‹ La Bibliothèque nationale à Paris. Notices et extraits des manuscrits que concernent l'histoire de Belgique (volume 2)Chapitre 18 sur 128 · Cartulaires et Chartes · texte numérisé non relu

Cartulaires et Chartes

Des dix-sept Cartulaires dont la description est donnée dans ce volume, il en est quatre que les Archives du royaume de Belgique possèdent, ou en original, ou en double, ou en copie du même temps ; ce sont :

Le Cartulaire du duché de Luxembourg (p. 307);

Le Cartulaire des fiefs du même duché (p. 308);

Le Cartulaire de Flandre écrit au XI V^ siècle (p. 294);

PREFACE. xLv

Le Carlulairc de Bruxelles (p. 295).

Deux Carlulairos concernant la ville de Gand pp. 297-468) ne renferment vraisemblablement point de pièces qui n'existent dans les archives de cette ville.

Parmi les onze autres Cartulaires il y en a de très-précieux.

Citons d'abord les Cartulaires des princes.

Nous plaçons en première ligne le Cartulaire du comte de Hainaut Guillaume l"^ p. 299^. Ce Cartulaire doit provenir de la chancellerie même du comte, comme celui auquel, en iSa^, feu M. Emile Cachet consacra une notice étendue dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire', et il a plus dimportance encore que celui-ci par la nature des actes dont il est formé : aussi en avons-nous fait une analyse détaillée.

Le Cartulaire de Flandre, en deux volumes ayant ensemble plus de mille feuillets écrits (p. 294), est un recueil dune haute valeur pour l'histoire non-seulement des comtes et du pays de Flandre, mais encore des autres provinces des Pays-Bas. depuis la fin du Xlh jusqu'à la fln du XV 1» siècle. On chercherait vainement, dans nos dépôts de titres, et même dans celui de la chambre des comptes de Lille, bien des pièces qui y sont transcrites. Il doit être l'ouvrage de Denys Godefroy.

Trois Cartulaires sont principalement composés des traités conclus entre les rois de France et les comtes de Flandre, ainsi que de chartes et d'autres actes concernant leurs rapports mutuels.

Le premier (p. 296) est le plus considérable; il comprend trois volumes: il commence à l'année 1199 et va jusquà 1308, mais il y a lacune de 1587 à 1460 : ce qui fait supposer qu'un des volumes du recueil se sera perdu ou égaré. Les transcriptions y sont, du reste, peu soignées.

' Deuxième série, t. IV, pp. 9-H8.

Le Carliilaire qui fil l'objet de la notice de M. Ém. Cachet appartenait à M. Théodore de Jonghe. L'administration des Archives du royaume l'a acquis en 1861, à la vente publique de la bibliothèque de M. de Jonghe, après son décès.

j^Lvi PREFACE.

Le deuxième Cartulaire ^^p. 296) contient de meilleures copies d'une partie des mêmes actes.

Le troisième (p. 297) offre encore une réunion de pièces du même genre, mais seulement pour les années 1199 à 1352.

Les deux Cartulaires de Hainaut (p. 504) concernent les rapports des rois de France avec les comtes de Hainaut, depuis l'année 1286 jusqu'à l'année 1407. On trouve, de plus, dans le premier, une série de pièces relatives aux négociations qui eurent lieu entre la France et les Pays-Bas, au commencement du XV1I« siècle, sur les limites respectives des deux Etats.

Entre les Cartulaires ecclésiastiques, celui de l'abbaye du Val Saint-Lambert, près de Liège (pp. 304-307), mérite, par son ancienneté, d'être mentionné en première ligne; des deux volumes dont il se compose, l'un est du XIII«, l'autre du XIV« siècle. Les Archives de l'Etat à Liège ne possèdent, dans le fonds du Val Saint-Lambert, qu'un Cartulaire du XVI1« siècle et un petit registre in-4° où ont été transcrits, en 1411, les titres de fondation de l'abbaye.

Le Cartulaire de levéché de Tournai, en quatre volumes, formé par Denys Godefroy dans les années 1672 à 1675 (pp. 312-319), est d'une valeur inestimable, non-seulement par le grand nombre d'actes des Xll'', XIll^, XIV«, XV* , XVI« et XVIb siècles qui y ont été rassemblés, mais encore parce que les originaux d'une partie de ces actes seraient introuvables aujourd'hui.

