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DEVOIRS DES ENFANTS ENVERS LES PÈRES ET MÈRES, ETC

Vous ne traitons ici que des devoirs des Enfants envers leurs pères et leurs mères, sans y comprendre ceux des pères et des mères envers leurs enfants, dont nous parlerons sous le titre de Père. Ce sujet n est point si borné qu'on n'y troure assez de matière pour un discours utile et instructif. Je suis même svrpris que si peu de prédicateurs en nient parlé, et qu'ils l'aient laissé aux caté- ■■-■. aux casuistes et aux théologiens, qui traitent des commandements de Dieu, dent celui-ci est V un des principaux. On peut même s'étendre sur la justice de ce commandement , sur la loi naturelle et sur les lois civiles qui y obligent, et qui en punissent les infractewrs, sur le droit des parents, sur les malédictions que Dieu même donne aux enfants rebelles et désobéissants. On ar là le moyeu de tirer ce sujet de l'ordre et du style du catéchisme.

On sait bien que ce précepte d'honorer son père et sa tnère est de plus grande étendue qu'il ne parait d'abord, puisqu'il s'étend aux pères spirituels , confesseurs, directeurs, prélats, à ceux qui sont élevés à quelque dignité, soit ecclésiastique soit séculière; mais cela n'entre point dans notre sujet, ou demande des sujets particuliers, que nous avons traités ailleurs.

Du reste, quoique cette matière soit commune aux prédicateurs et aux

catéchistes, il doit pourtant y avoir de la différence dans In manière de la traiter. Si le prédicateur ne doit pas descendre dans tous les détails connue fait le catéchiste, il ne doit pas non plus négliger les instructions nécessaires pour se tirer de l'ordre et du style d'un catéchiste par une élévation affectt t.

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Desseins et Plans

I. — Ne serait-ce pas. à votre avis, augmenter les commandements de Dieu, de vouloir multiplier les devoirs des enfants à l'égard de leurs parents, puisque le précepte qui en parle ne les oblige uniquement qu'au respect quand il leur dit: Honora patrem tuum? Je les multiplierais, je l'avoue, sans nécessité, si je n'apprenais des savants que l'honneur auquel ce commandement les oblige renferme trois choses : l'amour, la soumission et le service. — 1°. Cet honneur renferme Vamour et la dilection, parce que cet acte de dilection est si essentiel à l'honneur, que la théologie en fait l'origine, la racine et la source : Dilectio radix est honoris. En effet, otez l'amour du respect, ce n'est plus qu'un vain compliment, qu'une civilité extérieure : de sorte qu'il faut que l'honneur qu'un enfant rend à son père et à sa mère naisse d'un principe d'amour et de dilection. — 2°. Cet honneur marque la soumission, parce que ce n'est pas assez que je porte du respect à ceux qui m'ont donné la vie, il faut que je défère en toutes choses à leur sentiment, et que je me reconnaisse tellement dépendant de leur conduite que je ne fasse rien ou sans leur ordre ou sans leuraveu. — 3», Cet honneur non-seulement demande de l'amour et de la soumission, mais il doit principalement être accompagné de services réels,parce que Dieu, ne se contentant pas simplement ou d'un cœur qui aime ou d'un esprit soumis, veut voir des effets, et ne serait pas satisfait. d'un enfant ù qui il commande d'honorer ses parents, si cet honneur n'était accompagné de véritables secours dans le besoin et dans la nécessité d'un père et d'une mère. C'est, à mon avis, ce que S. Bonaventure a renfermé en trois mots, lorsque, parlant de ce précepte, et de l'honneur auquel il obligeait les enfants, il a dit qu'il consiste en trois choses, dans l'amour.

l'Ai: IQHAPHE PREMIER. 581

dans le respect el dans le service : Est honor dilectionis, ett fionor reveren tiœ, est honor obsequiî, — J'embrasse volontiers son sentiment : mai.-, pour eu donner une idée plus facile e1 que tout le monde puisse retenir, j'applique à l'amour ce qu'il a dit de l'honneur et du respect en général : et sur oc fondement je «lis que, dans le commandement que Dieu nous l'ait aujourd'hui d'honorer rios pères ci, nos mères, i! nous demande trois sortes d'amour : un amour respectueux, un amour soumis et un amour officieux. Ces trois obligations, qu'il sera aisé do faire voir par les preuves que nous en apporterons dans la suite, feront le partage de ce discours.

