IV, I
Hic jam quœritur inter dispensatores ut ftdelis quia inveniatur. Ibid. 2.
Qui olium doces, teipsum non doces. Roman, ii, 1.
Pro Christo legatione fungimur, tanquàm Deo exhortante per nos. II Corinth. v, 20.
Nemini dantes idlam offensionem, ut non vituperetur ministerium nostrum. II Corinth. vi, 3.
In omnibus exhibeamus nosmetipsos sicut ministros Dei. Ibid.
Vidi ministerium quod accepisti in Domino, ut illud impleas. Colossens. iv, 17.
Esto exempbun fidelium, in verbo, in conversât ione, in charitate, in fide, in castitate: hœe meditare. I Timoth. iv, 12.
Qui benè prœsunt preesbyteri duplici honore digni habedntur, maxime qui laborant in verbo et doctrinâ. Ibid. v, 17.
Oporlct episcopum irreprehensibilem esse, sobrium, pudicum, hospitalem, etc. I Tim. m, 2.
Labora sicut bonus miles Christi Jesu. II Timoth. n, 3.
Sollicité euro teipsum probabilem exhibere Deo, operarium inconfusibilem, rectè traciantem verbum veritatis. Ibid.
Aimez de toutes vos forces celui qui vous
a créés, et n'abandonnez point ses ministres.
Vous êtes le sel de la terre : que si le sel
devient insipide, avec quoi lui donnera-t-on
du goût?
Vous êtes la lumière du monde : une ville bâtie sur une montagne ne peut être cachée.
Que voire lumière luise de la même sorte devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans le ciel.
Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis.
Celui qui n'entre point par la porte dans la bergerie, et qui y monte par un autre endroit, est un larron et un voleur.
Simon fils de Jean , m'aimez-vous plus qne ne m'aiment ceux-ci ? Jésus lui dit : Paissez mes agneaux.
Faites attention a vous-mêmes et au troupeau dans lequel le Saint-Esprit vous a constitués évoques pour gouverner l'Église de Dieu , qu'il a acquise au prix de son sang.
Qu'on nous regarde comme les ministres de Jésus-Christ et comme les dispensateurs des mystères de Dieu.
Maintenant, ce qu'on demande des dispensateurs, c'est que celui qui l'est soit trouvé fidèle.
Vous qui enseignez les autres , vous ne vous enseignez pas vous-même.
Nous faisons la fonction d'ambassadeurs de la part de Jésus-Christ.
Prenons garde de donner aucun sujet cle scandale, afin que notre ministère ne soit point déshonoré.
Montrons-nous en toutes choses tels que doivent être des ministres de Dieu.
Faites réflexion sur le ministère que vous avez reçu au nom du Seigneur, afin de vous en acquitter parfaitement.
Soyez l'exemple des fidèles dans vos discours, dans votre conduite, dans ce qui regarde la charité, la foi, la chasteté.
Que les prêtres qui se conduisent bien dans le gouvernement qu'ils ont soient regardés comme méritant une double reconnaissance, surtout ceux qui prêchent et qui instruisent.
Il faut que l'évêque soit irrépréhensible, sobre, sage, honnête, chaste, exerçant l'hospitalité.
Travaillez comme un généreux soldat de Jési?S-Ciirist.
Ayez soin de vous rendre agréable aux yeux de Dieu, d'être un ouvrier sans reproche, qui manie bien la parole de la vérité.
Nemo militons Dko implicai se negotiis tacularibus. [bid. i,
Necquisquam mmît sibi honorent, sed qui vocatur à Deo, ianquàm Aaron. Eiebr. \, i.
omiiis pontifex ex hominibus assumptus pro hominibus constituitur in iis quœ sunt ad Dei m, ut offerai dona et sacrificia pro peccatis. [bid.
Dimi venio, attende lectioni, exhortations et doctrines. I Timotb. iv, 13.
Prcedica verbum : insta opportune, importuné, argue, obsecra, increpa; in omnibus labora; opus foc evangelistœ; ministerium impie. II Tim. iv, 2.
lu omnibus teipsum prœbe exemplum bonorum operum, in doctrine, in integritate, in gravitate. TH. n.
