‹ La bibliothèque des prédicateursChapitre 38 sur 59 · SAINTETÉ DE L'ÉTAT ECCLÉSIASTIQUE · texte numérisé non relu

SAINTETÉ DE L'ÉTAT ECCLÉSIASTIQUE

Sacerdoce. — Vocation.

Devoirs et obligations. — Respect dû aux Ecclésiastiques.

Bénéfices, Biens de l'Eglise, etc.

Sous ce nom d'Ecclésiastique on comprend ici tous ceux qui sont consacres au service de Dieu et au ministère des autels, de quelque rang qu'ils soient et quelque dignité qu'ils occupent dans l'Eglise et dans le clergé. C'est pourquoi ?wus parlerons Je l'état religieux dans un titre séparé.

Il y o une infinité de livres, anciens et nouveaux, qui traitent de l'état ecclésiastique, des obligations, des devoirs et des fondions qui y sont attachés; et c'est de tout temps qu'on se plaint des abus qui s'y sont introduits, des mœurs peu réglées de la plupart de ceux qui s'y sont engagés sans vocation, et du peu d'application à leurs charges : ce qui donne une ample matière aux prédicateurs, tantôt de s'élever contre le dérèglement de leur vie, et tantôt d'exhorter le peuple à les respecter et ci leur être soumis, nonobstant les désordres de leurs personnes.

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// est seulement à propos itarertir que ce sujet n'a nulle connexion avec eeim de l Eglise, dont nous parlerons à son titre, parce que meus ne le considérons, alors une comme le corps Mystique de Jésus-Christ, composé d,- tous

les fidèles : et Wi nOUS /melons des ministres de l'Jù/lise . à i/ui nous re/irésenlons les devoirs de leur état et la sainteté de leur ministère, qu'ils soient prêtres, pasteurs, béué/ieiers ou qu'Os soient seulement dans les ordres sacrés. — // y a deux ccucils à éviter en traitant ce sujet : Le premier , si de s'étendre trop sur le relâchement de l'ancienne discipline et sur l'inobservation des anciens canons, qu'il n'est pas au pouvoir des prédicateurs de rétablir : il ruu/ mieux les exhorter éi observer exactement les règlements <pu >oui aujourd'hui en usage, cl que l'Eglise leur prescrit ; le second est de tellement exagérer les désordres des personnes, qu'on diminue l'estime de leur élut, comme ont tâché de faire les hérétiques, et comme font encore aujourd hui les libertins, qui se servent de ce prétexte pour autoriser leurs vices et leurs débauches.

1 I- Desseins et Plans.

I. — Embrasser l'état ecclésiastique, c'est contracter une obligation plus étroite que le reste des chrétiens amener une vie sainte et parfaite. Cette obligation se prend de trois chefs, qui peuvent faire la division d'un discours. — Le premier est de l'état auquel Dieu nons a appelés, qui est un état de sainteté, puisque c'est s'approcher de plus près que de s'engager à son service et au culte de ses autels. Le second, à raison du caractère de l'Ordre, puisque c'est par-là qu'on s'engage à son service, et qu'on y est voué et consacré. Le troisième est pris du ministère qu'on y exerce et des fonctions auxquelles on est appliqué.

l°.L'étatauquel Dieu appelle les ecclésiastiques est saint de lui-même, et par conséquent engage à la sainteté tous ceux qui l'embrassent. D'où vient que Dieu les appelle saints dans l'ancienne Loi : Sancti erunt sacerdides (Levit. xxi). C'est pour cela qu'il les choisissait parmi ceux de son peuple, qu'il les séparait du commun des bommes, qu'il voulait être leur partage leur portion et leur béritage, et qu'ils lui appartenaient d'une manière toute particulière. Ce qui est encore plus véritable dans la nouvelle loi, où le sacerdoce est incomparablement plus excellent, le culte qu'on rend à Dieo plus pariait ,et par suite, l'état destiné et établi par la foi de Dieu