II. — C'est une vérité constante, et un principe en morale, que les pères el les mères ont, à l'égard de ceux qu'ils ont mis au monde, deux qualités ou deux prérogatives, qui exigent deux différents devoirs de leurs enfants, et qui leur imposent deux obligations indispensables. — La première est une alliance de proximité, la plus étroite qui soit dans la nature. — La seconde est une élévation que Dieu et la nature leur donne au-dessus d'eux. — Or, c'est en conséquence de ces deux qualités que Dieu, la raison elles lois civiles obligent les enfants à avoir de l'amour, et du respect pour ceux dont ils ont reeu la vie. — 1°. A raison de cette alliance et de cette proximité, ils leur doivent un amour filial, le plus grand et le plus juste, après celui qu'ils doivent à Dieu, qu'on doive à aucune autre créature. C'est pourquoi le commandement que Dieu en fait est mis immédiatement après les devoirs qu'il veut qu'on lui rende à lui-même, et tient le premier rang dans la seconde table. — 2°. A raison de cette élévation et de cette supériorité, les enfants doivent à, leurs parents une soumission entière et l'obéissance à tous leurs ordres qui ne sont point contraires à ceux de Dieu ; une déférence à tous leurs sentiments, à leurs conseils dans leurs affaires, dans leur établissement et dans toute la conduite de leur vie.

III. — Les devoirs des enfants envers leurs parents se réduisent:

1°. A V honneur ei au respect, parce qu'ils tiennent à leur égard la place de Dieu, et que les enfants ont reeu d'eux la vie et tout ce qu'ils ont. — 2°. A C obéissance et à la soumission, parce que, la jeunesse ayant besoin de conseil et de conduite, de qui les peut-elle mieux prendre et recevoir que des parents qui ont plus d'expérience, plus d'affection, et qui ont le plus d'intérêt dans tout ce qui regarde leur besoin? — 3°. Au secours et à l'assistance qu'ils leur doivent donner dans leurs besoins et leurs nécessités.

IV. — Trois motifs, pris de l'Ecriture-Sainte, nous obligent d'honorer, d'aimer, de servir nos pères et nos mères.

Le premier est pris de S. Paul chap. G de l'Epitré aux Ephésiens : FiUi, obedite parentibus uestris in Domino: hoc enitn justum est. Faire voir que cela est juste, et même que tous les devoirs de la justice nous y obligent.

Le second, parce que Dieu le veut et en a fait un commandement exprès; Filii, obedite parentibus per omnia, hoc enim placiium est Domino, dit le même Apôtre aux Colossiens, chap. 3. Faire voir combien ce commandement est conforme à la raison, et combien Dieu l'a à cœur, puisqu'il promet une si grande récompense, dès cette vie, à ceux qui l'observeront, et qu'il lait de si terribles menaces à ceux qui le violeront.

Le troisième, parce que la gratitude et la reconnaissance nous y obligent. C'est ce qu'on doit conclure des paroles de l'Ecclésiastique, chap. 3 : Honom pat rem tuum, et gemitûs matris tuœ ne obliviscaris ; mémento quoniam nisiper illos natus non fuisses, et rétribue illis qvomodù illi tibi. Et il faut faire voir que comme, après Dieu, il n'y a personne de qui nous ayons reçu de plus grands bienfaits, il n'y a aussi personne à qui nous soyons obligés de marquer plus de reconnaissance par les devoirs que nous devons leur rendre.

V. — Les enfants respecteront comme ils doivent leurs parents, s'ils ont égard à trois choses , qui peuvent faire le partage d'un discours.

1°. A aimer leurs personnes d'un amour véritable et sincère, qui consiste à leur faire tout le bien qu'ils doivent attendre de ceux à qui ils ont donné la vie.

2°. A supporter leurs défauts, leurs faiblesses et leurs infirmités, tant du corps que de l'esprit.

3°. A obéir à leur volonté et aux commandements qu'ils leur font.