Pascite qui in vobis est gregem Dei, providentes non coactè, sed spontanée, secundùm Deum ; neque turpis lucri gratiâ, sed voluntaviè; neque dominantes in cleris, sed forma facti gregis ex anima. I Pétri, y, 2.
Qui vos audit me audit, et qui vos spernii me spernit. Lue. x, 16.
Super cathedram Moysi sederunt scribee et pharisœi : omnia ergb quœcumque dixeriut vobis servate et facite ; secundùm opéra vero eorum nolite facere; dicunt enim, et non faciunt. Matth. xxiii, 2.
Separavit vos Deus Israël ah ornai populo et junxit sibi, ut serviretis ei in cultu tabernaculi, et ministraretis ci. Num. xvi, 9.
i '< a qu'on ei I dans la milice de Dieu, on évite do s'en igei dan l< affairée du Biècle.
•une n'a droit de prétendre ;'i un tel honneur, que celui qui esl appelé de DieUj comme le fui Aaron.
Tout pontife pria d'entre les bommes esl établi pour le I: choses qui
uni rapporl à Dieu, afin d'offrir di et des sacriflcea pour les péchés.
En attendant ma venue, attachez-vous à lire, à exhorter, à enseii
Prêchez la parole; pressez dans l'occasion, sans occasion; employez les réprimandes, les prières, les menaces, sans vous lasser jamais ; acquittez-vous des fonctions d'un prédicateur de l'Évangile; remplissez votre ministère.
Soyez en toutes choses l'exemple des bonnes œuvres, dans .ce qui regarde la doctrine, l'intégrité, la sagesse.
Paissez le troupeau de Dieu, que vous avez en garde, lui donnant vos soins , non par force, mais de bon gré et selon Dieu ; non en vue d'un gain sordide, mais par affection ; ni comme des gens qui veulent dominer sur l'héritage du Seigneur, mais vous appliquant de tout votre cœur à être le modèle du troupeau.
Celui qui vous écoute m'écoute; qui vous méprise me méprise.
Les scribes et les pharisiens sont assis sur la chaire de Moïse; observez donc tout ce qu'ils vous diront, mais ne faites pas comme eux : car ils disent et ne font pas.
Le Dieu d'Israël vous a séparés de tout le peuple, et vous a joints à lui pour le servir dans le culte du tabernacle et faire les fonctions de votre ministère.
EXEMPLES TIRES DE L'ANCIEN-TESTAMENT
[Prêtres dans la loi de nalure.] — Dans la loi de nature, qui est commune à tous les hommes quant aux premiers principes, les aînés des familles illustres, étant parvenus à l'âge nécessaire, prenaient le sacerdoce, en faveur duquel ils jouissaient d'un préciput qui consistait à revêtir la robe du prêtre, à offrir les sacrifices, à recevoir la dernière bénédiction de leurs pères, h bénir les autres aux festins et aux actions solennelles, à prendre deux parts dans la succession paternelle, et à avoir autorité sur leurs frères. Mais la loi écrite étanl venue ensuite, elle corrigea les défauts de t. m. 27
celle de la nature, et Dieu voulut avoir un peuple, auquel il donna la loi et la forme de bien vivre. Il établit des prêtres qu'il commanda d'honorer, et ordonna à Moïse de destiner à ce saint ministère Aaron avec ses quatre enfants, et de leur faire faire, pour les sacrifices, les plus somptueux habits qu'il pourrait imaginer. Ce qui fut exécuté ponctuellement, afin que le peuple eût une plus grande idée des divins mystères, et une plus grande vénération pour la personne des prêtres.
[Punition d'Osias.] — L'exemple d'Osias fait connaître combien la divine Majesté a pour agréable l'honneur qu'on rend à. ses ministres, et avec quelle rigueur elle punit ceux qui sans vocation s'ingèrent dans leur ministère. Car nous lisons dans l'histoire sainte qu'Osias commença à régner dès l'âge de seize ans, qu'il remporta plusieurs victoires sur ses ennemis, lit bâtir quantité de villes et de forteresses, et leva trois cent mille combattants pour son service ; et que, au lieu de rendre grâces à l'auteur de sa prospérité pour tant de faveurs, il se revêtit des habits sacerdotaux, prit l'encensoir dans le sanctuaire , exerça les fonctions des prêtres nonobstant leurs remontrances : ce qui fut cause que Dieu frappa ce roi d'une infâme lèpre, dont il fut affligé toute sa vie, ce qui le contraignit d'abandonner le royaume à Jonathan son fils. (I Paralipom. xxvi.)
