQRÀPHE i RblBIKME. \K',

mité, lorsque les frayeurs de là ihorl ci l'appréhension1 de l'enfej les fbril frémir.

i:\ i ;\i i i .1 : ; TIRÉS i»n NOI ^EAU-TESTAMENT

[ Su Madeleine. ] La promptitude, qlii es! le premier caractère de' la véritable pénitence, es1 le retranchement de tous Les délais quand il faut Se convertir: el c'est ce caractère qui est le plus remarquable dans l'exemple de Madeleine, Ut cognovit quàd Jésus cuxubtiisset (Luc vu), dit Péva

liste: aussitôt qu'elle connut, c'est-à-dire lu moment que Dieu lui ouvrit lès yeux, et que la grâce par ses illustrations intérieures, eut éclairé son

esprit, elle renonça à son péché. Elle n'hésite point, elle ne délibère point. elle n'écoute point l'esprit du monde, qui lui persuadait de ne rien taire à là Légère, de ne pas précipiter les choses; elle ne s'arrête pas à ces raisonnements, c'est-à-dire à ces artifices trompeurs que la prudence humaine suggère aux pécheurs pour leur persuader que. dans les choses de Dieu, ou ne peut procéder trop mûrement et avec trop do circonspection : tout cela ne trouve aucun accès dans son esprit. Au contraire, elle se propose de le surmonter et de ne pas différer sa conversion au lendemain : pourquoi? Parce qu'elle agissait déjà en esprit de pénitence. Or, en matière de pénitence, dit S. Chrysostôme, il n'est pas permis de délibérer, pas plus qu'il ne l'est, en matière de foi, de douter.

[Zachée, | — Zachée, poussé d'une sainte curiosité de voir Jésus, monte sur Un arbre pour satisfaire son désir : Jésus le regarde, et attache à ce regard bienheureux la grâce de sa conversion : c'était le moment décisif du salut de Zachée. S'il n'était pas monté sur cet arbre, Jésus ne l'aurait pas favorablement regardé : mais, s'il n'avait aussitôt répondu à ce regard de la miséricorde divine sur lui par un prompt changement de vie, ce qui le convertit aurait servi à le faire réprouver. La chose arriva tout autrement : Zachée, touché de la grâce divine et changé intérieurement, dit aussitôt: « Je donne la moitié de mes biens aux pauvres, et, si j'ai trompé quelqu'un, j'en rends quatre fois autant. » Il entend ensuite cette douce assurance de son salut, de la bouche même du Sauveur : Hodib salus huic domui fada est, eo quàd et ipse filius Abrahœ (Luc. xix).

[S. Pierre.] — Le premier principe du retour d'un pécheur à la pénitence, c'est la grâce de Dieu et un regard favorable de sa bonté : c'est ce que tout le monde sait. Mais voici ce que l'exemple de S. Pierre nous apprend plus en particulier : retourner à. Dieu sitôt qu'il nous regarde d'un œil de

•184 HKLAI DEi,A PENITENCE.

miséricorde, sitôt que sa grâce nous éclaire et nous touche le cœur: Conversas Dominas, respexit Petritm, et recordatus est verbi quod dixerat ei. Le Sauveur ne Tout pas plus tôt regardé, qu'il se souvint de ce qu'il lui avait dit, et des cet instant même il conçut une sincère douleur de son péché. S.Chrjsostôme,parlantdecesaintapôtredansrHomél.qu'ilafaitcsurJonas: « S. Pierre, dit-il, n'a pas demandé l'espace de plusieurs années pour se résoudre à faire pénitence ; mais, la même nuit qu'il est tombé, la même nuit il s'est relevé ; en même temps qu'il sentait la blessure, il éprouvait le remède : Peines ad pœnitentiam non multorum spatia poshdavil annorum, sed, ipsâ nocte quâ cecidit, ipsâ quoque surrexit.

[S. Paul.J — La conversion de S. Paul nous apprend deux vérités d'une extrême importance : la première, que ce grand apôtre ne reçut pas la grâce de la pénitence dans un excès d'humiliation, comme les autres pénitents, mais qu'il la reçut dans la violence de sa passion, ne respirant encore que le sang et le carnage, C'est un miracle que Dieu ne fait pas et qu'il n'est pas obligé de faire tous les jours, ni par conséquent auquel on doive s'attendre. La seconde est que ce même apôtre obéit promptoment à la voix de Dieu, qu"il n'apporte ni excuse ni retardement : Domine, quidmevis facere? Et c'est ce qu'il a témoigné ensuite depuis dans l'Epître aux Galates : Continua non acquievi carni etsanguini.

[Le bon larron.] — La conversion du bon larron fait ordinairement le sujet de la confiance des pécheurs ; ils espèrent qu'ils se convertiront à la mort comme lui, et que, comme lui, ils obtiendront miséricorde. Mais, cet exemple étant seul, il ne fait point de conséquence. Ce voleur était un grand pécheur, je l'avoue ; le moment auquel il s'est converti était le dernier de sa vie : mais c'était le premier de sa vocation, dit Eusèbe d'Emesse : Non fuit latroni extrema Ma hora, sed prima. Vous regardez la lenteur- de sa conversion, dit le même Père : et moi j'admire sa promptitude : Cita ignoscit Dominus, quia cito Me couvert itur . Ce voleur avait-il vu le Fils de Dieu prêchant la pénitence, prouvant sa divinité par ses miracles ? Toute la Judée était pleine des prodiges du Sauveur, et toute la Judée endurcie avait rejeté la grâce et condamné son Sauveur à la croix : ce voleur au premier rayon de la grâce, le reconnaît pour son roi et l'adore comme son Dieu, même sur la croix, dans le centre de la douleur et du mépris : Consortem erneis agnoscit Deum, dit S. Augustin. Cependant, pécheurs, c'est l'appui que vous prenez, et le modèle que vous choisissez pour autoriser votre présomption ! Il n'a pas différé comme vous, puisqu'il s'est converti à la première sommation que le Fils de Dieu lui a faite de se rendre.

