‹ La bibliothèque des prédicateursChapitre 33 sur 59 · OBSERVATION DU DIMANCHE ET DES JOURS DE FÊTES, ETC · texte numérisé non relu

OBSERVATION DU DIMANCHE ET DES JOURS DE FÊTES, ETC

Les théologiens scholastiques , les casuistes, et les catéchistes traitent différemment ce sujet, et chacun à leur manière; mais le prédicateur , pour en parler utilement, doit en parler tantôt en théologien, pour expliquer au peuple l'origine de ce précepte et en quoi il consiste ; tantôt en casuiste, pour faire bien entendre en combien de manières on le viole , et ce qui est permis ou défendu en cette matière ; et enfin en catéchiste, en s'efforcant par un discours instructif, de faire entendre quels sont les devoirs d'un véritable chrétien en ces jours consacrés à la piété.

Quoique ce discours semble n'avoir rien de commun avec les autres matières morales, il y en a néanmoins quelques-unes qu'on ne se peut dispenser d'y faire entrer : comme d'assister au Sacrifice de la Blesse, d'entendre la parole de Dieu et de pratiquer de bonnes œuvres, en ces saints jours. Mais un prédicateur conçoit assez que ce serait sortir des ternies de son sujet que de traiter alors à fond ces sujets qui n'y doivent entrer que par rapport au principal dessein, et comme des moyens de satisfaire aux différentes obligations que l'on ne fait qu'indiquer.

Mais je crois qu'il est nécessaire d'avertir que, comme le saint jour du Dimanche a été subrogé au sabbat des Juifs, et nos jours de fêtes aux fêtes ordonnées dans l'ancienne loi, tout ce que nous dirons du sabbat , des moyens '■t de la manière de l'observer, doit s'entendre du Dimanche et de nos jours de

PAS w.i; A un: i i : i : M 1 1 ; i ; . .' î f ) i~>

/ tes, puisque nous avons h même commandement et la même obligation, Pour ce qui est des châtiments dont Dibi punissait autrefois les infrai U urs de cette loi, s'ils ne sont pas aujourd'hui si fréquents m si visibles, il n'en [mit pus inférer qm le précepte nous oblige monts étroitement, mois seulement que Dieu les réserve pour l'autre vie, et qu'en celle ci il prive de ses grâces et de sis bénédictions spirituelles, et souvent même temporelles, cetia qui s'ocquittent mol ilf cette obligation.

Desseins et Plans.

I. — La vie du chrétien devraitêtre une perpétuelle sanctification du nom de Dieu ; et, au langage des Pères, il n'en est pas de nous comme des Juifs. « Nous n'avons que des jours de fêtes , dit S. Chrysostôme, si nous vivons selon noire vocation, et si nous remplissons parfaitement les devoirs que nous impose le baptême : Omne tempus est tempus diei festi chris- //unis. »,Mais, éloignés comme nous sommes de ce degré de perfection que ce grand saintexigeait de son peuple, nous n'ignorons pas que le Seigneur aeuégCTd à notre faiblesse, et qu'il s'est contenté de eboisir certains jours qu'il veut être plus particulièrement consacrés à son service et au culte que nous lui devons. Or, dans ces jours, il attend de nous des choses dont il nous est permis de nous dispenser dans d'autres jours sans crainte d'encourir son indignation. Je ne crois pas qu'il y ait un fidèle si peu instruit de sa foi qui songe à révoquer en doute cette vérité ; mais il n'en faut pas demeurer là. L'essentiel consiste à comprendre l'étendue et la perfection de ce commandement : je veux dire à comprendre ce que c'est que sanctifier ce jour. Et, pour vous le faire comprendre, je veux, — dans le premier point de ce discours, vous expliquer les différentes fins que Dieu et l'Eglise ont eues dans ce précepte, qui en est fait dans la nouvelle loi aussi bien que dans l'ancienne; — et, dans le second, à quoi nous sommes obligés les jours de Dimanches et de fêtes pour accomplir ce précepte , que Dieu n'a pas moins à cœur maintenant qu'il l'avait autrefois.

II. — Premier Point . Supposé d'abord que c'est Dieu et son Eglise qui ont t. ni. 20

ordonné aux fidèles des jours qu'ils seraient obligés de sanctifier, pour nous arrêter aux vues et aux motifs que l'un et l'autre se sont proposés , je dis que nous devons raisonner du Dimanche et de nos fêtes comme du jour du Sabbat, et des autres solennités du peuple Juif, puisqu'effectivement ces jours-là étaient dans l'ancienne loi, ce que le Dimanche et nos fêtes sont dans la nouvelle: car la loi de Moïse est en tout l'ombre et la figure de celle de Jésus-Christ. Or, je trouve trois principales fins de ce commandement, auxquelles il est aisé de rapporter les autres. — La première est que par-là Dieu a voulu se faire rendre le culte qu'il exigeait de son peuple. C'est ainsi qu'il en parle lui-même : Videte ut Sabbatum meum custidiatis, quia signum est inter me et vos. (Exodi xm.) Comme votre Créateur, j'ai droit d'exiger de vous un culte public et solennel, j'ai droit de vous commander en maître : ainsi, vous observerez le sabbat; vous me le consacrerez entièrement; vous ne ferez rien durant ce temps que ce qui regarde mon service. Cette première vue nous doit inspirer une haute idée de nos fêtes, comme de jours qui sont uniquement consacrés à Dieu, uniquement destinés à lui rendre le culte qui lui est dû. Aussi, avec quelles cérémonies les prêtres de l'ancienne loi les observaient-ils, et ensuite les premiers chrétiens! avec quelle rigueur punissait-on ceux qui violaient le sabbat parmi les Juifs! avec quelle dévotion passait-on ces saints jours, dans la primitive Eglise ! — La seconde vue ou le second motif qu'a eu Dieu a été d'engager les hommes à se souvenir des bienfaits qu'ils ont reçus de sa bonté. C'est pour ce sujet que le peuple d'Israël eut ordre de célébrer la Pàque en mémoire de la sortie de l'Egypte, et plusieurs autres fêtes pour rappeler etperpétuer le souvenir des autres bienfaits. Dans la nouvelle loi, le dimanche est pour nous retracer la mémoire de la résurrection du Sauveur, et du droit qu'il nous a acquis de ressusciter un jour comme lui, et nous célébrons dans les autres mystères les autres bienfaits que nous avons reçus de la divine bonté, etc. Ces jours donc nous doivent faire penser àoe que nous devons à Dieu, afin de prendre des sentiments conformes au dessein qu'il a eu dans leur institution. — Enfin, la troisième vue que l'Eglise se propose dans cette institution, c'est d'avoir certains jours où le Seigneur répande avec plus d'abondance ses grâces et ses dons : Innumeris benedictionibus Deus diem dominicain sanctificavit. En effet, la création du monde commença ce jour-là, la manne fut donnée aux Israélites, l'arche s'arrêta sur les montagnes de l'Arménie, les eaux de la mer Rouge furent divisées. Dans la nouvelle loi , combien de mystères se sont accomplis ce même jourl Les sentiments que nous devons avoir en le célébrant sont des actions de grâces accompagnées d'une joie sainte et spirituelle. C'est pourquoi S. Bernard appelle le jour du Dimanche Dies remissionis , dies exultationis, dies jubilœi ; jour de rémission, de réjouissance, de grâce, etc. L'Eglise a eu, à la vérité, les mêmes vues : car, conduite par I'Esprit- Saint, il est impossible qu'elle ne parle et qu'elle ne pense conformément aux ordres du Seigneur. Mais, outre ces motifs, elle a institué les fêtes et

PARAGRAPHE PRBM11 i . 301

les dimanches oom me un temps destiné à instruire e enfants de leurs devoirs : d'où vienl que Les SS. Pères expliquaient au peuple, ces jour là, l'Ecriture-Sainte, el fai aient leurs homélies, comme maintenant on faii Les sermons ei Les instructions.

Second point. Suivons ici le mé 'dre que dans Is I" partie, puis-

qu'effectivement de chaque princi] d doit tirer naturellement une conséquence, qui serve de règle e1 montre dos obligations les jours de dimanches e1 de fêtes. — 1". Dieu prétend que, ces jours-là, uou reconnai ions qu'il est notre créateur, uotre souverain, notre principe et notre fin. Donc, pour sanctifier ces fêtes selon les vues et les intentions du Seigneur, il faul que L'homme L'honore par les actes qui lui sont propres. 11 y en a d'intérieurs; la dévotion, l'amour, Lareconnaissance. Q y en a d'extérieur , entre Lesquels le principal estle sacrifice; c'esl pourquoi l'Eglise a réduit cette sanctification à L'obligation d'assister à ts Messe : non qu'elle exclue les aui tvs, mais il est le seul qu'elle impose sous peine de péché. — 2°. Dieu exige de sa créature que, ces jours qui lui sont consacrés , elle se souvienne de ses bienfaits, qu'elle s'en occupe uniquement : donc il faut que l'homme détourne son esprit de tout ce qui pourrait le distraire; qu'il s'abstienne des œuvres serviles. Jusqu'où cela n'allait-il point chez les Juifs'? Quelques théologiens soutiennent qu'un péché commis ces jours-là est plus grief que s'il était commis un autre jour. Les affaires temporelles empêchent qu'on ne célèbre véritablement ce jour du repos d'un cœur chrétien, qui consiste en l'amour du Seigneur. — 3°. SiDiEU a voulu établir, par-là, des jours de miséricorde et de grâces, nous sommes obligés de nous préparer à recevoir ces grâces et à mériter cette miséricorde , et nous devons surtout, ces jours-là, vaquer aux bonnes œuvres, à soulager les pauvres. Il semble que le Sauveur ait affecté de guérir les malades et de faire des miracles ce jour-là, pour nous apprendre que c'était là une de nos obligations!

III. — Les jours de dimanches et de fêtes ont particulièrement trois noms dans l'Ecriture, qui nous engagent aussi à trois sortes de devoirs auxquels l'Eglise nous oblige.

1°. Ce sont des jours de repos; et en particulier le dimanche a succédé au sabbat de l'ancienne loi : il faut donc, ce jour-là, non-seulement interrompre son travail ordinaire, mais encore désoccuper son esprit des soins de la terre, s'éloigner du bruit du monde, vivre dans le recueillement, éviter les compagnies qui nous peuvent distraire et détourner des devoirs de la piété.