INous devons signaler aussi, pour son importance, le Cartulaire de l'église collégiale de Saiul-Servais à Maestricht, en trois volumes (pp. 509-311), où sont contenus les bulles des papes, les diplômes des empereurs et des rois des Romains, les lettres des ducs de Bourgogne et de Brabant, des évêques de Liège et d'autres princes et seigneurs relatifs à cette collégiale. Le chapitre de Saint-Servais avait des possessions considérables à Maes- Iricht et dans les pays d'Outre-Meuse, et la double influence, politique et religieuse, qu'il y exerçait, était grande.

PREFACE. xLvii

Quant au Cartulaire de 1 abbaye des Prés Porchins, à Tournai (pp. 319- 320), il y a peu de chose à en dire : une douzaine de diplômes seulement y sont transcrits, et il s'agit d'une communauté de femmes assez insignifiante.

Au premier rang des Chartes nous devons placer celles que Frédéric Pfeffel, jurisconsulte du roi de France pour les affaires étrangères, nommé, le 5 novembre 1769, conjointement avec Denys-Joseph Godefroy, commissaire pour l'exécution de l'article 38 du traité du 16 mai de cette année', envoya, des Archives de la chambre des comptes de Lille, en i7'/2, à la Bibliothèque du roi (pp. 326-356). Ces Chartes, qui avaient probablement fait partie de celles enlevées de la citadelle de Gand en 167S % se rapportent presque toutes aux règnes de Jean sans Peur et de Philippe le Bon; elles offrent, au point de vue de notre histoire, un intérêt capital. Celles qui concernent le meurtre du duc Jean à Montereau et les conséquences politiques et diplomatiques de cet attentat, appellent spécialement l'attention des historiens.

Viennent ensuite les vidimus, donnés en 1478 par le garde de la prévôté de Paris, d'une série de dix-neuf (Ihartes, dont la plupart renferment des traités de paix et des arrangements territoriaux conclus , au XIV» siècle, entre les comtes de Flandre et les rois de France (pp. 520-323):

Puis les cinq lettres patentes de Charles VI, de l'année 1420, qui assurent à Philippe le Bon la possession de Lille, Douai et Orchies; confirment le transport que le roi lui a fait de Péronne. Roye et JMontdidier , avec le droit de patronage et de collation des bénéfices, et lui adjugent les terres et les biens, situés dans ses Etats, des rebelles du roi. ainsi que l'hôtel du feu comte d'Armagnac à Paris (pp. 470-471 ).

' Voy. pp. XXIII et 32(3.

' Voy. pp. x-xii .

PREFACE

Les autres Chartes proviennent d'établissements religieux.

II V en a une centaine de l'abbaye du Val-Saint-Lamberl (pp. 336-337).

On en compte vingt et une du chapitre de Saint-Servais (p. 32o).

Celles de l'abbaye de Parc-les-Dames près de Louvain sont peu nombreuses, bien que, mêlées à toute sorte de titres et de papiers de ce monastère, elles remplissent quatre carions ( pp 525-323). La partie la plus importante du chartrier de Parc-les-Dames se conserve aux Archives du royaume de Belgique.

l\ . Lettres, Lnstrictios, etc.

Ce qu'il y a, dans le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale, de Lettres missives, d'Instructions politiques el diplomatiques, est prodigieux; on peut déjà s'en faire une idée rien qu'en parcourant les deux volumes, qui ont vu le jour, du Catalogue du Fonds français.

ÎNous ne croyons pas avoir à nous justifier si 1 on trouve qu'il y ait de ces instructions, de ces lettres qui , en 1858 et en 1856, ont échappé à nos recherches : nous ne pouvions guère alors réclamer la communication que de celles qui, daprès les indications données dans les anciens catalogues, devaient intéresser l'histoire de Belgique.