VI. — Sur les devoirs que les enfants sont obligés de rendre à leurs pères et à leurs mères, on peut proposer trois questions :

1°. Si un enfant ne peut jamais rendre la pareille à son père ni s'acquitter de ce qu'il lui doit. — Toute la philosophie morale enseigne que, la A'ie que nous avons reçue de nos parents étant le fondement de tous les autres biens, et un bienfait que nul autre ne peut égaler, on ne peut rien faire pour eux qui puisse acquitter cette dette : de sorte même que quand, par quelque accident qui est assez rare, ils leur sauveraient la vie et les garantiraient de la mort qui leur serait inévitable sans ce secours, ils ne feraient que satisfaire à leur devoir. Mais dans la morale chrétienne,

je soutiens que les enfanta Leur peuvent rendre La pareille ei même quelque chose de plus précieux que La vie naturelle qu'ilsonl reçue d'eux, puisqu'ils peuvent, leur procurer La rie de L'âme ei Le salui éternel.

2°. Si les enfants sont toujours obligés d'obéir à Leurs parents ei en toutes choses, ce que L'Apôtre semble dire par ces paroles: Filii, obedite parentiôus pur omniâ. Il est pourtanl certain qu'ils ne le doives pas faire flans les choses qui sont contre la loi de Dieu ou contre son service, comme quand les parents veulent empêcher Leurs enianl l'état religieux ou ecclésiastique auquel Dieu les appelle, etc.

3°. Si les enfants sont toujours obligés d'assister et de secourir leurs parents: ce qui est, ce semble, du droit naturel. Ils ne peuvent pourtanl leur prêti irs dans leurs poursuites injustes, ni les as

dans leurs besoins par des voies illicites: et c'est une question s'ils doivent abandonner l'état religieux pour les secourir quand leur néce n'es! pas extrême : sut quoi il faut consulter les Théologiens.

Vil. — Obéissance que les enfants doivent à leurs pères et à leurs mères. Il y a trois sortes de commandements que les parents peuvent faire àleurs enfants, selon lesquels les enfants doivent régler leur obéissance et leur soumission.

1°. Aux uns ils sont obligés d'obéir, tels que ceux qui regardent leur bien spHtuel et temporel, leur éducation, le service de Dieu, le bon exemple, et nèrne dans les choses indifférentes, qui ne sont que pour le règlement delà famille.

2°. Aux autres ils ne doivent jamais obéir, tels que les choses qui seraient sontre le service de Dieu, ou qui d'elles-mêmes sont criminelles, comme h vengeance, l'injustice, etc.

3°. Aux troisièmes ils peuvent obéir, mais ils n'y sont pas toujours obligés, comne le choix d'un état de vie, d'une alliance, etc.

VIII. — Comment les enfants se doivent comporter à l'égard de leurs parents pour satisfaire au précepte que Dieu a fait de les honorer.

1°. Ils coivent les soulager dans leur vieillesse, dans leurs maladies, dans leurs besoins, et dans la nécessité où ils peuvent être réduits.

S0. Ils doivent cacher tant qu'il leur sera possible les vices, les défauts etles imperfections de ceux de qui la réputation leur doit être chère canine la leur propre.

3°. Ils doivent souffrir leur mauvaise humeur, leurs impatiences et h

rebuts, et se souvenir de la peine et des chagrins qu'ils leur ont causés durant leur jeunesse.

IX. — Ces doux vérités peuvent faire le partage d'un juste discours.

La première: Diei permettra que vous soyez traite de vos enfants de ^a même manière que vous aurez traité vos parents vous-même.

La seconde : Comme une longue et heureusevieillesse est la récompense de l'amour du respect des enfants envers leurs parents, de même une mort avancé sipitée est la punition de leur dureté.

X. — Ces paroles du Sage nous enseignent les moyens de nous acquitter de nos devoirs onxers. nos pères et nos mères : lu opère et sermote et omni patientiâ, honora patrem tuum. (Eccl.es. m.]

1°. Vous marquerez votre respect par vos actions, quand vous n'entreprendrez rien d'important sans le conseil de votre père, quand vous ferez paraître de la déférence à ses avis, et quand vous prendrez garde de lui déplaire par votre conduite, ou par quelque action qui puisse attifer son indignation et sa colère.

2°. Vous marquerez ce respect par vos paroles, non-seulemen: en ne sortant jamais du respect que vous lui devez par des brusqueries ou par des réponses qui ont l'air de mépris, mais en usant toujours des termes les plus soumis et les plus respectueux.