2°. Ce sont des jours saints; car c'est le nom qu'on leur donne ordinairement, parce qu'ils sont consacrés au culte de Dieu : ils doivent donc être employés à des actions de piété et à de bonnes œuvres, au lieu de les passer

308 DIMAMCHE.

tout entiers en divertissements, en festins, etc., comme font la plupart des

gens du monde.

3°. Ce sont des jours que l'Eglise a toujours destinés à V instruction des fidèles, comme nous le jugeons par les Homélies que les SS. Pères faisaient, et par les sermons et les instructions que Ton fait encore dans les églises : on y doit donc assister, et ceux qui ne peuvent pas s'acquitter de ce devoir doivent y suppléer par la lecture des bons livres.

IV. — 1°. Il n'y a rien de plus étroitement commandé que l'observation du dimanche et des fêtes: nous en voyons le précepte expressément marqué dans l'ancienne loi, sous le nom du jour du sabbat. Ce commandement a été renouvelé dans la nouvelle loi ; le jour a seulement été changé; l'Eglise, qui a déterminé le jour du dimanche, a obligé tous les fidèles à l'observer, et en a même prescrit la manière. Les conciles généraux et particuliers en ont ordonné la pratique. Les exemples des chrétiens de la primitive Eglise nous convainquent que rien n'a été plus religieusement solennisé que ces saints jours. On peut en apporter plusieurs raisons, etc.

2°. Mais ce qui fait voir le relâchement des chrétiens de ce temps, c'est qu'il n'y a rien aujourd'hui de plus mal observé, de plus impunément violé et de plus indignement profané, que ces jours saints et consacrés au culte de Dieu. — 1°. Par le mépris du précepte qui défend les œuvres serviles, et parla liberté qu'on prend de travailler ou de vaquer à des choses qui manifestement sont défendues. — 2°. Par l'abus qui s'est introduit de passer ces jours en divertissements profanes. — 3° Par les débauches et les désordres qui se commettent en ces jours, plus grands et plus fréquents que dans les autres.

V. — 1°. L'obligation de célébrer religieusement le dimanche et les fêtes est fondée sur le droit naturel, qui nous oblige d'assigner quelque jour pour rendre à Dieu notre culte et nos hommages ; sur un commandement positif, c'est-à-dire sur la loi expresse que Dieu en a faite ; sur l'ordre et le précepte que l'Eglise, par le pouvoir qu'elle a reçu du Fils de Dieu, nous en a donné. (On peut s'étendre sur ce qu'il n'y a point de précepte dont Dieu ait eu l'obligation plus à cœur, qui soit plus recommandé, plus souvent réitéré, et dont l'infraction ait été plus sévèrement punie.)

2°. Comment les chrétiens doivent s'acquitter de cette obligation : quels devoirs il faut rendre à Dieu ; quels doivent être leurs occupations et leurs exercices ces jours-là; les bonnes œuvres qu'ils doivent pratiquer, les abus ordinaires qu'ils doivent éviter.

PARAOH \ lll i PR] Mil Et. 309

VI.— Premier point : - Les avantage que l'on retire en ob ervanl reli- ■ ieu leraenl ce précepte. I". On peui réparer, en ce iin1 jour la igenco qu'on a apportée au lervico de Diei durant toute la semaine; prendre une nouvelle ferveur &\ de nouvelles forces pour le mieux servir dans la suite. 2°. < "<• I en ce jours de fêtes ei de dimanches qu'on quitte des devoir de Ba religion, car, tes antres jours, à en juger par nos occupations ei les mouvements qu'on se donne pour les choses de ce monde, à quolle marque peut-on reconnaître un chrétienl 3 ,< i ; particulièromenl en ces jours que nous pouvons plus commodément pratiquer tous les autres préceptes, el la plus grande partie de coni eils de l'Evangile. En un mot, c'esl proprement en ces jours que nous pouvons vivre en parfaits chrétiens.

Second point. — Quel mal on t'ait en violant le précopte qui oblige de sanctifier ces .jours. — 1". On désobéit à Dieu et à l'Eglise, dans la chose qu^ l'un et l'autre nous commandent plus étroitement. Voyez comme Dieu a puni cette désobéissance dans l'ancienne loi. — 2°. On est méconnaissant plus formellement des bienfaits de Dieu, puisqu'il a particulièrement institué ces jours pour nous rappeler le souvenir des biens qu'il nous a faits. — 3°. Outre le scandale qu'on donne, on commet une infinité de péchés d'omission, en négligeant un précepte qui nous donne le moyen de satisfaire aux autres.

VII. — 1°. Le bien temporel ne souffre aucun dommage, pour donner les jours de fêtes entièrement à la piété, au culte et au service de Dieu ; au contraire, nous attirons les bénédictions du Ciel sur nos biens et sur nos affaires temporelles.

2°.Onseprivedufruit spirituel qu'on pourrait retirer deces saints jours, lorsque, pour les célébrer, on se contente de l'appareil extérieur, d'être [dus magnifiquement vêtu, de passer tout le temps en oisiveté, en festins, en parties de divertissements ou en réjouissances profanes.

YIII. — Trois choses empêchent les chrétiens de sanctifier comme ils devraient les dimanches et les fêtes : l'intérêt, le libertinage et l'oisiveté.

1°. L'intérêt, pour lequel la plupart, sous prétexte de pauvreté *ou dans l'appréhension d'y tomber, croient pouvoir travailler..

2°. Le libertinage, par lequel les autres interrompent bien leur travail, mais regardent ces jours comme consacrés à leur divertissement.

3°. L'oisiveté, par laquelle d'autres se persuadent que c'est assez de ne rien faire, sans pratiquer les bonnes œuvres.

IV. — La sanctification du dimanche renferme deux devoirs: un hommage aux opérations adorables de Dieu et aux œuvres admirables de Jésus-Christ, par la pratique des bonnes œuvres ; un hommage à leur repos par la cessation de toutes les œuvres serviles. C'est en ces deux points que consiste la sanctification du dimanche et des fêtes. Or, on change et on corrompt ces deux devoirs : le premier par une oisiveté criminelle, et le second par des actions toutes mondaines, jeux, spectacles, etc.

X. — On peut considérer le jour du dimanche et les fêtes 1°. par rapport à Dieu, et 2°. par rapport aux fidèles.

1°. Par rapport à Dieu, ce sont des jours de grâce, de miséricorde et de bénédictions.

2°. Par rapport aux fidèles, ce sont des jours de piété, de dévotion et de bonnes œuvres, puisqu'ils sont entièrement consacrés à ces saints exercices.

XI. — 1°. Si les dimanches et les fêtes nous marquent le repos du Seigneur, nous devons les sanctifier par le recueillement intérieur, pour réparer les fréquentes dissipations que nous souffrons pendant les autres jours.

2°. Si les dimanches et les fêtes sont les signes de l'alliance que Dieu veut contracter avec nous, nous devons les passer saintement par une application singulière à son service, pour suppléer au défaut des bonnes actions que nous négligeons de faire pendant les autres jours.

XII. — Comme les jours des dimanches et des fêtes ont succédé au jour du sabbat et aux fêtes de l'ancienne loi, et sont maintenant ce qu'ils étaient alors, les jours de notre alliance avec Dieu, il doivent être des iours

1°. D'un plus fidèle attachement à sa foi,

2°. D'une plus édifiante profession de piété.

3°. D'un plus parfait sacrifice de nos personnes.

XI II. — Nous voyons dans l'Ecriture que Dieu a eu particulièrement trois desseins dans l'institution du jour du sabbat, desseins auxquels nous devons nous conformer dans la célébration du dimanche et des fêtes :

PARAGRAPHE D» SU Ml • 8] I

i". h s'e i i. ervé oei joura pour recevoir le culte de bomiri< qualité do maître des tempa e1 de Créateur de ce1 anivi

2°. \ lin <|in- son peuple lui marquât sa recounai anoepourlea aignaléa bienfaits qu'il ;i\;iii reçus de Lui.

3°. l'une distinguer i ou peuple dea autre cations. E< • par

l'observation reli de ces saints jours que les véritable chrétiena

doivenl se distinguer dea autres.

Les Sources.

[lesSS. Pères.] — Origène, Homil. 13 in Num. , parle des moyens de bien célébrer le sabbat des chrétiens, c'est-à-dire le dimanche.

S. Chrysostôme, Homil. 10, in Gènes., rend raison pourquoi Dieu bénit et sanctifia le jour du sabbat. — Serm. de S. Philem. : que l'esprit doit avoir plus do part clans la célébration des fêtes que la pompe et l'appareil extérieur. — Homil. 5, in Resurrect. : du jour du dimanche et des mystères que Dieu a opérés.

S. Grégoire de Nazianze, Orat. 6, parle de la manière dont il faut célébrer les fêtes.

S. Justin , Apol. 2. ad Antonin. , décrit ce que les premiers chrétiens pratiquaient les jours de dimanche.

S. Cyrille d'Alexandrie, Homil. 29 de Pasch. : de la manière dont il faut célébrer les fêtes.

Nicétas, Orat. 38, montre que, dans la célébration de nos fêtes, le luxe, les jeux et les débauches doivent être bannis.

S. Jérôme, 16 in cap. 58 Isaiœ : dans nos jours de fêtes et de dimanches, il faut observer spirituellement ce que les juifs observaient grossièrement et selon la lettre au jour du sabbat. — 13 in -44 Ezech. , « et Sabbat ha mea sanctificabunt » : comment il faut célébrer chrétiennement le sabbat.

S. Augustin, Serm, 26 de Sa7ictis, apprend la manière de célébrer la mémoire des saints martyrs. — Serm. 231 de tempore : manière dont il faut passer les dimanches et les jours de fêtes. — Contra Adimant. 16 : que les Juifs observaient le iour du sabbat, mais que les chrétiens doivent l'observer autrement. — 122 in Joann. : de la sanctification du septième jour. — L. -4 de (lenes. ad. litteram. — Serm. 251 de tempore : pourquoi les

apôtres ont voulu qu'on solennisàt le dimanche au lieu du samedi, et pourquoi il s'appelle le Jour du Seigneur. — Serm. 130 de tempore : éloge du jour du dimanche, et ses avantages sur les autres jours. — 4 de Cènes. 11 : que le jour du sabbat a été donné aux Juifs pour figure de la Résurrection du Sauveur et de son repos éternel. — 3 in Joann. : des abus qui se commettaient au jour du sabbat, et de ceux que commettent les chrétiens aux jours des dimanches et des fêtes. — 22 Civit. 30 : du repos éternel dont nous jouirons dans le ciel, représenté par le jour du sabbat.

