‹ La Bibliothèque nationale à Paris. Notices et extraits des manuscrits que concernent l'histoire de Belgique (volume 2)Chapitre 76 sur 128 · MAXIMILIEN · texte numérisé non relu

MAXIMILIEN

du roi de France, son ennemi intime. D'après cela, prince sérénissime. il est très-dangereux, pour ce très-excellent Etat, de laisser Sa Majesté se confirmer dans le mécontentement qu'elle a commencé d'avoir de \ otre Sublimité, parce qu'il sera ensuite fort difficile d'empêcher qu'elle ne cherche toujours à diriger ses desseins contre cette république, et à lentrainer dans de grandes dépenses et de grandes inquiétudes : ce que Sa Majesté peut facilement faire, encore qu'elle ne descende pas eu Italie ' »

Après cela Quirini dit les revenus que l'empereur retire de ses Etals héréditaires, le pouvoir qu'il a aux Pays-Bas. celui qu'il exerce dans l'Empire.

' « É questo re di Romani nobilissimo di sangue, figliuolo dell' ultimo imperalor Frederico, di casa d'Austria, et délia sorella, clie fù dcl rc .\lphonso di Portugallo, di elà d'anni 30 in circa, di pcrsona comune, non raollo bello di vollo.ma bcn proportionalo , robustissimo ,di compicssionc sauguinea et colerica. et pcr Telà sua niolto sano. ne allro li molesta che un poco di catarro che conlinuamentc li discende, par rispetto del quale Tha usato et usa sempre far nelle caccie grande cxercitio. È, quanto spctta al!" animo, humanissimo. piacevole, affabile con ognuno, prodigo più tosto che misero; cxperlo nelle. guerre et. nel governo delli esserciti, più di niun altro capitano di Alemagna, solicito, vigilante cl di grandissime euore. Et quello che meglio si intende è dogni sorte d'artiglicrie, et meglio le sa maneggiar che li maestri proprii che le fanno et l'adoperano. Ha un crédite ineslimabile Ira tultc le sorti de' soldati tedcschi, havendo a tutti pcr moite expcricnlie dimostrato non fnggir alcun pcricolo, ne mai abbandonar li suoi nclla balaglia. E ancora amalo et temuto perché el dona quello che ha, et talhora quelle ch'el non ha , et usa una scverissima glustilia contra li disobedienli. È di buone ingegno et tanle selerte che. meglio di niun delli suoi, el troTa ad ogni bisegne molli expedienli. Ma in una cosa manca , che di quanti cxpedienti el truova , el non sa pei in tempo cxeguirnc alcunoj et cosi cerne labbonda in iuventioni, el manca in execulienc. Et bcnchè talhora si gli reprcsenti ail' intellctto due over tre rimcdii ad una sola cosa, et di essi n'clegga une per il mrgliore, tamen el non lo exeguisce pei , perche subito, inanzi la executionc, li nasci nella mente qualche altro dissegne ch'csso existima migliore, et va tanto di meglio in meglio ch'el lempo et l'eccasione passa d'cxeguir cosa alcuna. Et per tal suo natural difclto si puô dire ch'el non è iu tutto prudente. Et da questo eliam procède che, non cxeguendo in tempo quello che talhora l'elegge, cl salta d'una deliberalionc in un' altra , et è pei da ciascuno tenuto per huerao assai loggiero. Ha, oltra queste condizieni tutte, il sopradello re de' Romani una natural dispositione, che inanzi ch'el prenda ioimicitia con uno, el patisce moite ingiurie. ma quando nell' animo suo el la confirma , l'è pei cosa quasi impossibile rimuovcrio di non cercar sempre vindicarsi dell' offese,si come al présente el fa con il re di Franza, suo cordialissimo inimico. El per tal natura, principe sercnissimo, è cosa molto pcricelosa a questo excellentissimo State lassar che Sua Maestà si cenfermi nella mala contentezza ch'el ha al présente incemmincialo baver dclla Subiimilà Vostra, perché pni el sarà cosa difBcillima rimcdiar che sempre la non cerchi dricciar ogni suo dissegne contra questa rcpubblica et tencrla sempre in gran spesc et gran sospelto, per baver il mode di poterie facilmcnte fare, ancora che mai la non discendesse in Italia •

La description de la Suisse vient ensuite. Enfin l'ambassadeur fait connaître les dispositions de l'empereur et des princes de l'Empire envers la république.