3°. Vous marquerez enfin ee respect et cette soumission eh souffrant avec patience leurs défauts, leurs infirmités et leur mauvaise huneur.

PAR \'.i: u HK DEUXIÈME-

Les Sources

'Lis SS. Pères.] — S. Augustin, contra Adimantum, montre en quel cas le précepte d'aimer ses parents doit céder à celui d'aimer Pieu. Il montre la même chose Conc. i in psal. 70. — Sur le même ps., il montre, par L'exemple de Jonadab, comment Dieu bénit l'obéissance que les enfants rendent à leurs pères. — Sermon 40 ad fratres in eremo : exemple de l'obéissance qu'Isaac rendit à Abraham.

S. Amforoise, i Of/ic. 17 : exemple à'Isaae et de Joseph. — in Offic. 12, vers la fin : exemple de la fille de Jephté, qu'il préfère à tous les exemples des anciens en cette matière. — v Hexameron. 16 : exemple de quelques animaux auxquels la nature inspire de l'amour pour ceux qui leur ont donné la vie. — De benedict. patriarch. i, il exhorte les enfants à s'acquitter de ce devoir envers leurs pères. — vi in vin Lucœ, sur ces paroles : Qui facit voluntatem Patris mei, hic mater et /rater, et soror est.

S. Jérôme, Epist. i ad Heliodor : en quelle occasion on doit préférer le service de Dieu à l'autorité des pères et des mères. — in in vi Ephes. sur ces paroles, Filii, obedite parentibus vestris in Domino : obligation pour les enfants d'obéir à leurs parents, et excellence du commandement que Dieu en a fait.

Origène, Homil. 8 in Gènes. 22, fait une éloquente description du sacrifice que voulut fair-e Abraham, et de l'obéissance d'Isaac en cette rencontre.

S. Cyrille, vu rie Adorât., traite du précepte d'honorer ses parents.

Clément d'Alexandrie, v Stromat.l : qu'on ne doit pas seulement mettre en question si l'on doit honorer son père et sa mère.

[Philon le Juif, De Decal. .v>, s'élève contre les enfants qui manquent de respect envers leurs parents.

Cassiodore , n Epist, 14. n une pareille invective contre l'impiété des enfants.]

[Livres spirituels cl autres.] —Le P. Cordier, Famille sainte, I" partie, long traité sur l'amour des enfants envers leurs parents.

Combolas, le livre intitulé Le modèle de la vie chrétienne, a fait aussi un assez ample traité sur ce sujet.

Le Pédagogue chrétien, ch. 6, § 3 : péchés des enfants à l'égard des parents.

Gobinet, Instruction de la jeunesse, 4e partie, ch. 4. Pean, L'Ecole de Jésus, ch. 28.

Bellarmin, Sept paroles de.l.-C. sur la Croix, ch. 2. L'Abbé de la Trappe, Devoirs de la Vie Monastique, ch. 16, 13. Règlement des familles, par le P. Sandret, 3e part. Le P. Caussin, Cour sainte, sect. 40.

[Les Prédicateurs.] — Joly, sermon sur l'Education des enfants. Discours moraux.

Le P. Lejeune, dit communément le P. Aveugle, serm. 52. — Serm. 49, 2e partie (sur les commandements de Dieu). Hortus Pastorum , Tract. 4, Lect. i.

Matthias Faber, in Auctuario, Dominica M post. Pentec.

[Recueils.] — Engelgrave, Lux evangelica, domin. 1, post. Epiph.

Summa Prœdicantium .

Berchorius.

Langius.

Labatha.

Passages, Exemples et Applications de l'Écriture

Honora patrem tuum et matrem fnam, ut Honorez votre père et votre mère, afin

sis longœvus super terr'am. Exodi xx. que vous viviez longtemps sur la terre.

Qui perçussent patrem suum aut matrem, Celui qui aura frappé son père ou sa mère

morte morietur. Exodi, xxi, 15. sera puni de mort.

Maledictus qui non honorai patrem suum. Maudit celui qui n'honore point son père

Deuter. xxvn, 16. et sa mère.

Audi, fi.li mi, disciplinant yatris fui, et ne Ecoutez, mon fils, les instructions de vo-

dimittas legem matris tuœ. Proverl». i, 8. tre père, et n'abandonnez point la loi de votre

mère.