S. Léon, Serm. 3 de Quadrag., s'élève contre le luxe et les autres abus qui se sont introduits dans la célébration des fêtes. — Epist. 82, ad Dioscorum, il rapporte les mystères et les miracles que Dieu a opérés au jour du dimanche, ce qui nous oblige à le célébrer avec respect.

S. Isidore , 1 de Eccl. Offic. 24 et 35, rend raison pourquoi on fait les fêtes des apôtres et des martyrs.

S. Pierre Damien, 4 Epist. 10, montre en quoi l'on doit faire consister la célébration des'fètes et du dimanche.

L'Abbé Rupert, 2 m Nakum : de quelle manière il faut observer les jours de fêtes.

S. Bernardin, Serm. 10: des abus qui se sont introduits dans la célébration des fêtes.

[Livres spirituels et autres.] — Catéchisme du Concile de Trente, 3e commandement de Dieu.

S. Caroli Borromsei, Edictum, in Act. Mediol., part. 3.

Joannes Lopez, Epist. SS. Patrum, ni, 2.

Bellarmin, 1. 3, Contr. 0, c. 10.

Franciscus Suarez, De virt. Relig., 1. 2, tract. 2.

Sylvester, Summa, de Die Dominicâ.

Raynerius de Pisis, Panthologia, titulo De festis.

Le P. Thomassin , a fait un traité qui contient un gros volume sur les fêtes de l'Église ; et, au commencement du livre 2 de ce traité, il parle du dimanche.

Hortus Pastorum, tract. 3, lect. 8. de tertio Prœcepto.

[Les Prédicateurs.] — Le P. Le Jeune, Sermon 48 du dimanche. — Sermon 17, fêtes des saints.

La Font, 16° dimanche après la Pentec.

Essais de Sermons pour le Carême, 2e dessein sur le dira, de la Passion,

[Recueils.] — Stapleton, Domin. 10 post. Pentec., n. 4.

Lohner , tit. Sanctorum cultus et festa.

Peraldus, tit. de Superbiâ, a cinq ou six chapitres sur ce sujet.

Summa Prœdicantium. ] rn.x ,

T , ^ > Tit. Festa.

Labatha. j

PARAGRAPHE rROl ii'mi

Passages, Exemples et Applications do l'Écriture.

Requies sabbathi sanctificata est l><i>it/io. Exodl xvi, 23.

Mtmento ut diem sabbathi sanctifiées, [bid, xx, 8.

Benedixit Dominus diei sabbathi. [bid. 'il.

Videte ut sabbathum meumcustodiatis, quia signum est inter me et vos, in generationibus vestris, Ibid. xxxi, 13.

, Custodite sabbathum meum : sanctum est enitn vobis. Qui polluerit illud, morte morietur; qui fecerit in eo opus, peribit anima ilh'us de medio populi sut. Ibid. 14.

Custodiant filii Israël sabbathum, et célèbrent illud in generationibus. Ibid.

Pacium est sempiternum inter me et filios Israël, signumque perpetuum. Ibid.

Septimus dies erit vobis sanctus, sabbathum et requies Domini : qui fecerit in eo opus oecidetur. Ibid. xxxv, 2.

Observa diein sabbathi ut sanctifiées eum, sicut prœcepit tibi Dominas DETisfou£. Deuter. v, 12.

Quœ est hoc res ma/a quam facitis, et profanatis diem sabbathi? \\ Esdrœ. xih, 17.

Neomeniam et sabbathum et festiviiates alias non feram ; iuiqui suât coins vestri ; facta sunt niïhi molesta; laboravi sustinens. Isaia?. i, 13.

Benedixit Deus diei septimo et sanctificavit illum. Gcnes. n, 3.

Sex diebus colligife (manna): in die autan septimo, sabbathum est Domini; idcircà non invenieiur. Exodi xvi, 2t>.

Dies septimus celeberrimus et sanctus erit vobis; omne opus servile non facietis in eo. Numer. xxvm, 25.

Nolite portare pondéra in die sabbathi, et

nolite e/icere onera de domibus vestris in die sabbathi, et omne opus non facietis< Jeii ii!. XVII, 21.

Le Jour du sabbat dont le repo c il consacré au Seigneur.

Souvenez-vous de sanctifier le jour du sabbat.

Le Seigneur a béni le jour du sabbat.

Ayez soin d'observer mou sabbat, parce que c*es1 ta marque que j'ai établie entre moi el vous, et qui doit passer après vousà vos enfants.

Observez mon sabbat, il doit vous être saint. Celui qui l'aura violé sera puni de mort. Si quelqu'un travaille ce jour-là, il périra du milieu de son peuple.

Que les enfants d'Israël observent le sabbat, qu'ils le célèbrent d'âge en âge.

C'est un pacte éternel entre moi et les entants d'Israël, et une marque qui durera toujours.

Le septième jour vous sera saint, étant le sabbat et le repos du Seigneur : celui qui fera quelque travail ce jour-là sera puni de mort.

Observez le jour du sabbat et ayez soin de le sanctifier, selon que le Seigneur votre Dieu vous l'a ordonné.

Quel est ce désordre où vous tombez, et pourquoi profanez-vous le jour du sabbat?

Je ne puis plus souffrir vos nouvelles lunes, vos sabbats et vos autres fêtes : l'iniquité règne dans vos assemblées ; ces cérémonies me sont devenues à charge : je suis las de les souffrir.

Dieu bénit le septième jour et le (il saint.

Recueillez pendant, les six jours la manne : car le septième jour, c'est le sabbat du Seigneur; c'est pourquoi vous n'en trouverez point ce jour-là.

Le septième jour vous sera très-solennel et saint : vous ne ferez point, en ce jour-là, (Fœuvre servile.

Ne portez point de fardeaux le jour du sabbat, n'en faites point sortir hors de vos maisons; ne faites point, en ce jour, d'oeuvres servilcs.

Custodite sabbatha mea et dabo vobisplwvias temporibus suis, et terra gignet germen

suum. Levit. xxvr, 2.

Mémento qubd servieris in Mgypto, et eduxerit te indè Dominus Deus in manu fort/; ideireb prœcepit tibi ut observares diem sabbathi. Dcut. v, 15,

Sabbatha ejus in opprobrium, et (lies festi ejus in luctum conversi sunt. I Mach. i, 11.

^ Beatus vir custodiens sabbathum ne polii ut illud, custodiens mauus suas ne faciat omne maluml Isaiae. lvi, 2.

Calendas vestras et solemnitates odivit anima mea. Isaiae. i, 14.

Gardez mes jours de sabbat. Je vous donnerai les pluies propres à chaque saison ; la terre produira les grains, et les arbres seront remplis de fruits.

Souvenez-vous que vous avez été esclaves en Egypte, et que le Seigneur votre Dieu vous en a tirés par sa main toute-puissante : c'est pourquoi il vous a ordonné d'observer le jour du sabbat.

Ses jours de sabbat sont tombés en sujet d'opprobre, et ses jours de fête se sont changés en pleurs.

Heureux l'homme qui observe le sabbat, qui conserve ses mains pures, et qui s'abstient de faire aucun mal.

Je hais vos solennités des premiers jours du mois et toutes les autres.

EXEMPLES TIRÉS DE L'ANCIEN-TESTAMENT

[Les Fêtes parmi les Juifs.] — Il n'est pas nécessaire de rapporter ici ni l'institution du jour du sabbat dans l'ancienne loi, ni la fin pour laquelle il fut institué, ni combien Dieu en avait à cœur l'exacte observation : tout cela est assez connu. Mais il est bon de savoir que, outre la sanctification de ce jour, il y avait plusieurs autres fêtes et solennités ordonnées par la loi au peuple Juif, parmi lesquelles trois principales, célébrées avec plus d'appareil, en mémoire des bienfaits signalés que ce peuple avait reçus de Dieu à pareils jours. La première était la Pâque, que Moïse avait ordonnée de la part de Dieu pour avoir délivré les Israélites de la captivité et de la servitude de Pharaon, en leur faisant un passage à travers les flots de la mer Rouge. La seconde, la fête de la Pentecôte, célébrée cinquante jours après celle de Pâque, en mémoire de la loi donnée ce jour-là par Moïse, qui l'avait reçue de Dieu. Et la troisième, qu'on appelait la fête des Tabernacles, ou Scenopegia, et qu'on solennisait durant huit jours, pour conserver le souvenir de ce que Dieu avait nourri et défendu par une providence et une protection toutes singulières, dans le désert, les Israélites, qui n'avaient pour logis et pour demeure que des tentes. — Quelques auteurs se sont appliqués à trouver un juste rapport des fêtes que célèbrent aujourd'hui les chrétiens avec celles que Dieu avait ordonnées à son peuple, pour montrer que les nôtres y répondent. Mais il faut se contenter de savoir que le jour du Dimanche a été substitué au samedi pour de justes raisons, et qu'en général les principaux mystères de notre foi tiennent la place des autres jours que les Juifs célébraient avec tant de solennité.

On peut juger de la rigueur avec laquelle on faisait observer le jour du sabbat par ce seul exemple, qui est rapporté au xve chapitre des Nombres,

PARAQBAPM 1 ROIUAMB. -i 1 •~)

d'un homme appare en1 pauvre qui, pour avoir rama é du boi le jour

du sabbat, fui misa morl par Tordre de Dibi . Mol eei Aaron L'avaienl

mis en prison, ne jugeani pa : que, | • une faute li [è en1 le

foire mourir : mail Dm • roulant Imprimer dana l'espril de toul le peuple une orainte religieuse de a puis lance si le respecl qu'on devail par un exemple terrible de sa justice ordonna qu'il l'ut lapidé par toul le peuple : Morte moriatur... Oèruat eum lapidibus otnnit turba, extra cuti m.

|M;iiliathias.| — Le jour du sabbal a toujours été observé religieusement par les Juifs, jusque-là qu'ils'y mêlait souvenl de La superstition ; etquelquefois ils oui port.' oe précepte si loin, qu'attaqués ces jours-là par Leurs ennemis ils n'ont pas voulu se défendre, et se sont laissé massacrer. Témoin ce qui est rapporté au Ier livre des Maeliabées,d'un grandnombre de Juifs conduits par l'illustre Mathathias , qui plutôt que de violer le sabbal en repoussant leurs ennemis, aimèrent mieux se laisser tuer, o Mourons! s'écrièrent-ils; et le ciel et la terre seront témoins de notre obéissance à la loi du Seigneur: Dicentes : Moriamur omnes in simplicitate nosfrd, et testes erunt super nos cœlum et (erra. » Et il est rapporté, dans les mêmes saintes Lettres, que plusieurs autres Juifs, s'étant réfugiés dans ces cavernes, s'y laissèrent tous brûler le jour du sabbat, ne voulant pas travailler pour éteindre les flammes et se délivrer du danger. Exemples admirables sans doute plus qu'imitables, mais au moins capables de confondre la plupart des chrétiens, qui, par un travail sordide, profanent des jours infiniment plus saints que n'était alors le sabbat des Juifs !