PARAGRAPHB 1 ROUlt ME. 488

Ai'i'1,11 :.\ ru >NS i >E i . i ■;< Il I ni R B

/■,7 n-s estote paraît, guiaquà horâ non putatif Filitu hominii véniel (Luc. xu.) C'est Le Fils de Dieu lui-même qui a donné ee1 avertissement, lors- ,|u-il qoub :• dil que nous ayons a nous tenir prêts pour cette dernière heure : car, s'il faul toujours être prêt', à plus forte raison faut-il toujours se préparer. La raison n'en est-elle pas évidente? Quia quâhorâ nonputatis Filius hominis veniet. Si l'on savait l'heure de sa venue, e1 qu'an homme tut assuré ou d'une longue vie ou d'un certain nombre d'années, son retard e1 sa négligence à se disposer aurait quelque sorte d'excuse : mais, cette dernière heure nous étant inconnue el personne ne pouvani se tenir a de l'avenir, Dieu menaçant incessammenl de surprendre les hommes, et L'expérience taisant voir tous les joursl'effet de ces menaces, quel aveuglement de différera mener nne sainte vie quand il faut mourir! 11 n'est plus temps de penser à pourvoir une place de provisions de guerre et de bouche, quand l'ennemi en a forme le siège; il n'est plus temps de penser aux apprêts d'un grand voyage, quand le vaisseau est à la voile, etc.

Quœrite Dominion dùm inveniri potest (Isai. lv). Nous apprenons, par mille endroits de l'Ecriture, qu'il y a des temps si propres à chercher Dieu, qu'on no les trouve presque jamais si on les laisse échapper. Car que voudraient dire cesparoles : que sa grâce est semblable à la lumière des éclairs, qui passe en un moment, et qui ne revient jamais? celle-ci du prophète : « Si vous entendez aujourd'hui sa voix qui vous appelle, ne remettez pas à demain à lui prêter l'oreille, de crainte qu'il ne perde la volonté de vous appeler une autre fois? » ces autres de S.Jean : « qu'il y a un temps défaire le bien, auquel succède une nuit ténébreuse, durant laquelle personne ne peut plus travailler? » Que voudraient dire enfin ces paroles du Prophète Isaïe : « Cherchez le Seigneur pendant qu'on peut le trouver ; » s'il n'était vrai que le seul moment auquel nous puissions nous promettre de le trouver est le temps auquel il nous appelle ? Car vouloir différer à un autre temps, c'est être en danger de ne le trouver jamais.

Quœretis me, et non ïnvenietis, et in peccato vestro moriemini. (Joan. vin.) Ces paroles ne sont-elles pas capables d'effrayer les pécheurs? « Vous me chercherez, et vous ne me trouverez pas, et vous mourrez dans votre péché. » Cherchez, dit le Fils de Dieu ; car celui qui cherche trouve ce qu'il cherche ; maischerchez la miséricorde dans letempsdelamiséricorde,ne la cherchez pas dans le temps du jugement. La miséricorde a son temps, le jugement aura le sien : ne confondez pas ces deux temps, si vous ne voulez pas être confondu dans vos espérances. Venez à moi, maintenant que ma bonté vous ouvre mon cœur, maintenant que le trésor de ma grâce est accessible, maintenant que je suis sensible à vos larmes et à vos soupirs : car, si vous attendez le

temps de la mort, si vous attendez que ma justice ait pris la place de ma miséricorde, vous me chercherez avec les Juifs, et vous ne me trouverez pas ; vous crierez, et je ne vous écouterai pas.

Genimina viperarum,quis ostendit vobis fugere à venturâirâ? (Luc. m.) Je ne saissi l'on peut faire de reproche plus à propos à ceux qui diffèrentleur conversion de jour en jour. Ils espèrent se soustraire à la vengeance de Dieu par la résolution qu'ils s'imaginent avoir de se convertir quelque jour. Pensez-vous par-là éviter les justes châtiments dus à vos crimes, d'en remettre la pénitence à un temps auquel vous ne les pourrez plus commettre? C'est en vain que vous vous flattez dans l'espérance d'une plus longue vie : le bras de Dieu est déjà levé pour vous frapper, la cognée coupe insensiblement la racine de ces arbres infructueux ;... et c'est un mauvais moyen de parer à la colère de Dieu qu'une pénitence en idée, pendant qu'on néglige de la faire présentement : Quis ostendit vobis fugera à venturâ ira?

Surgam,et ibo ad patrem meurri. (Luc. xin). Il y aurait eu à craindre que la conversion de l'Enfant prodigue n'eût été qu'un vain projet et un délai do conversion presque toujours sans fruit; mais le prodigue ne différa pas d'un moment. En disant. «Je vais partir», il part; en disant. : « J'irai à mon père» il est déjà en chemin. Projets de réforme, conversion déterminée pour l'avenir, vous ne servez qu'à endormir le pécheur : en matière de conversion, qui ne se rend pas à la grâce au moment où elle le sollicite, se met en danger de ne se convertir jamais.

