‹ La bibliothèque des prédicateursChapitre 53 sur 59 · I VI · texte numérisé non relu

I VI

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[ La crainte de Dieu fait honorer les parents. ] — Si vous avez la crainte de Dieu dans le cœur, vous honorerez vos parents, auxquels il a donné autorité sur vous, parce qu'il le veut et qu'il le commande; et si vous ne les honorez pas, vous n'avez ni la crainte de Dieu ni son amour. Qui timet Deum honorât parentes, et quasi dominis servit fris qui se genuerunt . (Eccli. ni). En effet, ce n'est pas avoir la crainte de Dieu de mépriser une chose si sainte, que la nature môme vous inspire, et que Dieu vous commande si étroitement qu'il n'y a point de menaces qu'il n'emploie contre les enfants qui manquent à ce devoir. Comme quand il dit que relui qui afflige son père et qui fuit les sages remontrances de sa mère deviendra infâme et misérable...

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Que celui qui maudit son père ou sa mère périra, etc.. Que celui qui abandonne son père est perdu d'honneur devant les hommes, et que celui qui aigrit sa mère est maudit cteDiEU. Plût à Dieu que ces menaces fussent gravées bien avant dans l'esprit de tous les enfanta qui oublient ce qu'ils doivent à leurs parents !

Nous devons aimer nos pères et nos mères d'un amour singulier: Souvenez-vous, dit le Sage, que vous /tuiez d'eux la naissance, et soyez reconnaissants d'un si grand bien. Vous ne le pouvez être qu'en les aimant : car que pourriez-vous faire pour eux qui égale un si grand bienfait? Mais remarquez que cet amour ne doit pas être seulement un amour naturel et sensible : il faut que ce soit un amour raisonnable et selon Dieu. Or, pour les aimer selon Dieu, il faut les aimer et parce que Dieu le veut et comme Dieu le veut : c'est-à-dire en sorte que vous aimiez principalement leur bien spirituel et leur salut, et que vous le procuriez par vos prières et par tous les autres moyens qui vous seront possibles. Ayez pour eux un grand respect, en les considérant comme ceux de qui vous tenez l'être, après Dieu. Gardez-vous bien de les mépriser jamais, pour quelque sujet que ce soit, ni intérieurement par aucune pensée de mépris, ni extérieurement par paroles, par gestes, ou par des actions méprisables. Recevez avec respect leurs instructions, leurs remontrances et leurs corrections. Assistez-les en leurs besoins, comme dans leurs maladies, leur pauvreté, leur vieillesse, et généralement en toutes leurs nécessités temporelles ou spirituelles. Les abandonner en ces occasions, c'est un crime qui crie vengeance devant Dieu. (Gobinet , Instruction de la jeunesse. )

[ (l'est une délie. ] — Si l'apôtre S. Paul a dit que la charité et l'amour que nous devons à nos frères est une dette qu'on ne saurait jamais assez acquitter, on a lieu de dire, avec encore plus de justice, que l'amour et le respect que les enfants doivent à leurs parents est une dette qui ne peut jamais s'éteindre; que, par conséquent, quelque imparfaits que soient le père et la mère, quelque importuns et chagrins qu'ils puissent être, des enfants ne sont jamais endroit, pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce puisse être, de leur manquer de respect, ou d'étouffer dans leurs cœurs l'amour qui leur est dû. La raison que le Saint-Esprit même en apporte est qu'ils sont après Dieu, la source et le principe de notre vie: Mémento quoniam nisi péril las natusnon fuisses. (Eccli. vu.) Il faut que cet amour et ce respect prenne d'abord sa source dans votre cœur. Ce qui consiste à avoir bonne opinion d'eux, à les respecter étales aimer; il faut ensuite témoigner votre estime par vos paroles, en parlant toujours d'eux honorablement. Ce n'est pas un respect et un amour de compliment et de parole que Dieu vous demande et vous ordonne d'avoir pour eux, il faut qu'il soit efficace : Par conséquent, vous devez leur parler avec humilité, les prévenir, chercher à les contenter, vous étudier à leur plaire. (Anonyme).