EXEMPLES TIRÉS DU NOUVEAU-TESTAMENT

[Superstitions des Juifs.] — Nous n'avons rien de bien remarquable, dans le Nouveau-Testament, sur l'observation du sabbat et des autres fêtes, que les superstitions des Juifs, lesquels, de crainte de le violer, omettaient souvent des œuvres de charité, et se scandalisaient mal à propos de ce que le Sauveur guérissait, ces jours-là, les malades. Souvent même ils se faisaient un point de conscience de faire des choses assez indifférentes, et n'en faisaient point de commettre les plus grands crimes. Comme lorsqu'ils ne voulurent pas entrer dans le prétoire de Pilate, de peur de se souiller par la communication avec les gentils, et ne firent nul scrupule de poursuivre la mort du Fils de Dieu .

[ïlotre-Seigneur.J — Le Fils de Dieu, qui avait protesté qu'il n'était pas

venu pour enfreindre la loi, mais pour l'accomplir, a donné, en toutes les occasions, un rare exemple de l'exacte observation des fêtes qu'elle ordonnait, ne manquant point de se trouver aux cérémonies qui s'y faisaient, afin de les autoriser par sa présence. Mais, pour désabuser les Juifs des superstitions qu'on y avait introduites, il affectait de guérir les malades ces iours-là; et quand les scribes et les pharisiens en prenaient occasion de scandale, il leur faisait entendre que , bien loin que ce fût violer le sabbat que de faire ces jours-là des actions de charité, c'était particulièrement alors qu'on les devait pratiquer, parce qu'on ne pouvait rendre un plus grand service à Dieu.

[La Sle Vierge.] — La Sainte Vierge et S. Joseph ont religieusement observé la Pâque et les autres fêtes de la loi. Nous en devons juger par ce qui est marqué dans l'Evangile, qu'ils restèrent dans Jérusalem durant les sept jours qu'on célébrait la solennité de Pàque, et que, ces jours étant passés, lorsqu'ils s'en retournèrent, l'Enfant Jésus demeura dans la ville, sans qu'ils s'en fussent aperçus : ce qui est un témoignage évident de leur exactitude à obéir à la loi.

La circoncision du Sauveur et la Purification de sa sainte Mère, sont des marques incontestables de leur soumission et de leur obéissance à toutes les autres cérémonies de la loi.

APPLICATIONS DE L'ECRITURE

Mémento utdiem sabbat hi sanctifiées (Exodixx). C'est une remarque qu'ont faite quelques SS. Pères et quelques interprètes, que la sanctification du sabbat est, de tous les préceptes de la loi, celui que Dieu a le plus particulièrement recommandé, et le seul auquel il ait ajouté ces paroles : Mémento, Souvenez-vous. — 1°. Cette parole est mise à la tète de ce commandement pour nous avertir que le culte qui nous est commandé en ce jour, fait partie du culte extérieur de religion que nous devons à Dieu. De quoi il était nécessaire que nous fussions avertis, parce que, encore que la loi naturelle nous apprenne qu'il faut destiner un certain temps à honorer Dieu d'un culte extérieur de religion, elle ne nous prescrit pas néanmoins le temps auquel nous le devons faire. 2°. Nous sommes avertis, par cette parole, de prendre garde qu'il se présentera plusieurs occasions capables de nous faire oublier ce commandement : l'exemple de ceux qui le négligent, l'amour des spectacles et des divertissements, nous détournent facilement du culte saint et religieux de ce jour.

Requies Sabbath.i sanetiftcata est Domino. (Exodi xx.) Chose étrange,

PAKAOH \ in i: TEOII 1 1" mi. :;|7

Chrétions, Diei avail a ujetti l'homme au travail, pour lui I tir 1''

poids (!<• son péché : h il m-ui , u pendre ce même travail afin de le faire rentrer dan a première innocence, il l'avail condamné, dans sa colère, a oultiver la terre à la sueur de son front, ailn de lui faire connaître combien il est dangereux de se soustraire à 1 obéi sance de on mverain Seigneur : et ensuite, par un effet de sa miséricorde, il lui commande de se r< -, le septième jour, après avoir employé les sis autre aux exercia profession.

L'Ecriture même a pris soin de remarquer que la manne étail tombée du ciel pendant six jours, et qu'il n'eu tomba point le septième, parce <|",; c'était liv Bamedi, le jour du repos. La manne commença donc a tomber le dimanche : ce qui était une figure que la grâce du Ciel et la parole de Dieu serait un jour abondamment distribuée à l'Eglise le jour du dimanche, e1 qu'elle Berait ôtée à la Synagogue. C'est Origène qui fiait celte remarque. ffomil. 7 m Exod.)

Non ascendant addietn feslum, etc. (Joan. vu.) Les interprètes sont en peine d'accorder cette parole du Fils de Dieu avec son action, qui semble la contredire. Le Sauveur, étant dans la Galilée, répondit à ceux qui le pressaient d'aller à la fête des Tabernacles, qui se devait célébrer solennellement dans Jérulasem : « Aon ascendam ad diem festum istum: Allez, vous autres, à la solennité: pour moi, je n'y assisterai point. » Or, comme l'Evangile marque expressément qu'après que les autres furent partis pour y aller il y alla aussi, non pas à la vérité publiquement, mais comme en craignant de se montrer et d'y paraître, S. Bernardin, dans un de ses sermons, résout cette difficulté par ce mot de la réponse : Ad diem festum istum. Non, je n'irai point à une fête, sainte dans son institution mais profanée par les abus que vous y avez introduits, et par les débauches et les désordres qui s'y commettent. Et ainsi il n'alla pointa cette fête profanée, mais il s'y rendit pour la célébrer saintement, et avec des sentiments conformes au dessein que Dieu avait eu en l'instituant : ce qu'il fit en secret et sans qu'on y prît garde.

Excogitato consilïo , fecit Jéroboam duos vitulos aureos, et dixit : Nolite ultra ascendere in Jérusalem : ecee dii tui, Israël, qui te eduxerunt de terra sEgypti. (IIIReg. xn.))Salomon, comme tout le monde sait, avait fait bâtir à Jérusalem un temple magnifique, afin que tous ceux qui adoraient le vrai Dieu vinssent de tous les pays y rendre leur culte au Seigneur, aux jours de fêtes ordonnées par la loi de Moïse. De manière que, dans ces jours solennels, il s'y faisait un concours prodigieux de peuple. Mais, après la mort de ce prince, son royaume ayant été partagé, Jéroboam fut déclaré roi des dix tribus démembrées des Etats de Roboam, fils et successeur de Salomon. Que fit ce Jéroboam pour affermir son trône chancelant, et pour maintenir le peuple dans son obéissance? 11 s'avisa d'élever autel contre

autel, et de faire faire deux idoles, de les mettre en deux villes différentes , et d'obliger ses suiets de les venir adorer, de crainte que, s'ils allaient à Jérusalem rendre leur culte au vrai Dieu, ils n'eussent envie de retourner sous la puissance du roi de Juda. Voilà une naïve figure de ce qui arrive aujourd'hui dans les fêtes et dans les jours destinés au culte de Dieu, et à entretenir la piété des chrétiens. Pendant que les fidèles vont aux églises s'acquitter de leurs devoirs et rendre leurs hommages au Seigneur, le démon, qui veut partager l'empire du vrai Dieu, érige des académies de jeu et de débauches, afin de faire diversion et d'empêcher le culte du Seigneur. Il fait qu'on ne songe qu'aux divertissements, et qu'on sacrifie à l'idole du plaisir et de la vanité : et ainsi l'on fait de ces fêtes de dévotion et de piété des fêtes de divertissements et de débauches.

Calenda.s vestras et solemnitates odivit anima inea. (Isaiœ i.) Il y aurait raison de s'étonner que Dieu, qui avait ordonné à son peuple de sanctifier le jour du sabbat et de célébrer les autres fêtes avec tant de solennité, lui ait fait ensuite savoir par le Prophète Isaie qu'il avait en horreur ses premiers jours du mois et ses autres jours de fêtes. Mais il est aisé de répondre que, quand ces fêtes se sont célébrées en son honneur, et qu'on n'y a cherché que son culte et sa gloire, ces fêtes lui ont été infiniment agréables; il y a attaché ses bénédictions et ses faveurs; mais quand ce même peuple a pris de-là occasion de le déshonorer par des profanations sacrilèges, il n'en a plus eu que de l'aversion et de l'horreur. C'est ce que l'on peut dire aujourd'hui de nos fêtes : elles sont saintes en elles-mêmes et instituées pour de bonnes fins ; mais, comme la corruption des choses les meilleures est la pire de toutes, il n'y a rien de plus abominable que la profanation que l'on fait de ces saints jours.

Pensées et Passages des SS. Pères.

Dominica aies regina et princeps omnium Le saint jour du dimanche est le premier dierurn. Ignatius Martyr, Epist. ad Magne- et le plus considérable de tous les jours, sianos.

Dominico die, à terreau labore cessandum Le jour du dimanche, on doit interrompre et precibus insistendum est, id,siquid negli- son travail ordinaire et vaquer plus instamgentiœ per sex dies agitur, per diem resurrec- ment à la prière, afin que ce qu'on a comtionis dominicœ, precibus expietur. Greg. n, mis par sa négligence durant les six jours Epist. 3. de la semaine, on l'expie par les prières de

ce jour consacré à la mémoire de la résurrection du Seigneur.

l'AH VGH \ III i: u\ ■■ mil ME.

Diei dominiez tanta débet esse observan-

lui, i<t prir/rr orationes et Wissai'um "I m mu, mini iiiimi fini, vi Cono. œcumeni-

iiim.

Vtinhisdiebus, n/i ornni negotio sequi h, soli divino lu/lu/ vacemus, \u.-u t. Serm. ..''.o do Temp.

Prteponitur sabbathu <h<^ dotninicus, flde resurrectionis. ld. Eplst. 1S ad CaBulanum.

Domini resurrectio promisit nobis sternum tthiii, ri consecravit nobis dominicum diem, </ni vocatur dotninicus : nînu ipse vtdetur propriè "</ Dominum pertinere, quia eo die Dotninus resurrexit. August. Serm. l-> de \ erb. Apoat.