1 IV- Pensées et Passages des SS. Pères.

Daliir quidem etiam in extremis pœniten- On accorde aux pécheurs, même à l'article tia, quia non potest denegari, sed auctores de la mort , l'absolution qu'ils demandent, esse non possumus quàd qui sic petierit me- parce qu'on ne peut la leur refuser; mais reatur dbsotïri. Augustiuus serin. 57 de nous ne pouvons pas répondre que celui qui tempore. la demande de la sorte mérite d'en obtenir

le pardon.

Pœnitentià qiiœ abinfirmo peritur infirma La pénitence d'un malade languissant est est; pdeniténlia qude à morientè tantùm peit- faible et languissante elle-même, et il y a iur, limeo ne et ipsa moriatur. Id. Ibid. bien à craindre que celle à laquelle un

homme ne demande d'être admis que

lorsqu'il se voit mourant ne soit morte tout-

ù- l'ait et sans fruit.

l'AUAdi: \rin-: kjUATRIl mi ,

Quanta diutiùs expectat Di « s, fah/à v" yi'àJs vindicat. Quandà enim prolixis tempôribus peccarntts, et uihiltnalià Domino nemus, patient in est, non negligentia : non illr potentiam perdidit, ted nos ad pœnitentiam reservavit. August. serai. 102 do temp.

1 > i i BpoenitentÙB tua indulgeniiam promtsiL sed hUic ditationi tuœ aiem crastinurn mm promù'it. Augustinus in Ps. ni.

Agens pœnitentiam et réconcilions cùm santts est, et posteà benè vivens, securus r.iit; agens pœnitentiam ad ultimum et reconcilialuSf si securus hinc exit ego non sum securus. Idem, l. SU Homil. bomil. i-'.

Percutitur etiam hàc animddversioné p'eccator, ut moriens obliviïcatur1 sut, gui âùm viveret oblitus est Dei. August. sermon, de Sanctia.

Çohversù) si contigerit alîeui peccatori, etiam in fine, desperahdum non est de vjùs Femissione; sed, quoniam vix vêi rarà est ti'u/i fùsta cohversio,hirnendumest depœnitenteserô. Aiigùst; De verà et fâleâ peeniten t .

Satïs èstàftde alienusqui àdagendampœnUeitfiunt tehtpus senectutis expectatt Id. serin. 4 inter communes.

Si îitS pOshitentiam agere quandà peccare tyotes, peccata te dimiseruht, non tu Ma. August. Ibid.

0 si tempus pœnitentiœ sic cognoscerefur quandà est in nostrd potestate, sicut cognoscetur «mission, quàm serio jàm pœniteremUs! Id. serm. 24 ex communib.

Non peccare metuit, sed ardere. (Pœnitens moi'ibundus ). Id. Epist. 114.

OKristtàno non est crastinum. Tcrlull.

0 liomo qui differs de die in diem, forte habiturûs kodiè ultimum diem! Augustinus. serm. 20 de lempore.

Morientes non delicti pœnitentia, sed mords urgentis admonitio compellit. Id. serm.

Qui tempus congrue pœnttentuië perdidit, frustra ante regni januam cum precibus venit. Grëgor; homil. 11 in Evangel.

Qui pœnitenti veniam spopondit, peecanti diem crâstinutn non promùih Id. Homil. 12 in Evangel.

Peccàtorutn fàntà seqùitur dîstrietîoP sen-

Plui Uni diffère de punir le* pécheurs, plu . il le puhll ment. Car enfin,

[or que nou pa on un long témp i dan le péché , el que Disi n'en tire aucune venu, c'ei 1 ni offel de -i patience, el non ne marque qu'il on néglige la punition. Il n'esl pas pour ceU devenu Impuissant, ui.ii i il diffère pour noua* attendre à pénitence.

ini.i \mu . ,i promi I de roda pardonner quand vous foriez ude sincère pénitence; il ne vous a psi promis le jour de demain pour retarder de jour Bti jour:

( lelui qui l'ail pénitence, ol qui tfcsl réedricilié avec I liai pendanl qu'il ôtail en pleine santé, et qui depuis a bien vécu, peut mourir BTeo assurance du pardon ; mal i «•'■lui qui attend la lin de sa vie , quoique réconcilié, je ne Munirais pas répondre qu'il ait Bujel de se rassurer.

c.'csi un terrible châtiment que Dieu exerce sur un pécheur, qu'à la mort il s'oublie lui-même, cl ne pense point à son salul , lui qui pendant sa vie ne s'est nullement souvenu de Dieu.

Si un pécheur se convertit sincèrement à la fin de sa vie, il ne Tant point désespérer de la miséricorde de Dieu ; mais parce qu'une telle conversion est extrêmement rare, il y a toujours à craindre pour celui qui attend si lard à faire pénitence.

Celui-là a bien peu de foi qui attend la vieillesse pour se convenir.

Si vous voulez attendre à faire pénitence que vous ne puissiez plus pécher, c'est le péché qui vous a quitté, et non pas vous.

Oh ! s'il était en notre pouvoir de connaître , pendant que nous le possédons, le temps propre à la pénitence comme on le connaît lorsqu'il est passé, que sérieusement nous la ferions dès cet instant !

Celui qui attend à faire pénitence à la mort, ne craint pas le péché, il craint le supplice de l'enfer.

Le chrétien ne connaît point de lendemain.

0 vous qui différez de jour en jour, et dont aujourd'hui peut-être sera la fin !

Ce n'est pas le regret d'avoir commis le péché, mais l'appréhension de la mort, qui oblige les moribonds à faire pénitence.

Celui qui a laissé passer le temps de faire une juste pénitence frappe inutilement à la porte du ciel par ses prières, pour en obtenir l'entrée.

Celui qui a promis le pardon au pécheur pénitent ne lui a pas promis le jour de demain pour se convertir.