[ Les enfants rebelles et désobéissants, j — Que doit-on penser de ces enfants rebelles et dénaturés qui déchirent la réputation de leurs pères et de leurs mères ; qui lèvent la main contre eux, et qui les menacent? L'Ecriture ordonne de mettre à mort ces enfants dénaturés, et je me persuade que ces crimes sont si rares, qu'il vaut mieux n'en point parler. Je serais d'avis de dire ce qu'un ancien sage législateur répondit autrefois à une personne qui lui demandait pourquoi, parmi tant de lois qu'il avait établies, il n'en avait point fait contre les enfants qui frappent ou qui outragent leur père ou leur mère: que c'était parce qu'il ne croyait pas qu'il se trouvât jamais dans le monde des enfants assez dénaturés pour commettre une action si barbare. Mais, hélas ! qu'une loi qu'on n'a pas jugé à propos de donnera des païens serait aujourd'hui nécessaire au milieu même du christianisme où nous voyons des enfants qui lèvent la main sur leur père et sur leur mère, et qui les menacent de les, frapper d'une manière outrageuse, qui les maudissent et leur souhaitent la mort, qui leur disent des paroles inju- . rieuses et capables de les affliger sensiblement; qui les accusent injustement devant les juges, ou qui refusent de les assister dans leurs plus grandes nécessités. Ce sont des monstres qu'on ne voit pas même dans le fond de la barbarie et que l'ancienne loi condamnait à une mort honteuse sans rémission. (Anonyme.)

Il n'est pas nécessaire que les lois civiles et humaines punissent de mort ces sortes d'enfants réfractaires, contumaces et incorrigibles :1a Providence divine prend elle-même assez de soin de les punir. Les hôpitaux des grandes villes sont remplis d'enfants de famille fugitifs et révoltés, qui trouvent leur infamie et leur supplice dans leur rébellion contre leurs parents ; et on ne sait que trop par expérience que ceux que la justice punit d'une mort honteuse et infâme, pour les vols et les meurtres qu'ils ont commis, confessent presque tous que le commencement de leur malheur est venu de leur rébellion contre leur père et leur mère. Il y a plus d'un Absalon dans le monde qui trouve le juste châtiment de sa révolte, et son malheur dans sa désobéissance: au lieu qu'on n'a jamais vu d'enfant paisible et vertueux que Dieu n'ait béni, et confirmé la bénédiction de ses parents: Benedictio patris confirmât domos filiorum (Eccli. m.) (Le P. Le Jeune, Devoirs des enfants envers leurs pères et mères.)

Dieu, dans l'Ecriture- Sainte, fulmine de terribles anathèmes contre les enfants qui manquent de respect et de reconnaissance envers leurs parents : Un enfant, dit le Sage, est perdu d'honneur et de réputation qui abandonne son père, et celui-là est maudit de Dieu qui fait fâcher sa mère. Dieu ne se contente pas de le frapper de sa malédiction^ il veut encore qu'il soit maudit de tout le monde. Voici le commandement qu'il en fait, au Deutéronome : Maudit soit l'enfant qui n'honore point son père et sa mère, et tout le peuple dira Amen. Or, cette malédiction tombe sur son honneur, sur ses biens, le réduisant à la mendicité; sur ses plaisirs, le consumant de chagrins et de tristesse: sur ses enfants, permettant qu'ils lui soient rebelles ;

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sur sa vio, abrégeant ses jours par une mort précipitée; Bursa réputation,

en rendant sa mémoire infâme. Voilà ce que doivent attendre les enfants qui don no ut, de l'affliction à leurs parents, qui tes méprisent, qui les outragent, qui leur désirent du mal, qui se moquent d'eux, et qui les abandonnent dans leurs nécessités. « Je commande, dit Dieu dans la loi, qu'ils soient mis à mort sans fémission, qu'ils soient assommés à coups de pierres. » (Anonyme.)