Parmi les lettres qui ont passé sous nos yeux, il en est un certain nombre dont nous donnons le texte même. Telles sont :

La lettre du 8 août 1498 où rarchiduc Philippe le Beau annonce à la princesse de Galles, Catherine d'Aragon, que l'archiduchesse Jeanne, sa femme. » a enchargié et est enchainte d'enlTant » p. 472):

La lettre que l'archiduchesse Marguerite, régente des Pays-Bas. écrit à Ferdinand le Catholique le 25 novembre IS09, pour l'informer d'une indisposition assez grave dont ont été atteints, pres(|ue en même temps, à .Malines les princesses Isabelle, Marie, Eléonore^ et à Bruxelles le prince Charles (p. 475);

PREFACE. xux

La lettre de Louis de Bruges, seigneur de Praet, à Jean de Saint- Mauris. ambassadeur de Charles-Quint en France, du 2 juin 1.348, concernant un ëlectuaire dont le nonce du pape, levéque de Forli , usait contre la goutte, et le médecin, laissé en France par Barberousse, qui faisait profession de guérir cette maladie (p. 494);

Les lettres adressées, les 18 juillet et 13 septembre 1362. par la duchesse de Parme, aux autorités civiles et ecclésiastiques de Tournai, afin que. par des mesures énergiques, elles arrêtent les progrès du calvinisme dans cette ville: la réponse du gouverneur, du vicariat, du chapitre, du bailliage et du magistrat en date du 3 octobre, et une déclaration de la duchesse, du 23 du même mois, sur cette réponse (pp. 571-388);

La lettre de Philippe II au duc dAlbe. du mois d'octobre 15"68, où il lui ordonne d'aider de toutes ses forces le roi de France contre le prince d'Orange (pp. 595-596). et celle du 4 juillet 1d69 par laquelle il le charge, chaque fois que le roi très-chrétien lui en fera la demande, d'aller en personne s opposer au duc Casimir ou à tous autres gens de guerre allemands qui voudraient envahir son royaume (pp. 397-398);

Les lettres que don Francés de Alava, ambassadeur d'Espagne à la cour de France, écrit à Catherine de Médicis : le 22 septembre lo68. à l'occasion de la victoire remportée par les troupes royales sur les huguenots à Saint- Valéry pp. 394~59a): le 10 novembre suivant, afin quelle secoure le duc dAlbe de 2,000 chevaux, au moyen desquels celui-ci espère que pas un des hommes du prince d'Orange n'échappera (p. 396):

Les lettres du duc d'Albe à la reine mère, du 10 décembre 1.567. et à Charles lA, du 26 avril 1d72 : la première (que Ferdinand de Tolède ' rangeait parmi les plus notables de ses actes) ajant pour objet de dissuader la reine d'entendre à un accord avec les huguenots 'pp. 401-407); la seconde afin que le roi veuille donner les ordres nécessaires pour que ses

' \oy. p. 500.

L PREFACE

sujets n'assistent directement ni indirectement les gueux de mer, et que ceux-ci ne soient pas reçus dans les ports et havres de son royaume (p. 408^:

La lettre du 18 septembre 1576 où Philippe d'Egmont expose à la reine Louise de Vaudemont, épouse de Henri 111, les raisons qui l'ont engagé à répondre à l'appel du conseil d'Etat des Pays-Bas et à prendre les armes contre les Espagnols (pp. 409-410);

La lettre que, le 23 du même mois, la comtesse douairière d'Egmont adresse à Henri IH, pour lui faire savoir que c'est « contre sa volonté et » sa défense expresse » que son fds s'est joint aux états, et le supplier de continuer ses instances à Madrid afin qu'elle soit réintégrée dans la possession des biens confisqués de son mari (p. 410);

La lettre écrite, de Paris, le 23 septembre 1578, à Philippe H, par l'archevêque de Nazareth, que Grégoire XIH avait envoyé à la cour de France pour détourner le duc d'Alençon d'intervenir dans les affaires des Pays-Bas, et qui échoua dans cette mission (pp. 421-425 ;

La lettre du 18 mars 1579 où, remerciant la comtesse douairière d'Hooghslraeten des sentiments qu'elle témoigne pour le service de Dieu et le sien, Philippe H lassure que tout ce qu'il prétend aux Pajs-Bas est que les choses s'y réduisent en l'état où elles étaient avant les troubles : qu'il veut oublier le passé, et entend que les privilèges et libertés du pays soient maintenus (p. 424);

La lettre du 3 juillet 1583 par laquelle Jean-Baptiste deTassis, ambassadeur du roi Philippe à Paris, supplie Henri 111 de ne pas permettre que ses vassaux et sujets aillent secourir les hérétiques et rebelles des Pays-Bas. et si, comme le bruit en court, des députés de ces hérétiques et rebelles sont venus vers lui pour lui demander d'être leur protecteur, de les renvoyer sans les entendre (pp. 399-400);