[Prêtres honorés.] — La dignité sacerdotale était si considérable parmi les Juifs, que le roi Agrippa, écrivant à l'empereur, assure que plusieurs de ses ancêtres, qui avaient aussi été grands-prêtres, faisaient plus d'état du sacerdoce que de la royauté, Voici ses paroles, et la raison de l'estime qu'ils faisaient de cette éminente dignité : Quam illi dignitatem plun's faciebaut quàm regiam, rati quanta Deus ant estât homini, tarda Pontificatum regno excellent iorem esse : Persuadés qu'autant Dieu est élevé au-dessus des hommes, autant le sacerdoce est au-dessus de la dignité royale. (Dans le juif Philon.)
[Moïse et les enfants d'Aarou.] — Moïse fut le premier qui érigea en l'honneur de Dieu un Temple, quoique portatif, un autel, des urètres, des sacrifices, et en un mot un culte réglé, qui n'avait point encore paru sur la terre. Son plus grand soin en cela fut d'être exact lui-même, et de donner ordre que tous les prêtres le fussent aussi, à observer les moindres circonstances que Dieu leur avait marquées. L'idée qu'il avait de sa grandeur lui fit connaître qu'il ne pouvait être bien honoré, qu'en la manière qu'il avait marquée lui même, et que l'on ne pouvait impunément omettre dans son culte la plus petite particularité sans l'offenser.
Il est marqué, au chapitre 10 du Lévitique, qu' Aaron ayant offert, revêtu de ses habits sacerdotaux, les sacrifices que Moïse lui avait prescrits, le lendemain les deux plus grands de ses fils, Nadab et Abiu, allèrent un peu trop inconsidérément offrir des parfums, et qu'au lieu de prendre
dans leurs encensoirs du feu saoré qui, descendu du ciel, se conservait très-inviolablement, parle soin des prêtres, dans le tabernacle, ils prirent, pour les encensements, un l'eu étranger et profane; mais Dieu, voulant faire voir, par cette loi qu'il avait ordonnée, l'hprreur qu'iljaurait dans tous les siècles de ceux particulièrement d'entre ses ministres qui brûleraient devant lui d'un feu profane, c'est-à-dire do l'amour du monde et de ses vanités criminelles, il frappa ces deux jeunes urètres d'une mort soudaine. Il Lança sur eux une flamme comme un coup de foudre, qui les brûla sans les consumer ; il vengea par le feu ceux qui avaient péché par le feu ; il opposa l'ardeur de ses flammes vengeresses à l'ardeur bouillante de la jeunesse; et il fit voir que des omissions supportables dans le commun du peuple sont des crimes dans un prêtre.
Toutes les résistances que Moïse fit aux ordres de Dieu, qui lui commandait d'aller trouver Pharaon de sa part, ont fait douter quelques SS. Pères si l'on pouvait, en cette rencontre, excuser Moïse de péché, vu particulièrement que, dans la suite, Dieu se mit en colère contre lui de ce qu'il refusait toujours de se soumettre. Mais, quand on jette les yeux sur ce fond d'humilité qui était l'unique cause de tant d'oppositions, bien loin de penser à le blâmer, on souhaiterait au contraire qu'on le pût imiter davantage, et que ceux qui s'engagent à la conduite des peuples, bien loin de courir si avidement à ces sortes d'emplois, résistassent avec quelque espèce d'opiniâtreté, et se missent presque en état, par un refus plein d'humilité, de fâcher Dieu même.