[Bienfaits d'un père et d'une mère] — Le Saint-Espiut ne vous avertit-t-il pas de ne jamais mettre en oubli les douleurs et les gémissements de votre mère'!' Gémit ùs mut ris tuse ne obliviscaris. Que de défaillances, que de dégoûts, et d'incommodités n'a-t-elle pas souffertes pour vous quand elle vous portait dans ses entrailles ! Que de douleurs, que de tranchées , que de dangers, que de craintes de mort en vous mettant au monde! Que de fatigues, que d'ennuis, et d'inquiétudes, n'a-t-elle pas eues en vous nourrissant! Combien de fois n'avez-vous pas interrompu son sommeil? Combien de fois a-t-elle quitté son repos pour vous donner la mamelle ? Que d'incommodités n'a-t-elle point souffertes quand elle vous allaitait et vous tenait sur son sein! Que de soins, que d'inquiétudes, que de travaux, que de mouvements votre pauvre père ne s'est-il point donnés pour vous conserver un petit héritage! Heureux si vous n'avez pas déjà commencé à y faire brèche. Quand vous aviez dans votre enfance, lamoindre incommodité, on les voyait accablés de tristesse, dans l'appréhension de vous perdre: pauvres infortunés, qui ne savaient pas qu'ils nourrissaient dans leur sein une vipère qui devait déchirer les entrailles qui l'avaient produite ! Fallait-il donc qu'ils se donnassent tant de peine, pour voir un jour dans leur maison un désobéissant, un rebelle, un révolté? {Tiré du P. Le Jeune.)

| Ingratitude.] — C'est un spectacle bien désolant de voir des pères et des mères qui, après s'être dépouillés pour établir leurs enfants, se voient réduits à recevoir par morceaux et à compte un morceau de pain, comme par charité, de la main de ceux qui les ont dépouillés : encore même se trouve-t-il quelquefois des âmes assez dures pour laisser languir leurs parents , et leur refuser par dureté une partie du nécessaire. Il faudrait envoyer ces cœurs de fer et de bronze, non pas à l'école des hommes, mais à celle des bêtes. C'est un plaisir de lire dans S. Ambroise, je ne craindrai point de me servir de cet exemple, après ce grand docteur, c'est, dis-je, un plaisir de lire le détail qu'il fait du soin que les cigognes ont de nourrir leurs pères et leurs mères, lorsqu'ils sont vieux; ils les portent sur leurs épaules lorsqu'ils sont cassés de vieillesse; ils leur portent à manger lorsqu'ils ne sont plus en état d'en chercher ; ils les réchauffent avec leurs ailes lorsque les plumes leur sont tombées. Faut-il, mon Dieu, que ce soient les animaux mêmes qui fassent ainsi la leçon aux hommes? (Anonyme. )

[Devoir filial.] — Do toutes les dépendances d'homme à homme, il n'y en a point de plus juste que celle d'un fils à un père ou à une mère: car, si les mômes principes que Dieu a établis pour la production des choses doivent encore contribuer à leur conservation, le fils doit aussi bien recevoir de son père le règlement et la conduite de sa vie que la vie même ; il le doit regarder non-seulement en qualité de bienfaiteur, mais en qualité de maître qui a pouvoir de commander. Il faut donc qu'un enfant qui ne veut point être rebelle à Dieu, et qui veut se tenir dans les termes de son devoir, rende obéissance à ses parents; c'est-à-dire qu'il regarde leur volonté comme la règle de toutes ses actions, et qu'il croie qu'elles seront d'autant plus agréables à Dieu qu'elles seront plus conformes et mieux ajustées à cette règle ; qu'il les écoute comme si Dieu parlait par leur bouche. Les droits des pères et ceux de Dieu viennent d'une même source, et, à moins de désobéir à Dieu, on ne peut désobéir à ses parents, quand ils ne commandent rien de contraire aux lois de Dieu.