Populus christianus memorias martyrum religiosû solemnitate concélébrât, ad excilandam imitationem, ni meritis eorum consocietur , atque orationibus adjuvetur. [dem contra Faustum 21.

Solemnitates martyrum exhortationes sunt martyriorum , "/ imitari tum pigeai quod celebrare détectât. August. Scrm. 47 de Sanotis.

Meliùs tnlù die foderent quàm totâ (Se saltarent in festis. Id. in Ps. 32.

Malè célébrât sabbathum qui à bonis operibus vacnt; otium autem ab iniquitate débet esse perpetuum. Augustin. De verâ innoc.

Verum sabbathum christianus observât abstinens se ab opère servih, id est à peccato. Ibid. 321.

Nihil sollicitihs providendum est quàm >d solemnem diém non tàm dborum abundantiâ quàm spiritûs exultatione celebremus. Hieronym. in Epist.

Quod sabbathum non otii sed spiritualis nctionis materia sit, diluciduru est ex ipsis rébus. Chrysost. Serin. 1 de Lazare-.

Martyrum festa non ex dierum circuitu solkm, sed etiam ex eorum animo quiea célébrant, œstimantur. Idem.

Festa non multitudo conçurrentium facere solet, sed virtus ; non sumptuosus vestitus, sed pietatis ornatus; non mensœ dapsilitas sed cura animas : maximum enim fesiumest conscientia bona. Chrysost. Homil. 3 de S. Anna.

Consecrafum est Deo sabbathum, ut qui non omnem vitam Deo consecrabant, saltem exiguam illius partem Domino velut ingrati

( in doli ni, erv< i u emenl le jour

«lu dimanche, qu'on ne vaque a autre cho e qu .i la prière el au aacrlfloe '!<• [a m<

.Min que, cea jour de fl :

do toute autre affaire, ttou d ayon i d'autre

qi e '!■■ i" n i r au aen Ice de Diei b( 1 lui rendre le culte que nous lui d<

C me de la fol de la résurrection

uveur qu'on préfère le jour dn dimanche ;iu jour 'lu sabbat,

La résurrection du Seigneur noua a g un jour éternel de repos, el a sanctifié le -lu dimanche, appelé pour cela Joui' du Seigneur, pour lui être particulièrement consacré, parce qu'il est ressuscité ce jourla,

I.'- peuple chrétien célèbre la mémoire des martyrs par des fêtes solennelles, afin de itéra les imiter, pour avoir part à leurs tesel implorer le Becoursde leurs prières.

Les solennités en l'honneur des martyrs sont autant d'exhortations à Bouffrir le martyre, afin qu'on m' craigne point d'imiter ce qu'on révère avec tant de joie.

On ferait moins de mal à labourer la terre, qu'a passer ces jours saints en danses et en réjouissances profanes.

Celui-là observe mal le jour du repos du Seigneur, qui s'abstient de bonnes œuvres : cor, quant aux mauvaises, c'est toujours qu'il faut s'en abstenir.

Le chrétien observe le véritable jour du sabbat en s'abstenant du péché, qui est l'œuvre servile par excellence.

Nous ne devons avoir rien de plus à cœur que de célébrer les jours de fêtes, non par des festins et par la bonne chère, mais par' une joie spirituelle et une sainte allégresse.

Il est évident, par la chose même, que le jour du sabbat ne doit pas être un sujet ni un prétexte d'oisiveté, mais un motif pour vaquer aux fonctions et aux œuvres spirituelles.

On considère les fêtes des martyrs nonseulement par les jours qui leur sont dédiés et qui reviennent toutes les années, mais par la dévotion de ceux qui les solennisent.

Ce n'est pas le concours du monde qui rend les fêtes solennelles, mais la dévotion et la pratique des vertus ; ce n'est point non plus la somptuosité des habits, mais l'ornement de la piété ; ni les tables chargées de mets, mais le soin de parer l'âme : car la bonne conscience est elle seule une grande fête.

Le jour du sabbat, auquel a succédé le dimanche, fut consacré à Dieu, afin que ceux dont toute la vie n'était pas employée

famuli largirentur. Joann.-Dainasc. iv de Pidc 21.

Illn sabbathum Domini veraciter célébrât ri>n' sic ab his quee mundi sunt operibus vacal, ut à spiritualibus tamen actibus non quiescat. Pctr. Damlani iv Epist. 16.

Diem dominicain bb venerabilem resu, ret tionem Ckristi non solum in Paschâ célébramus, verùm eliam per singulas hebdomadas imaginem ipsius Dei frequentamus. Innoc.

Papa. Epist. i ad Décent. 4.

au culte divin y employassent du moins une partie, comme des serviteurs assez peu reconnaissants des Liens qu'ils avaient reçus.

Celui-là célèbre véritablement le jour du repos du Seigneur, qui s'abstient tellement des affaires du monde et du travail corporel, qu'il se donne tout entier aux œuvres spirituelles et aux actions de la piété.

Nous célébrons le jour du dimanche à cause de la résurrection du Sauveur, pour laquelle nous devons avoir toute la vénération imaginable : et cela non-seulement dans la solennité de Pâques, mais encore toutes les semaines, pour conserver le souvenir du jour qui le représente.

Ce qu'on peut tirer de la Théologie.

[Le dimanche.] — Le dimanche est le premier jour de la semaine, qui doit être consacré au culte et au service de Dieu. Les Juifs solennisaient le septième jour, en mémoire de la création du monde, parce que Dieu, après y avoir employé six jours, se reposa le septième; et nous célébrons le premier par l'institution des Apôtres, parce qu'il nous représente la même création qui fut commencée en ce jour, et qu'il signifie plusieurs mystères de la religion qui y ont été accomplis, et principalement la naissance d Jésus-Christ, sa résurrection et la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres : mystères d'où dépend l'accomplissement de notre salut.

[Les fêtes.] — Comme les Apôtres et l'Eglise, fondés sur le droit naturel et.divin, ont déterminé le dimanche pour reconnaître la grandeur et la souveraineté de Dieu, et pour le remercier de toutes les grâces et les bienfaits qu'on reçoit continuellement de sa divine bonté, les mêmes Apôtres ont institué quelques-unes de nos fêtes en mémoire de quelques-uns des célèbres mystères, et l'Eglise a commandé les autres comme ayant reçu ce pouvoir du Fils de Dieu, et la fin qu'elle s'est proposée dans cette institution a été de glorifier Dieu, dans ses saints, de les honorer comme ses

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boutes les nécessitée de I Egli e. Or, quelque différence qu'il p y avoir entre la fin de l'institution du dimanche <■' dea fêtes, anciennes on nouvelles, i e sainti |oura emportenl l'obligation de Lee observer de la manière dont l'Eglise le prescrit : au île a t-elle compris ous un même commandement, qu'on ne peul violer sans péché. !»■■ sorte que tout ce que nous dirons du Dimanche, nous devons, pour let mém< , le dire

dea fêtes.

[Nature do cette loi.] — 11 y a cette différence entre ce précepte, et Lee au1 de la Loi, que tous Les autres aont naturels dans toutes leurs partit par .'mus,'. [neuf perpétuels, sans pouvoir être changés en quoique cepuisse être : au lieu que celui-ci esi cérémonial, quant k la détermination «lu temps qu'on doit employer à servir le Seigneur. En effet, lu loi de la nature nous enseigne bien qu'il faut donner au service du souverain Seigneur quelque temps particulier: aussi voyons-nous que toutes les nations l'ont pratiqué: mais quel doit être ce temps, que ce soit plutôt le dimanche que le samedi, elle ne l'apprend point: cela dépend de l'institution de Dieu ou de l'Eglise, comme une chose qui regarde le règlement des mœurs. C'est pourquoi les Apôtres ont consacré au culte de Dieu le premier des sept jours qui composent la semaine, et l'ont appelé le jour du Seigneur. S. Jean parle de ce jour dans son Apocalypse, et l'apôtre S. Paul ordonne de recueillir les aumônes des fidèles le premier jour de la semaine, qui est le jour du dimanche, comme l'explique S. Chrysostôme. Ce qui montre que, dès le temps des Apôtres, le jour du dimanche était regardé dans l'Eglise, comme saint et consacré au culte de Dieu.

Sanctifier le sabbat ( nous devons en dire autant du dimanche), selon le langage de l'Ecriture, c'est s'abstenir do tout travail du corps et de toute affaire temporelle, comme les paroles suivantes de ce commandement le font voir manifestement: «Vous ne ferez aucun travail en ce jour. » Et non-seulement cette sanctification emporte la cessation du travail, car autrement, il eût suffi dédire dans leDeutéronome : Observez le jour du sabbat; mais, comme il est dit de plus, au même lieu, pour le sanctifier, cela montre que ce jour est un jour saint et consacré à la religion, et par conséquent qui doit être employa au culte de Dieu et aux exercices de piété. Ainsi, nous sanctifions et nous gardons véritablement le jour du sabbat lorsque nous nous acquittons envers Dieu des devoirs de religion et de piété que nous sommes obligés de lui rendre. C'est ce qui fait qu'Isaïe appelle le sabbat un jour de joie, parce qu'en effet les jours de fêtes sont, pour ainsi dire, les délices des personnes de piété.

[ Œuvres défendues. ] — Par les œuvres serviles, on entend celles qui ont seulement pour fin un gain particulier et temporel, et ce sont proprement t. m. 21

celles qui sont défendues. D'où il s'ensuit — 1°. Que celles qui ont la religion pour fin, comme orner les temples et parer les autels, ne sont pas comprises dans la défense. — 2°. Que celles qui sont nécessaires pour la conservation de sa vie ou de celle du prochain, ou pour la république et l'Etat, comme repousser les ennemis communs, ne le sont pas non plus. — 3°. Que les spirituelles, comme étudier, composer des livres, pourvu que ces actions ne soient pas mauvaises d'elles-mêmes et qu'on n'ait pas le gain pour but principal, le sont aussi peu. — 4°. Que celles, enfin, qui sont nécessaires pour éviter une perte ou une incommodité notable, comme ramasser la moisson de crainte qu'elle ne se gâte par le mauvais temps, et d'autres semblables, ne sont pas illicites, parce que, quoiqu'il y ait quelque profit temporel en telles occasions, ce n'est pas cependant le principal but qu'on s'y propose, et elles ne passent point pour serviles.