La lettre du chef et président du conseil privé des Pays-Bas Jean Uichardot au secrétaire d'Etat Villeroi, en date du 26 janvier 1597. de

PREFACE. u

laquelle il résulte que la paix qui se conclut à Vervins, entre l'Espagne et la France, le 2 mai de Tannée suivante, était vivement désirée d'Henri IV et de ses ministres (pp. 41 1-412) ;

La lettre du 13 mai 1610 où l'archiduc Albert fait une réponse affirmative à Henri IN . qui lui avait demandé s'il pourrait passer avec des troupes par quelques lieux des Pays-Bas (p. 415);

La lettre du même prince à la reine douairière Marie de Médicis, du 25 novembre 16H, concernant l'exécution du mandement rendu par l'empereur contre les hérétiques d'Aix-la-Chapelle (pp. 414-413};

Enfin la lettre du 18 juin 1652 dans laquelle le prince d'Orange Frédéric- Henri promet son appui au comte Henri de Bergh, qui venait de lever l'étendard de la révolte contre l'Espagne (p. 428).

iNous donnons aussi, en leur entier, trois consultes ou rapports du conseil privé des Pays-Bas, en date des 6 mai 1658, 2 et i3 avril 1659, adressées au cardinal infant Ferdinand d'Autriche, gouverneur général de ces provinces, sur la dilllculté que faisait la cour de Rome d'accorder à Philippe iV, pour la nomination aux prélatures et dignités ecclésiastiques, un induit semblable à ceux que Charles-Quint et Philippe II avaient obtenus (pp 451, 454. 456\

Les autres lettres, missives ou patentes, les instructions et les pièces diverses qui s'y trouvent mêlées, font l'objet, ou d'une analyse plus ou moins étendue, ou d'une simple énumération.

A cette dernière catégorie appartiennent presque toutes celles qui concernent les ducs de Bourgogne Jean sans Peur, Philippe le Bon, Charles le Téméraire, ainsi que Maximilien d'Autriche et Philippe le Beau : nous nous dispensons donc de les passer ici en revue, renvoyant les personnes qu'elles peuvent intéresser à la Table chronologùiue placée à la fin de ce volume.

Nous ferons toutefois exception pour l'enquête qui, par ordre de Louis XL

Li, PREFACE.

fut tenue, les 28 et '29 mai 1478, sur l'identité de la lettre que le duc Charles lui avait écrite, le 8 octobre 1468, afin de l'engager à se rendre à Péronne (p. 548). Cette enquête nous révèle une particularité curieuse: on y lit que Charles, voulant rendre sa signature plus dillîcile à contrefaire, avait, depuis l'année 1470, « mis un petit chiffre derrière la lettre C, première » lettre de son nom. »

Entre les lettres et les instructions qui se rapportent au règne de Charles- Quint, nous signalerons :

Les deux lettres écrites de Rome sur le discours que, le 17 avril IS36, l'empereur prononça, le pape Paul III, le sacré collège, les ambassadeurs étrangers et les personnages principaux de la cour pontificale étant présents, pour les faire juges de la conduite du roi de France à son égard (p. 474-477), discours qui causa tant de surprise à tout l'auditoire et tant de sensation en Europe lorsqu'il y fut connu ;

La dépèche que Marcello Cervini, cardinal de Nicastro, depuis pape sous le nom de Marcel II , adressa, le 9 août IS40, de la Haye, où se trouvait Charles-Quint, au secrétaire d'Etat du saint-siège, au sujet du refus que faisait Marguerite d'Autriche, fille naturelle de l'empereur, de reconnaître pour son mari Octave Farnèse (pp. 496-499);

Les instructions de Paul III et de Jules III à des légats et des nonces envoyés par eux vers l'empereur : Giovanni Ricci, de Montepulciano, et le cardinal Farnèse, en 1559 (pp. 488 et 489); le cardinal Sfondrato en 1547 p. 489^: les évéques de Fano, de Vérone et de Ferentino en 1548 (p. 991); Hieronymo Dandino, évéque d'Imola, le 31 mars 1551 (p. 495): Giovanni Ricci, le 22 juin de la même année («6/rf.); Pietro Caniajani, le 10 octobre suivant ibid.):,

L'instruction de monsignorArdinghello, lequel, en 1550, reçut la mission d'informer l'empereur de ce qui s'étaitpassé au conclave où fut élu Jules III (p,492);

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