‹ La Bibliothèque du code civil de la province de Québec (ci-devant Bas-Canada) ou recueil comprenant entre autres matières [microforme] (volume 3)Chapitre 81 sur 92 · Cette règle n’est cependant pas sans exception · texte numérisé non relu

Cette règle n’est cependant pas sans exception

Supposons, en effet, que l’obligation soit traduite en une forme spéciale, en un contrat sui generis, soumis par la loi à une prescription exceptionnelle et de courte durée. Si le débiteur renonce à cette prescription particulière, lorsqu'elle est échue ; s’il reconnaît la dette, il s'opère alors un changement entre les parties. Cette dette, dégagée de la forme qui l'avait fait placer dans une classe à part rentre dans le droit commun. Elle ne constitue plus qu’une obligation ordinaire, prescriptible à l’avenir par le délai de trente ans (1). Je fonde ceci sur l’article 189 du Code de commerce, qui offre à la fois la preuve et l'exemple de mon observation.

Rappelons quelques décisions judiciaires, pour mieux la mettre en lumière,

Cardon avait ouvert à Gabet un crédit de 100,000 francs. Plus tard, Gabet, pour couvrir son créancier, lui fit passer pour 100,000 francs de lettres de change: acceptées par Garnery. Ces traites furent protestées ; mais Cardon ne dénonça pas le protêt à Gabek Seulement, ce dernier déclara, par acte privé du 3 janvier 1824, ‘“ que, nonobstant le défaut de ‘* dénonciation des protêts, il renonçait à opposer à Cardon ‘toute déchéance, et à le faire ‘iéclarer non recevable dans ‘* les demandes en condamnation des effets dont les protêts ‘ n'auraient pas été dénoncés dans les délais.” Le 20 octobre 1827, Gabet confirme cet acte par une lettre-missive. En 1823, il tombe en faillite. Cardon se présente pour ia totalité de ce qui lui est dû : les syndics lui opposent la prescription de cinq ans ; mais la cour d'Orléans la rejette par arrêt du 17 juillet 1823, fondé sur l'article 189 du Code de commerce.

‘* Considérant que Gabet a dispensé Cardon de toutes dé- ‘* nonciations de protêts et d’assignations ; que Le iitre princi-

(1) Argum, de ce que dit Bourjon, t. 2, p. 275. Infrà, n. 697.

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