Il termine par un résumé de sa Relation.

48. — Histoire et Vies des Princes de la maison d'Autriche, avec leurs portraits, jusqu'à Charles V, par Jean Franco.

In-fol., vol., couvert en velours, C5 feuillets dorés sur tranche, non cotés.

Ce manuscrit, qui paraît être original, est orné de vingt-sept portraits, en miniature, parmi lesquels sont ceux de Maximilien I", de Marguerite d'Autriche, sa fille, de Philippe le Beau, de Charles-Quint et de Ferdinand, son frère.

Il appartint d'abord à l'archiduchesse Marguerite d'Autriche, à qui l'ouvrage est dédié et dont il porte les armes et la devise : Fortune^ infortune, fortune. Il passa depuis dans la bibliothèque de l'archevêché de Reims, d'où il est venu à la Bibliothèque nationale.

On lit, au premier feuillet : Bréviaire contenant la royale et très-anchienne lignée de la sacrée, impériale et catholiqtie Majesté Charles cinquiesme, roy des Espaignes, etc., de très-illustre prince Ferdinant, roy de Bohème, et de la très-clère (illustre) dame Madame Marguerite, leur tante, archiducz d'Atistrice, ducz de Bourgoigne , de Brahant, etc., et de tous aulires archiducz, ducz d'Austrice et contes de Hahshurg , leurs progéniteurs , depuis environ deux mil ans en chà, par noms et ordre y inscriptz ; distingué en trois livres.

Dans la dédicace, qui est datée de Malines, le dernier octobre I S'il, Jean Franco prend le titre de secrétaire de l'archiduchesse. Il annonce qu'il a traduit son livre d'un certain Bréviaire composé en langue latine et allemande, et dédié au roi de Hongrie et de fiohéme Ferdinand. Il dit à la

princesse que. si elle daigne accepter ce Recueil, « non regardant au creu » et indisposé langaige, ne aussy à la valeur, mais à la promptitude et

» affection de son couraige (cœur) me sera donné cause de parad-

» chever le livre contenant les dangiers et en partie les aventures de très- » digne mémoire feu l'empereur auguste Maximilien, vostre très- sacré » progéniteur ; lequel jà pièça a esté et est encoires en la fourge de mon » enclume »

Dans le premier livre l'auteur, attendu que la très -noble maison de Habsbourg « est issue des Troyens. » s'attache à démontrer que Priam, roi de Troie, est descendu du saint patriarche Noa, surnommé Janus. et que, après la destruction de Troie, des Troyens arrivèrent en Scvlhie. qu'on dit maintenant Tartarie, et y élurent un roi, fils de l'un des enfants de Priam, duquel ont pris leur généalogie les rois de Sicambrie et depuis des Français germaniques.

Le second livre commence à Pharamond^ roi de France, et finit à Rodolphe, comte de Habsbourg, élu roi des Romains.

Le troisième et dernier livre est consacré aux princes de la maison de Habsbourg depuis Albert l^"" jusqu'à Charles-Quint. Cette dernière partie est plus étendue que les autres.