même pour rendre ce culte au Seigneur, plus saint: tellement qu'un ecclésiastique est saint par état, puisqu'il est dans un état qui engage à la sainteté, qui en fait une profession publique, et qui pat-là est distingué du laïque, c'est-à-dire du commun des chrétiens. Mais ils ne doivent pas se contenter de cette sainteté d'état, et }e soutiens qu'ils sont indispensablement obligés à le soutenir par une sainteté de mœurs, s'étudier à l'acquérir, s'efforcer d'y croître, et se servir des moyens que cet état leur fournit pour y parvenir. C'est pourquoi, avant de s'y engager, ils doivent bien examiner leur vocation, non-seulement en tâchant de connaître si elle vient do Dieu, et en s'éprouvant pour voir s'ils ont pour cela un assez grand fonds de vertu; mais encore plus particulièrement quelle est leur vue, leur intention et leur but; si c'est pour y mener une vie commode, pour posséder les charges, les revenus, les bénéfices, plutôt que pour se sanctifier, etc.

2°. Les ecclésiastiques sont obligés à la sainteté de vie à raison du caractère de l'Ordre, qui les élève aune dignité que les SS. Pères préfèrent à toutes celles de la terre. Ce caractère, en effet, leur donne un pouvoir que Dieu n'a pas même communiqué aux plus sublimes intelligences; il leur donne ensuite une autorité presque souveraine sur ;les âmes, laquelle mérite le respect des plus hautes puissances, et clos anges mêmes. Or, ce rang, cette élévation, cette incomparable dignité, qui les rend si respectables, les oblige en même temps à une vie plus sainte et plus parfaite : car, comme ils sont élevés au-dessus des autres, ils leur doivent donner l'exemple, et être des modèles que chacun puisse imiter: Forma facti gregis ex animo. Que s'il arrive qu'ils déshonorent leur caractère par une vie peu réglée, outre que le scandale est incomparablement plus grand que celui des autres pécheurs, ils se rendent eux-mêmes méprisables, et donnent occasion de faire peu d'état de la religion, qu'on voit déshonorée par de si indignes ministres. Aussi, leurs péchés en sont-ils plus énormes, et ont un certain caractère d'infamie et d'horreur, qui leur attire maintenant la censure des hommes, et qui leur attirera un jour de sanglants reproches de la part du Fils de Dieu.

3°. Le ministère auquel les ecclésiastiques sont appliqués et les fonctions qu'ils doivent exercer les obligent à une haute sainteté. Ces fonctions sont, selon leur degré et leur charge : servir à l'autel ; chanter les louanges du Seigneur, offrir le sacifice non sanglant; célébrer les plus divins mystères; réconcilier les pécheurs avec Dieu, leur ouvrir le ciel ; prêcher aux peuples; avoir soin du troupeau du Sauveur: en un mot, exercer les mêmes fonctions que Jésus-Christ sur la terre , puisqu'ils sont ses ministres. Or, peut-on s'y appliquer et s'y livrer sans avoir une vertu non commune, vu le travail et les difficultés qui s'y rencontrent? et peut-on s'en dispenser sans manquer à ses plus essentielles obligations ? S'ils doivent tâcher de s'en acquitter dignement, pourront-ils, sans être saints eux-mêmes, ou sans être regardés sur ce pied-là, porter les autres à

la sainteté ? ne détruiront-ils pas, plutôt qu'ils n'édifieront, si l'on, voit imii [a contraire de ce qu'ils disent? De plus, ces fonctions mêmes aesont»

elles pa le moyens que Dieu leurdonnej r acquérir la perfection de

leur état? S'ils les négligent, où s'ils relu rut de les exercer, ils font U sujet de leur damnation des choses mêmes qui sont les moyens que Dieu leur a ménagés pour parvenir a la sainteté de leur état.