Que les enfants ne s'y trompent pas : cette obligation est un point de conscience auquel on ne peut manquer sans un péché tantôt plus grand et tantôt plus léger , à mesure que la chose qu'ils commandent est de moindre ou de plus grande conséquence. 11 n'est pas besoin que je m'étende davantage sur ce sujet: c'est assez que S. Paul, qui ne prononce que des oracles, mette les enfants désobéissants dans la liste des pécheurs les plus abominables, avec les meurtriers , les traîtres, les avares , les médisants : Parentibus non obedientes. Faites réflexion à ceci, enfants peu soumis : vous ne leur désobéissez pas peut-être formellement, parce que vous n'oseriez ou que vous ne pouvez pas; mais , quand vous obéissez, c'est de si. mauvaise grâce, avec un visage qui gâte tout ; c'est avec des plaintes qui percent le cœur à un pauvre père ; c'est avec des répugnances et des retarde ments qui font bien voir que vous n'obéissez qu'à regret. Ce père, qui est chargé de votre conduite et qui doit répondre à Dieu de vos bonnes ou mauvaises mœurs , vous défend de fréquenter cette compagnie qui porte à la débauche , et vous la fréquentez malgré lui ! Il vous interdit ce jeu ou cette mauvaise pratique qu'il prévoit qui vous perdra de réputation , et vous attendez sa malédiction pour vous en défaire ? S'il ne jure , s'il ne menace , s'il ne vous donne de la terreur par les marques de colère qu'il fait paraître, il no trouvera en vous nulle soumission, nulle obéissance. Vous attirez la vengeance de Dieu sur votre tête, et vous êtes du nombre des scélérats dont parle S. Paul , sur lesquels Dieu fait éclater les traits de sa colère dès cette vie.

Ne craignez point de faire quelque dépense pour soulager la nécessité d'un père ou d'une mère, puisque vous tenez d'eux toutes les industries qui vousont rendu riche, ou du moins assezaccommodé. Ils vous ont donné des bras pour travailler, et des pieds pour chercher ce qui vous manque ; puisque le fond est à eux, vous ne pouvez sans injustice leur en refuser les fruits. Si votre père et votre mère vous demeurent longtemps sur les

-i leur grand âge les rend fâcheux, si leur humeur chagrine vous rebute, si , par des reproches inja e plaignent à. tort du tr

ment que vous leur faites , après que de votre part vous avez fail tout ce que vous avez pu, ne perdez point courage, ue leur refusez poini tout le secours et tout le soulagement qu'il i peuvenl attendre de vous. Ah ! n'estce pas une étrange dureté, de voirque quelques-uns, pour se dispenser de les assister dans leurs nécessités . apportent pour excuse le mauvais m '•nage de leur père, et se persuadent que, quand ils ont blâmé sa conduite, ils sont à couvert? « Il avait beaucoup de bien, disent-ils: s'il eut su le ménager, il serait à son aise; mais c'est un homme qui n'a jamais pri conseil quede satétc. » Il y en a qui se défendent delui l'aire du bien parce qu'il ne leur en a jamais fait; qu'il les a mariés avec beaucoup de belles promesses et fort peu d'effets. L'un dit: J'ai nombre d'enfants à nourrir , et les temps sont mauvais; l'autre allègue que son père a d'autres enfants que lui; que quand les autres auront contribué de leur côté, il feradusien ce qu'il pourra; et cependant ce père est dans la nécessité et languit dans la misère. Quelle cruauté! quelle barbarie ! Il y a un autre défaut d'ingratitude dans les enfants, qui ne paraît pas si noir, mais qui n'est pas moins criminel. C'est lorsqu'un enfant, par honte, méconnaît son père. Car vous diriez que toutes les passions sont de concert dans le cœur d'un mauvais enfant pour le porter à l'oubli de son devoir envers ses parents : son avarice le porte à leur refuser le nécessaire; son insatiable avidité à leur souhaiter la mort pour profiter de leur dépouille, quand i* vivent trop longtemps ; son ambition à les écarter , et à avoir honte de les reconnaître pour ses parents, lorsqu'ils sont pauvres. Un fils de cette nature, qui rougit de la bassesse de ses parents, se fait mille fois plus de déshonneur, parcette aversion , qu'il n'aurait de confusion en les reconnaissant pour ce qu'ils sont. (Le P. Cordier, La famille sainte.)