La condamnation des péchenrs sera d'au-

ti'/ttia quanta pcccanti ci magna est patien- Ha prorogata, quia divtna severitas eu iniquum acriùs punit guà diutiùs pertulit, Id.

25 Moral.

Vita, si à peccati perpetratione nec temporis longinquitate compesçitur, hase ipsa vitœ longinquitas, quam per misericordiam accipimus, ad cumulum accrcscit. Undè necesse est ut, cùm nos diutiùs expectari conspicimus, ipsa prorogata pietatis tempora quasi damnationis argumenta timeamus. Gregor. xxn Moral. 4.

Séria pœnitentia nunquàm sera; sêmper ad indulgentiam Dei aditus patei ; etiam sub ipsâ morte, nonnunquàm ad immortalitatem transitur. Cyprianus ad Demetr.

Nos peccata velociter quidem promptoque animo committimus, pigrè verà postmodùm ac sera pœnitentiam agimus. Basil. Homil. 8 in divit. avarum.

Laqueus fortis est pœnitentiœ dilatio; qui enim nimihm differt, ille prêtais suis operibus, quasi propriis loquets, tandem miserè capitur. kl. Catena aurea.

Aliqui, propositd spe pœnitentiœ, licentiam sibi delinquendi propagatam putant; \cinn pœnitentia peccandi remedium sit, non peccandi incentivum. Ambros. De pœnit. 9.

Unius diei sanctos efficimus, qui nihil prœier velle afferimus. Greg. Nazianzenus.

Justo Dei judicio fit ut quia, cinn potest komo converti, non vidt, cùm vult forte converti non possit: time enim securum est homini pœnitere cùm potest ipse peccare. Innocent, ni serm. 3 de adventu.

Cum incessabili augmento suœ pravitatis intereunl. ( Qui diù pœnitentiam distulcrunt. — Beda.)

Omne cunctatioms vitium (in pœnitentia) à prœsumptione importaiur. Tertull. De Pœnit. 6.

Absit ut aliquis ità interp>reteiur quasi eà sibi pateat ad deliaquendum aditus, et redundantia clementiœ cœlesfis libidinem faciat humanœ temerdatis: nemo ideircô deterior sit quia Deus melior est, quotiès ignoscitur toties delinquendo. Tertull. De Pœnit. 7.

No/i tardare converti ad Deum; nescis

tant plus rigoureuse qu'on les aura attendus plus longtemps à faire pénitence, parce que la justice divine punit avec plus de sévérité ceux qu'elle a le plus longtemps soufferts dans leurs désordres.

Si la longueur môme du temps ne peut arrêter le cours d'une vie criminelle , cette longue durée que la miséricorde divine nous accorde met comme le comble à notre iniquité. D'où il faut conclure que , plus on nous a attendus avec patience, plus nous devons craindre ce temps même qui nous est accordé, comme une preuve certaine d'un jugement plus sévère et d'une plus rigoureuse condamnation.

La pénitence sérieuse et sincère n'est jamais tardive ; on trouve toujours un favorable accès auprès de la divine miséricorde ; même à la mort, on peut passer tout d'un coup à l'immortalité bienheureuse.

Nous sommes prompts à commettre le crime ; mais c'est avec une étrange lenteur qu'on en fait pénitence, et le plus tard que l'on peut.

Le délai de la pénitence est un lien qu'il n'est pas facile de rompre : celui qui diffère longtemps est retenu par ses œuvres d'iniquité, comme par des liens et des lacets qui le traînent enfin misérablement à sa perte.

11 y a des personnes qui, sur l'espérance de faire un jour pénitence, croient qu'elles peuvent étendre , et prolonger la liberté qu'elles se donnent de pécher : la pénitence est le remède du péché, et non une amorce pour le commettre plus facilement.

Nous prétendons devenir des saints en un seul jour, lorsque nous n'avons que la seule volonté de le devenir.

Par un juste jugement de Dieu, l'homme qui ne veut pas se convertir quand il le peut, ne le peut plus quand peut-être il le veut, alors seulement il y a véritable pénitence , quand on est encore en pouvoir de pécher.

(Ceux qui diffèrent leur conversion) meurent après avoir augmenté sans fin la multitude de leurs crimes.

La cause de cette lenteur à faire pénitence, vient de la présomptueuse espérance qu'on aura toujours assez de temps.

A Dieu ne plaise que quelqu'un l'entende en ce sens, que l'espérance du pardon donne lieu de pécher impunément, et que la surabondance de la bonté de Dieu augmente la hardiesse et la témérité des hommes. Que personne donc ne devienne plus méchant parce que Dieu a plus de bonté, et ne se remette à pécher autant de fois qu'on lui a pardonné.

Ne différez pas de vous convertir à Dieu

PARAGRAPHE QUATRIÉMB.

nnni i/iiiif panel tuperventura diet. Chry-

1,1 !p| .1. ;nl Thoodorunii

Multis dédit l'i i a privitegium ut in uttima seneclute corwerterentur, Quid igitur? numquid et li/<i </'i?>il'.' Portasse dabit, inquii. Car dicis for fasse! contingit atiquandà. Sed cogita quod de anima délibéras. Chrysost. lliMuil. 23 in 2 Corintli.

Nunquàm est sera conversio. Latro de crut;- transit ad paradiswn. Hleronymua Bplsl. ad Lœtam.

Pcenitentid aboleri peccata indubitanter credimus, etiam m ultimo vif"' spiritxi, si admissorum pœniteat. August. De EccIcb.

dogmat. 18.

Quanta diutiùs expectat Dias ut entenderis, tantà graviùs judicabit si neglexeris, August. Do ulilit. agcndi pœnlt.