[Obligation.] — Il faut remarquer que la sanctification de ces jours est fondée sur deux préceptes, l'un de Dieu, l'autre de l'Eglise. S'abstenir de toute œuvre servile et assister au saint sacrifice de la Messe est ce qui est précisément commandé par ce précepte. Mais, outre cela, le commandement de Dieu oblige non-seulement de s'abstenir des œuvres serviles, mais encore de vaquer au service de Dieu, et conséquem'ment de s'abstenir de tout ce qui en détourne. Ainsi, pour solenniser les dimanches et les fêtes de la manière que le doit faire un chétien, il faut passer ces jours en de saintes actions, comme assister au service divin , entendre la parole de Dieu, fréquenter les sacrements, exercer les œuvres de charité, chacun selon sa dévotion et sa commodité. Ainsi, il y a grand sujet de douter si une personne qui se contente d'entendre la messe à la hâte, et puis passe le reste du jour au jeu ou en d'autres divertissements, ou en vaines et mondaines occupations, aurait satisfait au commandement que Dieu fait de sanctifier ces jours-là.

Sanctifier les fêtes, selon la doctrine de S. Thomas, c'est séparer ces jours d'avec les autres, pour les appliquer aux actes de religion, les employer au service de Dieu et à la reconnaissance de ses bienfaits (22, qusest. 122, art. -i. ) Illa enim dicuntur sancti/icationes in Lege quœ divino cultui applicantur. S. Cyrille d'Alexandrie assure que, pour sanctifier le dimanche, nous devons principalement parer et orner notre intérieur, afin de nous présenter purs et nets à Jésus-Christ, après avoir lavé les taches de notre âme. S. Augustin met, entre les obligations de ces jours, celle de s'abstenir de tout péché, comme d'une œuvre qui est non-seulement servile, mais qui nous asservit encore au démon. Ce qui a donné sujet à quelques théologiens d'avancer que celui qui commet un péché mortel le dimanche, par exemple qui s'enivre, commet un double péché : le premier parce qu'il viole la tempérance, et le second parce qu'il la viole en un jour spécialement affecté au culte de Dieu; de sorte que, en s'accusant de ce péché, il ne doit pas omettre dans sa confession cette cir-

PAR tQRAPHH CINQUIÈME. 323

oonstance aggravante. Toui ne son! pu de ce sentiment, qui est fondé sur la comparaison d'un péché commis dani an lieu saint, lequel par-là est profané : quoiqu'ils avouent que cette circon tance du temp le péché, mais non ps jusqu'au poinl d'en faire un troisième péché mortel, parceque oette augmentation de péché n'esi qu'à cause de la sainteté du jour, laquelle n'est pas la fin de la fête, sa Un étant leulemenl d'hoaorer Dieu ou ses saints. Et, pour ce qui es1 de la comparaison du péché commis dans une église, ce n'est pas tout-a-fait de même parce qu'il n'y en a presque poinl qui ne 7iole directement le respect commandé dans un lieu saint.

[ Prérogatives du di manche.] — Ce n'est pas dans la seule cessation des œuvres Berviles que l'Eglise feit consister la sainteté du dimanche: elle a encore établi, pour rendre la solennité de ce jour plus grande, diverses pratiques, soit pour en relever la sainteté, soit pour le distinguer de tous les autres jours de l'année par les marques d'une réjouissance spirituelle. C'est dans cette vue qu'elle a ordonné qu'on ne ferait pas les prières publiques à genoux comme aux autres jours, qu'on ne jeûnerait point, et que l'on suspendrait les autres exercices extérieurs de pénitence. On peut y rapporter aussi les Agapes, ou festins de charité, qui se faisaient principalement les dimanches, à l'issue des assemblées des fidèles parmi les chrétiens de la primitive Eglise, où l'on permettait une joie modeste : mais l'abus qui se glissa depuis dans ces agapes en fit retrancher l'usage partout, dès le quatrième siècle.

(liaison du précepte.] — On pourrait demander pourquoi, dans le Décalogue, qui commande la sanctification du jour du Sabbat, il n'est fait mention que du temps auquel on doit rendre à Dieu le culte qui lui est dû. La raison que les Pères et les interprètes en donnent est qu'on ne peut pas s'en acquitter de la même manière en tout temps : de même qu'on ne peut pas, à chaque moment, prendre son sommeil et la réfection du corps, parce qu'il y aune infinité d'autres besoins, dans la vie humaine, auxquels la nature et l'ordre de la Providence nous ont assujettis. Ainsi, pour ne pas manquer à ce devoir, qui doit être le premier, de crainte que les autres moins importants ne le fissent négliger ou entièrement oublier, il a fallu, pour y satisfaire, non-seulement marquer et déterminer un temps, mais encore le recommander et en réitérer souvent le précepte, comme l'Ecriture fait en tant d'endroits.

Endroits choisis des Livres spirituels et des Prédicateurs.

\ Signification du sabbat. ] — Le sabbat était un signe qui marquait que les hommes devaient se consacrer à Dieu, et paraître devant lui purs et saints : — 1°. Puisque ce jour lui était consacré, et qu'un jour n'est saint que parce que les hommes sont particulièrement obligés d'y faire des actions de sainteté et de religion. — 2°. Il était un signe et comme un monument éternel de la création admirable de tout l'univers. — 3°. C'était un signe aux Israélites et à leur postérité, pour les faire ressouvenir qu'ils avaient été délivrés du rude joug de la servitude d'Egypte, par le secours de Dieu, comme il le témoigne lui-même par ces paroles : Sou venez- cou s que vous avez servi en Egypte, et que le Seigneur votre Dieu vous en a retires pur l'effet de sa main toute-puissante et par la force de son bras, et que, pour ce sujet, il vous a commandé de garder le jour du sabbat. — 4°. Il était la figure du sabbat spirituel et du repos sacré où les fidèles se trouvent lorsque, ayant enseveli le vieil homme pour vivre à Jésus-Christ, ils ressuscitent à une nouvelle vie, et s'appliquent avec soin à des actions conformes à la piété chrétienne. [Catéchisme du Concile de Trente).

Il est juste et bien raisonnable qu'il y ait de certains jours qui soient employés entièrement au service de Dieu, et où ils puissent l'honorer comme leur souverain Seigneur, dont ils ont reçu des bienfaits infinis. En effet, si Dieu nous avait commandé d'employer tous les jours de notre vie au culte que nous lui devons, ne devrions-nous pas faire tous nos efforts pour obéirponctuellement et avec joie, àce commandement, parla seule vue des bienfaits infinis que nous avons reçus et que nous recevons continuellement de sa bonté? Avec quelle apparence pourrions-nous donc, maintenant qu'il n'a destiné à son culte que très-peu de jours, être négligents à nous acquitter d'un devoir si juste et si nécessaire? Le pourrions-nous faire sans nous rendre coupables d'un grand crime? Ceux qui négligent entièrement de garder ce précepte, comme ils désobéissent en cela à Dieu et à l'Eglise, deviennent par ce mépris ennemis de Dieu et réfractaires à ses commandements, d'autant plus que celui-ci est tel qu'on peut le garder sans grande peine. Car, loin qu'il nous ordonne rien de pénible, il nous demande de demeurer en repos, et d'abandonner le soin des choses

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de h terre, pour ne vaquer qu'à celle du ciel et de notre salut, Peut-on dono, sans B6 rendre ooupable d'une in olen e, ol d'une témérité tr< punissablo, no se pas soumettre à un tel commandement '. (Catéchisme du ('uni-, de Trente .

[Stncuticalion do dimanche.] — Le dimanche a succédé au sabbat. Il nous est défendu, dans ce sainl jour, de faire aucune œu^ ne sen ile, el nous sommes obligés d'assister aux divine offices. Après avoir passé six jours dans le tumulte des affaires séculières , nV.-.i-ii pas bien juste d'en prendre un pourse recueillir e1 pour vaquer aux choses spirituelles 1 Vous travaillerez durant six jours, ilit le Seigneur, et ri>n.< ferez, dans ces six joursjout ce '/>/<■ vous avez à faire ; mais h' septième jour est le jour du repos consacré nu Seigneur votre Dieu. Pour célébrer ces saints jours d'une manière convenable, nous devons nous occuper entièrement à éviter le mal e1 à faire le bien. Il esl vrai qu'il n'y a point de temps où il nous soh permis de faire le mal, et où nous ne soyons obligés de faire le bien, mais il est vrai aussi que nous avons des obligations particulières, dans certains jours, d'éviter l'un avec plus do soin ; et de faire l'autre avec plus de zèle. Hélas ! qui le croirait si on no le voyait de ses yeux? les chrétiens, aussi grossiers que les Juifs, s'imaginent satisfaire au précepte de garder les dimanches et les fêtes en s'abstenant d'un travail manuel, comme s'il s'agissait seulement d'une police extérieure, ou de donner quelque relâche au corps, et qu'il ne fût pas question de recueillir et de fortifier l'àme, qui a pu être dissipée et affaiblie par les sollicitudes des affaires du siècle ! Cela est si vrai, que les personnes dont la profession est de travailler plus d'esprit que du corps, et que ceux qui n'en ont point d'autre que déjouer et de se divertir, ne distinguent point les fêtes des autres jours, et croient n'avoir rien à se reprocher s'ils ont entendu une messe à la hâte, avec un esprit rempli d'affaires ou un cœur occupé de passion. Nous pouvons même avancer que, généralement parlant, ce sont les jours de dimanches et de fêtes où l'on fait plus de mal : ce qui faisait dire à S. Chrysostôme que le sahhat, qui avait été institué pour nettoyer les âmes des crimes commis pendant la semaine, était le jour où l'on en commettait de plus grands.

Comment s'acquitte-t-on de ce précepte ? Au lieu d'expier , le dimanche, les péchés de la semaine, on peut dire, principalement pour toutes les personnes d'une profession mercenaire, que c'est le jour où elles en commettent le plus. On cherche à le passer dans la débauche, et à se livrer entièrement à une ioie profane. Le Seigneur pourrait donc nous dire aujourd'hui ce qu'il disait autrefois aux Juifs par la bouche du prophète lsaïe: « Je hais vos solennités des premiers jours du mois et toutes vos autres fêtes; elles me sont devenues à charge ; je suis las de les souffrir : Calendas vesiras et solemnitatesvestrasodivit anima mea; farta sunt mihi molesta; laboravi sustinens. Remarquez ces paroles, Solemnîtates vestras; comme si le Seigneur disait: a Vous avez fait de mes fêtes les vôtres, etdes jours qui devaient

être consacrés à ma gloire des jours que vous dévouez à vos passions : Solemnitates vestras odi vit anima mea. (Monmorel, 16e Dim. ap. la Peut.)