[Pouvoir et autorité des pères. | — Avant que l'on eût commencé à bâtir des villes et à former des royaumes, il n'y avait point d'autres souverains que les pères de famille dans leurs maisons : la nature et la raison le voulaient ainsi: car qui devait commander dans une maison, que le maître? Qui devait être le maître, que celui qui y était entré le premier, qui avait plus d'âge, et qui' était le bienfaiteur universel de tous ses sujets? De qui les enfants pouvaient-ils attendre la conservation de leur vie, que de celui qui la leur avait donnée? de qui devaient-ils prendre conseil, que d'un homme qu'ils voyaient supérieur en tout, en âge, en expérience, en sagesse? A qui étaient-ils obligés de rendre obéissance, qu'a celui que Dieu leur avait donné pour tenir sa place? C'était donc au père non-seulement à nourrir ses enfants et à les instruire, mais encore à leur rendre la justice et à punir les coupables. Il faisait seul une cour souveraine, et prononçait des arrêts sans appel. Or, quoique le monde soit augmenté en nombre d'habitants , ei que, pour vivre en assurance contre la violence

des méchants , il ait fallu avoir recours à une plus grande puissance et choisir des rois qui fussent comme les pères de tout un peuple, l'autorité des pères de famille n'en est point diminuée, leurs droits sont toujours les mêmes, et leurs enfants leur doivent toujours la même obéissance. (Le même.)

[Le spirituel.] — Le plus grand et le plus important service qu'un enfant doit rendre à ses parents est en ce qui regardele spirituel, particulièrement quand ils viennent sur la fin de leur vie, en leur procurant les sacrements, en les exhortant à payer leurs dettes, à ne laisser point de fâcheuses affaires dans leurs familles, qui puissent causer de la division ou y mettre la discorde ; à pratiquer de bonnes œuvres pour mettre leur salut en assurance. Ah! on ne voit que trop de ces enfants dénaturés qui les empêchent de faire des legs pieux ou de restituer le bien mal acquis, et qui disent dans leur cœur, s'ils n'osent le dire de bouche : «Qu'un enfant est heureux dont le père est un réprouvé ! » Ah! funeste postérité, 6 épouvantable sentiment! Et cependant ce que j'y trouve de plus déplorable, c'est qu'il n'y a rien de plus commun dans le monde. Un père laissera à ses enfants deux ou trois cent mille livres ; et, s'il donne en mourant deux ou trois cents écus à quelques pauvres domestiques ou à quelque hôpital, des enfants se soulèveront contre ce testament, et voudront le disputer! Cela est-il juste? cela ne combat-il pas non-seulement la religion, mais la bonne toi? (Anoifyme.)

[Exemple du Sauveur-.] — Tout ce que l'Evangile nous a appris de la vie du Sauveur, depuis l'âge de douze ans qu'il fut trouvé au temple jusqu'à l'âge de trente ans qu'il parut en public pour y prêcher l'Evangile, est qu'il obéit à Marie et à Joseph : Et erat subditus Mis. Voilà où se réduisait son occupation pendant ce temps ; voilà ses miracles ; voilà ses prédications ; voilà les seuls exemples qu'il a voulu nous proposer pendant près de trente années. Quoi de plus admirable que cette obéissance, si on en examine toutes les circonstances, si on en pénètre tous les mystères ! Premièrement, celui qui obéit et qui se laisse gouverner comme an enfant est un Dieu, le Verbe éternel, celui qui gouverne avec autant de sagesse que de facilité tout l'univers, et qui, comme parle l'Ecriture, le soutient de trois doigts. Secondement, à qui obéit-il ? à Mario qui était sa mère, et à Joseph qui était réputé pour son père; c'est-à-dire à des créatures qui, quelque parfaites et quelque éclairées qu'elles fussent, n'avaient que des lumières bornées, qui, comparées aux lumières infinies d'un Dieu, avaient moins de proportion avec elles qu'une étincelle avec le soleil : et néanmoins il leur obéit, avec autant de soumission qu'il faisait à son Père, dont il respectait l'autorité en eux. Troisièmement, comment obéit-il? Promptement, entièrement, parfaitement; ne se contentant pas d'accomplir tout ce qu'on lui commandait, mais y soumettant entièrement sa volonté, et n'en ayant

poinl d'autre que I1" de Marie ei de Joseph. Quatrièmement, a guoi

obéit-il? Dans les choses Les plus ba plus pénibles, qui semblent

tout-à-fail indignes de Diei . rendanl à Marie el a Joseph tous le

que les domestiques rendent à leurs maîtr is, et]

leurs pères el a leurs mères. (Le P. Nepveu, Esprit du christianisme,

Traité 3, oh. 3.)