Latro iUe qui pendebat in cruce non eguit prolixitate temporis ut ingressum paradisi mereretur, Chrysost. Do réparât, laps.

( ai voua il'- kvos oe que le Jour h venir pi ni voua apportera

Uni, dlrez-vou , d i quelque -

uns do m convertir dana lour extrême \ lolllei te. Eh quoi d uit-11, pour

cela, qu'il Mais accordera la même faveur?

Pcut-Atro me l'ac •dora-t-il. Pourquoi

ajoutez-voua peut-être^ c'cal parce que cela arrive quclqucfoi , r^alto réflexion qu'il iiu saïui do votre Amo (que voua risque/, sur un peui-étre).

Il est toujours temps de se convertir, puisque un voleur a pa â du : upplicc do la orob au paradis.

Noua croyons, sans hésiter, que la pénitence efface tous les péchés, môme quand on est près de rendre l'esprit, pourvu qu'on ail un sincère repentir de les avoh commi -

Plus Dieu témoigne de patience à attendre que vous changiez de vie, plus il vous jugera rigoureusement, si vous négligez le temps qu'il vous accorde pour cela.

Le voleur attaché à la croix n'eut pas besoin d'un long temps pour mériter l'entrée du paradis.

[Non pudettereliquiasvitœ tibi reservare, [Ne rougissez- vous point de ne réserver et id solum tempus bonae menti desitnare pour vous que les restes d'une vie -usée et quod in nuttam rem conferri possit? Senec. de destiner à vivre en homme de bien et de De brevit. vilœ. } bon sens le temps qui n'est plus propre à

rien ? ]

Won fuit latroni extrema Itora sed prima. La dernière heure , à laquelle le bon lar- Euscbius Emissenus, Ilomil. de bono latr. ron fut converti, ne fut pas la dernière,

mais la première pour lui.

100 DÉLAI DE "lA PÉNITENCE.

Ce qu'on peut tirer de la Théologie.

[De rimpénilence.] — On ne peut guère donner d'autre notion de l'impénitence finale que celle qui est connue de tout le monde, savoir : la mort dans le péché, sans s'être repenti et sans s'être réconcilié avec Dieu offensé mortellement : soit que le pécheur à la mort ne veuille pas se repentir par une volonté déterminée, soit que, se défiant de la miséricorde de Dieu, il tomhe dans le désespoir, soit que, par un attachement criminel au vice, il ne veuille pas sincèrement renoncer à ses mauvaises habitudes ; soit enfin qu'il ne veuille pas accomplir les conditions nécessaires pour obtenir la rémission de ses crimes. Mais ce qui est à remarquer dans le sujet que nous traitons, c'est que le refus de faire pénitence pendant qu'on est en santé, le délai qui la fait différer d'année en année et remettre à la fin de sa vie, peut s'appeler un état d'impénitence, ou une impénitence habituelle, qui dispose et qui conduit à l'impénitence finale.

[Délai de la pénitence.] — Tout pécheur qui diffère sa conversion et sa pénitence ne peut avoir que ces trois vues : ou la différer jusqu'à ce qu'il soit en danger évident de mort et qu'il ne puisse plus reculer, ou bien la remettre jusqu'à la vieillesse, à l'extrémité de l'âge, comme à une saison plus avancée, et il promet qu'il fera alors les fruits de. pénitence nécessaires pour son salut ; ou enfin retarder d'année en année et de fête en fête, jusqu'à ce qu'on ait terminé quelque affaire importante, et qu'on soit sorti de l'embarras où l'on se trouve. On pourra voir, par ce que nous dirons dans la suite, combien ce retardement, en chacune de ces trois manières, est préjudiciable au salut, et combien cette pénitence ainsi différée est incertaine, difficile et suspecte.

Quelque danger qu'il y ait pour le salut, et quelque crainte qu'on doive inspirer aux pécheurs de différer leur pénitence jusqu'à la mort, et même quelque suspecte et difficile qu'elle soit alors, on ne peut et on ne doit jamais dire qu'elle est absolument impossible, quand on aie jugement sain et qu'on a assez de temps pour concevoir une sincère douleur de ses péchés, particulièrement quand on reçoit les sacrements. Les raisons qu'en apportent les théologiens, après S. Thomas, sont: — -1°. Que la miséricorde

PAR lORAI'HE CINQUIÈME. I'.»l

de Dibtj B\irpas8o la malice des hommes, pour grande et opiniâtre qu'elle puisse être -, —2° Si le moribonds lejugeraen! entier, el par conséquent la liberté, il peut faire un bon usage de la grâce, que Dieu ne refuse & personne. - Ainsi, le pécheur, ayani toujours la grâce absolumenl nécessaire pour se convertir, en quelque étal qu'il soit, peul aussi se convertir el obtenir miséricorde. C'est ce qu'enseigne S. Thomas d'aprèj le Maître de Sentences, et oe qui est appuyé sur ces paroles do l'Ecriture: (EJzechiel xxxtii.) Impietas \mpii non nocebit <?*, in qvâcumque die convenus fuerit ab fmpietate svâ.