Stultus irridet disciplinam patris su/. Pro- L'insensé tourne en dérision la correction

verb. xv, ÎJ. de son père.

Qui affligit patrem et fugut matrem, igno- Celui qui afflige son père et qui met en

miniosus est et infelix. Proverb. xix, 26. fuite sa mère sera infâme et malheureux.

PARAGR M'IIK TROISIÈME.

Qui maledicit patri suo ei matri, extinguetur îucerna ejus in medùs tenebris. Proverb. xx, 20.

Qui subtrahit aliquid à pâtre suo, et << maire, et hoc dicit non esse peccalum, particeps homicidœ est. Proverb. xxvni, 24.

Oculum qui subsannat patrem etquidespU rit partum matris suce, effbdiant eum de torrentibus, et comedant eum fi/"' aquilœ. Proverb. xxx, 17.

Qui timet Deum honorât parentes, et dominis serviet his qui se genuerunt. Eccli.

Quàm malœ est famrn qui derelinquit patrem et est maledictus à Deo qui exaspérât matrem. [bid. 18.

Fili, suscipe senectam patris fui , et non contristes eum in vitâ illius, et, si defecerit sensu, veniam da, ei ne ipernas eum in virtute tuâ. [bid. 14.

Benedictio patris firmai domos filiorum; maledictio autrui matris eradicat fundamenta. [bid. II.

Stcut qui thesa'urizat, ità et qui honorifi-

int matrem suam. Ibid. .'j.

Qui honorât patrem suum jucundabitur in filù's suis, et in die oratiouis sua- e.raïa/ietu.r. Id. 6.

Qui honorât patrem suum vite vivet longiore. Ibid. 7.

In opère et sermone, et omni patientai , honora patrem tuum, ut superveniat tibi benedictio ah eo. Ibid. 9.

Honora put rem tuum, et gemitûs matris lute ne oblivtscaris : mémento quoniam nisi per illos natus non fiasses et rétribue illis quomodà et illi tibi. Eccli. vu, 30.

Honorem habebis matri tuœ omnibus diebus rit/r ejus : memor enim esse debes guœ et quanta pericula passa sit propterte. Tob.

rv, 3, 4.

Filii, obedite parentibus vestris in Domino : hoc enim justum est. Ephes. vi, 1.

Filii f obedite parentibus per omnia : hoc enim placitum est in Domino. Coloss. ni, 28.

Mandaium primum in promissione(nempè honarandi parentes). Ephes. 6.

Quiconque maudil son père et su mère, sa lampe B'ételodra au milieu de» ténèbres.

Celui qui dérobeà son père età sa mère, et qui dil que oe n'est pas un péché, celui-là a part au crime de l'homicide.

Que l'œil qui insulte à son père et qui méprise L'enfantement de sa mère suit arraché par les corbeaux des torrents, etdévoré par les enfants de l'aigle.

Celui qui craint le Seigneur honorera son

père ei bi ire, et il Bervira comme ses

maîtres ceux qui lui ont donné la vie.

Combien est infâme celui qui abandonne sou père, et combien est maudit de Dieu celui qui aigrit l'esprit de sa mère!

Mon flls, soulagez voire père dans sa vieillesse, e! ne l'attristez point durant, sa vie; que si sou espril s'affaiblit, ne le méprisez pas à cause de l'avantage que vous avez sur lui.

La bénédiction du père affermit la maison des enfants : la malédiction de la mère en détruit jusqu'aux fondements.

Celui qui honore sa mère est comme un homme qui amasse un trésor.

Celui qui honore son père trouvera sa joie dans ses enfants.

Celui qui honore son père jouira d'une longue vie.

Honorez votre père par actions, par paroles et par toute sorte de patience.

Honorez votre père de tout votre cœur, et n'oubliez pas les douleurs de votre mère : souvenez-vous que vous ne seriez point sans eux, et faites tout pour eux comme ils ont tout fait pour vous.

Honorez votre mère tous les jours de sa vie ; vous devez vous souvenir de ce qu'elle a souffert, à combien de périls elle a été exposée lorsqu'elle vous portait dans son sein.

Enfants, obéissez à vos pères et à vos mères : car cela est juste.