[Dieu a choisi ce jour.] — Les SS. Pères ont remarqué que le Seigneur a toujours choisi le saint jour du dimanche pour communiquer ses plus grandes faveurs aux hommes ; Innumeris benedictionibus diem dominicain sanctificavit, dit S. Grégoire-le-Grand. Ce fut le dimanche, c'est-à-dire le premier jour de la semaine , que la manne commença à tomber pour la nourriture des Israélites. Sur quoi Origène fait cette belle réflexion, et dit que c'est en ce jour que Dieu veut nourrir ses enfants de la sainte Eucharistie, signifiée parla manne : jàm tune ostensum die dominied panem cœlestem esse manducandum. Ce fut aussi le dimanche, c'est-à-dire au jour qui y répond, que Jésus-Christ fit dans le désert cette merveilleuse multiplication des pains dont il nourrit une grande multitude d'hommes. Ce fut ce même jour qu'il prit pour sa résurrection, qui est le gage de la résurrection de tous les hommes. Ce fut enfin en ce jour que Dieu fit descendre son divin Esprit sur l'Eglise, et qu'il lui communiqua la plénitude de ses grâces. Ne doit-on donc pas dire, avec S.Bernard, que ce saint iour est un jour de rémission, de réjouissance et de grâce : Dies remissionis, dies exultationis, diesjubilœi.

Le Seigneur avait donné le jour du sabbat aux Juifs pour être le gage de l'alliance et de l'union qu'il voulait avoir avec eux: Videte ut sabbathurn meum custodiatis, quia signum est inter me et vos. Si cela est, on doit conclure que, le dimanche étant dans la loi nouvelle ce que le sabbat était dans l'ancienne, il est encore la marque d'une plus étroite alliance, et qu'il doit être pour nous la source de toutes sortes de grâces et de bénédictions : car c'est en ce jour, heureux pour les chrétiens, que Dieu leur présente ce qu'il a de plus excellent et de plus précieux : sa divine parole , sa sainte grâce, son corps sacré dans l'adorable Eucharistie. Mais quelle est notre ingratitude ! Plus le Seigneur nous offre de grâces en ce saint jour, moins nous les recevons. Nous laissons perdre sa sainte parole sans vouloir l'entendre, bien loin d'en profiter ; nous méprisons la grâce, et le pardon qu'il nous offre dans le sacrement de Pénitence, en ne voulant pas nous en approcher, en ce jour particulièrement destiné àla rémission de nos péchés, et nous ne voulons pas nous nourrir du corps et du sang de Jésus-Christ, en nous éloignant de la sainte table. Ah ! si Dieu avait fait la même grâce aux païens et aux idolâtres, ils n'en useraient pas peut-être comme les chrétiens.

Il est évident que les chrétiens offensent Dieu lorsqu'ils s'adonnent au travail du corps, pour un gain temporel, le jour du dimanche, parce qu'ils profanent un jour saint que Dieu s'est réservé, et privent le Seigneur du culte et de l'adoration qui lui est due. Ils sont néanmoins beaucoup plus criminels lorsqu'ils le passent dans le péché, non pas qu'il soit permis de pécher les autres jours, mais parce que les péchés commis en

PARA'.!! AI'!! I HXIBMB.

anjour failli en sonl plus énormes. Car, li lei i"' ohrétiem

beaucoup plus griefs devant Dibi que ceux de infidèles, par cette

in qi i sont des péi tU de chrétiens, qui doute que la sainteté de

jours auxquels Ils les commettent d ,\ ajoute encore une nouvelle énormité? C'est à vous que je parle, libertins qui passez une partie des dimanches i't des fêtes à jouer e1 à fous divertir aux com

i vous, femmes mondaines, qui destinez c irtiei

de bal et de promenade, qui les regardez comme plus commodes que les autres pour faire paraître votre orgueil e1 votre vanité avec plus de (l:ilc; rY.st à \ ous, art is:ins débauchés, qui1 z un scrupule de vaquer

;i votre travail ordinaire en ce saini jour, et qui vous faites une espèce de devoir et de coutume de fréquenter les jeux et les cabarets et de vous enivrer, dans un tempsque voua êtes obligés d'employer au culte divin ; :'i vous, dis-je, que je parle, ou plutotc'esl à vousque Dibu parle lui-même quand il dit : » Je hais e1 j'ai rejeté loin de moi vos fêtes ; je ne recevrai plus l'odeur des victimes que vous m'offrez dans vos assemblées. Odi, et projeci festivitates vestra&, et non capiam odorem cœtuum vestromm.

Pour ce qui regarde le travail des mains, il n'est pas mauvais de soi-même, el ce n'esl pas pour le condamner que Dieu le défend dans les jours qui lui sont consacrés; ce n'est pas, aussi, qu'il approuve la paresse et l'oisiveté , qui d'elle-même est un grand mal ; mais c'est afin qu'un exercice indifférent, ou une occupation qui est bonne en elle-même, cède pour un peu de temps à une autre meilleure et plus excellente, pour laquelle l'hommeprincipalementaété créé; qui est de connaître Dieu, de l'adorer, de le servir et de l'aimer sur toutes choses. Voilà la fin de la loi divine. Vous travaillerez six jours de la semaine, et durant ce temps vous ferez vos ouvrages et pourvoirez à vos besoins ; mais le septième jour est le repos du Seigneur, et vous quitterez tout pour lui rendre vos hommages et vos adorations. (Le même.)

Quant à la manière dont nous devons honorer DiEuau jour du dimanche, nous n'avons qu'à considérer le règlement qui nous vient de la tradition immémoriale, et qui nous est marqué dans les canons de l'Eglise. Les premiers fidèles s'assemblaient en ce saint jour pour prier, pour écouter la divine parole, pour participer au saint sacrifice du corps et du sang du Sauveur par la sainte communion, et pour chanter les louanges de Dieu jour et nuit, et le dimanche était si sacré, comme nous l'apprenons de S. Augustin, que la plupart assistaient à matines qui se disaient la nuit, et à tout l'office. Plût au ciel que nous nous réglassions sur la vie de ces premiers chrétiens ! nous n'attirerions pas sur nous la colère de Dieu, comme nous faisons par notre indévotion, qui fait que nous faisons des dimanches des jours de péché. {Essais de Sermons.)

[Les fêtes.] — Souvenez-vous, Chrétiens, que les saints, dont vous profanez les fêtes, seront un jour vos juges. Ah ! que leur répondrez-voas

lorsqu'ils vous reprocheront qu'au lieu d'imiter leurs vertus vous vous êtes plongés en toutes sortes de vices, et qu'en honorant leur mémoire en apparence vous les avez en effet déshonorés? Le Seigneur ne s'est que trop déclaré, qu'il punirait dans toute la juste fureur de sa colère ces fêtes profanes que l'on a malheureusement fait succéder aux fêtes chrétiennes. « Je ne souffrirai point, dit-il par le prophète Isaïe, vos fétes infâmes et vos asscmhlées criminelles, et toutes vos solennités me font horreur. » (Les mêmes.)

Origène nous a fait comprendre que c'est par une charitable condescendance pour les faibles que l'Eglise a fixé des fêtes particulières à certains jours réglés, afin que ceux qui n'auraient pas assez de ferveur pour occuper continuellement leur esprit et leur cœur des mystères de Jésus-Christ et des perfections divines, pussent se renouveler de temps en temps, et rallumer en eux le feu de la charité, qui serait enfin étouffé par la foule des affaires et des embarras de ce monde. Mais ce qui est accordé à la complaisance et à la charité pour les faibles ne doit pas servir à entretenir leur négligence. Ces âmes faibles et charnelles doivent faire toujours de nouveaux efforts ou pour se débarrasser de tous ces amusements qui les attachent au monde , ou pour détacher leur cœur et leur affection des biens, des dignités et des affaires qu'ils ne peuvent ou qu'ils ne veulent pas abandonner, afin que, pendant que leur corps s'en occupera, leur esprit puisse acquérir cette sainte liberté de s'occuper de Dieu, des mystères de Jésus-Christ, de l'amour des vertus, et d'un désir ardent et continuel de la vie éternelle.

S. Jérôme dit qu'on ne peut accuser les chrétiens de judaïser et d'être assujettis aux mêmes observances des temps, des mois et des jours, quoiqu'ils célèbrent un jour de repos dans chaque semaine, la Pàque, la Pentecôte et les fêtes des martyrs. La raison en est que non-seulement la résurrection de Jésus-Christ et la descente du Saint-Esprit sont des objets bien différents de ceux que la Synagogue se propose à sa Pâqueet à sa Pentecôte, mais aussi parce que les mystères adorables qui nous occupent pendant nos pâques et nos autres fêtes sont des mystères éternels, qui ne sont pas limités à un jour ou à un mois, mais qui ont la même excellence, la même vertu, la même sainteté et la même abondance de grâces, tous les mois, tous les jours et tous les moments de l'année. Il n'y a point de iour dans l'année, si nous voulons, que Jésus-Christ ne meure pour nous et ne ressuscite en nous; il n'y a point de moment où il ne se fasse sur nous une nouvelle effusion de son Esprit, si nous sommes disposés aie recevoir. Il est vrai que tous les fidèles n'ont pas acquis ce haut degré de perfection et de charité, en sorte que nos divins mystères leur soient toujours également présents et également efficaces. Aussi est-ce pour ces faibles qu'on a institué des fêtes particulières, afin qu'ils puissent y acquérir une nouvelle vigueur, en se débarrassant, au moins pour un peu de temps, des affaires du monde.

PAB VQR \l'lli: BIXIEME.

i.i" même s. Jérôme i rainl pa ; de dire que le ; jour d b embl '

de fêtes n'onl rien de plus grand qae le autre ,mai qu'il a été nécessaire

de distinguer et d'ordonner oes jours d'assemblées dans loi églises, afin

aouvelerej d'enflammer davantage la charité des fidèles envers Dieu,

bb le présen luquel ils s'assemblent, et envers leun frères avec lesquels

ils s'assemblent. Ou pourrail dire, dans le même leni ,que les heures d'un jour de fôte a'onl rien en elles-mêmes de plus saint les unes que les autres, parce qu'elles composent toutes ensemble on jour de fôte ; mais il a été nécessaire d\ faire qnelque distinction, e1 d'en affecter quelques-uni servioe divin- ei aux parties diverses de l'office canonial, afin que la ferveur de ces heures plus saintement employées se répandît sur les autn parfumai en quelque manière tout le reste de la journée. Les fêtes particulières de l'année oni le même rapport h cotte fête universelle et continuelle que 1rs justes tâchent <lc célébrer pendant toute leur vie, que les heures du service divin ont à toute la journée <\<>* tètes particulières. Tout y est, on un sens, également consacré à Dieu comme venant de lui;, et devant retournera lui: mais, la flamme de la charité et l'application du cœur à la prière ne pouvant pas toujours y être également vive, il a fallu destiner quelques jours et quelques heures, et dans chaque heure même il y faut choisir quelques moments pour la renouveler (Thomassin, Traité des Fêtes.)