[Conversions ;ï la mort.] — Comme c'est ordinairement par une confiance téméraire et présomptueuse en la mi lôricorde de Dieu que les pécheurs différent leur conversion jusqu'àla mort, et, continuent leur.- désordres jusqu'au temps où ils ne peuvent plus les commettre, les SS. Pères et tous les docteurs nous assurent que la pénitence n'est jamais plus difficile, plus suspecte et moins sincère, que lorsqu'on a différé jusqu'à cette dernière extrémité. — i°. Parce que l'attachement aux biens et aux plaisirs qui lésa fait différer jnsque-là est alors plus difficile à rompre, quand il s'est fortifié par une longue habitude; — 2°. Parce qu'il est plus rare et plus difficile qu'Usaient une douleur véritable et surnaturelle de leurs péchés , ne l'avant peut-être jamais pratiquée ; — 3°. Parce qu'ils n'ont, pour l'ordinaire, qu'une douleur inefficace, causée parla peine présente qu'ils souffrent, ou par la crainte servile de celle qu'ils ont méritée dans l'autre vie: — 4°. A cause que la mort peut les surprendre avant qu'ils aient le loisir de penser à leur conscience et à leur salut ; — 5°. Supposé même qu'ils aient assez de temps et de liberté, jamais les tentations ne sont plus fortes, la volonté plus faible; et Dieu môme leur refuse ses grâces les plus fortes qui leur seraient plus nécessaires, et dont ils se sont rendus indignes. — Ce sont les raisons qu'allèguent les Pères et les docteurs du peu de fondement qu'il y a à faire sur les pénitences différées jusqu'à la fin de la vie, quoiqu'on ne doive jamais désespérer de personne en particulier, ni refuser les sacrements, sans d'autres raisons.

Il faut surtout prendre garde, en cette matière, de donner dans l'erreur de quelques novateurs qui prêchent et qui soutiennent que la conversion d'un pécheur qui l'a différée jusqu'à la mort est plus que moralement impossible. La raison qu'ils en apportent suppose une hérésie condamnée par le Concile de Trente, savoir que ce n'est pas la contrition ni l'absolution du ministre de l'Eglise qui remet les péchés, mais la pénitence proportionnée à la grandeur des crimes commis, et qu'ainsi, quand la pénitence et la conversion est différée à la mort, comme on n'a pas le temps et les forces de faire une longue et pénible satisfaction, la pénitence est toujours inefficace. Quand, même ceux qui allèguent et qui s'efforcent de faire valoir cette raison croiraient que les péchés sont remis et pardonnes par la vertu du sacrement de Pénitence lorsqu'il est reçu avec les dispositions

nécessaires, ils sont toujours dans l'erreur et dans un sentiment contraire à l'Eglise en mettant, parmi ces dispositions nécessaires et comme une condition essentielle au sacrement, une longue et entière satisfaction. Que si quelques SS. Pères semblent apporter, pour raison de l'inutilité ou de l'inefficacité de la pénitence faite à la mort, le peu de temps ou la précipitation avec laquelle eUe se fait, ils ont voulu dire ce que nous disons, qu'il faut plus de temps pour bien examiner sa conscience, pour mettre ordre à son salut, ou bien que, selon le cours ordinaire, le changement de cœur ne se fait pas tout d'un coup, et que pour cela il faut une grâce extraordinaire et qui tienne du miracle. Pour ce qui est de la satisfaction, que ces novateurs veulent faire passer pour la principale partie de la pénitence, les douleurs de la maladie et l'acceptation volontaire de la mort peuvent être offertes à Dieu , du moins pour une partie de la peine dont les pécheurs sont redevables à la justice divine, si le sacrement a été reçu avec les dispositions nécessaires.

[Principes.] — 1°. Quand un chrétien, après une vie exempte de grands désordres; je ne dis pas une vie parfaite, ni tellement irréprochable qu'il ne tombe iamais en aucune faute, mais j'entends une vie communément régulière, et, du reste, ayant eu soin de se relever par autant de pénitences qu'il a fait de chutes : quand ce chrétien, dis-je, donne à la mort les marques de religion que l'Eglise demande de lui, et qu'il meurt avec les sacrements, on peut raisonnablement juger que Dieu ne lui a pas refusé son secours dans ce dernier passage, mais qu'il lui a fait miséricorde. S, Augustin semble n'en point douter : Securus exil, dit-il en parlant d'un chrétien qui meurt après avoir vécu delà sorte. 2°. Quand un chrétien, après avoir passé plusieurs années dans le crime, s'est reconnu de bonne foi lorsqu'il jouissait encore d'une pleine santé ; surtout quand, dans la suite et durant le temps qui lui restait, il a dignement soutenu ce qu'il avait commencé, et qu'il a donné par sa conduite des preuves d'un retour solide et durable, et qu'il se trouve, à l'heure de la mort, dans les mêmes sentiments, qu'il s'y confirme et qu'il les renouvelle, on a tout sujet de croire que ses voeux ont été exaucés, et qu'il est mort dans la paix du Seigneur. — 3°. Mais quand il ne retourne à Dieu qu'à la mort, après avoir différé toute sa vie, quelques bons sentiments qu'il témoigne alors, cette conversion et cette pénitence a toujours été tenue pour suspecîe.

C'est encore le sentiment commun des SS. Pères, que toute pénitence que le pécheur ne fait qu'à la mort a de grands préjugés de fausseté; et ils en remarquent trois principaux. — Le premier est la parole de Dieu, qui n'est en nulle autre matière ni plus formelle ni plus expresse : nous en avons rapporté plusieurs endroits qu'il n'est point nécessaire de répéter ici. — Le second préjugé vient du temps auquel on fait cette pénitence, qui n'est jamais moins propre qu'à la mort : car, pour faire pénitence, il faut prendre le temps de Dieu et le nôtre. Le temps de Dieu n'est pas tout le temps de la vie, mais seulement celui auquel il nous appelle ; or,

r.\i; 1QRAPHE - INQ1 II Ml.. 193

I,. temps de la mort n'e t pu celui qu'il non a donné pour i ou y prépaus, non plus, un tempe qui doive étr runde

affaire, puii que jamais on n'a moins de I- r i omme il faut, < '

jamais on n'ost humus capable de l'application qui i tire pour

l ■ troisième préjugé, enfin, que no • dif-

férée jusqu'à la mort, c'esl qu'après tout, oo 6 qui

alors de retourner à Dieu, on a un Légitimo suj< I ndre que

ce ne soi! par contrainte et par force que le pé sheur retourne, ei non pas \ olontairemenl et de tout son cœur.