Enfants, obéissez à vos pères et à vos mères en toutes choses : car cela est agréable aux yeux du Seigneur.

(Honorez votre père et votre mère) : c'est le premier commandement de ceux auxquels est attachée une promesse.

EXEMPLES TIRÉS DE L'ANCIEN ET DU NOUVEAU TESTAMENT

fanls désobéissanls. | — Outre les menaces que Dieu fait, dans l'Ecriture, aux enfants qui oublient leurs devoirs envers leurs parents, voici la loi rigoureuse que Dieu avait établie dans l' Ancien-Testament. Comme elle est remarquable, je la rapporte tout entière : Si un homme a mis aumonde un fils qui soit rebelle et désobéissant, qui ne daigne pas écouter le commandement de son père ou de sa mère, ou qui, étant repris, néglige de leur obéir, ils le prendront et le mèneront au lieu où l'on rend la justice, et, le présentant aux juges, ils diront: « Voici notre fis q ue nous vous pré sen toits pour être puni selon qu'il l'a mérité: il est obstiné et endurci dans sa malice ; il est adonné aux femmes, à Vivrognerie et à toutes sortes de débauches; il méprise tous nos avertissements : il nous déshonore et se moque de nous; en un mot, il est incorrigible. » Sur cette déposition seule, il sera lapidé par le peuple, afin que soit ôté dumilieu de vous ce mauvais exemple, et que tout Israël soit dans la crainte. Telle est la loi sévère que Dieu avait portée contre les enfants rebelles; et, quoiqu'il ne l'ait pas établie dans la loi évangélique, ilsne doivent pas moins appréhender sa colère et sa vengeance , de laquelle on ne voit que trop d'effets tous les jours par les punitions visibles qu'il envoie tôt ou tard aux enfants qui manquent à ce devoir si saint et si inviolable.

11 est remarquable dit S. Chrysostôme, qu'il n'est point dit par cette loi que ce fils débauché et désobéissant sera mené par des bourreaux, mais par son propre père ; il n'est point dit qu'il sera puni hors de la ville, mais au milieu de la ville même ; et que là , sur la seule déposition du père et de la mère, sans autre forme de procès, il sera lapidé par tout le peuple : et avec raison : car est-il croyable qu'un père et une mère, dans leur tendresse pour un enfant qui est le fruit de leurs entrailles, et qui seraient d'ailleurs disposés à donner pour lui leurs biens et leur vie , voulussent ainsi l'accuser publiquement s'ils n'en avaient un juste sujet? Ils le mènent donc au milieu de la ville, et ils s'en rendent eux-mêmes les dénonciateurs ; et, à leur seule parole, tous ceux qui se trouvent là sont obligés de le massacrer à grands coups de pierres. L'auteur de la loi ne se contente pas qu'ils soient seulement les spectateurs du supplice ; il veut qu'ils soient les bourreaux, afin que quand chacun d'eux regardera la main qui aura jeté la pierre contre la tête de ce parricide, ce lui soit-un avertissement de se conduire plus sagement. — Ce n'est pas seulement pour cotte raison que ce divin législateur a publié cotte loi: il l'a faite en-

l'AKAUUAl'IlK moisiÉME. f89

core afin que l'on su! que bout enfant qui traite indignemonl son père el sa mère n'offense pas seulement ceux auxquels il doit la vie, mais ions les hommes : et c'est pourquoi il veut que toul le monde contribue à son supplice, comme se tenant tous déshonorés. 11 veut que toute la ville et tout le p suple s'assemble pour \ engerune injure qui leur es! commune, et ôte nonseulement de la ville mais du monde, un homme que chacun doit avoir en abomination comme une pesté publique, pour avoir souillé el flétri dans es parents toul le genre humain.