Lorsqu'il fut question de savoir ceux que Dieu avait choisis pour ministres et qu'il avait élevés à la qualité de lévites , Dieu les ayant déclarés, voici les paroles qu'il dit à ceux qui voulaient par ambition monter au rang et à la dignité de prêtres du Seigneur. « Le Dieu d'Israël vous a distingués et séparés de tout le peuple ; il vous a unis et attachés à lui, afin que vous le serviez dans le culte de son tabernacle et- que vous soyez ses ministres. » Un ecclésiastique, par conséquent, doit être un homme séparé du monde et appliqué à Dieu. Nous ne sommes plus du monde; Jésus-Christ nous en a retirés; nous y renonçâmes nous-mêmes volontairement quand nous reçûmes les ordres. Notre ordination est un mystère de consécration et de séparation tout ensemble ; nous y recevons un caractère qui nous consacre à Dieu; nousy faisons un divorce qui nous sépare du monde ; et, comme le caractère que nous y recevons de Dieu ne se peut effacer, le divorce que nous faisons avec le monde ne doit jamais finir.
[Aai'on.] — L'exemple d'Àaron prouve manifestement qu'il faut être appelé de Dieu à l'état ecclésiastique, et ne pas s'ingérer de soi-même dans le ministère du sacerdoce et dans les fonctions de cet état. Ce premier prêtre de l'ancienne loi fut consacré par un exprès commandement de Dieu ; car ce fut Dieu qui dit àMoïse: Prenez Aaronel ses enfants; rêvé fez- les des habits
sacerdotaux, répandez V huile sacrer sur leurs (êtes. Voila donc une loi général», et dont aucun homme ne peut être dispensé: et S. Paul apporte cet exemple même pour montrer la nécessité de la vocation : Nul ne s'attribue à soi-même cet honneur, mais il y faut être appelé de Dieu comme Aaron.
[ Péchés des prêtres. ] — Au livre du Lévitique, il est dit. que Dieu ayant établi dans l'ancienne loi divers sacrifices pour différentes sortes de péchés, il en ordonna un qui s'appelait la victime publique, pour les offenses de tout le peuple généralement ; et, ce qui est remarquable, le même sacrifice qui était institué pour les péchés de tout le peuple, devait être présenté pour un seul péché d'un prêtre. Réflexion qui doit bien faire trembler ceux qui sont engagés dans cet état, de voir que leurs péchés sont si énormes, au jugement de Dieu, qu'il en met dans la même balance un seul avec tous ceux du peuple, et qu'une seule de leurs transgressions égale à son jugement toutes les désobéissances d'une infinie multitude.
EXEMPLES DU NOUVEAU-TESTAMENT
[Nutre-Seitjueur.] — Jésus-Christ, la sagesse éternelle, était prêtre selon l'ordre de Melchisédech, ainsi que la foi nous oblige de le croire. Voici ce que l'Apôtre en dit: // ri a point pris de lui-même la qualité glorieuse de Pontife; mais il l'a reçue de celui qui lui a dit : Vous êtes mon Fils. Ce n'est pas ici le lieu de parler de l'éminence de son sacerdoce, ni du sacrifice qu'il a offert sur la croix, ni de celui de l'autel qu'il institua la veille de sa mort, ni du pouvoir qu'il a donné à ses Apôtres, et en leur personne à tous les prêtres, d'offrir à Dieu ce sacrifice non sanglant, ni enfin de lui justifier cette qualité de prêtre de la nouvelle Loi qui est incontestable. Il paraît seulement, dans l'Evangile, que lui-même a honoré cette qualité respectable. La première visite qu'il ait faite après être venu au monde a été au grand-prêtre Siméon, et peut-être a-t-il été circoncis par son ministère. Il envoyait aux prêtres ceux qu'il délivrait de la lèpre, afin qu'ils déclarassent s'ils étaient bien guéris, et qu'ils en reçussent l'offrande commandée par la loi; il a même commandé qu'on respectât leur dignité indépendamment de leurs vices et de leur mauvaise vie : Faites, disait-il, ce qu'ils vous diront ; mais rie suivez point leur exemple. (Matth. xxm) Au temps de sa passion, ne leur rendit-il pas le respect dû à leur caractère, quoiqu'ils l'accusassent et le condamnassent injustement, gardant un respectueux silence, excepté lorsqu'il fut accusé d'avoir perdu le respect au souverain Pontife !