Il est constani que les prédestinés tombent quelqi jchés

très-griefs, donl ils se relèvent aussitôt, et donl ils font une salutaire et rigoureuse pénitence : tout au contraire, les réprouvés persistent dans leurs désordres, et ne les quittent qu'avec la vie. C'est pourquoi les docteura donnent communément pour marque de réprobation le délai 'le la pénitence, parce que ces personnes, tardant de jour en jour à se convertir et à changer de conduite, meurent ordinairement dans l'impénitence, qui met comme le sceau à leur réprobation, parce qu'ils meurent dans l'état habituel du péché dans lequel ils ont vécu.

| Présomption. ] — Il est de foi qu'après le premier péché mortel, qui a

éteint chez nous la grâce du Baptême, Dieu ne nous doit point la grâce

de la conversion et qu'il peut nous la refuser avec justice; nous n'avons nul droit de nous la promettre, et nous ne pouvons la mériter: cela est de foi. Il est encore de foi que personne ne peut mériter la grâce de la persévérance finale, qui doit couronner l'ouvrage de son salut, et que Dieu la peut refuser aux plus grands saints sans leur faire nulle injustice. Or, vous qui à peine vous souvenez d'avoir jamais été juste, qui vous imaginez n'être en cette vie que pour y prendre vos divertissements, qui êtes aussi attaché au monde que si jamais vous n'en deviez sortir, comment espérez vous ces deux grâces distinctes et séparées, et l'une et l'autre inaccessibles à tout mérite humain : grâce de conversion après le péché, et grâce de persévérance iinale après une vie même fort sainte ? Vous vous les promettez toutes deux, conjointement unies et confondues l'une avec l'autre précisémont à votre dernier soupir, quand il faudra que votre conversion soit en même temps votre persévérance finale ; que ces deux grâces, qui en sont deux pour tous les saints, n'en soient qu'une même pour vous : n'est-ce pas là une témérité et une présomption manifestes ?

•Il est vrai que Dieu est miséricordieux, et que ce que l'homme ne peut faire par ses propres forces la grâce du Rédempteur le peut faire quand il lui plaît : mais aussi, comme il est de sa bonté de n'abandonner point à la mort eux qui l'ont servi durant leur vie, il faut que sa justice paraisse en permettant que ceux qui l'ont mis en oubli pendant qu'ils avaient le temps et les moyens de bien vivre s'oublient eux-mêmes lorsqu'il faut mourir, e.t qu'ils abandonnent le soin de leur salut.

[La volonté ne snlïit pas.[ — Comme il n'y a que la pénitence qui détruise le

péché, il n'y a qu'elle aussi qui empêche que nous ne tombions dans l'impénitence finale, et que la mort, nous surprenant dans le cours de nos iniquités, ne nous engage dans la damnation. De-là il ne suffit pas de former des projets de conversion, ou d'être résolus défaire un jour pénitence; nous devons la commencer dès maintenant ; outre qu'il est très-facile do prendre le change, et de se tromper dans ce dessein et dans cette résolution pour l'avenir. Ce n'est d'ordinaire qu'une ruse et un détour de l'amourpropre, qui veut jouir du bien qu'il trouve dans le péché, et qui remet à l'avenir le renoncement entier qu'il en faut absolument faire, et la peine qu'il y a de la faire.

[Desseins de Dieu.) — Voici un mystère delà grâce que les pécheurs ne conçoivent pas assez, et qu'il est bon de développer. Quoiqu'il soit vrai de dire, comme l'Ecriture nous l'apprend, que Dieu, par un effet de sa miséricorde infinie, attende souvent les pécheurs à la pénitence, il n'est pas cependant moins constant qu'il ne les attend pas tous, ni également. S'il a attendu un David, un S. Pierre, une Madeleine, il n'a pas attendu Coré, Dathan et Abiron, et une infinité d'autres qu'il a punis sur-le-champ, sans leur donner le loisir de se reconnaître ; et, parmi ceux qu'il a attendus, il n'a pas toujours gardé la même conduite. Il a supporté les uns plus longtemps, les autres moins ; il a même déterminé certain nombre de grâces, certaine mesure de péchés, certaines occasions favorables ; après quoi il n'y a plus ni temps propre à la pénitence, ni grâce forte pour le salut, ni occasion si favorable pour se convertir. D'où l'on peut juger que, puisque le pécheur ignore ce temps, cette mesure et ces occasions, différer sa conversion c'est se mettre en danger de ne se convertir jamais.