[Isaac] — \ oici l'exemple d'un enfant qui par sou obéissance a .sou père a immortalisé son nom , el donné à tous les .siècles un module de la soumission et de la déférence que les enfants doivent à leurs parents. C'est Isaftc, fils d'Abraham, la joie et la consolation de son père, et l'espérance d'une postérité nombreuse que Dieu lui avait promise. Abraham, l'ayant éveillé, lui commande de le suivre. — «Allons, lui dit-il, dans un lieu solitaire sacrifier à Dieu. » Isaac se lève à la première parole qu'on lui dit; et, après un voyage de trois jours, arrivés au pied d'une montagne avec deux domestiques et une bête de charge qui portait le bois du sacrifice, Abraham en décharge l'animal, le met sur les épaules d'Isaac, et monte avec lui sur la montagne. Comme ils marchaient ensemble, Abraham tenant en main le couteau et le feu du sacrifice, et Isaac portant le bois du bûcher : « Mon père, dit Isaac, voici le bois et le l'eu ; mais ouest la, victime du sacrifice ? Ne vous en mettez point en peine, mon fils : Dieu saura bien y pourvoir. » Dés qu'ils furent arrivés sur la cime de la montagne , Abraham élève un autel, dresse un bûcher , et, regardant Isaac : « C'est vous, mon fils , lui dit-il, qui devez être la victime: Dieu me l'a ainsi commandé. » Isaac, au lieu de répondre ou de rien représenter, s'étend lui-même sur le bûcher, et donne à son père toute la liberté de faire de sa vie un holocauste à Dieu.

[Cham.] — Il est dit dans l'Ecriture que Noé ayant bu du fruit de la vigne qu'il avait plantée, et dont jusque-là il avait ignoré la vertu et la force, il en perdit le sens et tomba dans l'ivresse, qui fut suivie d'une circonstance fâcheuse. Car Noé, étant ainsi pris de vin et dormant dans une posture indécente, fit paraître quelque nudité*. Cham, le second de ses fils, ayant aperçu son père en cet état, s'en divertit, et appela ses deux frères pour en rire aussi avec lui; mais ses deux frères, plus sages et plus respectueux envers celui à qui ils devaient doublement la vie, pour la leur avoir donnée d'abord, et pour la leur avoir conservée dans l'arche , loin de se rire delà nudité de leur père, la couvrirent de leur vêtement. Noé, ayant su la manière dont s'étaient comportés ses enfants, bénit Scm et Japhet; pour la piété qu'ils avaient témoignée en cette rencontre ; mais, à l'égard de Cham, il changea les sentiments de sa tendresse paternelle en imprécations, en lui donnant sa malédiction. Son zèle l'emporta sur la nature.

Il oublia que Cham était son fils, parce qu'il avait blessé Dieu même en se moquant d'un père que Dieu voulait qu'il honorât, et condamna les enfants de ce père moqueur à une perpétuelle servitude. Peut-être que Noé précipita sa malédiction sur ce fils léger et indiscret. Cependant , parce que c'était un père dont un fils s'était moqué, Dieu l'autorisa, et jamais ne voulut que son peuple fit la moindre alliance avec la race de cet impudent : pour apprendre à tous les hommes quels châtiments doivent attendre les enfants rebelles et désobéissants , lorsque non-seulement ils perdent le respect envers leurs parents par des railleries piquantes , mais même lorsqu'ils passent, jusqu'aux reproches, aux injures, et aux outrages.

[Joseph.] — A quelque degré d'honneur ou de vertu que nous soyons élevés, nous devons nous tenir obligés à ceux à qui nous devons ce que nous sommes. C'était, selon ce que nous apprenons de l'Ecriture, le sentiment du saint patriarche Joseph, lequel étant devenu, parla providence de Dieu, le premier du royaume d'Egypte après le roi, reçut son père Jacob, tout cassé de vieillesse, avec le même honneur qu'on aurait pu rendre à un prince, et, après son décès, fit transporter son corps avec une pompe et une magnificence royale dans la terre de Chanaan, pour être inhumé dans le tombeau de ses ancêtres.