[Quelques divertissements sont permis.] — Quoique ces saints jours soient entièrement consacrés à la piété et au culte de Dieu, on ne peut nier cependant que l'Eglise ne permette quelque honnête divertissement; et, quelque religieux observateurs que fussent les premiers chrétiens do ces saints jours, nous voyons que, dans ces temps mêmes où la discipline ecclésiastique était le plus en vigueur, les fidèles donnaient des marques de leur réjouissance en se vêtant plus proprement, et surtout par des festins qu'on appelait Agapes, c'est-à-dire festins de charité , qui étaient tellement institués, qu'en se réjouissant avec ses amis on nourrissait les pauvres, et que la piété y avait autant de part que le divertissement, par les. saints entretiens dont les mets étaient, pour ainsi dire, assaisonnés. Mais, après ces repas, que la frugalité et la dévotion ont rendus plus célèbres que la somptuosité des festins les plus magnifiques des païens, les mêmes chrétiens couraient en foule de la table à l'église pour y faire la prière : de sorte qu'on pouvait dire que la table leur servait de disposition à la piété, et que leurs divertissements redoublaient leur ferveur : comme, en effet, c'étaii la fin et le dessein de cette institution de prendre quelque relâche, afin de retourner ensuite avec plus d'ardeur aux exercices de charité et aux devoirs de religion. Yoici comment en parle Tertullien, qui, tout sévère qu'il est, approuve ces divertissements honnêtes, que j'appellerais volontiers saints et chrétiens ; voici, dis-je, comme il en parle : « A l'issue de nos banquets, nous n'allons point à ces spectacles où l'on ne voit que du

sang et des meurtres; nous n'allons point à ces assemblées où l'impiété, la médisance et l'impureté triomphent de la vertu : on ne voit dans nos exercices, dans nos actions, dans nos discours, dans nos divertissements mêmes, que piété, que modestie, frugalité; de manière qu'il est aisé de remarquer que nous avons pris plus de soin, dans les festins que nous faisons nos jours de fêtes, de nourrir notre esprit du pain de la parole de Dieu que notre corps des aliments corporels ; que nos fêtes sont établies pour inspirer une sainte allégresse à l'esprit, et non pour fournir au corps de quoi contenter la sensualité. » Où sont ces temps heureux? Hélas ! nous ne sommes plus dans ces siècles d'or! Les exercices de piété que l'on pratiquait alors aux jours de fêtes ont tellement cessé, qu'au lieu de ces banquets de dilection ce ne sont plus que des repas de dissolution ; au lieu de visiter les pauvres, les malades et les hôpitaux, on ne fait que des visites suspectes ou dangereuses, etc. (Anonyme.)

[Divertissements mauvais.] — S. Grégoire-le-Grand rapporte que, dans les premiers siècles de l'Eglise, les jours de fêtes des saints martyrs, les démons sortaient des corps des possédés, forcés de les quitter par la piété et les prières des fidèles. Aujourd'hui ne dirait-on pas que les démons sont déchaînés, et qu'ils s'emparent des fidèles, les jours de fêtes et de dimanches : tant les excès où ils s'emportent sont étranges, tant les profanations qu'ils font de la sainteté de ces iours sont énormes et scandaleuses? D'où peuvent venir en effet ces jeux, ces bals, ces danses, tous ces excès de boire et de manger qui sont si communs en ces jours? Nesont-ce pas des suggestions du démon, qui pousse les hommes à employer des jours consacrés au culte de Dieu k\ contenter leurs passions les plus déréglées, et à se servir du loisir qu'ils ont de vaquer à Dieu et à l'affaire de leur salut, pour s'abandonner avec une licence effrénée, et sans retenue, à toutes sortes de débauches?

S. Chrysostôme ne craint point de dire que ceux qui emploient le saint jour en des occupations mondaines, en jeux, en danses, en festins, en d'autres profanes divertissements , ne sont pas moins coupables que ceux qui pillent ou qui dépouillent nos églises par un attentat sacrilège : puisque, si ceux-ci profanent des biens consacrés au culte de Dieu, ceuxlà profanent un jour qu'il s'est réservé , et qu'il a voulu être consacré à son service. Entendez-vous, comprenez-vous, chrétiens, quel «péché c'est, dans le sentimentde ce Père, que de violer et de profaner ces jours saints? Quel sentiment auriez -vous d'un homme qui dépouillerait nos églises des plus riches ornements dont la piété de nos ancêtres les a parées ; ou qui, après avoir dérobé ces vases sacrés, les emploierait à ses vanités et à des usages vulgaires ? Vous avez horreur do ces attentats, et la seule pensée vous en fait frémir, parce que vous savez que les moindres choses qui ont servi au ministère de nos autels deviennent sacrées et inviolables. Mais apprenez que la profanation que vous faites du jour du dimanche, par tant

l'AK M.K.M II i : simi'mi-. 3!M

d'exoèi de jeu , de bonne chère , de débauches , ou partanl de diverti

menti mondains, n'esl pas an moindre aoriU , au lentimenl de s. Chry-

softdme, parce qi e laint temps que vous profanez n'eel pas moins

oonsaoré è Diki que les meubles de nos églises. Comment pouvez-vous donc l'employer & d'autres asages ?

(".•si mi abus et ane illusion de B'imaginer que, par les œs îles,

il raille entendre seulement les ouvrages d'agriculture, de manufacture, de fabrique*, ou autres semblables, qui font L'occupation des artisans pendant le oours de la semaine. Cette défense vu, bien plus loiB : elle comprend (nus Les emplois profanes et Béculiors qui nous empêchent de vaquer uniquement au culte de Diei ; elle comprend, Belon S. Augustin e1 s. Thomas, les différentes occupations qui partagent la vio civile des hommes , et qui leur servent d'exercice, chacun selon son état et sa profession, pendant la semaine : à moins que quelque raison de nécessité, de charité ou de piété* ne permette de s'y appliquer en ce jour. Cette loi s'étend même aux parties que l'on Sait, après avoir entendu la Messe, de passer le reste du jour à La (liasse, au jeu, à la comédie, en promenades, en visites inutiles, ou autres divertissements mondains et profanes. Dès que le jour du dimanche arrive, chaque fidèle doit s'imaginer qu'il entend une voix semblable à celle que S. Jean entendit autrefois dans ses révélations : Amodù, jàm iliril Spiritw, ut requiesemi à laboribus suw.Voicilc Dimanche : cessez vos travaux, discontinuez vos occupations ordinaires, et commencez, par cette interruption et par ce repos, la sanctification de ce jour. (Lafont, Entretiens ecclésiastiques).

[Pourquoi le travail interdit.] — On peut, à la vérité, et on doit même honorer Dieu durant son travail, les chrétiens, selon la règle de l'Evangile prèchée par S. Paul, étant obligés de faire toutes leurs actions au nom et dans l'esprit de Jésus-Christ : mais qu'il est difficile que l'homme élève comme il faut son esprit à Dieu , s'il ne surseoit à ces travaux qui emportent la meilleure partie de sa vie, et qui l'empêchent de s'unir d'esprit aux prières communes que fait l'Eglise pour fléchir la colère de Dieu et attirer sur nous sa miséricorde ! Tous les jours de l'année sont à lui; il est le maître de notre temps , comme il l'est de nos biens et de nos vies : et c'est une faveur que nous ne pouvons regarder sans étonnement, qu'il nous ait donné tant de temps pour vaquer à nos affaires, et qu'il s'en soit si peu réservé pour les siennes. De-là il est aisé de comprendre combien sont criminels devant Dieu ceux qui, sans une extrême nécessité ou quelque obligation de charité , travaillent pour un gain sordide les dimanches comme les autres jours.

Vous croyez, chrétiens, avoir célébré ie dimanche et les fêtes ordonnées par l'Église lorsque , parés de vos plus beaux habits , vous vous êtes empressés le matin d'entendre la Messe, pour vous adonner le reste du jour au jeu, à la bonne chère, à vos divertissements ? Mais qui ne voit que

ce sabbat, qui exclut toutes les actions dignes de Dieu, n'est proprement qu'une fête dédiée aux vices , et de ces fêtes qui ont fait dire au prophète Amos. avec tant de zèle : Malheur à vous, qui entrez avec pompe dans la maison du Dieu d'Israël ! malheur à vous, qui, obligés de surseoir à tous les soins de la vie corporelle, de vivre dans la modestie, de vous nourrir de la divine parole et de vous appliquer à des actions de piété, ne songez qu'à jouer et à prendre vos plaisirs ! malheur à vous qui, par tant de crimes, avancez le grand jour qui sera pour vous un jour de malheur; Vœ vobis qui venturi estis in diem malum , qui tangitis sabbat/ta mendacia ! {Discours chrétiens.)

[Excellente pensée.] — Dans la création du monde, Dieu travailla durant six jours, aprèslesquels l'Ecriture dit qu'il se reposa le septième. Mais en quoi est-ce que l'Ecriture fait consister ce repos de Dieu ? Le voici. Vidit Deus cunclaquœ fecerat, eterant valdè bona: Dieu fit une revue générale sur tous ses ouvrages , et les trouva tous bons et parfaits : il trouve son repos dans son approbation. C'est là ce qu'il faut particulièrement imiter. Interrompez vos œuvres serviles, et faites une revue générale sur toute la conduite que vous avez tenue durant la semaine. Voyez si vous pouvez dire, avec Dieu, que tout ce que vous avez fait durant ces six jours est bon. Examinez si vous avez été fidèle à Dieu et au prochain, si vous avez rempli les devoirs de votre état, s'il n'y a point eu de l'injustice dans vos emplois ou dans votre commerce ; et, après avoir fait cet examen, donnez votre approbation à ce qui le mérite, rectifiez ce qui ne le mérite pas, et consacrez le reste du jour à faire des sacrifices au Seigneur pour vous le rendre propice, et pour réparer les fréquentes dissipations que vous avez souffertes durant la semaine. (Discours chrétiens.)

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