PAB iGH M'iiK TROISIÈME. 1^1
[S.Paul.] — S. Paul étail dans le même sentiment que le San vew à l'égard desprôtrea de l'ancienne loi; oar nous voyons, au 3- chap. des Actes, qu'étanl une fois accusé d'avoir parlé avec trop de hauteur au prince des prêtres, et d'avoir manqué au respect qui était dû a sa dignité, il s'en défendil aussitôt, et s'excusa sur ce qu'il avait ignoré sa qualité de premier prêtre de la loi ; marquant par-là qu'il aurait agi d'une autre manière s'il l'eût connu, ci montrant en même temps comment il en faut user envers les prêtres de la nouvelle loi.
(Les auges.] — Nous apprenons, dans l'Apocalypse, le respect que les anges mêmes ont pour ceux qui sont honorés de ce divin caractère : puisque, l'un d'eux étant apparu à S. Jean, comme il le rapporte lui-même, ce saint voulut se prosterner en terre pour l'adorer: mais l'ange l'en empêcha, en lui disant : « Je ne suis que le serviteur de Dieu, comme vous l'êtes aussi, et nous sommes égaux dans l'office que nous exerçons d'une différente manière. » A quoi il pouvait ajouter, selon S. Chrvsostôme, qu'il était inférieur à cet apôtre en dignité et en pouvoir.
[la vocation.] — La nécessité d'une vocation spéciale pour l'état ecclésiastique, à l'égard des prélats, des pasteurs et des prêtres, n'est pas moins expressément marquée dans la nouvelle loi que dans l'ancienne : comme nous voyons dans l'élection de S. Etienne pour la fonction de diacre, et dans celle de S.Matthias, pour la prêtrise et l'Episcopat. Et, comme la dignité de celui-ci était plus noble, le pouvoir plus grand et le ministère plus auguste, on y apporta aussi plus de précaution et de cérémonies. Quoique les Apôtres connussent la vertu des deux qui furent proposés, Joseph surnommé Barsabas, et Matthias, ils consultèrent la volonté de Dieu, et voulurent avoir une marque sensible du choix que lui-même en ferait pour tenir la place du traître Judas; ils tirèrent au sort, et la Providence permit que le sort tombât heureusement sur S. Matthias, qui fut le sujet du choix de Dieu.
APPLICATIONS DE L'ÉCRITURE
Sacerdotes sine macula, voluntatem habentes in lege Del (1 Machab. iv) — Il serait à souhaiter que, les prêtres ayant le pouvoir de produire moralement dans les âmes, et réellement sur nos autels, le même Jésus-Christ que la Sainte. Vierge, la plus pure de toutes les créatures, a produit dans le temps, et que le Père céleste, qui est la pureté même, produit dans l'éternité, ils eussent aussi une. pureté semblable et toute céleste. Si cela n'est pas en leur pouvoir, ils doivent du moins ressembler aux prêtres
que choisit autrefois Judas Machabée, et être, comme eux, des hommes sans tache, des hommes qui aiment la loi de Dieu, qui la portent dans leurs cœurs, qui l'observent religieusement, qui ne s'en éloignent jamais, et qui n'ont point de plus grand plaisir que de la garder parfaitement et inviolablement. Sacerdotes sine macula, voluntatem habentes in lege Dei.
Propter peccata prophetarum ejus et iniquitates saeerdotum ejus, erraverunt cxci in plateis. ( Thren. iv. ) — ■ Le pauvre peuple, dit Jérémie, s'est égaré dans les places publiques; il est tombé dans les chemins les plus droits du monde ; il s'est laissé aller à des crimes dontil était incapable; il est devenu aveugle ; il ne voit plus rien, ni dans les points de foi dont il n'avait jamais douté, ni dans les maximes de morale les plus claires et les plus constantes : Erraverunt cœciin plateis. Et pourquoi cela? Propter peccata prophetarum ejvs et iniquitates saeerdotum ejus. Ce sont les péchés de ses prophètes ; ce sont les iniquités de ses prêtres et les scandales de leur vie peu réglée, qui l'ont jeté dans tous ces malheurs.