(Absalou.J — Pour voir, dans un exemple sensible, le châtiment que Dieu tire des enfants désobéissants et rebelles, jetons les yeux sur le malheureux Absalon, lequel, ayant violé en toute manière le devoir d'un enfant envers son père, trouva à la fin le juste châtiment de son crime dans la mort funeste et misérable que l'Ecriture rapporte. Le meurtre de son frère Amon lui attira d'abord l'indignation de David son père, qui le tint éloigné de la cour durant cinq ans. Il ne fut pas plus tôt rappelé, qu'il médita une indigne rébellion contre le roi, et, s étant acquis par son adresse l'affection du peuple, il se fit déclarer roi lui-même. Ensuite il prit les armes contre son père, le contraignit de sortir de sa ville de Jérusalem, et le poursuivit avec une armée qu'il avait levée pour lui ôter la couronne. La justice divine ne s'endormit pas sur un enfant si dénaturé. David, se voyant pressé par son fils, fut obligé de se mettre en défense. Les gens d' Absalon, quoique plus forts en nombre, furent défaits. Dans cette déroute, il arriva qu' Absalon, se sauvant à la course, fut emporté sous un grand chêne, où ses cheveux, par un accident surprenant, s'entrelacèrent si fortement dans les branches, que la mule sur laquelle il courait, continuant sa course, le laissa suspendu en l'air, sans qu'il lui fût possible de se dégager. Les gens de David le percèrent à coups de lances et le tuèrent sur la place, quoique David, par une bonté incroyable, en les envoyant au combat, leur eût expressément défendu de lui faire aucun mal.

[Salomon.] — Voici un exemple tout opposé, en la personne de Saloinon,

qui fut d'un nature] bien contraire a celui de son frère Absalon. Jamais ce

prince si sage, respecté do tous les peuples voisins, ne se rendit plus recommandable que lorsque, étant en son lit de justice, il fit dresser un trône à sa main droite où il fit asseoir sa mère. Ainsi vous ne serez jamais plus honorables que lorsque vous honorerez et respecterez ceux de qui vous avez reçu la vie.

j Vilii'-Sni|iiei]i'.] — Considérez souvent l'exemple admirable, non pas d'un homme, mais du Fils de Dieu même, qui s'étant l'ait homme pour notre salut, a voulu être soumis et obéira sa sainte mère et à S. Joseph, jusqu'à l'âge de trente ans, lui qui était le souverain Maître de l'univers : pour apprendre, par son exemple, à tous les enfants l'honneur qu'ils doivent rendre à leurs parents, et pour nous faire comprendre combien c'est une chose indigne et criminelle qu'un homme refuse d'obéir à ceux de qui il tient la naissance, après que le Dieu du ciel et de la terre s'est abaissé jusqu'à être soumis à celle de laquelle il avait bien voulu recevoir une naissance temporelle.

Le Sauveur voulut satisfaire à ce devoir envers sa Mère lorsque, sur le point de la laisser sans aucun secours humain, il substitua S. Jean en sa place pour la servir tant qu'elle vivrait. Voilà, lui dit-il, votre fils. Il n'oublia rien de ce qu'un bon fils pouvait faire pour une si bonne mère, déjà avancée en âge et hors d'état de pourvoir par elle-même à sa subsistance. Il lui donna pour fils un de ses disciples, celui qu'il chérissait davantage, et de qui il savait qu'il était le plus tendrement aimé, sur la fidélité duquel il pouvait compter. Enfin, il pourvut au soulagement de cette mère affligée, dans un temps où il semble qu'il devait avoir bien d'autres pensées, les douleurs cruelles qu'il ressentait dans son corps et les agonies de sa mort prochaine étant bien capables d'emporter toute son attention. Cependant il ne put oublier celle qu'il avait toujours tant aimée, et au plus fort de ses souffrances, il pensait à la consoler.

Les prêtres des Juifs, les pharisiens et les docteurs de la loi, pour satisfaire leur avarice, avaient corrompu le véritable sens du précepte d'honorer son père et sa mère, par une tradition impie, qu'ils tâchaient d'introduire parmi le peuple, sous un spécieux prétexte de religion et de piété envers Dieu : car, sous ombre que nous sommes obligés de préférer Dieu à toutes choses, et même à nos proches et à nous mêmes, ils enseignaient publiquement qu'on était plus obligé de donner à Dieu que d'assister son père et sa mère : de quoi le Sauveur les reprit sévèrement, en leur reprochant qu'ils anéantissaient le commandement de Dieu pour maintenir une tradition humaine et une coutume qu'ils avaient établie contre toute raison, puisqu'il faut que ce qui n'est que de pure dévotion cède à ce qui est d'obligation. Or, il n'y a point d'oeuvres de piété envers Dieu qui lui puissent être agréables en violant sa sainte loi, et si l'on manque de s'acquitter des

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devoirs naturels qui sont indispensables, tel qu?est celui d'assister son père et sa mère dans leurs nécessités.

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