J'ai fait des recherches sur Jean Franco aux Archives du royaiune. Dans un registre aux revenus et dépenses de Charles -Quint pour les années 1520-1530, j'ai vu que l'empereur lui accorda, le 15 août 1523, quinze sous par jour comme « secrétaire signant au privé conseil, » et. le 14 mars 1524 (1525, n. st.), une pension de cinquante livres, « tant et jusques à ce u qu'il seroit pourveu de Testât de secrétaire ordinaire '. «

J'ai trouvé aussi, dans un compte des exécuteurs testamentaires de l'archiduchesse Marguerite, que Franco reçut une gratification de 150 livres pour « aulcunes cronicques translatées d'allemand en françois, » à l'ordonnance de cette princesse. Voici le texte de l'article :

A maistre Jehan Franco, secrétaire de l'empereur, nostre sire, la somme de ceni cinquante livres, du pris de quarante gros, que mesdicis sieurs les exécuteurs dudict testament luy ont tauxé et ordonné prendre et avoir pour une fois, en faveur et récompense d'aulcnncs croniqnes que, à l'ordonnance de niadicie feue dame, il a irans-

' Kol. 374 el iib.

laléc's d'allemand on (rançois, et icelles, environ deniy-an avant le décès de niadicte dame délivrées en ses mains, dont jusqiies à oires il nen avoit eu aulcune récompense ny biensfaiclz. Pour ce, par ladicte ordonnance et quictance dudict Franco cy rendue, ladicle somme de c. l livres '.

Jean Franco devait être allemand : car le registre des revenus de Charles- Quint cité plus haut mentionne des lettres du 9 février IS24(152S, n. st.) qui lui accordaient la somme de cent dix livres « pour l'aider à retourner » dans son pays. »

49. — Voyage de Charles d'Austriche en Hespaigrie, par Laurens Vital: extraict de l'autographe en 1 61 8.

In-fol., paj)., relié en maroq., avec les armes de France sur le plat; 160 feuillets, écriture française assez peu soignée, avec beaucoup de ratures et de corrections.

Dans la relation du voyage littéraire qu'il fit aux Pays-Bas en 1776% dont Berthod signale l'existence, à la bibliothèque du chapitre de la cathédrale de Tournai, du manuscrit autographe de Laurent Vital. Qu'est devenu ce manuscrit? On l'ignore. Ce qui est certain, c'est que la Bibliothèque communale de Tournai (autrefois la bibliothèque du chapitre) ne le possède pas.

Le voyage raconté par Laurent Vital est celui que Charles-Quint fit en 1517 pour aller recueillir la succession des royaumes deCastille et d'Aragon.

Une copie de la relation de Vital est conservée à la Bibliothèque royale, il Bruxelles: elle provient de Jérôme de Winghe, et on lit sur le feuillet de garde , de l'écriture de ce chanoine : « Copiée par mon serviteur sur l'exein- » plaire manuscrit qui est chez le comte de Hoochslraete. »

Je crois cette copie meilleure que celle de Paris.

' Registre n° 1832 des chambres des coraptes, fol. 203 v.

* Jielation d'un voyage littéraire dans les Pays-Bas français et autrichiens , lue à la séance publique de l'yJcaddmie de Besançon , le 21 décembre 1770, par D. Anselme Berthod. {Messager des sciences et des arts de la Belgique, t. VI , p. 36. )

Voici le commencement et la fin du manuscrit de Paris :

Incipit. Pour é viter wiseusc, et, par manière de passe-temps, employer le temps à escrirc quelque chose, à la récréation des auditeurs de Lairens Vital, aucunement troublés en couraige par les regrets et piteuses complainctes que despuis naguères avois veu faire aux bons et loyaux subjects du roy caibolicque, etc.

Explicit. A tant feray fin à ce présent recueil , que volenliers ay mis par escrit pour la récréation de tous les loyaux subjects : par où avés peu coignoistre la simplesse de l'acteur, qui trans («(V) humblement vous requiert de supporter son ignorance, en prenant de bonne part l'œuvre qu'elle est : priant à Dieu qu'il vous donne l'enthier accomplissement de vos verluculx désifs, et en l'autre siècle le repos des bienheureux.

Suppl. franc. 48.

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