II. — 1°. Ceux qui ont embrassé un état si saint doivent s'acquitter avec toute l'exactitude, la fidélité et le zèle qui leur est possible, d'un ministère si élevé, et des fonctions que l'Eglise attend d'eux.

2°. Ceux qui prétendent et qui aspirent à cet état doivent avoir des marques moralement certaines de leur vocation; sonder et éprouver leurs forces, examiner s'ils ont les talents et les qualités nécessaires ; implorer les lumières du Ciel, et s'y disposer par la pratique des vertus et des bonnes œuvres.

3°. Ceux qui s'y sontengagés sans vocation et sans les qualités nécessaires, ou par des vues et des considérations mondaines et toutes profanes, doivent avoir recours à la pénitence, rectifier leur première intention, et travailler avec plus de précaution à leur salut: sans quoi ils sont en danger évident de leur damnation.

III. — 1° L'état ecclésiastique est le plus avantageux pour se sanctifier, puisque c'est celui où l'on trouve plus de moyens, plus de secours et plus de motifs qui nous y portent et nous y excitent.

2°. C'est l'état où l'on peut rendre plus de gloire à Dieu et plus de service au prochain; mais aussi celui où l'on déshonore davantage Dieu et l'Eglise, et où l'on cause plus de mal au prochain, quand on ne vit pas conformément à cet état.

IV. — 1°. Pour répondre à la vocation de Dieu dans l'état ecclésiastique, il faut entièrement quitter l'esprit du monde, pour se revêtir de Jésus-Chpjst, c'est-à-dire pour prendre son esprit: et pour cela, il faut savoir en quoi l'un et l'autre consiste.

2°. Il faut, dans cet état, mener une vie retirée, appliquée à Dieu, et n'entrer dans le commerce du monde que pour le sanctifier par nos discours et par notre exemple.

V. — 1". On ne doit point entrer dans l'état ecclésiastique sans y être

appelé. Les désordres qui arrivent par ce défaut de vocation sont sans nombre.

2°. Lorsqu'on y est entré par la voie légitime, on ne doit point s'épargner, mais travailler avec zèle et application aux ministères auxquels nous sommes appliqués.

VI. — 1°. Il faut se disposer à l'état ecclésiastique, et particulièrement au sacerdoce, par les principales vertus dont on a besoin en cet état : l'humilité, la prière, la mortification, la charité.

2°. Il faut être tellement résolu de suivre la vocation de Dieu sur ce point, qu'on se défie toujours de sa vertu, et qu'on se juge indigne d'un si grand bonheur : et par conséquent il faut délibérer, s'éprouver et attendre que Dieu nous fasse connaître sa volonté, ou par les conseils d'un sage directeur ou par quelque autre voie.

3°. Quand on est engagé dans cet état, il faut tâcher de s'en rendre digne et de justifier le choix que Dieu a fait de nous, par les services qu'on s'efforce de lui rendre, comme parle S. Pierre.

VIL — -1°. L'état ecclésiastique demande [une vocation de Dieu toute particulière pour y entrer, et dont on doit avoir des preuves et des marques;

2°. Une exactitude et une fidélité inviolable dans les devoirs qui sont attachés à cet état ;

3°. Un zèle et une liberté apostolique dans l'exercice des fonctions et du ministère auxquels Dieu applique ceux qu'il a appelés à un état si saint.

VIII. — Les pasteurs de l'Eglise, tenant la place du souverain Pasteur, qui est Jésus-Christ, sont obligés — 1°. de nourrir leur troupeau par la parole de Dieu et par une sainte doctrine ;

2°. De le défendre contre les loups couverts de la peau de la brebis, c'est-à-dire contre ceux qui s'efforcent de le séduire par des nouveautés suspectes et pernicieuses.

3°. De le conduire par une voie sûre, par des avis salutaires, de bons préceptes, et par une vigilance assidue sur la conduite et sur les mœurs de ceux que Dieu leur a confiés.

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