| Voire mère! \ — Ali ! si vous avez une bonne mère, qui vous aime tendrement, ne lui soyez pas mauvais fils! sachez que vous avez causé Bon premier sein et sa première inquiétude. Vous ayez pris naissance parmi ses douleurs e1 ses gémissements : Gemitûs matris Hue ne obliviscaris. Souvenez-vous île ses entrailles qui vous ont porté, et des mamelles qui it épuisées pour vous nourrir. Combien de fois avez-vous interrompu son sommeil, aussi bien que son repos ? Vous n'avez jamais t'ait une légère chute qu'elle n'en ait ressenti une griève douleur: et, puisque les joies mêmes que vous lui avez causées lui ont. été dangereuses, vous pouvez juger quelles sont ses afflictions toutes pures qu'elle ressent de votre ingratitude, de vos mépris, et de votre mauvais cœur. 11 n'y a point d'ingratitude plus noire que celle qui fait oublier les bienfaits reçus d'un père et d'une mère. Manquer en d'autres rencontres de reconnaissance, c'est quelquefois pécher contre le devoir, mais c'est ici pécher contre la nature. (Pétrarque, Dialogua sur ce sujet.)

I Amour et respect.) — Le respect sans amour est défectueux, l'amour .sans le respect est déréglé; mais l'amour et le respect unis ensemble se donnent conjointement une perfection qu'ils n'auraient pas s'ils étaient séparés l'un de l'autre. Je dis que le respect sans l'amour est défectueux : ce n'est qu'une cérémonie de cœur, une offre de services dont jamais on ne voit l'effet, une civilité qui n'aboutit à rien. Je dis que l'amour sans le respect est déréglé, parce qu'il ne consulte que sa passion, et passe ordinairement les bornes de la civilité que permet le christianisme Le respect tient de la nature, de la prudence, qui, voulant méditer trop longtemps les choses, ne les exécute jamais: et l'amour participe à la nature du feu, qui, étant trop violent et trop impétueux, cause les plus fâcheux incendies. Voilà ce que sont ces deux choses, quand elles sont séparées l'une de l'autre; mais, quand elles sont unies, quel office rend-il à l'amour? Le t. Comme cet amour est ardent, il le modère dans ses emportements. D'un autre côté, quel office l'amour rend-il au respect? comme le respect est lent, il l'anime, et le porte à l'exécution. Ce sont ces deux conditions que l'on demande dans un enfant bien né. Il faut qu'il ait de l'amour et du respect pour ses parents, ou, pour mieux dire, il faut un amour respectueux. (Anonyme.)

[Récompense dès celte rie.] — L'Apôtre appelle ce précepte Primum in promis-'

sione, le premier auquel Dieu a promis la récompense. Il en a fait d'autres aussi inviolables et aussi importants, je l'avoue ; mais c'est le premier qu'il a voulu récompenser du plus grand de tous les biens naturels, qui est la vie : comme s'il n'y avait personne de plus digne de jouir longtemps de ce bienfait que les enfants qui honorent ceux dont ils l'ont reçu, Dieu ayant voulu nous y porter par notre propre intérêt et par la récompense de la chose du monde que nous aimons naturellement le plus ; et, afin que cette récompense lut naturellement plus considérable, il ajoute à cette longue vie les biens temporels qui la rendent plus heureuse, puisqu'il bénit ceux à qui les pères donnent leur bénédiction : ce qui était, dans l'ancienne loi, le plus grand et le plus précieux héritage qu'un père put laisser à ses enfants. (Houdry.)

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