Comme Dieu, par une bonté ineffable, rapporte toutes choses au salut dos hommes, de peur que, par le désespoir d'obtenir pardon, ils ne se précipitent aveuglement en toute sorte de péchés, il en a attaché le pardon à la pénitence : mais, de peur que l'espérance de ce pardon ne leur fût une occasion de persévérer dans le crime, il n'a pas voulu leur promettre le temps de la faire. S'il n'eût point promis de pardon à ceux qui auraient violé la sainteté de leur baptême, ceux qui en seraient une fois déchus n'auraient plus gardé de mesure dans leurs désordres. De même, si Dieu, offrant le pardon aux hommes dès qu'ils se seraient convertis, leur eût révélé l'heure de la mort, cette promesse, jointe à cette connaissance, n'aurait servi qu'à les entretenir plus longtemps dans leurs mauvaises habitudes. Puisque Dieu nous a promis de nous attendre à pénitence jusqu'à ce temps, auraient-ils dit, rien ne nous presse de hâter notre conversion ; nous ne risquons rien de renvoyer au temps de la vieillesse notre pénitence. Qu'a donc fait la miséricorde divine pour préserver les hommes de ces deux écueils? Elle a établi, dans la pénitence, comme un port favorable pour les premiers, afin qu'ils puissent y réparer leurs pertes après

!■ \i: \i,i; \i-iii i i EfQl n Ml.. |'.i.',

lo naufrage; mais, pour intiraiaer le aoonds qui persévèrent dam leurs péchés, Dieu, on leur promettant le pardon, ne leur a pa promit le lendemain pour fairo pénitence.

|liciiv lorlei d'impéuiteuce, | On meurt dans ion péché par une im pénitence involontaire, lorsque, après avoir mené une vie déréj e trouvo,

sans avoir commis de nouvelles fautes, etisî d'une mort subite. Ony meurt encore lorsqu'on meurt sans le secours de l'Eglise et L'administration des saorements: on implore le secours d'un prêtre ; et, quand ce pré tr venu, le malade a perdu le jugement et la pari I . outre cette espèce

d'impénitence involontaire, il ,\ en a une qui est volontaire et affectée, <•! c'est lorsqu'on a conservé à la mort un actuel attachement à. sa passion: quand, par exemple, un impudique ne veut pas se séparer de l'objet et de la cause de son péché, quelque remontrance qu'un confesseur lui fa quand un avare s'aperçoit qu'il a du Mon d'autrui, e1 qu'il ue veut pas cependant le restituer : quand un père qui aime sus enfants, ou qui appréhende de leur déplaire, laisse aux uns et aux autres ce qu'il sait avoir injustement acquis ; c'est, enfin, quand un pécheur de quelque condition qu'il soii, pousse son dernier soupir vers l'idole qu'il a adorée.

On pourra peut-être dire : Quand un homme, quelque vie qu'il ait menée, a reçu tous ses sacrements avant de mourir, qu'il s'est confessé, qu'il a eu le Viatique et l'Extrême-Onction, n'y at-il pas sujet cle croire que, mourant là-dessus, il meurt chrétiennement? Je réponds que oui, pourvu qu'avec cela il ait un véritable repentir de ses péchés, une sincère douleur d'avoir offensé la divine Majesté, une résolution ferme, s'il revient en santé, de ne plus commettre ce qui l'a rendu ennemi de Dieu ; mais non pas si, après avoir reçu les sacrements, il meurt avec ses attachements criminels. Mais la grâce des sacrements, ajouterez-vous, lui a changé le cœur. Cela ne peut être vrai, puisque les sacrements, selon la constante doctrine des théologiens, n'opèrent que supposé la disposition intérieure des sujets qui les reçoivent. Or, les sacrements ne font pas cette disposition, mais la supposent, pour produire les effets de grâce pour lesquels ils ont été institués. Si, par exemple, le pécheur mourant n'est vraiment pénitent, s'il n'a dans le cœur un véritable regret de sa vie passée, s'il n'est préparé à changer de vie en cas qu'il recouvre la santé, le sacrement de Confession lui sera inutile, parce qu'il est seulement pour remettre le péché à ceux qui en ont conçu une insuffisante douleur.

[Deux sources.] — L'impénitence finale est sans doute le plus grand cle tous les malheurs. On y peut tomber en deux manières, et mourir dans son péché par une impénitence que les théologiens appellent formelle, ou par une impénitence qu'ils nomment matérielle.. L'impénitence formelle, c'est quand un homme est assez endurci dans ses crimes pour ne vouloir pas s'en repentir ni en demander pardon, quoiqu'il voie et sente qu'il est près

do mourir, et qu'il sera infailliblement réprouvé s'il n'a recours à la miséricorde divine. Si ce malheureux, nonobstant cela, n'est touché d'aucun repentir, ou s'il ne s'en met pas en peine ; ou si, désespérant de la bonté divine, il croit qu'il est inutile de recourir à Dieu ; ou enfin s'il néglige de se confesser, sur un reste d'espérance qu'il a de recouvrer sa santé et d'échapper de ce danger: c'est une impénitence formelle, et un nouveau péché ajouté à tous les autres. Si c'est par désespoir, c'est un péché contre le Saint-Esprit, qui ne se pardonne ni en cette vie ni en l'autre ; et, comme dit S. Jérôme, le seul qui ne se peut pardouner ; Solum crimen est quod veniam consequi non potêst. Que si c'est seulement par une omission volontaire, c'est un péché contre la charité qu'il se doit à lui-même, étant obligé de se procurer le secours de la pénitence dans le danger où il est de son salut. L'impénitence matérielle est quand l'omission de la pénitence arrive sans un nouveau péché. Un malade, par exemple, a conjuré le médecin de ne le point flatter, et de lui déclarer librement l'état de son mal, afin de mettre ordre à sa conscience ; le médecin l'assure que ce ne sera rien, et là-dessus le malade est surpris de la mort. Il meurt dans l'impénitence, et sera damné, non pour ne s'être pas confessé, mais pour les péchés qu'il a commis, et dont il n'a été ni contrit ni confessé. D'autres fois, cela arrive quand le moribond a demandé un confesseur; mais ce confesseur n'est arrivé que lorsque le malade n'était plus en état et avait perdu tout sentiment. Il n'y a qu'un acte d'une contrition parfaite qui le puisse alors garantir de mourir dans l'impénitence.

Page 1