Audite hoc, sacerdotes, et attendrie, quia vobis judicium est, quoniam laqueus facti estis et rete expansum super Thabor. ( Oseœ v. ) — Prêtres, dit le prophète Osée, comprenez bien ce que je vais dire et méditez-le attentivement: Quia vobis judicium est, quoniam ktqueus facti estis et rete expansu m super Thabor : Y ous servez de pièges au peuple de Dieu ; vous êtes exposés sur le Thabor, sur la sainte montagne, dans l'élévation et dans la dignité sacerdotale, comme des rets et des filets étendus pour envelopper les fidèles,pourles engager dans le péché et dans l'erreur, pour les y retenir etpour les y perdre. Dès à présent Dieu vous cite au jugement universel ; il vous y attend; c'est pour vous, c'est particulièrement pour vous, qu'il prépare cette terrible journée : Vobis judicium est.
Consecrati sunt sacerdotes Deo suo, et panes propositions ofÇerunt : sint ergo sancti, quia et ego sanctus sum, Dominus qui sanctificoeos. (Levitic. xvi). — Toutes ces paroles méritent une réflexion particulière; mais principalement celles-ci. Consecrati sunt Deo suo. Dieu commande aux prêtres d'être saints, parce qu'ils lui sont spécialement consacrés. Ce qui est consacré à Dieu est saint ; il ne doit plus servir à aucun mauvais usage ; il ne doit plus servir même aux usages ordinaires du monde. Il ne doit pas non plus être inutile ; il doit servir, mais il ne doit servir qu'à l'honneur de Dieu et à de saints usages. Vous êtes consacrés à Dieu par votre ordination; vous devez donc être saints; vous ne devez plus vous employer à rien de profane; vous ne devez plus employer ni vos esprits ni vos cœurs, ni vos langues ni vos mains, à rien qui soit purement indifférent ; vous devez toujours étire occupés de choses saintes; toutes vos pensées doivent
PARAGH M'IIK TROISIÈME. 423
être saintes, toutes vos affections, toutes vos paroles, toutes vos actions, doivent ressentir La sainteté e1 l'inspirer à tout le monde.
Pastor et idolum derelinquem gregem. (Zaehar. xi.) — S. Bernard ne faisait jamais réflexion sur ces paroles qu'en frémissant pour tous ceux qui so chargent do la conduite des âmes. Qu'est-ce à dire, des pasteurs et des idoles! Des pasteurs de nom, et dos idoles en effet, puisqu'ils ont despieds et qu'ils ne marchent pas, des mains et qu'ils n'agissent pas, des yeux et qu'ils ne voient pas, des oreilles et qu'ils n'entendent pas, des langues et qu'ils ne parlent pas, ou plutôt parce qu'ayant des pieds pour marcher dans les voies de la justice, ils ne marchent que dans celles de l'iniquité; des mains pour offrir aux autels et traiter les mystères sacrés, et ils ne les font servir qu'à des négoces honteux; des yeux pour régler les mœurs des peuples selon les maximes de l'Evangile et ils ne regardent que les objets qui peuvent flatter leurs sens et leurs passions, des oreilles pour entendre la voix de Dieu, et ils n'écoutent que celle de leurs intérêts; des langues enfin pour instruire les autres, et ils n'en ont que pour les entretenir des choses du monde. 0 Pastor et idolum derelinquem gregem.
[Les Ecclésiastiques mondains prétendent inutilement servir Dieu et le monde.] — Nemo potest duobus dominis servire. ( Matth. xi. ) — Quoique cette parole s'adresse à tous les chrétiens en général, qu'on ne peut servir deux maîtres, ^c'est-àdire être à Dieu et au monde en même temps, on peut dire néanmoins qu'elle regarde en particulier les ecclésiastiques, qui, en qualité de ministres du Seigneur, sont spécialement consacrés à son service. C'est pourquoi, quand ils entrent dans le commerce du monde et qu'ils vivent comme ceux qui lui sont entièrement dévoués, c'est d'eux qu'on peut dire qu'ils servent deux maîtres; mais l'un les désavoue et ne les reconnaît point, et l'autre les méprise et les rebute ; et aussi ils ne sont ni à l'un ni à l'autre. En effet, est-il croyable que l'on puisse joindre ainsi l'esprit du siècle et l'esprit du sacerdoce ? que l'on puisse être esclave du monde et ministre de Jésus-Christ? Peut-on servir ensemble deux maîtres si opposés? peut-on boire en même temps le calice du Seigneur et le calice des démons ! participer en même temps à la table du Seigneur et à la table des démons? comme parle S. Paul.